PRODIGALITÉS POUR LES PROSTITUÉES
Réputation d’opulence des Bordelais.
De nos jours, la prostitution publique ne justifierait pas le proverbe grec :
Où r:u.vroç à'jiïfjoç èç K opudo'j su 9 a « Non licet omnibus adiré Corinthum. »
(V. pour les éclaircissements de ce proverbe : Aul. Gell., I, 8.)
Ni l’épigrammc suivante, attribuée à Martial :
« Formosissima Laï feminaruin » Dum noctis pretium tibi requiro,
» Magnum continuo pelis talentum :
» Tanti non emo, Laï, pænitere. » (Mart., Supposititia, 21.)
« Laïs, dcsTemmes la plus belle, quand je te demande le prix d’une nuit passée dans tes bras, tu exiges un grand talent (environ 5,750 fr.) : <3 Laïs! je n’achète pas si cher un repentir. »
Ni les traits satiriques suivants :
« Ccntenis futuit Matho millibus. » (Mart., VII, 10.) « Mathon a payé une faveur 100,000 sesterces (environ 21,000 fr.). »
t Empta tibi nox est fundis non tota paternis. » (Mart., IX, 3.)
« L’héritage de tes pères ne suffît pas pour payer une de tes nuits. *
(V. aussi Mart., X, 75.)
Les prodigalités des Romains pour les courtisanes commencèrent longtemps avant la fin de la République. Vers l’an de Rome 553, Scipion l’Africain, reprochant à Tib. Asellus les débordements de ses vices, lui disait :
« Tu in mo scorto majorent' pecmiam absumpsisti, quam
quanti omne instrumenlum fundi Sabini in censum dedicavisti. » (Aul. Gell., VII, il.)
« Les sommes que tu as dépensées avec une seule courtisane excèdent le prix que tu as déclaré aux censeurs pour le mobilier de la terre de Sabine. »
(V. aussi Juv., III, 132.)
Il paraît que les Bordelais avaient une réputation d’opulence :
« Poscentem nummos, et grandia verba sonantem » Possideat crassi mentula Burdigali. » (Mart., IX, 33.)
« Quant à celle qui veut de l’or et qui a le verbe haut, qu’elle soit ta maîtresse de l’épais Bordelais. »
(Voy. — 44 — )