‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 56 sur 122 · PRODIGALITÉS POUR LES PROSTITUÉES · texte numérisé non relu

PRODIGALITÉS POUR LES PROSTITUÉES

Réputation d’opulence des Bordelais.

De nos jours, la prostitution publique ne justifierait pas le proverbe grec :

Où r:u.vroç à'jiïfjoç èç K opudo'j su 9 a « Non licet omnibus adiré Corinthum. »

(V. pour les éclaircissements de ce proverbe : Aul. Gell., I, 8.)

Ni l’épigrammc suivante, attribuée à Martial :

« Formosissima Laï feminaruin » Dum noctis pretium tibi requiro,

» Magnum continuo pelis talentum :

» Tanti non emo, Laï, pænitere. » (Mart., Supposititia, 21.)

« Laïs, dcsTemmes la plus belle, quand je te demande le prix d’une nuit passée dans tes bras, tu exiges un grand talent (environ 5,750 fr.) : <3 Laïs! je n’achète pas si cher un repentir. »

Ni les traits satiriques suivants :

« Ccntenis futuit Matho millibus. » (Mart., VII, 10.) « Mathon a payé une faveur 100,000 sesterces (environ 21,000 fr.). »

t Empta tibi nox est fundis non tota paternis. » (Mart., IX, 3.)

« L’héritage de tes pères ne suffît pas pour payer une de tes nuits. *

(V. aussi Mart., X, 75.)

Les prodigalités des Romains pour les courtisanes commencèrent longtemps avant la fin de la République. Vers l’an de Rome 553, Scipion l’Africain, reprochant à Tib. Asellus les débordements de ses vices, lui disait :

« Tu in mo scorto majorent' pecmiam absumpsisti, quam

quanti omne instrumenlum fundi Sabini in censum dedicavisti. » (Aul. Gell., VII, il.)

« Les sommes que tu as dépensées avec une seule courtisane excèdent le prix que tu as déclaré aux censeurs pour le mobilier de la terre de Sabine. »

(V. aussi Juv., III, 132.)

Il paraît que les Bordelais avaient une réputation d’opulence :

« Poscentem nummos, et grandia verba sonantem » Possideat crassi mentula Burdigali. » (Mart., IX, 33.)

« Quant à celle qui veut de l’or et qui a le verbe haut, qu’elle soit ta maîtresse de l’épais Bordelais. »

(Voy. — 44 — )

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