TABLEAU DES VISITES FAITES AU DISPENSAIRE
Visites gratuites Malades. . .
— à 75 centimes — ...
— à 2 francs — . • •
Totaux Malades...
Recette
Le chiffre total du personnel présent des filles inscrites
est de
Celui des visites faites est de
Celui des filles ayant manqué à la visite pour causes diverses (maladie, détention, etc.) est de
tableau des visites faites au bureau DES MOEURS.
(Toutes ces -visites sont gratuites.)
Filles inscrites arrivantes, partantes,
arrêtées en contravention Malades...
l’rostituées clandestines — ...
Filles sortant de l’hôpital des vénériens. —
Totaux Malades...
Remarques :
Les visites sanitaires se font sur un fauteuil-lit construit selon le modèle introduit au Dispensaire de Paris par M. le
Dr Denis, et dont nous avons modifié quelques détails après de nombreux essais. Ce fauteuil-lit, dont le dessin est ci-contre, nous semble parfaitement commode pour l’examen minutieux des organes génitaux externes et pour l’application du spéculum.
Il résulte des dispositions de cet appareil que la femme monte sur la plate-forme P-F, en passant entre la grande pédale P” et le siège S. Elle s’assied, se renverse sur le dossier D, en appuyant le pied droit sur l’une des pédales P’ ou P, ou sur l’encoche de la paroie B, et le pied gauche sur la grande pédale P”. Le genou droit est écarté et abaissé, le genou gauche relevé et écarté. L’anus est un peu relevé; la vulve est sur un plan vertical. Le médecin se place un peu à droite de la femme de manière à ne pas faire ombre lui -même sur les organes. Naturellement, le devant du fauteuil-lit est en pleine lumière près d’une large fenêtre.
Légende du fauteuil-lit.
0. — Dossier; il est fixe; il fait avec le siège eu arrière un angle de 50°.
S. — Siège; la profondeur du siège est de 0m35; le devant est un peu relevé, de sorte que la surface s’incline de 0"'05 d’avant en arrière.
p-F. — Plate-forme ; la profondeur de la plate-forme est de 0"'G0.
B Paroie pleine, à droite de la personne assise. Elle offre une encoche vers le milieu de sa courbure pour servir d’appui au pied droit des femmes de petite taille.
p. — Petite pédale recourbée de 0"'03 en avant ; elle sert de point d'appui au pied droit des femmes de taille moyenne ; elle est à 0'"05 en arrière de la pédale P’.
p\ — Autre pédale bordant la plate-forme et recourbée en avant de 0"’03; elle sert de point d’appui au pied droit des femmes de grande taille.
p”. — Grande pédale; elle offre, vers son sommet et sur sa face postérieure, une entaille pour recevoir le talon ou le bout du pied gauche, selon la taille de la femme assise. Son sommet s’élève b lm05 du sol, au niveau du siège; ce sommet est b la distance de 0m68 de l’angle gauche du siège.
Le spéculum est appliqué à toutes les visites, excepté lorsque les filles ont leurs règles, qu’elles sont en état de gestation, ou qu’elles sont notées comme sujettes à des métrorrhagies.
L’instrument dont nous nous servons est le spéculum conique plein, en bizeau de dimension moyenne, marqué n° 3 chez Gharrière (diamètre de la petite extrémité : 18 millimètres).
Nous n’avons rencontré qu’un très petit nombre de filles chez lesquelles l’étroitesse du vagin réclamât un instrument d'un plus petit diamètre.
Un instrument d’un plus grand diamètre n’est pas exigé par la largeur exceptionnelle du vagin, mais il devient nécessaire dans les cas de rétro-version très prononcée de l’utérus ou d’hypertrophie de la lèvre antérieure du col.
La bouche et le pharynx sont examinés avec soin ; nous nous servons de l’abaisse-langue ordinaire.
Nous nous sommes assurés qu’il est facile de faire 50 visites par heure lorsque les tilles arrivent sans interruption. Le cabinet de visite ayant deux portes, l’une d’entrée et l’autre de sortie, qui retombent d’ elles-mêmes, la circulation se fait sans aucun embarras.
Les deux médecins de semaine se consultent pour décider l’envoi à l’hôpital et pour asseoir le diagnostic dans les cas douteux.
L’infirmière, toujours présente aux visites (ce qui est une condition de décence), sert d’aide au médecin; c’est elle qui présente le spéculum essuyé et graissé, la pince porte-coton pour essuyer le col utérin, l’abaisse-langue, etc.
Nous nous servons, pour graisser les doigts et le spéculum, d’huile d’olive aromatisée avec un demi-centième
d’essence d’amandes amères. Cette essence, dont je recommande l’usage, annule complètement l’odeur quelquefois repoussante du vagin et la remplace par un parfum agréable. D’ailleurs, les filles malpropres sont punies de 24 heures de prison ; il en est de même de celles qui se présentent deux fois de suite avec de la vermine.
Les plus misérables louent quelquefois, chez les fripiers, des bas, des chemises et des jupons blancs pour venir à la visite; mais lorsqu’on leur fait un devoir absolu de la propreté et de la décence, elles ne tardent guère à économiser assez d’argent pour acheter les hardes dont elles ont besoin.
Les filles qui viendraient à la visite en état d’ivresse, celles qui élèveraient la voix et manqueraient de respect aux-.<médecins, seraient mises en prison sur la demande de ceux-ci.
La bienveillance, la politesse réservée des médecins, qui ne tutoient jamais les filles, et la sévérité avec laquelle ils exigent ou recommandent le respect, la propreté du corps et des vêtements contribuent grandement à améliorer le moral et le physique de la population des prostituées. Le dédain, les injures et les mauvais traitements les poussent à f ivrognerie et au dévergondage qui masquent trop souvent un profond désespoir, tandis que la justice, la gravité et l’indulgence les engagent à ne pas se considérer comme entièrement rejetées de la société des honnêtes gens et les préparent à changer de vie.
2° Visites au Bureau des mœurs.
Les visites faites au Bureau des mœurs sont gratuites et ne comportent pas la rétribution facultative. Elles ont
lieu : le matin de onze heures à midi, et le soir de trois à quatre heures, tous les jours, excepté les dimanches et les jours de fête. L’un des médecins de semaine en est chargé.
C’est là que sont visitées les tilles inscrites : 1° sortant de prison et par conséquent celles qui ont manqué à la visite du Dispensaire et que les agents ont arretées; 2° celles qui arrivent; 3° celles qui veulent partir; 4° celles qui sortent de l’hôpital.
C’est là aussi que sont visitées les prostituées clandestines.
Les visites faites au Bureau des mœurs n’offrent rien de particulier quant aux moyens d’exécution ; seulement leur petit nombre rend inutile l’assistance de l’infirmière.
Il est bon de faire observer que les visites subies*. au Bureau des mœurs ne dispensent pas de la visite hebdomadaire qui doit avoir lieu au Dispensaire. Il en résulte que les nouvelles arrivées et les fdles sortant de l’hôpital ou de la prison sont nécessairement visitées deux fois dans la même semaine. La rétribution reste facultative, pour ces catégories de filles, sans distinction de jours.