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sont troubles, avec de petits grumeaux multipliés. Présente des cocci intra-cellulaires groupés par deux.
27 février. — La somnolence persiste avec soupirs et cris plaintifs. Température 38° 4. Elle se plaint de la tête. La raideur de la nuque est considérable. Le signe de Kernig existe toujours. On établit un traitement ioduro-hydrargyrique.
1% mars. — Une deuxième ponction lombaire pratiquée par M. Sabrazès permet l'évacuation de 20 c. c. de liquide sensiblement analogue à celui de la 1"° ponction. Les urines contiennent une assez grande quantité d'albumine, Le signe de Kernig existe toujours. Le pouls est petit, régulier, égal, la T° s'élève. Incontinence des urines et des matières fécales. Hemiplégie gauche sans participation de la face.
La malade est emportée de l'hôpital par sa famille dans un état très grave. Puis, le 10 mars, sa famille la ramène à l'hôpital dans un état notablement amélioré. Elle présente encore un peu de raideur de la nuque. Ses pupilles sont égales ; la céphalée est presque nulle.
Le 20 mars, on provoque à la cuisse un abcès de fixation par l'injection d’un centimètre cube d'essence de thérébentine.
Le 26 mars, on incise l’abcès, le 27, la température s’est abaïissée à la normale, plus de douleurs rachidiennes, plus de troubles des sphincters. La malade ne se souvient pas de sa rentrée, de sa sortie, ni de sa réintégration à l'hôpital.
Elle quitte l'hôpital le 6 avril. Le 6 septembre, nous revoyons notre malade, elle est absolument guérie et a repris complètement son métier de marchande ambulante.
Ce cas esi un cas classique de méningite cérébro-spinale aigüe. Nous noterons cependant malgré une phase assez longue, que nous appellerons phase d’incubation, la soudaineté des accidents méningés.
Subitement, la malade, après une céphalée violente n’a plus conscience de: ce qui se fait autour d'elle. Elle est transportée deux fois à l'hôpital, sans que le moindre souvenir lui en reste.
Quant à la ponction lombaire, quelle a pu être son action en cette circonstance ?
M. Sabragés nous l'indique lui-même.
Les cas de méningites aigües guéries à la suite des ponctions lombaires, militent en faveur de l’intervention active de cette affection.
Sans doute la guérison spontanée n’est pas impossible, le traitement médical a à son actif quelques succès. Mais la ponction lombaire nous est doublement indiquée, car elle
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remédie non seulement aux méfaits de l'hypertension, mais encore et surtout elle contribue à débarrasser les centres nerveux d’une certaine quantité de la matière « peccante » représentée par le liquide céphalo-rachidien louche ou! puriforme.
Elle crée pour ainsi dire un émonctoir, par lequel s’élimine el sa draine le virus accumulé dans les espaces sous arachnoïdiens.
C’est sur ce même principe qu'est basé le traitement dans les observations suivantes,
OBSERVATION
B..., fillette âgée de 25 mois, très développée intellectuellement pour son âge. Devient souffrante pendant la deuxième quinzaine d'octobre 1901. Elle est fatiguée, perd l’appétit, présente des douleurs abdominales avec constipation. Dans les premiers jours de novembre la fièvre apparaît. La malade est vue pour la première fois le jeudi soir ? novembre. Le facies est grippé ; l'enfant accuse une violente douleur de l’abdomen, localisée à la fosse iliaque droite. La température est à 40°. On pense à une appendicite. Le lendemain, sous l'influence de compresses imbibées d'alcool, le ventre est devenu souple, moins douloureux ; il y a de la diarrhée.
Le 9 novembre. — De petites tâches rosées lenticulaires apparaissent sur l'abdomen. Elles se montrent plus nettes le lendemain.
11 novembre. — Te diagnostic de fièvre typhoïde ne peut faire aucun doute, La température est à 40°, le pouls rapide, le ventre ballonné. Tâches rosées très nettes. Rate grosse ; diarrhée. Pas de phénomènes nerveux ; l'enfant a toute sa connaissance. Les bains froids sont commencés le même jour, toutes les trois heures le jour, toutes las six heures la nuit ; à 28° d'abord, à 25° ensuite. Maïs dès le lendemain 12 novembre, la température ayant tendance à monter (41°4), on donne le baïn à 22°. Les bains sont bien supportés ; l'enfant est plus éveillée et boit plus facilement.
Les jours suivants l’état général reste assez bon, mais les phénomènes nerveux apparaissent et s’aggravent rapidement.
Bientôt l'enfant présente tous les signes d’une localisation méningée. Raïdeur de la nuque. Contracture des membres, hypéresthésie cutanée, signe de Kernig, respiration bulbaire, pouls à 160, cri hydrencéphalique. Ces symptômes persistent et s’aggravent malgré les injections de sérum artificiel, d'huile camphrée, l’application de vessie de glace sur la tête, malgré les bains chauds donnés è 37°5. La température oscille entre 40° et 41°.
48 novembre, — À 6.heures du soir, M. le docteur Marfan est
appelé en consultation ; la situation semble désespérée. On discute l'opportunité d'une ponction lombaire qui est décidée pour le lendemain matin si la torpeur a augmenté.
19 novembre. — À 8 heures, l'enfant est beaucoup plus abattue que la veille. On pratique la ponction lombaire et on retire 15 c c d’un liquide clair, s’écoulant très rapidement sous une forte pression. L'examen du liquide montre de très rares mononucléaires et lymphocytes. Pas de polynucléaires. D'assez nombreux globules rouges. Trois tubes de bouillon ont été ensemencés et sont tous trois restés clairs et limpides.
Immédiatement après la ponction l'enfant s'endort pendant trois heures ; la journée est bonne ; la nuit se passe bien et, le lendemain matin, la température qui, la veille au soir, était de 40°5, est tombée à 38°2. Mais, dans la journée, les phénomènes méningés réapparaissent aussi marqués que précédemment. L'enfant tombe dans un état comateux ; il y à du strabisme, de l’inégalité pupillaire ; le pouls est presque incomptable, les extrémités sont froides. La température reste à 3822.
20 novembre. — A 9 heures du soir, on tente une seconde ponction lombaire. Le liquide s'écoule goutte à goutte et non plus en jet comme à la première ponction. On en retire à peine ? à 8 c. c. Contre l'attente générale, la situation ,qui semblait être absolument désespérée, s'améliore pendant la nuit. L'enfant repose: Il se fait une véritable crise sudorale. On continue les applications de glace sur la tête et le cœur, les bains chauds, les injections de sérum artificiel, l'huile camphrée. Les phénomènes méningitiques disparaissent graduellement, mais lentement. L'enfant reste hébétée pendant quelques jours, mais, vers la fin du mois, l'intelligence est revenue. La convalescence s'établit graduellement sans d'autre incident que l'apparition d'un phlegmon à la cuisse, qui guérit rapidement après incision.
Cette observation a pour nous un double intérêt.
4° La chute de la température : Mais cette chute de la température, elle est indépendante de la ponction lombaire ?
La veille l'enfant a 40°5, 41° même. Quelques heures après la ponction ,comme dans notre cas de rhumatisme cérébral, la température redescent à 38°5.
Cette baisse thermique doit-elle être mise sur le compte de la soustraction des toxines hyperthermisantes ?
Nous ne saurions le décider.
Mais ce fait n’est point isolé ?
Canuet, dit à ce propos, que souvent à la suite de la ponction lombaire on a constaté un abaissement de température et dans une de ses observations elle s’est rapprochée de la normale pour ne plus remonter.
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M. Netter également en cite de nombreux cas.
Nous avons donc tout lieu de croire, que par une action encore imprécise c’est la ponction lombaire qui a été cause de l’abaissement de la température.
2° Le liquide céphalo-rachidien : Ici nous nous trouvons en présence d’un liquide manifestement en hypertension.
Ce liquide était limpide, clair, et son examen n'a donné que de très rares mononucléaires et lymphocytes. Pas de polynucléaires. Les trois tubes de bouillon qui ont été ensemencés sont restés tous trois stériles .
Mêmes remarques dans les observations suivantes :
OBSERVATION
M. Rendu, chez un enfant présentant des signes de méningite cérébro-spinale, retire par la ponction lombaire 25 c. c. d’un liquide qui s'écoule en jet (le liquide est absolument transparent : les cultures dans le bouillon peptonisé sont restées stériles, mais l'addition d'acide azotique détermine la formation d’un épais coagulum d’albumine). Quelques minutes après l'écoulement les mouvements de l'enfant deviennent instantanément plus aisés; les douleurs à l'extension sont nulles à droïte, très atténuées à gauche; mais les accidents paralytiques présentés antérieurement par le malade persistent. Le lendemain, les douleurs spontanées des membres inférieurs ont complètement disparu; il n’y a plus de raideur du cou, ni d’opisthotonos et, depuis lors, l’évolution de la maladie à été constamment favorable.
OBSERVATION. — (Résumée).
Par Sacquepée
Il s’agit d'un malade qui entre à l'hôpital pour une courbature généralisée avec céphalée. La colonne vertébrale est rigide particulièrement dans la région dorso-lombaire. Raideur de la nuque. Hyperesthésie au niveau des apophyses épineuses cervicales. Signe de Kernig. Constipation opiniâtre depuis trois jours. Température atteint 39°,4 Les pupilles sont inégales. Quelques vomissements bilieux. Sept jours après ,la dyspnée est notable. Foyer broncho-pneumonique dans le poumon droit. Les signes méningés restent les mêmes. La ponction lombaire retire facilement 20 c. c. d’un liquide très limpide renfermant de petits flocons en suspension et qui contient un bacille spécial (bacille R). Le lendemain, céphalée atténuée. Deux jours après, tous les signes de méningite ont disparu.
Nous constatons encore dans ces observations, une amélioration complète des symptômes, méningés, par la ponction
lombaire, en même temps que nous retrouvons un liquide céphalo-rachidien, clair, limpide, amicrobien.
Le processus infectieux nous en est indéterminé. Or, nombreux sont les Ças de méningite aigüe, où le liquide céphalorachidien n'offre plus ces caractères de clarté, de limpidité, et de pureté exempte de tout microbe.
Dans ces cas-là, dont nous laissons de côté tout ce qui est de nature tuberculeuse, la ponction lombaire, peut-elle déterminer un effet thérapeutique favorable ?
Voici l'observation de M. Pelletier :
OBSERVATION. — (Résumée).
Par Pelletier
Il s’agit d'un malade qui entre à l'hôpital au sixième jour d'une grippe banale avec de la raideur généralisée, de la contracture des grands droits, le signe de Kernig, de l’incontinence fécale et urinaire et un délire maniaque continu. Hyperthermie. Pas d'amélioration les jours suivants. Douze jours après, l’état restant stationnaire, on extrait, par la ponction lombaire, 15 €. c. d'un liquide louche renfermant des grumeaux concrets qui contiennent des pneumocoques. Le lendemain, amélioration radicale! La raideur a diminué, l'agitation et le délire ont cessé. Deux semaines plus tard, le malade sort guéri.
Enfin lobservation suivante, due à M. le professeur Babinski, nous montre chez une même malade, atteinte de deux affections méningées, l’une chronique, l’autre aigüe, quel résultat thérapeutique on est en droit d'attendre de la ponction lombaire.
Nous rapportons cette observation in-extenso :
OBSERVATION
De M. le Professeur J. Babinski
Me R..., née en janvier 1874, n'a jamais eu, dit-elle, de maladie grave jusqu'en 1902. Elle s'est mariée en 1893; elle a accouché en 1894, après sept mois de gestation, d’un enfant mort-né, et en 1898, d’un enfant à terme mort de convulsions à l’âge de 21 mois. Elle dit n’avoir jamais eu d'affection vénérienne et son mari, que j'ai interrogé aussi, m’a affirmé également qu'il n'avait jamais eu la syphilis. <
En septembre 1902, elle fut prise, sans cause apparente, de douleurs dans la région dorso-lombaire, de faiblesse dans les membres inférieurs et d’un engourdissement de la jambe gauche. Ces troubles, pendant une dizaine de jours, ne l'empêchent pas,
ne
du reste, de se lever et de marcher. Dix ou douze jours après le début de la maladie, un matin, comme elle cherchait à se lever de son lit, ses jambes fiéchirent sous elle, elle retomba et ne put plus se relever. Dès ce jour, déclare la malade, les membres inférieurs furent atteints de raideur, et à cette paraplégie s'associa une retention d'urine nécessitant le cathétérisme. Au commencement d'octobre, elle entra à lhôpital Tenon et, pendant les quatre mois qu’elle y resta, la paraplégie et la retention d'urine persistèrent. Il Se développa ainsi de l’incontinence de matières. La malade fut tourmentée par des douleurs généralisées, mais prédominant à la partie inférieure du corps. De plus, elle fut atteinte d’une cystite purulente, dont elle ne put préciser le moment d'apparition.
Dans le courant d'octobre, le membre supérieur à été pris pendant quelques jours d’un engourdissement qui disparut raipidement.
Le 9 février 1903, elle nous est adressée à la Pitié, et voici dans quel état elle se trouve.
Elle est maigre, pâle, à un aspect cachectique, exhale une odeur urineuse et sa peau est chaude. Sa T° axillaire est de 380,5.
Elle nous dit qu'elle souffre constamment qu'elle n’a pas un instant de calme et qu'elle est tourmentée par une insomnie tenace. Les membres inférieurs sont complètement paralysés, c’està-dire incapables de tout mouvement volitionnel; les jambes sont légèrement fléchies sur les cuisses; les cuisses sur le bassin.
Quand on cherche à modifier cette attitude, on constate que les membres sont fortement contracturés et ces tentatives provoquent de violents spasmes musculaires qui sont douloureux et qui accentuent notablement la flexion des jambes et des cuisses. Ces spasmes se développent aussi spontanément et produisent toujours des sensations douloureuses.
Les réflexes rotuliens et les réflexes achilléens sont exagérés et du côté droit, on peut provoquer de la trépidation épileptoïde, à un faible degré, il est vrai. On constate des deux côtés, le phénomène des orteils. Les réfiexs cutanés, abdominaux, sont abolis. Aux membres inférieurs et à la partie inférieure du trone, il y a une diminution de la sensibilité au tact, à la douleur et à la température, mais ce trouble est très peu prononcé.
La vessie est distendue et le cathétérisme pratiqué à la première visite, donne issue à une urine purulente, Il y a aussi incontinence des matières fécales. Enfin la région sacrée est rouge, mais non excoriée. Les membres supérieurs et la partie supérieure du tronc ne présentent aucune perturbation. L'intelligence est tout à faït normale. La pupille gauche est plus large que la droite; le réflexe à la lumière est aboli à gauche. La pupille gauche se contracte, au contraire, à l'accomodation. La pupille droite est normale; il n'existe aucun trouble céphalique.
Je prescris de continuer les lavages de la vessie et je soumets la malade au traitement mercuriel sous forme de frictions avec de l’onguent napolitain.
143 février. — La malade est dans le même état exactement. Je
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pratique une ponction lombaire. Le liquide céphalo-rachidien sort
en jet. J'en retire 12 c. c. Voici le résultat de l'examen pratiqué par mon ami le D' Mageotte : liquide jaune verdâtre, se prenant en masse très peu de temps après la ponction pour former un caillot fibrineux dense, consistant et très peu rétractile. La, dissociation de ce caillot permet de constater qu'il contient des lymphocytes.
14 février. — La malade nous dit qu’ella a éprouvé la veille des douleurs de tête et des nausées, mais que contrairement à ce qui a eu lieu depuis plusieurs mois elle à passé une assez bonne nuit et qu’elle se sent manifestement bien plus à l'aise que de coutume. Les signes objectifs sont les mêmes. Je pratique une 2° ponction lombaire et je retire 10 c. c. de liquide qui présente la même teinte que la veille. On l’agite avec une baguette de verre immédiatement après l'avoir extrait, il ne se coagule pas ; le culot après centrifugation est formé de fibrine à l’état granuleux, de globules rouges à divers degrés d’altération pigmentaire, de granulations pigmentaires jaunâtres, de lymphocytes à petit noyau très coloré constituant au point de vue de leur nombre une lymphocytose de moyenne intensité, de lymphocytes à gros noyau pâle, bien moins nombreux que les précédents et de polynucléaires très rares.
21 février. — L'état de la malade s’est encore amélioré au point de vue des sensations, particulièrement dans la période des deux jours consécutifs à la deuxième ponction, maïs la paraplégie est toujours complète ; je pratique alors une troisième ponction. Le liquide extrait 8 c. c. est plus pâle, Sa formule leucocytaire n’a pas changé. Il y à encore quelques hématies avec des grains de pigment, mais il n'y a plus ni de brine, ni de granulations pigmentaires libres.
23 février. — Il y a un changement notable. La malade peut faire exécuter au pied et à la jambe quelques mouvements volontaires, ce dont elle avait été incapable jusque-là. Elle nous dit aussi que les crises de spasmes musculaires sont plus rares et moins intenses. Il n'y a plus du tout d’anesthésie aux membres inférieurs et au tronc. On continue les lavages et le traitement mercuriel.
7 mars. — La malade a fait encore quelques petits progrès depuis le 28 février. Je pratique alors une quatrième ponction. Le liquide 8 c. c. est clair, les gros lymphocytes sont plus nombreux, les petits moins nombreux, au contraire ; pas de polynucleaires.
8 mars. — Grande amélioration depuis la veille. La malade à passé toute la journée sans avoir de spasmes. Les mouvements volontaires sont bien plus faciles et les sensations douloureuses ont presque disparu. Les reflexes tendineux et les reflexes cutanés sont dans le même état. Le traitement mercuriel est suspendu.
48 mars. — La vessie est en bien meilleur état. L’incontinence des matières a presque disparu. 11 n’y a plus de fièvre, plus de
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spasmes musculaires. Je fais une cinquième ponction et j'extrais 8 c. c. de liquide. Les petits lymphocytes ont disparu, Il ne reste plus que de grands lymphocytes très pâles avec un grand noyau mal coloré. On recommence le traitement mercuriel.
19 mars. — Nouvelle amélioration sensible au point de vue de la mobilité.
4 mai. — Depuis le 19 mars, l’état de la malade a été en s'améliorant progressivement. Aujourd'hui elle est en état de se lever et de faire quelques pas, soutenue par des aides. La vessie est en bon état et on cesse les lavages. Elle demande à sortir en nous priant elle-même de lui faire avant son départ une nouvelle ponction. Je retire 10 c. c. de liquide qui a été versé par mégarde et dont l'examen n’a pas pu être fait, par conséquent : traitement mercuriel suspendu,
15 juin. — Elle se sent beaucoup mieux et elle nous dit qu’à la suite de la dernière ponction, elle a éprouvé un soulagement très marqué, comme à la suite de toutes les ponctions précédentes. Actuellement, avec deux cannes, elle peut marcher un peu. La vessie et le rectum fonctionnent bien, Les reflexes tendineux, cutanés et pupillaires sont dans le même état.
16 octobre. — Ta malade revient nous voir. Elle avait repris le:
15 juin, conformément à nos indications, le traitement hydrargirique, en l’interrompant de temps en temps. Elle marche sans canne à peu près comme une personne normale, mais se fatigue vite, la vessie et le rectum sont en parfait état. Les reflexes tendineux sont forts, sans être manifestement exagérés. Il n’y a plus d'épilepsie spinale. Le signe des orteils est toujours présent et très net. Les reflexes cutanés, abdominaux sont abolis. Les reflexes pupillaires sont exactement dans le même état que le premier jour. Je fais encore une ponction, je retire 8 c. c. de liquide. Il y à une lymphocytose faible maïs nette. Les gros lymphocytes sont relativement très nombreux.
M. le professeur Babinscki, fait suivre son observation de commentaires qui offrent le plus grand intérêt et que nous rapportons en partie.
L'examen du liquide, à décélé chez sa malade la présence d'une méningite fibrineuse lymphocytaire. Il y a-tout lieu de penser dit-il, que malgré ses dénégations, a syphilis est en cause et qu'elle a provoqué des lésions méningées chroniques qui restent, même encore maintenant, et se manifestent par les troubles pupillaires et la lymphocytose toujours présente,
De plus, il est permis de se demander, si les lésions méningées aîigües, aujourd’hui guéries n'étaient pas aussi sous la dépendance de la syphilis.
Enfin on est en droit de supposer que l’on a eu à faire à une association de deux infections, de nature différente, l'une syphilitique ayant déterminée des lésions chroniques, qui persistent encore, l’autre de nature indéterminée ayant provoquée des phénomènes aigüs qui ont disparu.
Le mercure à peut-être exercé une action favorable sur la malade, mais cela n’est pas rigoureusement démontré.
Je puis au contraire affirmer que les ponctions lombaires ont joué un rôle curatif des plus nets.
Il faut tout d'abord remarquer la différence notable qui distingue les liquides recueillis à 24 heures d'intervalle et contenant : l’un, celui de la première ponction une grande quantité de fibrine ; l’autre, celui de la deuxième, n’en contenant presque plus. Il est bien évident que, par la première rachicentèse je n'avais pas extrait toute la fibrine que ren-
fermait la cavité arachnoïdienne. Par quel mécanisme a-t-elle
pu disparaître si rapidement, consécutivement à l'opération ? On peut supposer que l'hypertension du liquide céphalorachidien comprimait les vaisseaux et entravait la résorption de la fibrine et que la ponction. a remédié au mal simplement par la décompression qu'elle à provoquée.
D'ailleurs que cette hypothèse soit juste ou non, le résultat obtenu, n’en est pas moins incontestable.
Nous rappellerons encore l'observation de MM. Baüer et Mauban où la ponction lombaire amena une guérison complète en trois semaines.
OBSERVATION. — (Résumée)
Claire P.., âgée de 16 ans, corsetière, entre le 6 janvier 1903 à l'hôpital Andral. Il y a dix jours, dans le courant de l'après-midi,
elle a été prise d’un violent mal da tête, de frissons, de nausées,
puis de vomissements. Depuis, elle est restée alitée, souffrant des mêmes troubles et soignée pour une « fièvre cérébrale ».
Lors de son entrée à l'hôpital, elle présente les signes habituels d'une méningite aiguë : céphalée très pénible ; raideur douloureuse de la colonne vertébrale, sans contracture des membres, signe de Kernig, absence des réflexes rotuliens, pas de signe de Babinski, force normale, nausées, constipation, 39° de température, 100 pulsations. Malgré cet ensemble de signes qui affirme: le diagnostic de méningite, l’habitus général de la malade n'est que peu altéré. A part une rougeole contractée l’an dernier, il n'y a rien à relever dans ses antécédents personnels et héréditaires. Elle a une très bonne santé. Sa famille est bien portante, Traitement : bains tièdes,
LE RTS
Le lendemain, une ponction lombaire donne issue à un liquide hémorragique uniformément coloré dans deux tubes et teinté en jaune après centrifugation. Le dépôt contient de nombreux globules rouges, une proportion considérable de polynucléaires, quelques rares lymphocytes. A la suite de cette ponction se produit une amélioration et la température baisse. Mais, le surlendemain, elle remonte à 38°8 et l’état de la malade s'aggrave. Puis les signes perdent de leur intensité, la céphalée s’atténue, la raideur, la fièvre diminuent ; les réflexes rotuliens reparaissent.
Le 16 janvier. — Vingt jours après le début de la maladie, P... se sent à peu près bien ; elle dort bien et n’a plus de maux de tête. La nuque est mobile, mais on constate encore une ébauche: du signe de Kernig et un léger mouvement fébrile. 37°8.
Le 19 janvier. — Une deuxième ponction lombaire donne un liquide très légèrement ambré, limpide, dont le dépôt, après centrifugation, contient quelques globules rouges, de très rares lymphocytes et des polynucléaires en plus petit nombre encore.
Pendant le reste du séjour à l'hôpital, convalescence normale.
Lors de sa sortie, le 14 février, la malade présente comme vestiges de sa méningite une légère exagération des réflexes tendineux et cutanés, un amaigrissement encore notable.
Nous pourrions encore multiplier le nombre de nos observations, mais il nous suffira de rappeler les nombreux auteurs qui ont placé la ponction lombaire au premier rang des applications thérapeutiques de la méningite aigüe, pour reconnaître les avantages considérables qu’elle procure dans le traitement d'une affection considérée jusqu'alors comme mortelle dans la majorité des cas.
Déjà Brasch, en 1898, rapporta trois cas de méningites séreuses aigües, dans lesquelles la ponction lombaire amena une amélicration suivie de guérison.
Dans son rapport au Congrès international de 1900, Con celli, étudie la question des méningites amicrobiennes aigtües et en: arrive aux conclusions suivantes :
Le liquide retiré était généralement en hypertension ; puisqu'il put extraire de 70 €. €. à 120 c. ec. en jet.
Sur de très nombreux cas observés, concernant des enfants amenés à des périodes tardives et présentant déjà de lhydrocéphalie et de l’'amaurose, seuls les plus récents de ces cas ont été améliorés. :
Mais dans d’autres observations concernant des malades amenés peu après le début des accidents et traités d'emblée par des ponctions répétées, le résultat thérapeutique fut
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beaucoup plus heureux et les guérisons furent complètes, sans séquelles.
Lenhartz à Hambourg, à pratiqué un grand nombre de fois la ponction lombaire, dans des cas, la plupart fort graves. Une seule ponction a suffi parfois à amener la guérison. Mais le plus souvent il à dù pratiquer des rachicenthèses multiples à intervalles rapprochés. C’est ainsi que chez une jeune fille de 19 ans, il à dut intervenir quotidiennement pendant 6 jours, puis après un intervalle de 4 jours, répéter encore deux fois la ponction. De même chez un enfant de quatre ans, il fit des ponctions quotidiennes pendant 6 jours. Chez une jeune fille de 16 ans, présentant une perte de connaissance complète, du délire furieux, et un degré très marqué d'opisthotonos, il n'hésita pas à ponctionner le canal rachidien jusqu'à 15 fois de suite et à extraire ainsi au total 400 c. ©. de liquide céphalo-rachidien.
A côté des faits à marche aigüe, comme ceux dont il vient d'être question. On sait qu’il en existe d’autres à évolution plus lente, qui se terminent le plus souvent par la mort entre la 6° et la 10° semaines. A l’autopsie on trouve généralement une hydrocéphalie aigüe. Or dans un grand nombre de cas les ponctions lombaires multiples et fréquentes auraient également d’après les expériences de M. Lenhartz une efficacité réelle.
Par exemple chez une malade atteinte de cette forme de méningite cérébro-spinale, deux ponctions pratiquées le 40° et le 41° jour, déterminèrent une amélioration frappante. Celle-ci ne s'étant toutefois maintenue que 48 heures, on fit encore le 43° jour, une rachicentèse le matin et une autre le soir. Le lendemain on en pratiqua une dernière. A dater de ce moment, le malade qui était jusque là considéré comme perdu se remit peu à peu, si bien que dès le 67° jour, on put le faire lever.
N'ayant jamais observé d'accidents après la ponction, Lenhartz considère ce mode de traitement comme absolument inoffensif.
Enfin pour terminer ce rapide exposé sur la curabilité des méningites aigües par la ponction lombaire, il nous suffira de rappeler :
1° L'opinion de Magakian, qui nous dit : De tous les moyens proposés pour le traitement de la méningite aigüe la ponction lombaire paraît le meilleur ; d’un côté il dimi-