‹ De la ponction lombaire dans le traitement du rhumatisme cérébral et de certains exsudats méningésChapitre 7 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant notre année d’internat à l'hôpital de Limoges, il nous à été donné d'observer dans le service de M. le D* Périgord, suppléé à cette époque par M. le D' Cubertafond, un Cas type de rhumatisme cérébral guéri par deux ponctions lombaires. Nous avions pensé tout d’abord à établir l’histoire du rhumatisme cérébral et nous basant sur les études anatomo-pathologiques qui avaient été faites, recherché si les ponctions lombaires effectuées dans un but thérapeutique pouvaient amener une amélioration rapide des accidents cérébraux et peut-être même, comme dans notre cas, une guérison complète.

Mais quelques semaines de travail suffirent à nous convaincre qu'il nous faudrait de longues recherches pour arriver à un travail satisfaisant. Nous ne pouvions en effet songer à nous limiter à l’étude de la ponction lombaire dans le rhumatisme cérébral. Les observations rapportées, bien que fréquentes, datent pour la plupart d’une époque où la technique de la ponction lombaire n’était pas encore entrée dans les mœurs médicales.

Quant aux dernières observations, publiées tout récemment encore par MM. Josuë et Salomon, en 1903; MM. Gaudy et Bornait-Legueule, en 1905, si elles nous signalent une étude approfondie du liquide céphalo-rachidien recueilli aussitôt après la mort des malades, si elles nous mentionnent une description des plus détaillées des lésions cérébrales décelées par des moyens nouveaux d'investigation, elles ne relatent en aucun point l'application thérapeutique de la ponction lombaire.

Dans un seul cas, dont l’observation a été rapportée à la Société médicale des Hôpitaux par MM. Souque et Castaigne, la ponction lombaire a été pratiquée quelques instants avant la mort du malade sans effet appréciable d’amélioration.

Malgré tout l'intérêt que pouvait présenter pour nous le résultat thérapeutique de la ponction de Quincke dans le cas que nous avons l'honneur de rapporter, il nous était bien

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difficile, avec ces quelques données de soutenir l'effet curalif de cette méthode et de laisser entrevoir pour un avenir prochain peut-être, un horizon moins sombre, dans le pronostie de cette redoutable affection.

Etait-ce guérison réelle ? Etait-ce simple coïncidence ? Notre faible expérience, cédant alors le pas à notre légitime curiosité, nous amena à rechercher dans la littérature classique des accidents cérébraux en général, si cette ponction lombaire, tant louangée par de nombreux auteurs, tant récriée par d’autres, avait quelque efficacité réelle dans l’évolution, où la curabilité de certaines maladies, qui donnent lieu dans le cours d'infections aiguës et de nature différente, à des symptômes cérébraux ou meningés analogues.

Le rhumatisme cérébral, quelle que soit la modalité clinique qu'il affecte, type délirant, type meningitique, type comaleux, type convulsif, esl toujours sous la dépendance d'un processus infectieux dont la nature nous échappe encore : dans l'état de la science tout doit nous laisser supposer qu'il est le résultat de la localisation sur Tencéphale d’un microbe ou d’une toxine inconnue.

Ses désordres cérébraux peuvent être comparés à ceux que l'on observe au cours des grandes pyrexies, scarlatine, typhoïide, urémie, méningite, et bien que présentant des caractères spéciaux qui permettent de les différencier, caractères inhérents au processus même qui leur a donné naissance, ne nous offrent-ils la plus grande analogie clinique et anatomique avec les désordres cérébraux de l’urémie nerveuse et de la méningite aiguë ?

Dans leurs remarquables exposés, auxquels le talent et la compétence de ces Maîtres donnent une valeur sépéciale, Trousseau et Benjamin Ball, n'ont-ils pas décrit outre le type délirant, le type méningitique et le type comateux d rhumatisme cérébral ?

N'a-t-on pas trouvé dans de. nombreuses autopsies des traces fort nettes de méningite aiguë et n’a-t-on pas fait jouer un rôle ces derniers temps aux lésions hépathiques et rénales dans la genèse des accidents cérébraux du rhumatisme ?

L’hydropysie ventriculaire, l’œdeme cérébral, la réaction inflammatoire des méninges n’ont-ils pas, chaque fois pour ainsi dire cœxisté dans les symptômes de chacune de ces affections ?

Sans doute toutes ces lésions sont spéciales à la cause qui les a fait naître, sans doute elles ‘ont leur individualité propre, leur aspect clinique particulier, maïs bien que leur processus primordial ‘soit différent, elles produisent du côté du système nerveux des manifestations d'ordre variable, mais dont l’analogie n’est pas sans nous frapper.

Or .les observations d'urémie nerveuse, à formes convulsive, délirante, comateuse, de même que les observations des méningites aiguës (et nous voulons parler de celles qui constituent la ‘localisation clinique essentielle d’une infection) ont été publiées en grand nombre depuis quelques années. Chacun à voulu expérimenter dans ces cas, où la thérapeutique était presque impuissante, la nouvelle méthode de Quincke par la ponction lombaire.

Nous rechercherons done quels sont les résultats qu'elle a pu donner dans chaucune d'elle, et peut-être après avoir montré plus explicitement le ‘lien qui les réunit au point de vue anatomo-pathologique au rhumatisme cérébral, nous sera-t-il permis de rapporter sur cette dernière affection: les bénéfices ou les mécomptes de la ponction de Quincke et d'en tirer une conclusion favorable ou défavorable.

Notre étude, dont nous avons été amené à étendre ainsi le cadre primitif, comprendra un historique rapide de la ponclion, sa technique, et nous rechercherons, si elle est susceptible de déterminer quelque accident.

Dans un premier chapitre, nous passerons en revue l'étude succinte du rhumatisme cérébral et nous rapporterons le cas que nous avons observé, ‘traité par la ponction lombaire. Nous nous attacherons surtout aux lésions déterminées par cette infection sur l’encéphale, lésions rapportées dans les nombreux cas où l’autopsie fut pratiquée.

Dans un 2° chapitre nous rapporterons de nombreuses observations d’urémie cérébrale, traitée par la ponction lombaire, et dont nous étudierons les lésions sur le système nerveux, conjointement avec les différents auteurs qui les ont relatées.

Dans un 3° chapitre nous citerons les nombreuses observalions de méningite aiguë traitée encore par la ponction lombaire, et nous nous efforcerons d'analyser les différents symptômes observés.

Enfin, dans un dernier chapitre, scindant en une même

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description l'étude du liquide céphalo-rachidien, l'étude des lésions, et l'étude des effets produits par la ponction lombaire dans chacune de ces affections, nous nous demanderons quelle est la valeur thérapeutique qu’on peut lui reconnaître dans l’évolution de ces accidents cérébraux à processus infectieux indéterminé et d’après nos résultats nous conclurons négativement où positivement.

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