‹ De la Polyarthrite Infectieuse des Veaux et des AgneauxChapitre 9 sur 36 · SEE FERRÉ · texte numérisé non relu

SEE FERRÉ

nous avons remarqué que les brebis étaient sorties pendant la distribution des rations, dans de petits parcs très humides.

9° Rôle de la température. — Elle ne joue aucun rôle directement, mais elle agit indirectement. À cause du froid, les propriétaires se croient obligés de fermer tous les orifices des bergeries et vacherics, créant ainsi un milieu confiné favorable à l'infection. Par suite, les troupeaux qui font leur agnelage pendant la saison froide, sont plus souvent frappés que ceux qui naissent au printemps. Cette remarque avait été faite depuis longtemps par les éleveurs, aussi, bon nombre d’entre eux, reculent la période d’agnelage en avril-mai. Cette constatation empirique reposait sur un fondement scientifique. La venue tardive des agneaux, a cependant des inconvénients : difficulté plus grande de la surveillance au moment de la mise bas; dangers plus grands de mammites, car les agneaux effectuent leurs tétées moins régulièrement; la rétention lactée favorise la pullulation du microcoque de la mammite. |

6° Rôle de la nature du terrain. — La nature du terrain ne joue aucun rôle, car nous avons constaté la maladie aussi bien sur les troupeaux élevés sur terrain crayeux de Champagne, que sur le terrain argileux de la Forêt d’Ottie.

7° Rôle des engrais. — Quelques propriétaires ignorants, mettent sur-le compte des engrais, l’appa-

rition des infections ombilicales. Mais cette croyance

populaire est erronée.

8° Rôle de. la sécrétion lactée et de la traite trop prolongées. —— La sécrétion lactée et la traite jusqu’à une date trop rapprochée de la parturition,; ne présente pas d'influence. Des auteurs ont déclaré, que le collostrum était ainsi dépourvu de globuline et d’anticorps, et ne servait pas à l’immunisation du jeune animal. Cette théorie pourrait se soutenir pour l'espèce bovine, soumise à une traite quelquefois trop prolongée, mais ne s'explique pas pour la jument, ni la brebis (tout au moins dans notre région), dont la lactation est de courte durée, et dure juste le temps naturel nécessaire à l’élevage du jeune sujet.

9° Rôle de l'élevage au seau. — L'élevage au seau n’a aucune influence sur la production des polyarthrites. Dans notre région, c’est un mode obligatoire pour arriver à la production des veaux gras : dans les premiers jours de sa vie, le veau ne boit qu’une partie du lait de sa mère; tandis qu’à 3 mois 1/2, il lui faut la traite de plusieurs vaches. De cette façon, le propriétaire peut régler le rationnement de son animal. Or, dans des exploitations atteintes de polyarthrites, nous avons conseillé l'élevage à la mamelle, tout au moins, les premiers huit jours et les résultats n'ont pas été trop visibles, sauf que les cas d’entérites diarrhéiques sont beaucoup plus rares.

De plus, les agneaux qui boivent toujours à la mamelle, sont cependant frappés très souvent par la maladie.

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