‹ De La Précocité Intellectuelle Étude Sur Le GénieChapitre 4 sur 29 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Étude sur le génie

Les anciens regardaient le génie comme une émanation de Dieu, et l’inspiration était un feu sacré qui transfiqurait ses élus. La science moderne ne pouvait se contenter de cette définition; elle a recherché les causes de cette extrême supériorité ; elle a classé les caractères de l’homme de génie, elle l’a suivi dans son évolution, elle l’a étu. dié dans ses manifestations et elle a ramené le génie à une simple lésion nerveuse, l'inspiration à un simple phénomène psycho-physiologique.

Un des caractères fréquents du génie, c’est la précocité ; avant d'examiner cette question, nous allons indiquer rapidement quelques opinions émises sur le génie.

Pour Hartman, le génie est l'inconscient. Pour H. Jolly (1), c’est la faculté de créer. L'originalité est la faculté

dominante de l’homme de génie ; ce ne serait qu’une extrême

4, Psychologie des Grands hommes, p. 15.

re supériorité cérébrale. Le génie est individuel etle propre de son œuvre est d’être irrecommencçable.

Réveillé-Parise étudie surtout le résultat; et, la névrose du littérateur n’est que la conséquence de son labeur d'exception plutôt que la source de son génie.

Avec Moreau (de Tours) nous allons plus loin, le génie ne devrait être qu’une des manifestations de l’extrême excitation du cerveau et l'inspiration poétique confinerait à la manie aiguë.

Le professeur Lombroso donna le plus grand retentissement à la question, dans son ouvrage, L’Homme de Génie ; pour lui, ce serait une psychose dégénérative ; il l’identifie à une névrose et il en fait le résultat d’une dégénérescence, c’est-à-dire le résultat de l’action de l’hérédité.

IT admet que dans la production, concourt non-seulement l’hérédité physiologique et l’exercice très actif de la faculté, mais aussi des facteurs pathologiques. Telle est aussi l’opinion de Roncoroni (1).

Lombroso se basant sur les analogies qu’il trouve avec la folie, établit entre les deux un certain nombre de rapports et de caractères à peu près constants.

il cite même des fous qui ont eu une génialité temporaire, et il ramène le génie à une névrose épileptoïde de forme larvée.

En effet, entre le génie et la folie, il y a bien des points de contact et Schopenhauer a pu dire que le génie est

plus près de la folie que l’intelligence moyenne ; mais

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