Pour arr
que Uon applique sur la pièce sous forme de pointillé léger avec un pinceau brosse presque à sec.
Ceci au premier abord semble un peu exagéré comme
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degré de perfection, mais nous sommes à même de montrer quelques-uns de nos malades qui usent journellement de ce moyen.
On peut aussi remédier à un autre inconvénient présenté par les nez artificiels en utilisant un des procédés de fabrication que nous avons appliqué pour les voiles du palais. -
iver à ce résultat, on se sert de laque carminée .
Nous voulons parler de Pécoulement de la sécrétion nasale qui glisse parfois le long des tissus sous-jacents à l’appareil. Or, on peut précisément y remédier en comblant la concavité du nez artificiel par une poche qui viendra obturer la partie inférieure et antérieure de l’ouverture nasale et par là obligera la sécrétion à passer par la voie postérieure ou pharyngienne.
Cette poche (fig. 179) vient se mouler sur 1a, face interné du nez artificiel et les orifices nasaux qui y sont
Fig. 179.
ménagés sont placés plus haut que les orifices naturels. La ligne pointillée de la figure, marque leur niveau.
Grâce à cette disposition, tous les liquides sécrétés peuvent passer par la voie pharyngienne.
Le remplissage de ce vide permettra ainsi de faire disparaître le son désagréable que donne le passage de l’air dans cette grande cavité, défaut inhérent à tous ces appareils.
Cette poche sera faite comme celles de nos obturateurs, en caoutchouc très mince et mou susceptible d’être remplie d’air ou de liquide.
Si l’on emploie ce dernier, il augmentera le poids de ces appareils, surtout celui du nez en céramique Ceux que l’on fera simplement en caoutchouc pourront présenter une disposition telle que cet inconvénient soit peu sensible. On n'aura qu'à fermer la concavité des nez artificiels, par une paroi postérieure C {fïg . 180), faite également en caoutchouc durci.
Fig. 180.
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Elle doit être placée à trois millimètres des téguments.
Cet espace est rempli alors par une double paroi de caoutchouc mou B, mais qui forme poche et dans laquelle on peut introduire du liquide. A travers ces parois, on aura eu soin de ménager les orifices nasaux A, tout en donnant à la partie qui vient s'appliquer sur l’ouverture naturelle, la forme qui a été décrite ci-dessus.
Pour assurer le bon fonctionnement de ces appareils, il est nécessaire d’augmenter leur traction sur les téguments, ce qui est toujours facile avec notre système de fixation par les dents. Les appareils maintenus seulement par des lunettes doivent donner des résultats moins satisfaisants.
L’application de ces poches de caonchouc mou sur un plan de caoutchouc durci, peut s’étendre à bien des lésions où il y a perte de subtan.ee et où Ton a besoin d’empêcher l’écoulement des sécrétions. Ainsi nous devons par ce procédé restaurer une perte de .subtance assez considérable du plancher buccal en attendant qu’une intervention chirurgicale soit possible.
Nous recommandons de faire plutôt usage du liquide pour remplir ces poches lorsqu’elles seront de petite dimension. L’air en effet, s'échappe toujours plus facilement des membranes de caoutchouc et réclame trop souvent de renouveler le gonflement de l’appareil.
Nous croyons devoir terminer ce chapitre par deux observations qui tout en ne se rattachant pas directement à la méthode que nous venons de préconiser, n’en sont pas moins des prothèses nasales.
M..., sabotier, âgé de 50 ans, entre dans le service de M. le Professeur Desgranges en 1880, salle St-Philippe.
Cet homme, dans une tentative de suicide, s’est tiré un coup de feu sous le menton, la charge lui a fait des délabrements considérables de la face en lui enlevant tout le nez, la lèvre et la partie médiane des maxillaires supérieurs.
La lèvre supérieure a été restaurée, mais on n’a pas jugé à propos d’en faire autant pour le nez.
L’aspect de es malade était hideux, toute la partie moyenne de la face était aplatie, ou plutôt excavée. A la place du nez, on apercevait une muqueuse très rouge, légèrement irrité, qui venait se confondre avec les tissus cicatriciels voisins.
Les angles internes des deux yeux avaient été attirés en dedans par la cicatrisation, et entraînaient avec eux les globes oculaires.
Les dents de la mâchoire inférieure n’avaient pas été atteintes, mais la langue était assez maltraitée.
A la mâchoire supérieure il ne restait que deux grosses
molaires du côté droit et une seule du côté gauche, nous les avons utilisées pour soutenir l’appareil qui devait remplacer maxillaire et nez.
La pièce maxillaire qui supporte toutes les dents de devant (fi g. 181), présente à sa partie antérieure et
Fig. 181.
médiane une saillie verticale destinée à servir de charpente à la lèvre supérieure qui n’étant pas soutenue se portait en arrière. Elle obstruait la cavité existante à ce niveau, et enfin servait à supporter par l’intermédiaire
d’un ressort le nez artificiel, La saillie dépasse d’un centimètre le bord de la lèvre supérieure reconstituée. Dans la partie centrale de son extrémité supérieure a été placée une petite boîte métallique dans laquelle vient se fixer la tige d’un ressort supportant le nez.
La tige de ce ressort est recourbée en avant et vient se
visser à la partie postérieure et inférieure du nez { fi g. 182).
Ce ressort par son élasticité maintient le nez appliqué contre les parties molles.
La pièce buccale est en caoutchouc durci ; elle supporte huit dents et se trouve maintenue en place par celles qui restent à la mâchoire supérieure.
Le nez est aussi en caoutchouc durci, à l'exception de ses bords qui sont en caoutchouc mou, sur une largeur de six millimètres.
La ligne pointillée (fig. 182) montre cette disposition.
Le caoutchouc mou qui constitue les bords a cet immense avantage, de ne pas permettre à la pièce artificielle de se séparer des parties au contact desquelles elle se trouve grâce à la traction permanente exercée par le ressort.
Celui-ci est en acier étamé
on aurait pu le faire en or.
Prothèse pour lésions partielles clu nez. - Toutes les fois que nous intervenons dans les restaurations de la face, nous nous efforçons de simplifier le plus possible les appareils de prothèse pour rendre leur port plus pratique.
C est ainsi que dans le cas où nos appareils peuvent être, maintenus sans le secours de ressorts, nous faisons tout notre possible pour les éviter. Mais il ne faudra pas que cette suppression entraîne des compressions sur des tissus susceptibles d’être irrités par des appareils qui peuvent jouer le rôle de corps étrangers.
Le tissu de cicatrice présente une susceptibilité toute spéciale sous ce rapport. Il est mal nourri, peu élastique, se gangrénant facilement. On peut cependant l’utiliser dans cet taines circonstances. C’est ce que nous avons fait dans le cas suivant, dont voici l’observation :
X.... âgé de 5b ans. A la suite d’ulcérations syphilitiques, a eu le côté gauche du nez, à 1 exception du rebord inférieur de la narine, complètement détruit (ftg. i83). Le lobule du nez et une partie de la sous-cloison ont
disparu.
Le lobule du nez est formé par une masse cicatricielle informe, constituée par la réunion du rebord de l’aile gauche du nez, de la sous-cloison et de la narine droite qui, elle-même a été atteinte par le processus destructif. La figure donne une idée de cette déformation. Ces
diverses ulcérations, sous l’influence du traitement spécifique disparurent. On a pensé alors à cacher par um prothèse qui nous fut confiée, cette difformité.
Voici l'appareil que nous avons imaginé, en nous pénétrant de cette idée, qu'il devrait être très léger pour n'exercer sur le tissu cicatriciel que des pressions insignifiantes.
Fig. 183.
Après avoir pris un moule de la face du malade, nous avons avec de la terre glaise façonné un nez en harmonie avec le reste de la face. Lorsque nous avons été satisfait de sa forme, nous l'avons reproduit en caoutchouc durci extrêmement mince.
A la face postérieure de celui-ci, du côté droit, nous avons fait remonter l’intérieur de la narine artificielle de douze millimètres pour qu'elle emprisonne entre elle et la partie latérale interne du nez, la narine naturelle.
Du côté gauche, au niveau de la cavité formée par l’ab sence des tissus, nous avons placé un prolongement en caoutchouc durci, 'qui pénètre dans cette cavité. Celui-ci se termine par deux branches en caoutchouc mou dont hune se dirige verticalement en haut, pour pénétrer sou* ce qui reste des os propres du nez de ce côté, l’autre se porte en bas et vient passer derrière la bride qui représente le reste de l’aile du nez (fi g. 184).
Fig. 184
Pour mettre en place cet appareil, on fait d’abord pénétrer le rebord interne de la narine artificielle dans la narine naturelle droite. On continue ce mouvement, jusqu’à ce que la pièce soit à la hauteur voulue. A ce moment on la repousse en arrière. Dans ce mouvement, les parties qui sont en caoutchouc mou fléchissent pour se redresser dès qu’elles ont franchi le passage qui leur donne accès dans les fosses nasales.
En s’arc-boutant en haut derrière les os propres du nez et en bas derrière labriie cicatricielle, elles fixent solidement la pièce prothétique.
L’appareil ne pèse que quatre grammes et ses bords ne .reposent que sur des tissus relativement sains.
Ce qui est en contact avec des tissus de cicatrice est en caoutchouc mou et n’exerce sur eux que des pressions insignifiantes.
La figure 185 rend compte de l’excellent résultat obtenu par l’appareil que nous venons de décrire.
Fig. 185.
Nous avons suivi ce malade pendant quatre ou cinq mois ; l’appareil était fort bien supporté, le malade en était enchanté, et tout nous porte à croire, qu’actuellement encore il en est de même.