‹ De la puissance américaineChapitre 39 sur 135 · COLONIE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE ; -» DE NEW-*YORK · texte numérisé non relu

COLONIE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE ; -» DE NEW-*YORK

Des Hollandais calvinistes ont été les premiers fon- ^teurs de la colonie de la Nouvelle-Hollande sur les

^uxde la baie de .New-York; leur esprit d'ordre, ^*^nomie, de tolérance, et, par-dessus tout, corninerçant , a puissamment concouru à donner à celte

colonie un accroissement rapide : aussi son chef-lieu, qui portait alors le nom de Nouvelle-Amsterdam, prit-il, dès le début, une telle importance comme comptoir et port d'exportation sur la c6te américaine, que la jalousie des Anglo-Américains de la Virginie et de la côte de la Nouvelle-Angleterre en fut fortement excitée. Or, comme jamais la couronne d'Angleterre n'avait pas voulu consentir à reconnaître formellement les droits des Hollandais à s'établir sur l'Hudsonet sur la côte adjacente dont elle réclamait la priorité de découverte par Cabot sous Henri Vil, .elle conservait toujours une arrière -pensée de s'approprier celte colonie.

Epi 1653, le protecteur Cromwell fornaa le projet de s'emparer par force de la Nouvelle-Hollande, mais ne put le mettre à exécution ; son fils entra dans les mêmes vues, sans plus de succès.

Cependant, dè§ 1653, la colonie hollandaise avait pris un tel développepiegt, que se$ habitante s'^iççii' pêrent de constituer un gouvernement, pour l'administrer régulièrement. Ufie première assemblée populaire eut lieu, dans laquelle on reconnut la souveraineté du peuple et son droit légitime et imprescriptible de faire lulTmême ses lois.

lya Npuyelje-Amsterdam était, en effet, devenve , ^ous ri^fluenç^ de la mère patrie, le lieu de rendezvo¥§ jgénçfal des émigrations de toutes les parties 'de l'Kurope, 01^ affluaient les persécutés de toute espècç. AlQrs^Qjnçxe aujourd'hui, on y trouvait déjà des Anglais, des Hollandais, des Français, des Belges, des

Allemands^ des Suisses, des Piémontais^ des Italiens enfin, réunis par un même esprit d'iniiépendance et d'activité industrielle. Déjà la Nou velle- Amsterdam , la yille des étrangers, faisait pressentir qu-un jour elle devait devenir le grand eippire commercial de rAmérique, le bazar européen du nouveau monde.

Ëi 1656, après la prise de la Rochelle, par les troupes du roi, les émigrations des huguenots français furent si considérables, que souvent il y eut nécessité de faire les publications officielles en hollandais et en français.

Remarquons aussi que c'est à peu près vers c<ette même époque que des importations d'esclaves afriteins contribuèrent à introduire et le système odieux du travail par des mains esclaves, et cette race sifrieaine dont le cachet malheureusement est in- ^sté d'une manière indélébile dans l'histoire natianale des Américains.

En 1661, les puritains de la Mouvelle-Angleterre, tr^mvant dans la situation sociale de leurs voisins de la Nouvelle - Hollande un aliment favorable à leur instiaet ccnnmerçant et spéculateur, entrèrent dans des relations amicales avec ceux-ci et eurent bient6t envisihi^ en quelque façon, les emplois les plus influents H^tm eux, par leur plus grande activité let ambition, <^parativement aux tranquilles propriétaires néer-r l^ais. L'influence des Anglais devint si grande, qu^il fut décrété , par l'assemblée dont ils étaient les chefs principaux et d'ailleurs en majorité, que les ^^ publics spraicnt désormais rendus et publiés

dans les deux langues hollandaise et anglaise.

C'était un premier pas d'envahissement et le plus sérieux, car le gouvernement de la colonie était tombé entre les mains des Ànglo-Àméricains ; il ne restait plus qu'à remplacer le drapeau hollandais par les couleurs de la Grande-Bretagne : ce dernier acte n'était plus qu'une simple mesure de forme qui ne devait pas se faire attendre encore bien longtemps.

£n effet, en 1664, Charles II émit des lettres patentes en faveur de son frère, le duc d'York et d'Albany, par lesquelles il concédait à cette Altesse Royale, en propriété directe, toute cette portion du continent américain qui s'étend depuis le Kennebeck jusqu'à la rivière Sainte-Croix, et tout le territoire compris entre le rivage occidental de la rivière de Connecticut et la rive orientale de la Delaware, y compris Long-Island. Ainsi, par la simple application de sa signature au bas d'un parchemin, Charles II s'arrogeait le droit de disposer des propriétés légitimement acquises par les trois nations française, hollandaise et suédoise.

Ces lettres patentes conféraient au duc d'York tous les pouvoirs nécessaires à un gouvernement civil et militaire, c'est-à-dire qu'il pouvait administrer, pardonner ou punir suivant les lois qu'il devait établir, pourvu, toutefois, qu'elles ne fussent pas en opposition avec celles de l'Angleterre. Enfin, il pouvait, suivant les exigences, proclamer la loi martiale , la couronne se réservant seulement le droit d'appel.

Le gouvernement anglais prit la précaution obIi«-

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géante^ afin de porter à la connaissance des colons ses ^y^les prérogatives, de les publier en hollandais et en anglais. Les Hollandais ne se soumirent pas néan- ^om aux nouvelles prétentions royales sans manifester autant de résistance qu'il était en leur pouvoir contre cet empiétement inique de leurs droits de propi'iété; leurs tentatives et leurs efforts furent infructueux.

Chairles II avait nommé des commissaires chargés de juger en appel toutes les contestations qui pouvaient s'élever entre le gouvernement colonial et les colonies. Ces commissaires visitèrent Plymouth, Rliode-Island et la Nouvelle -Amsterdam; ils furent autorisés à traiter de la cession de la colonie à la couronne de la Grande-Bretagne, et de lever des troupes dans les colonies anglaises pour appuyer^ par la force, leurs réclamations si on n'y faisait droit.

Au même moment , les établissements et les vaisseaux hollandais furent attaqués simultanément sans autre déclaration de guerre préalable que la publication des lettres royales de Charles II. Au mois d'août xine escadre anglaise, sous les ordres de Richard Nichols, vint mouiller sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, somma la capitale, qui, n'ayant alors aucun i^oyen de défense, se rendit à la première sommation. La paix de Bréda assura cette conquête aux Anglais ; cependant la république réussit à la leur enlever en 1673; mais un second traité rendit de nouveau cette colonie à l'Angleterre. Ainsi passa définitivement au pouvoir de l'Angle-

ÂM DB Là P(Ji9SANCe ÂMÉftlOÀlMB.

terre cette brillante colcmie dont la création était duf au puissant génie de la république aristocratique hollandaise, dans ses beaux jour»^ et qui, dès son origine, avait réuni tous les éléments de grandeur et de prospérité ; sous les auspices d'institutions vraiment populaires, elle deyaib atteindre sa suprématie actuelle à laquelle a puissamment contribué son orir ginc néerlandaise.

A cette époque la population de la Nouvelle-Anglçterre s'élevait à cent vingt-trois mille habitants pouvant mettre sous les armes seize mille hommes. Boston seule avait déjà une population de douze mille âmes. On n'y trouvait point une seule maison profane, pas même une école de danse.

Aprèj§ h prise de possession de la Nouvelle-Hpllandje^ P^r |çs Anglais, la Nouvelle-Amsterdam reç!jLt le Rom M Nevi^-York, (^i Orange, à la tête de la navjgatioi^ de l'Hudson^ fut nommé Albany, aujourd hui chç/T'lieu de l'État 4e Np>v-York. Mais le duc d'York, ne jrpcpijftaissant pjas, ^ ses premiers titres, toute )a y^Udîté voulue, çn redem.^Ada de nouveaux qui lui furent ^ijçcprdés. Cpu;f-çi ne faisaient que confirmer les préci^iiients pouyoirs dont il av^it été ripvêtij, et prespriyflt^eint §n wJfçqjiiQ h colopie ne pourrait feir^ le cQmWjrçQ qu'avec ^ xîQnsewtement exprès de la çourppne, m ÎA^porler A^^ marchandises aqgigijseg qu'en sç s.ow»§Want au?: môjqaes drpits établis dajis I^ mère patrie.

l^ duc dJYotk gouverna cette province 4vec cette

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ebarte j usqu'au moment d» son accession au tr6ne de la Grande-Bretagne.

Oa comprenait alors dans le gouvernement de New- York le territoire de Long-Island et de New-Jersey, ainsi que les colonies suédoises de la Delaware, tombées au pouvoir des Hollandais en 1655.

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