PERSONNEL DU DISPENSAIRE
Au mois de décembre 1837, le personnel du
dispensaire était composé de :
1 économe à 1 ,000 fr.
1 médecin à 600
1 homme de peine à. . . . 300
1 portier à ' . . 500
Dans la séance du 27 mai 1839, et comme
conséquence de l'agrandissement du dispensaire,
Voté dans la séance précédente, on décide qu'il y aura :
1 économe.
1 médecin.
1 contrôleur.
3 agents de surveillance.
1 concierge.
1 cuisinier.
1 infirmier.
1 guichetier.
1 homme de peine.
1 négresse de service.
. Dans la séance du 6 juillet 1 840, on demande la création d'un aide-chirurgien et d'un quatrième agent, attendu l'accroissement survenu dans le nombre des prostituées et pour suffire des besoins du service.
Dans l'intérêt du service, ajoute-t-on, qui est journalier, et dans l'intérêt de la santé des femmes, qui est d'une si grande importance pour la santé publique, il convient que le pansement et le régime médical soient faits par un homme de l'art. Il est difficile que le médecin, avec le modique traitement qu'il reçoit, puisse y être astreint.
Aussi la Commission a-t-elle jugé convenable de demander qu'il lui soit donné un aide.
Mais dans la séance du 1 8 mai 1 841 , le chirurgien en chef ayant déclaré pouvoir suffire au nombre des visites, même pour l'exercice 1 842, les fonds destinés à la fondation d'un aide-chirurgien restèrent provisoirement sans emploi.
La Commission, dans cette même séance, demande la création de deux nouveaux agents de surveillance, attendu que le nombre des prostituées augmente chaque jour et justifie l'exigence de ce nouvel accroissement de surveillance.
Au mois de septembre 1851, le personnel du dispensaire d'Alger était ainsi composé :
1 économe 1,890 fr.
1 médecin 1,800
1 pharmacien 1,500
1 commis aux écritures. . . 920
1 cuisinière 365
1 infirmier à la pharmacie. . 365
1 portier 365 ,
1 journalier. . . . . . . 365
4 journaliers. ....'.. 365
4 agents de surveillance.
Mais avec ce personnel on fait le blanchissage
à la maison, blanchissage qui anciennement était fait au dehors. Le dispensaire, quant au régime intérieur, n'offre rien qui ne soit conforme à ce qui se passe, en France, dans les établissements de même nature.
DE l'économe.
L'agent spécial du dispensaire fut d'abord l'homme du fermier auquel avait été adjugé le produit des filles publiques ; l'administration avait peu ou point d'action sur cet agent, aussi il y eut des abus nombreux, des exactions étranges. Ce ne fut que le 28 septembre 1835 que l'intendant civil, Lepasquier, chercha, par un arrêté, à mettre un peu d'ordre dans l'économat. Il n'y parvint pas entièrement, car, en décembre 1837, on signalait de nouveaux abus, et M. Antié, dans son projet d'arrêté, proposait les articles 27, 28, 29, 30, 31 et 32, pour régler les fonctions, obligations et devoirs de l'économe. Peu à peu l'ordre s'est établi dans ce service difficile et qui exige une surveillance continuelle à cause de la réunion de l'hospice et du dispensaire lui-même.
L'administration se plaît à reconnaître la bonne tenue de la comptabilité de l'économe actuel,
M. Mouzeler, qui est si bon et si ferme à la fois dans ses délicates fonctions; mais oserons-nous faire observer que cet employé intelligent^ qui sacrifie tous ses instants à ce pénible service, n'est pas assez largement rétribué? Et cependant, avec le médecin, il peut être considéré comme la cheville ouvrière du dispensaire.
DU MÉOECm.
Le service médical fut fait longtemps par un seul médecin, avec le modique traitement de 600 fr. : c'était alors M. Méardi ; mais ce médecin recevait en outre des honoraires payés pour chaque visite, ainsi que le fixe l'art. 7 du 28 septembre 1835. Cet article porte que «.la visite aura lieu au dispensaire. Toutefois les femmes publiques qui désireraient se faire visiter à leur domicile, pourront en obtenir la faculté en payant une rétribution extraordinaire de 3 francs par visite à titre d'honoraires en faveur du médecin. »
Les appointements furent augmentés lorsque ce droit de visite cessa d'exister et que le dispensaire fut agrandi ; on donna au médecin, pour l'aider dans ses visites et ses pansements., un aide-pharmacien, et on proposa de porter ses
appointements à 3,000 francs; mais ils ne sont réellement que de 1 ,800 francs, somme trop mo* dique assurément pour rémunérer un service aussi pénible et aussi long que celui de la visite journalière des filles publiques de la ville, et du traitement de celles qui sont malades et retenues au dispensaire. Ce double service, que fait M. le docteur Ekelt avec un rare dévouement, lui demande beaucoup de soins et de temps; nul cloute que l'administration, mieux instruite, ne récompense plus convenablement le médecin du dispensaire d'Alger.
Il faut une habitude toute spéciale pour le diagnostic et le traitement des maladies particulières des filles publiques. Les fonctions du médecin chargé de cette surveillance particulière sont pénibles et dégoûtantes, elles n'ont pas même cette compensation honorifique que les médecins peuvent rencontrer dans d'autres services; il y a donc justice à élever les honoraires, afin d'avoir toujours un homme capable à la téie de 06 service.