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tuméfaction et de la rougeur. Ces vulvites peuvent ellesmêmes se distinguer en vulvile catarrhale où leucorrhée des petites filles, et en vulvile blennorrhagique où gonorrhée des petites filles.
Nous ne dirons rien des trois premières formes de vulvovaginites. Reste tout le groupe des vulvites simples (leucorrhée et gonorrhée) ; elles représentent la plus grande quantité des cas, et elles soulèvent des problèmes extrêmement intéressants. Leur étiologie, leur pathogénie, leurs complications, leur traitement ont encore des points bien obscurs; mais l'historique de ce chapitre de pathologie infantile est loin de manquer d'intérêt et nous montre comment les idées doctrinales ont modifié la manière de comprendre cette affection.
Bouchut ne parle guère que de leucorrhée et déclare que les enfants scrofuleux, les strumeux en sont presque seuls atteints. Tous les auteurs du milieu du siècle voient surtout dans la vulvo-vaginite la marque d’un état diathésique, le reflet d’un état général mauvais de l'organisme ; et consacrent fort peu d'attention aux faits de contagion des vulvo-vaginites. On réserve le nom de vulvite blennorrhagique aux vulvites qui se montrent chez des enfants ayant été l’objet de tentatives de viol.
Cependant les idées modernes sur la nature et la cause des suppurations en général, sur la contagiosité de nombreuses affections, viennent, en même temps que les faits de vulvo-vaginites sont mieux observés, éclairer un peu la question. C’est le rôle de la contagion qui semble éveiller d’abord les esprits sur ce sujet.
En novembre 1887, dans les Annales de la Suisse romande, Suchard rapporte une épidémie de vulvo-vaginite et incrimine des linges, des baignoires, des baïns pris en commun comme agents de contagion.
En 1888, le regretté docteur Ollivier, médecin à l’h6pital des Enfants malades, observe dans cet hôpital une épidémie de vulvo-vaginites qui cessa grâce à des soins antiseptiques qui s’opposèrent à la contagion, et l’histoire de cette épidémie est relatée dans les Bulletins de l’Académie de médecine de 1888. Cependant le pus de ces vulvo-vaginites ne donna lieu à aucune recherche bactériologique.
Mais, à cette époque, en Allemagne, Veisser avait déjà décrit depuis plusieurs années, depuis 1887, un organisme qui était considéré par lui comme spécifique de la blennorrhagie, et de nombreux travaux avaient été faits pour chercher si, dans toutes les affections, démontrées par la clinique de nature blennorragique ou du moins pour lesquelles Ja nature blennorrhagique pouvait être discutée, on ne retrouvait pas le même micro-organisme.
Haal, dès 1881, avait décrit, dans des cas de blennorrhée des nouveaux-nés, des comes identiques à ceux de Neisser.
Xirchberg et Krause, en 1881, avaient fait des observations analogues ; mais ils faisaient des réserves sur la valeur du parasite.
L'année suivante, 1882, Xrause observait le go :oco [ue sur la conjonctive ; puis Sweipel, Bumim, Welander éclui-
aient la question de l’opthalmie purulente des nouveauxnés.
L'année 1888 vit paraître en Allemagne deux travaux importants, alors qu'Ollivier rapportait en France lhistoire de l’épidémie qu’il avait observée.
V. Dusch (1), qui vit à Heidelberg des épidémies d’hôpital, vit aussi des épidémies de maison, et après une enquête attentive, ayant déjà dans l'esprit que beaucoup de ces vulvo-vaginites étaient de nature blennorrhagique, avait retrouvé dans la moitié des cas environ la source du mal, la contagion venant des frères, des parents, des sœurs, etc. |
La même année, Pott de Halle (2) rapporte les résultats d’une observation attentive de douze ans, soit 86 cas de vaginite. Il ne croit pas beaucoup à la fréquence de la contamination par viol; mais il cite la contagion par les linges, les draps de lit, quand parents, frères et sœurs aînés couchent avec ces enfants. Le pus de ces vulvites fut examiné par Cséri et Israël, qui y constatèrent le gonocoque de Neisser.
Prochownick (3) rapporte, dans le même congrès de gynécologie, le résultat de ses recherches. IL a trouvé
17 fois le gonocoque dans 21 cas de vulvite.
(1) V. Dusch. Über die infectiose Kolpitis Kleiner madchen in Deutche med. Woch. 1888. N° 41, p. 8s1.
(2) Pott de Halle. Congrès gynécologie de Halle. Central. fur gyn. 1888. N° 26, p. 422.
(3) Prochownik. Idem.
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Æ£. Spalk (1) donne une proportion analogue de vulvite à gonocoque. ‘
Dès lors, l’idée de contagiosité des vulvo-vaginites était entrée dans la science, ainsi que l’idée de la fréquence extrême des vulvites à gonocoques. Cependant, la présence du gonocoque paraissant avoir en médecine légale une importance considérable, nous voyons les légistes s'occuper de cette question. Vibert et Bordas proclamaient hautement que la présence du gonocoque dans un écoulement n'impliquait nullement comme conséquence que cet écoulement était d’origine vénérienne (2).
Cependant, si nous cherchons à nous expliquer pourquoi le gonocoque de Neiïsser se retrouve dans tant de vulvo-vaginites, alors que bien peu d’entre elles, de l’'aveu de tous les auteurs, sont d’origine vénérienne, nous trouvons que les auteurs ont pu dans beaucoup de cas retrouver comment s'était produite l'infection. Il s’agit souvent d'enfants qui couchent dans le lit de grands frères et de sœurs ainées atteints de blennorrhagie. Souvent ce sont les mêmes objets de toilette, qui servent à tous dans la famille. Beclère (3) rapporte le cas d’une fillette contaminée par la mère atteinte d'écoulement blennorrhagique, dans le lit de laquelle couchait l'enfant.
Dans d’autres cas, il semble que l'écoulement d’un en-
(1) Spalh. Münd. med. Woch. 28 mai 1889, p. 373. (2) Vibert et Bordas. Médecine moderne. 1891.
(3) Beclère. R. maladies de l'enfance. Juin 1802.
fant de 2 et même 3 ans remonte à la naissance, et on retrouve à cette époque une blennorrhagie chez la mère, ou une opthalmie purulente chez l'enfant (1). Dans certains cas, rapporte Æpstein, si l'écoulement survenant vers l'age de deux, trois ans et même quatre ans, parait venir spontanément, c'est que jusqu'alors il a passé inaperçu.
Quoi qu'il en soit, ce que nous constatons c’est que, une fois admise l’idée de la nature infectieuse de la vulvovaginite, on en vint à chercher si, au cours des vulvovaginites de l'enfance, il ne pouvait pas se montrer des complications analogues à celles que l’on peut observer au cours ou après toutes les maladies infectieuses, et en particulier de la blennorrhagie; cette dernière maladie pouvant donner des complications de toute sorte, devenant ainsi une maladie @ solius substantiæ », comme Souplet Va montré dans la thèse (2) qu'il intitule à dessein : «La blennorrhagie, maladie générale ».
Une fois l'esprit éveillé sur ce sujet, les observations ne tardèrent pas, et l’on vit paraître une série d’observations de complications observées au cours des vulvo-vaginites de l'enfance. On publia des observations de complications oculaires, et l’on entrevit dès lors la relation fréquente entre lopthalmie purulente et la vulvo-vagi-
nite; l'une compliquant l'autre, lune pouvant servir de
(1) Epstein. Arch. fur dermatologie et syphilis. 1807. (2) Abel Souplet. Thèse 1893. Paris.