CAS DE PNEUMONIE CHRONIQUE ULCÉREUSE
J’ai recueilli le fait suivant à l’hôpital de la Charité, en 1854.
Obs .—Pneumonie chronique ulcéreuse. — Excavation énorme non d'origine tuberculeuse occupant toute l'étendue du lobe inférieur du poumon gauche. — Antoinette Auvoilée, trente-cinq ans, salle Sainte-Rose, service de M. Giraldès.—Cette femme entre à l'hôpital pour être soulagée de douleurs de reins extrêmement vives qu’elle présente depuis longtemps. Le toucher vaginal donne tous.les signes d’une antéversion complète de l'utérus. Pendant son séjour à l'hôpital, elle tousse 1 , dépérit et bientôt une expectoration abondante se déclare. Cette expectoration, et cela a été noté avec soin, ne présente aucune fétidité. On trouve à la percussion de la matité, dans la partie inférieure du poumon gauche, et à l’auscultation du gargouillement, du souffle caverneux. On pense à l'existence d'une vomique, la malade meurt dans le marasme.
A l'autopsie, tout le poumon gauche est adhérent intimement à la plèvre pariétale par d'épaisses fausses membranes fibreuses. Les deux lobes du poumon sont unis par une fausse membrane blanche, nacrée, très épaisse. La partie inférieure du sommet du poumon présente une induration verdâtre très prononcée, le sommet lui-même a subi une sorte de transformation fibreuse et il est creusé d'une dizaine de petites excavations du volume d’un pois. Ces excavations sont tapissées par une fausse membrane et ne contiennent que du mucus. Pas de trace de tubercule dans leur intérieur ou à leur pourlour. Le lobe supérieur est creusé par une vaste caverne qui a plus que le volume du poing d’un adulte. Cette caverne 'est remplie par une sérosité trouble, légèrement purulente et contenant des flocons albumineux. Elle est tapissée par un dépôt tomenteux, gris verdâtre qui s’enlève aisément en raclant avec le scalpel, Les parois sont
constituées par le tissu du poumon induré et présentant une coloration gris-noirâtre en même temps qu’une induration très prononcée. Ce qui reste du tissu du poumon est si peu épais, que dans quelques points l’épaisseur de la paroi n’atteint pas un demi-centimètre et n’est presque constituée uniquement que par la fausse membrane fibreuse pleurale. Dans ce tissu induré à la coupe, il n’y a rien qui ressemble à du tubercule. Le poumon droit au sommet présente des enfoncements correspondant à quelques tubercules caséeux peu abondants. Le reste du tissu est sain. — Suit la description de l’utérus. — Les autres organes sont sains.— Le poumon gauche avait perdu un tiers de son volume, Le poumon droit était volumineux, emphysémateux.