BOUCHER
Il trace ainsi le portrait de Henri IV : « C'est un hérétique, un relaps, un sacrilège, un bnileur d'églises, un massacreur de religieux et de prêtres, un qui n'a fait autre chose en la vie que faire la guerre à l'Eglise, épandre le sang des catholiques... Un enfin qui de tout temps s'est rebellé contre la patrie, a commis actes de félonie, introduit les ennemis, violé les lois divines et humaines *. » Il joint à l'invective la plaisanterie : « Nous aimons mieux être réaux que nominaux, voilà tout. » Le ton vif et familier plaisait et attirait : « On l'a vu en une même heure huguenot et en la même catholique ! Et puis le voilà à la messe ! Et sonne le tambourin ! Vive le roi 2 ! » Il cherche à ridiculiser la cérémonie de Saint-Denis, où Henri IV abjura, et déclare suspects d'hérésie tous ceux qui soutiennent le nouveau converti. Il démontre enfin que la paix est chose impie. La paix, on ne l'aura qu'avec l'infante d'Espagne, mariée au jeune duc de Guise.
Il y a dans ce pamphlet, en neuf parties, de l'entrain, de la verve, et, il faut le reconnaître, souvent de l'éloquence. Boucher y est tour à tour érudit,
i Sermons de la simulée conversion, p. 227, 231 2 Ibid., p. 4 89, 4 83.