SECTION SIXIÈME
La période.
Une dernière unité plus compréhensive se trouve au dessus de la précédente, nous lui donnons un nom un peu impropre, et que nous détournons de son sens ordinaire, à défaut d'autre disponible. Nous entendons par période cette série de phrases qui sont comprises dans un alinéa ; ce sont celles qui demeurent dans le même ordre d'idées.
Mais l'étude de ce groupement de pensées appartient plutôt au domaine de la logique d'une part, de la littérature d'une autre, qu'à celui de la linguistique.
Disons seulement que le rôle que joue l'alinéa dans la prose est rempli dans la poésie par la stance.
Enfin au dessus du groupement par période se trouvent ceux par paragraphes, sections, chapitres et titres, coupures plus compréhensives qu'il suffit ici de classer.
Il nous reste à indiquer la traduction que ces divers groupements de pensée trouvent phonétiquement dans des repos oratoires, et graphiquement dans la ponctuation.
Traduction de ces divers groupements codées dans les repos
et la ponctuation .
Quoique la ponctuation appartienne à la graphique, et le repos à la phonétique, le tout comme expression des divisions
de la pensée à la morphologie, nous ne pouvions nous en occuper utilement avant d'avoir groupé les idées elles-mêmes.
Le repos phonétique a un effet exact dans la ponctuation ; nous n'avons donc à traiter que de celle-ci.
La ponctuation renferme deux natures très différentes de signes de repos, les signes subjectifs et les signes objectifs.
Les signes subjectifs du repos sont les points d'interrogation et d'exclamation.
Les signes objectifs de repos sont dans notre langue la virgule, le point et virgule, le point et l'alinéa et dans d'autres langues les signes équivalents.
Le second de ces repos est concret, le premier abstrait.
A côté existent les repos suivants.
Les signes de repos concret subjectif sont la parenthèse, les guillemets, le point suspensif.
Ceux de repos abstrait objectif sont le trait d'union, le tiret et autres diacritiques.
Mais ce qui est remarquable, c'est que les signes de repos manquent dans beaucoup de langues qui sont non formelles à cet égard. Les mots entrent les uns dans les autres, ne sont pas séparés dans l'écriture, et rendent la lecture très pénible. C'est un polysynthétisme graphique.