‹ De la profession d'imprimeur, des maîtres imprimeurs, et de la nécessité actuelle de donner a l'imprimerie les règlemens promis par les loisChapitre 1 sur 22 · ÉP1TRE DÉDICAT01RE · texte numérisé non relu

ÉP1TRE DÉDICAT01RE

moment de vos graves occupations , en mettant cet écrit sous vos jeux; car c’est au Grand-Maître de V Université et h V Académicien que f en présente V hommage .

Je sais que VEpître dèdicatoire est a peu prés proscrite par la délicatesse exquise et le rare désintéressement des hommes de notre temps-: mais pendant trois siècles, tout ce que la France a compté d’ écrivains dans les Sciences , les Arts et les Lettres , aussi bien que les Corps savans , ont fait un usage continuel de l’Épître ; et sa place reste marquée dans l’histoire de la littérature , qui lui doit nombre d’inclices introuvables ailleurs , et qui regrettera plus d’une fois peutêtre de ne la plus rencontrer.

Le caractère de ce genre de composition s’adapte très-bien d’ailleurs à ma pensée. Il me permettrait de louer sans réserve les vues nobles et libérales de l’éloquent orateur, le mérite de l’écrivain le plus accompli , la richesse et la grandeur de ses compositions , la grâce , la pureté et le goût parfait de son style; et l’on ne m’accuserait pas de flatterie : on me reprocheroit bien plutôt d’avoir si imparfaitement retracé ces rares

ÉPURE DÉDICATOÏRE.

et brillantes qualités , qu’il me fut permis de connaître des nos premières luttes universitaires .

Mais tel n’est pas le but de cette Epître.

Elle doit pourtant se conformer à l’un de ses principes essentiels , qui est de réclamer la protection du personnage auquel elle s’adresse ; et c’est celle du G rci nd- M a ît re de l’Université qu’elle invoque ouvertement ici en faveur de 1’ Imprimerie. Jamais , en effet , Monsieur le Ministre , cette Fille de l’Université n’eut plus besoin de protection. Le cours des événements , la force des choses , bien plus que V impéritie de ceux qui exercent V imprimerie , lui ont fait perdre le lustre et la considération dont elle jouis soit autrefois , et qu elle devait surtout au patronage de l’Université. Le désordre qui s’est introduit dans l’exercice de cette profession par l’ inexécution des règlemens ou V insuffisance des lois, est aujourd’hui parvenu a son comble. Les Imprimeurs de Paris ont adressé des réclamations, des doléances s elles n’ont point été écoutées. Puisse le Ministre de l’Instruction publique , Grand-Maître de V Université , les accueillir , et les faire entendre ! et

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