‹ De la Polyarthrite Infectieuse des Veaux et des AgneauxChapitre 12 sur 36 · MEURT DR · texte numérisé non relu

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causées par l'infection du cordon ombilical, car tous ces microbes saprophytes, qui, pour des raisons qui nous échappent, deviennent virulents, s’attaquent à des organes différents. Ces organes : parenchymes, veines, artères, foie, poumons ou séreuses, péritoine, plèvres, synoviales articulaires sont atteints tantôt simultanément, tantôt les uns après les autres, ainsi que le démontrent la clinique et l’autopsie. Dans une exploitation où il y a eu 80 agneaux morts d’infections ombilicales nous avons pu constater la diversité des lésions. Aussi, quand on pratique l’autopsie d’un agneau mort d'infection ombilicale, on ne peut guère prévoir à l’avance quelle lésion l’emportera sur les autres. Tantôt, la vessie et l’artère ombilicales, l’ouraque sont remplis de sang, plus ou moins décomposé ou de pus; tantôt il y a péritonite, tantôt abcès miliaires du foie, tantôt pleurésie, tantôt broncho- ‘pneumonie avec foyers purulents, tantôt arthrites exsudative ou purulente.

Les lésions dépendent du temps pendant lequel le jeune sujet a été malade, du temps depuis lequel la maladie sévit sur le troupeau lui même, et aussi de la variété du microbe, agent causal de l'infection.

L’arthrite des jeunes animaux n’est donc qu’une branche de la pyosepticémie. L'agent de la poysepticémie des jeunes peut être comparé à l’agent de la maladie des chiens, à l’agent de la gourme du che- ‘val. II ne faut pas chercher dans ces trois groupes de maladies, un microbe spécifique, créant à coup sûr un type clinique uniforme, et des lésions toujours identiques à elles-mêmes. Les réactions de l’organis-

me des malades varient d’un individu à l’autre pendant le cours d’une même épizootie. Clinique et autopsie sont toujours protéiformes. Cest pourquoi, l’arthrite infectieuse, les entérites, les broncho-pneumonies, les septicémies ont la même étiologie. Ces affections ne sont que des formes cliniques différentes d’un même processus infectieux, déterminé par le passage, dans l’organisme, de germes saprophytes va-: riés, qui sont devenus virulents par des causes encore inconnues.

Tous les bactériologistes sont d’accord, pour déclarer que les microbes divers, auteurs des affections ombilicales, sont des microbes saprophytes du sol et dusfüumier "APCE sujet, nous citerons l’observation suivante : Un de nos clients, âgé, cède à ses fils une partie de son exploitation agricole. En 1924, un des fils, emmène 5 vaches, et les denrées fourragères nécessaires à l’alimentation de ces animaux, et va s’installer dans une petite ferme dont les bâtiments, en bon état, n’ont pas logé d'animaux depuis dix ans. Une première vache, met au monde un veau à terme, vigoureux; deux jours après, il était mort. Les 4 autres vaches, mettent bas en novembre-décembre 1924: ‘tous ces 4 veaux sont morts aussi, dans les quelques jours qui ont suivi leur naissance. Trois présentaient des lésions ombilicales; deux, des lésions du foie: et trois, de la polyarthite infectieuse,

Cette observation nous a suggéré les réflexions suivantes : Etant donné que la mortalité des veaux, n’avait jamais eu lieu quand les vaches logeaient dans la première ferme, et que l’état sanitaire s’y est mainte-

nu excellent, que la nourriture était la même, qu’aucun achat de bestiaux ni de denrée alimentaire n’avait été effectué à l’extérieur, qu'aucun cas de mortalité des veaux n’était signalé dans les exploitations voisines, il faut admettre que les veaux ont été contaminés par des microbes existant dans l'exploitation, microbes saprophytes, qui ont pu s’acclimater dans l'organisme des jeunes sujets, et renforcer leur virulence par des passages successifs chez les différents malades.

Nous devons avouer, qu’il nous a été impossible d'empêcher cette mortalité, malgré une désinfection très rigoureuse de l’étable, et tous les moyens prophylactiques employés. Nous reparlerons d’ailleurs plus loin de cette observation clinique.

Les microbes n’expliquent donc pas toute l’étiologie, et la pathogénie de ces affections des nouveaunés. C’est leur concordance, avec des causes inhérentes à l’organisme, ou au milieu, qui crée ou non leur pouvoir infectieux. De là, l'explication de ces maladies contagieuses qui paraissent spontanées, alors qu’elles dépendent d’un microbe saprophyte devenu pathogène. De là aussi, Pexplication des propriétés virulentes du microbe, qui ne sont pas immuables, mais qui se modifient en entraînant des types cli-

niques différents, et des lésions variées.

De là aussi, l'explication de la disparition de ces maladies, qui semblent contagieuses et qui s’éteignent subitement, quand certaines conditions ne permettent plus aux microbes, d’attaquer efficacement des orga-

nismes mieux défendus.

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