S XXXVII
Replioatio, Duplicatio, etc. Gai. it. 12C-12^. lost. J., tit. dt repUcat.
La replicatio est une exceptio opposée à la première exceptio : elle intervient, par conséquent, en faveur du demandeur *^''. La pensée de justice, qui se trouve au fond de Y exceptio, et qui est de nature, en général, à empêcher l'application de la règle exprimée par YadiOy peut parfois, à son tour, être justement combattue par une objection, présentée par le demandeur, qui, détruisant l'effet de V exceptio j invoquée par le défendeur, restituera par cela même à Yactio sa force primitive *^*. Condition négative de YexceptiOj — qui était elle-même une condition négative de VactiOy — la réplique, — suivant l'usage ordinaire du langage, qui de deux négations fait une affirmation, — était présentée sous forme affirmative, sous la forme d'une condition positive de Yactio j et c'était le plus souvent au moyen de la particule aut si, qu'elle prenait place dans la formule *^^.
Les replicationes pouvaient, comme les exceptioneSj avoir leur fondement juridique soit dans le droit civil, soit dans le droit prétorien, et, en général, les excep-
« exception n*esi pas action, c attendu qn^elle fait tout le con- « traire d'action, d'autant que « Faction commence et intente le « procès, et Texception le dissout c et Fabolit : au cas pareil aussi c estiment-ils que le tribunat soit c plus tost un empeschement et c uu contrecarre du magistrat, c quenonpasunmagi8trat.]»(Trad.
d'Amyot.)
407) L. 22. § i. D. de except, (44. 1.) c Replicatio est contraria « exceptio, quasi exceptionis a exceptio. »
408) L. 2. § 1. 2. D. de except.
409) Gai. IV. 126. L. 48. D. de proc. (8. 8.) L. 82. § 2. D. ad, SC. Vell. (16. 1.) L. 154. D. de A. /.
(50. 17.) — Pu. § 170. «. et Sav., Hu., Kel. ib, /.
tioneSj soit qu'elles fussent portées dans Tédit, soit que le préteur en subordonnât Toctroi aux circonstances, pouvaient être utilisées comme répliques, dupliques, etc., toutes les fois que la position des parties et la marche du procèsle commandaient **®. Naturellement aussi les repUcationes pouvaient, comme les exceptioneSy être conçues plus in jus ou plus in factunij et devaient aussi, comme elles, être demandées et obtenues du magistrat. Enfin, de même que Vexceptio pouvait, dans certains cas, entraîner le refus de l'action (p. h. §. 36), de même la replicatio pouvait entraîner la denegatio de Vexceptio à laquelle eue était opposée ***.
Si le cas l'exigeait, on pouvait, en poursuivant le même système, à la suite de la replicatio^ et comme exception à celle-ci, ajouter, dans la formule, une duplicatiOj destinée de nouveau à protéger le défendeur, et par suite, naturellement, exprimée d'ordinaire, comme la première exception — Vexceptio proprement dite, — sous forme de condition négative mise à l'ordre de condamner donné au juge; — puis, après la duplicatiOj pouvaient venir, de même, une triplicatiOy quadruplicatio^ etc. — le tout alternativement, sous forme positive ou négative, suivant le rapport indiqué ci-dessus, suivant, en un mot, que la clause était ajoutée en faveur du demandeur, pour donner force à Yactio^ ou, au contraire, en faveur du défendeur, comme moyen de le soustraire à la condemnatio ***.
410. L. s. § 1. 2. D. de except, 28.) L. 4. § 14. D. dedoi, except.
(44. 1.) L. 5. C. eod, (8. 36.) ; Pu. (44. 4.) L. 18. D. de except. (44. 1.)
§ 170. 66. L. 19. D. de novat (46. 2.) L.23.
411) L. 12. § 2. L. 22. D. de pact D. de except. reijud. (44. 2.) dot. (23. 4.) L. 9. pr. D. de SC. 412) Gai IV. 126. et es. J. pr.
Maced. (14. 6.) L. 1. G. eod. (4. § 1. 2. 8. de replicat. (4.14.).
§ XXXVII. REPLICATIO, DUPLICATIO, ETC. 16i
Mais, en réalité, la série de ces clauses, ajoutées à la formule, était moins étendue qu'il ne semble. Beaucoup d'actions allaient devant le judex, sans aucune addition à'exceptio; le plus souvent, Véxceptio, à son tour, n'était suivie d'aucune replicatio, et une duplicatio, dans la pratique, était déjà chose assez rare. D'ordinaire, les allégations positives que les parties pouvaient avoir à s'opposer, et qui étaient destinées à se détruire l'une l'autre, étaient bientôt épuisées, et l'un ou l'autre plaideur finissait par en être réduit à ne pouvoir répondre à la dernière prétention de son adversaire que par une contradiction purement négative , c'est-à-dire par la simple dénégation du moyen qu'il se voyait opposer. L'insertion, dans une formule, d'une longue suite d'exceptions appelées à se combattre, à se repousser l'une l'j^utre, devait d'ailleurs, en général, être chose embarrassante, et accroître notablement les difficultés de la mission confiée au magistrat, par la nécessité qu'elle imposait à ce dernier de préciser d'avance la portée que devait avoir chaque allégation ****; elle était, par suite, de nature à augmenter les chances de méprise et d'erreur. Les magistrats romains savaient éviter ces inconvénients et échapper à ce danger en ayant soin, au lieu d'insérer dans la formule une longue série de clauses fondées chacune sur des faits déterminés, allégués les unes contre les autres, de couper court, le plus tôt qu'ils pouvaient, au moyen soit d'une exceptio soit d'une replicatio
Diaprés une autre terminologie, «,tra replicalionem solet daii
replicatio et duplicatio étaient « triplicatio. » L. 7. § 1. et s, D.
considérés comme synonymes, de cwat. fur, (27. 10.); Sav. V.
en sorte qu'on avait d'aboiid Tex- § 229. g-i. Pu. § 170. dd,
ceptio, puis la replicatio ou dupli" 412 * ) Ou peut en juger par nos
catio, puis la triplicatio etc. L. 2. décrets d'admission à preuve {Be-
§ 8. D. de except, (44. 1.) «... con- weisdecreten).
ici CUAP. IL FORME DE LA PROCÉDUaS.
OU même, s*il fallait aller jusque là, d'une duplicatio doUj — abandomiant le surplus (notamment Fapprédation des faits ultérieurs , invoqués de part et d'autre) à la sagesse du judex ^".
Enfin, quant à la rédaction même de ces clauses et à la manière de les lier les unes aux autres, les Romains se complaisaient sans doute, ici comme ailleurs, dans une certaine uniformité d'expre^ons, qui avait Favantage de rendre, par le secours de l'habitude, la tache plus facile. Cependant ils se laissaient bien moios endiainer par les termes reçus, par les formules d'usage, qa'oa ne le suppose généralement, et ils ne négligeaient, dans la pratique journalière des affiûres (m eaimrefo), aucun soin pour donner à leurs formulesles qualités essentielles d'une bonne rédaction, particulièraneot la clarté, l'exactitude et la concision ***.
413) Pto exemple, fl n'y a pas senk sm «tiW U IS4. D. ér
dTabordavvl fini vn pttcte d^ sm ift)/. cieqif. (M. 4J t. awal L. 57.
jMioirfb, Mtts q« pfaB lud ca § t. D. de tmOn/L tmfi. (It. 1.)
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