‹ De la propriété et de ses formes primitives (volume 3)Chapitre 5 sur 88 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

accordé à tous les citoyens des droits égaux. Seulement les l^islateurs anciens avaient reconnu cette vérité fondamentale répétée constamment par Aristote, que la liberté et la démocratie ne peuvent subsister sans l'égalité des conditions. Pour maintenir cette égalité ils avaient eu recours à toutes sortes d'expédients : inaliénabilité des patrimoines, limitation du droit de succession, maintien de la propriété collective pour les forêts et les pâturages, banquets publics où tous venaient s'asseoir, les sussitiaei les copis dont il est si souvent question dans les auteurs anciens. Comme (m le sait, toutes ces précautions n'empêchèrent point les progrès de l'inégalité; et alors la lutte sociale commença, mettant aux prises deux classes presque aussi séparées d'intérêts que deux peuples rivaux, exactement comme en France et en Allemagne aujourd'hui. Ecoutez cette grave parole de Platon (de la Rép.f liv. IV) : « Chacun des États grecs n'est pas un, mais il renferme pour le moins deux Etats; l'un composé de riches, l'autre de pauvres. ^

Les pauvres jouissant des droits politiques, voulurent s'en servir pour établir l'égalité ; tantôt on mettait tous les impôts à la charge des riches, tantôt on confisquait leurs biens en les condamnant à mort ou à l'exil ; souvent on abolissait les dettes et parfois on allait même jusqu'à refaire un parlage égal de toutes les propriétés. Les riches naturellement se défendaient par tous les moyens, même par les armes. De là des guerres sociales conslantes. Polybe résume cette lamentable histoire en un mot : t Dans toute guerre civile, il s'agit de déplacer les fortunes. » — « Les cités grecques, dit

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