CHAPITRE VII Anatomie pathologique
Les lésions de la pseudo-paralysie générale saturnine ne sont pas connues et il ne peut guère en être autrement, vu la rareté excessive des autopsies ; les quelques malades dont on a rapporté les observations ont presque tous guéri, et c’est à peine si on à deux ou trois autopsies. Meyer, dans sa thèse, se contente de dire que les lésions que l’on observe se rapportent soit à la paralysie générale des aliénés, soit à celle-ci se greffant sur une intoxication saturnine. Blache (Thèse, Lyon, 1884) n’en dit pas d'avantage. Devouges, pour qui la pseudo-paralysie générale saturnine étaitenréalité une vraie paralysie générale, a signalé les lésions suivantes :
Adhérences unissant les hémisphères cérébraux entre eux et avec les méninges ; méninges épaissies, dures et infiltrées d'une grande quantité de sérosité sanguinolente. Substance grise ramollie se détachant par places, quand on cherche à enlever les méninges; substance cérébrale plus foncée et présentant un piqueté assez vif. Sesselmann a signalé des adhérences de la base du cerveau à la dure-mère. Dans l’observation de Dowse, il y avait une hémorrhagie sous-arachnoïdienne occupant les lobes pariétal et occipital gauches et de plus une dégénérescence de la substance grise et une sclérose de quelques portions du cerveau.
Camuset, plus récemment, a eu l'occasion de faire une autopsie, et les résultats de son observation paraissent différents de
ceux qu'a trouvés Devouges. Dans ce cas la dure-mère n’adhère pas aux os du crâne; on ne trouve pas de fausses membranes accolées à sa face interne. Les autres méninges sont épaissies et vascularisées. Les veines dilatées y sont gorgées de sang. Aucune adhérence méningo-corticale. Beaucoup de liquide céphalo-rachidien; cerveau ferme, ischémié (obs. XX).
Dans la plupart des cas on à analysé le cerveau et on y a trouvé du plomb {obs. XI, XII, XX).
En somme, nous ne connaissons pas les lésions de la pseudoparalysie générale saturnine ; les adhérences du cerveau aux méninges se rencontrent dans beaucoup d’affections de l’encéphale autres que la paralysie générale; il n'y a là rien de pathognomonique. Quoi qu'il en soit, la marche de la maladie, sa tendance vers la guérison portent à croire que le plus souvent il ne doit y avoir que des lésions fonctionnelles, et principalementdes troubles circulatoires. Joignons à cela l’existence du plomb dans la substance cérébrale etc’est à peu près tout ce que l'on trouvera probablement dans la grande majorité des cas.