‹ De la predication sous Henri IVChapitre 28 sur 35 · ORAISONS FUNÈBRES · texte numérisé non relu

ORAISONS FUNÈBRES

de juger où en était l'éloquence sacrée à la fin du règne de Henri IV. Il n'offre pas, à chacune de ses pages, une lecture fort intéressante, mais quiconque le parcourra en entier sera bientôt convaincu des progrès incontestables accomplis par la prédication depuis la fin de la Ligue, soit pour la langue, soit pour la composition, soit pour le fond des idées.

La réforme n'est certes pas opérée chez tous les orateurs. Il en est qui suivent encore les errements signalés dans les précédents chapitres. Chez plusieurs d'entr'eux encore le désordre et la confusion de la pensée produisent l'embarras dans l'expression. La phrase est traînante, inextricable, longtemps suspendue, sans ^reposoirs, » présentant à l'esprit plusieurs idées sans lui en offrir une principale. Il est difficile et pénible de suivre le dessein de fauteur; on ne distingue aucun plan bien arrêté, on ne voit point de division suffisamment accusée. Puis, l'embarras s'accroît comme à l'ordinaire par la multiplicité des citations^ C'est une mosaïque d'auteurs français , latins et grecs ; c'est un abus de souvenirs de l'antiquité, de comparaisons mythologiques; l'Olympe tout entier est mis à contribution. C'est enfin un mélange indigeste d'emphatiques louanges, d'apostrophes déclamatoires, de fastidieuses apothéoses.

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