AVANT-PROPOS
Le présent travail est divisé en quatre parties :
La première , comprenant line collection de textes choisis dans les auteurs latins, augmentée de nombreux passages de la Bible, établit le parallèle entre la Prostitution romaine et la Prostitution contemporaine.
La deuxième comprend les faits relatifs à la prostitution dans la ville de Bordeaux, au point de vue physiologique, statistique et hygiénique.
La description des habitudes des prostituées et de leur manière de vivre est un sujet répugnant; mais j’ai pensé, avec Parent-Ducliatelet f1), qu’il fallait absolument connaître les plaies sociales, même les plus horribles, si l’on voulait essayer de les guérir ou tout au moins de les pallier; et il m’a semblé qu’il y avait lieu de compléter le Traité de la Prostitution
l1) V. De la Prost,. dans la ville de Paris, t. I, p, 7.
dans la ville de Paris , en décrivant ia prostitution telle qu’elle existe dans une grande ville de province.
Les études hygiéniques dont je présente ensuite les résultats apporteront, je l’espère, des faits nouveaux, surtout sur les questions de la stérilité des prostituées, de la durée réelle de la prostitution et de la durée de la vie des prostituées.
La troisième partie expose le mécanisme administratif du Dispensaire et du Bureau des mœurs de Bordeaux, avec ses résultats médicaux et financiers. J’essaierai de faire comprendre que notre législation et nos mœurs ne répugnent nullement à la répression des scandales de la débauche, et qu’une administration honnête et ferme peut atténuer considérablement le mal nécessaire de la prostitution publique et les dangers sans cesse renaissants de la prostitution clandestine.
La quatrième partie rapporte les résultats hygiéniques du service sanitaire de Bordeaux, c’est à. dire les faits relatifs à la diminution de la contagion vénérienne. La statistique extraite des registres de l’Hôpital Militaire fait voir avec évidence dans quelle mesure et avec quelle rapidité la contagion vénérienne décroît sous l’influence directe d’un Dispensaire bien organisé.
J’ai joint à cette quatrième partie un essai de statistique comparative de l’infection vénérienne dans les garnisons de l’Empire. Je ne cherche pas à dissimuler les imperfections de cette statistique, mais je croirais avoir fait un travail utile, si j’avais réussi à démontrer : 1° qu’une statistique complète des vénériens militaires, établie chaque année d’après les chiffres officiels tirés des registres des hôpitaux militaires et des infirmeries régimentaires, indiquerait positivement la marche croissante ou décroissante, ou l’état stationnaire de la contagion vénérienne dans la population;
qu’il serait facile de savoir dans quelles villes les meilleures mesures sanitaires sont en vigueur et dans quelles villes les Dispensaires de salubrité et les Bureaux des mœurs appellent des réformes ; 3° que la connaissance positive des résultats favorables obtenus pendant une série d’années dans certaines villes, permettrait de formuler un type de Règlement sanitaire, applicable avec un succès non douteux à la répression de la contagion vénérienne.
Le manuscrit de la première édition du présent livre ayant été adressé â F Académie de Médecine de Belgique au mois de janvier 1862. M. Vleminckz, Président de cette
Académie et Inspecteur général du Service de santé de l’armée belge, s’est empressé d’appliquer la méthode d’investigation que je propose, à la recherche de l’intensité comparative de l’infection vénérienne dans les principales villes de la Belgique. Dans un travail publié par le journal la Presse médicale belge (n° du H mai 1862), il a adopté les indications que j’ai données et suivi les modèles de mes tableaux; on trouvera un extrait étendu de son travail : IVe Part., Chap. II, Appendice f II.