OBSERVATION XI
DF BoTTGER. Allg. Zeitsch.f. Psychiatrie, 1869. Rapportée dans la thèse de ir ren Nancy, 1879.
Démence paralytique dans un cas d’intoxication saturnine. Mort.
Hermann S..., quarante et un ans, peintre d'appartements, ne présente pas d’antécédents héréditaires,
Après avoir exercé son métier dans son pays d’abord, il alla à Berlin et à Magdebourg, où il se perfectionna dans la peinture des tableaux et des portraits. À la mort de son maître, il s'établit et s’occupa en outre de peinture décorative.
Il se maria pendant ce temps et devint père de deux enfants.
En 1864, il eut quelques légers troubles digestifs qui cédèrent facilement à un traitement approprié. En 1865, il fut chargé de repeindre le gazomètre d'Egelr. La couleur dont il se servait était formée de minium, et comme ce travail était considérable, S... y passa des journées entières sous une température élevée et dans une atmosphère viciée. Peu de temps après, il eutde nouveau des troubles digestifs, de la constipation de la constriction et des douleurs dans le ventre ; au bout de 4 semaines, son entourage s’aperçut de modifications dans son caractère. Cet homme, naguère d’un commerce agréable, devint silencieux, et il se retira de plus en plus de la société, et son chagrin et son irritabilité furent tels que les accidents les plus insignifiants de la vie le surexcitaient fortement. Il fit entendre à sa famille qu’il ne pouvait plus sortir avec elle, il devait, disait-il, se laisser mourir de faim ; il se plaignait d’une vive angoisse précordiale et médita dès lors des idées de suicide. Il se nourrissait irrégulièrement et fort peu.
En même temps il présenta une grande tendance à la somnolence et une indifférence marquée. Comme il refusait énergiquement toute espèce de traitement, on se décida à le faire entrer à l'asile de Carlsfeld, où il arriva le 13 juillet 1865.
État actuel. — Homme d’une taille moyenne, embonpoint modéré, crâne bien conformé, coloration du visage, jaunâtre, teint cachectique, joues et paupières un peu rouges, organes des sens intacts ; liséré saturnin, haleine nauséeuse.
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La langue est recouverte d’un léger enduit blanchâtre. L'examen de lab domen et des viscères ne présente rien de bien particulier.
Dans toutes ses manières, on constate une grande somnolence et une apathie notable ; ses facultés psychiques sont amoindries, la mémoire paraît affaiblie.
Le malade repose presque continuellement sur un fauteuil, et c’est avec peine qu’on réussit à l’occuper quelque peu. Il se plaint souvent de céphalalgie et n’a que des garde-robes dures et provoquées par des laxatifs et des lavements.
Au bout de deux mois, le malade présenta un peu plus d’activité intellectuelle, il devint plus ile travailla et se plaignit moins souvent. Il se livra librement à des travaux corporels, fit de nouveau de la musique et du dessin, et demanda après sa famille.
Le 4 décembre 1865, son état RE assez satisfaisant pour qu'on essayàt de le rendre à la liberté.
Mais cette amélioration fut de courte durée. Le malade retomba dans son ancien état ; il entra alors dans une période d’excitation qui nécessita son admission à l'établissement provincial de Halle. Sa situation s’aggrava de jour en jour, il ne tarda pas à présenter tous les signes de la démence para- Jytique.
Il mourut au mois d'octobre 1868.
L'analyse chimique faite à Halle par le D' Kohler a démontré d’une façon certaine la présence du plomb dans le cerveau. :