‹ De la puissance américaineChapitre 92 sur 135 · L.a Potomac · texte numérisé non relu

L.a Potomac

La Brandywine. . 44

L'Hodson. ... 44

La Colombie. . . 44

Le Congrès. . • 44

LaSantee. ... 44

La Cumberland. . 44

l^a Sabine. ... 44

La Savannah. . . 44

LaRaritan. . . . 44

* » Norfolk.

» 1821. Côte dn Brésil.

» 1825. Méditerranée.

1826. New-York.

1836. eôte des États-Un.

1841. Portsmoutb.

Boston.

New- York.

> Philadelphie.

Norfolk.

Le Saint -Laurent. 44 »

2 frégates de seconde classe :

La ^Constellation de 36 canons 1797. Grandes Indes.

Le Macédonien. .36 1836. Antilles.

I corvettes de première classe :

Le Jeliii AdaiBS de 20 canons 1^20. Brésil.

Construit en

Maintenant à

Le Boston de. • LeVincennes. .

Le Warren.

Le Falmouth. .

Le Fairfleld. .

Le Yaudalia. .

Le Saint -Louis.

La Concorde. .

La Cyane. . .

Le LeTant. . .

20 canons 1825. Grandes-Indet.

20 1826. Découyerte.

20 » • Antilles.

20 » 1827. Côtes des Et. Un.

20 » 1828. Méditerranée.

20 • » Côtes des Ét.-Un.

20 • • Océan Paciflque.

20 » » Brésil.

20 » 1857. Océan Pacifique.

20 » Antilles.

2 corvettes de seconde classe :

L'Ontario de. .

Le Peacock. . .

18 canons 1815. NouTclle-Orléans.

18 > • DécouTerte.

5 corvettes de troisième classe

Le Decatur de. • LePréble. . .

LeYorktown. .

Le Manon. • •

16 canons 16 • 16 > 16 »

Le Date 16

6 bricks :

Un nouveau brick, construit à New- York.

1859. Brésil.

• Méditerranée.

• Océan Pacifique.

» Brésil.

V Océan Pacifique.

Le Dolphin de.

Le Porpoise. .

Le Pionnier. .

Le Concert.

Le Boxer. . .

9 goélettes :

Le Grampus de.

Le Sbark. . • L'Entreprise. .

L'Expériment. .

Le FUrt. . • La Wave. . .

L'Otsego. . .

Le Phénix. . .

Le Flyingfiib. •

10 canons 1856.

10 canons 1821.

Côtes des Ëtals-Un.

Décenverte.

Baltimore.

Porlland.

New-York.

Côtes des Ét.-Un.

Océan Pacifique.

BrésU.

Philadelphie.

Sur le golfe.

Id.

Id.

Id.

Découverte.

DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE. 2i

Construit Maintenant à en

4 steamers de ^erre :

Le Fulton de. . . 4. 'canons 1837.

Le Poinsett. . . 4 * » Norfolk.

Le Mississipi. . . 10 • 1841.

LeMisaonri. . . 10 » •

3 bâtiments de transport :

Le Relief de; . . 6 canons 1836. Océan Pacifique.

L'Érié 8 1813. Boston.

Le Lexington. . . 8 >» 1825. Norfolic.

Ces navires portent pour la plupart un plus grand nombre de canons que leur grandeur ne le ferait pen- &er ; les vaisseaux de ligne portés à 74 canons en ont :iéanmoins de 80 à 90. Le seul vaisseau à trois ponts le la marine américaine, le Pensylvanieriy en a 140. Lies frégates de première classe ont de 54 à 64 ; les régates de seconde classe en ont 48; les corvettes, 24; ^Iles de seconde classe, 22; les bricks et goëlettes, de .2 à ^4, et les autres, de 1 à 6 canons.

Il ne faudrait donc pas croire, djaprès cette liste, [ue la marine des Ëtats-Unis n'a en tout que 2,044 caions; ce nombre n'est que nominal, elle en a près du [ouble.

Du reste, les Américains continuent de marcher en vant des autres nations dans la puissance et les di- [lensions de leurs bâtiments à vapeur; ainsi les stealers Mississipi et Missouri, dernièrement construits, ont d'une capacité de 1 ,680 tonneaux ; ils ont reçu des oachines de la force de 800 chevaux. Ces constructions lolossales ont 70 mètres de longueur de pont, 12 mères 50 centimètres de largeur , et 7 mètres 50 cmti-

mètres de prof<mdeur ; avec leurs machines et leurs appareils, ils déplacent 2,700 tonneaux. Ces steamers ont coûté chacun 2,500,000 francs ; leur marcjhe est supérieure à tout ce qui a été construit jusqu'ici : ils ont fait, sur la Delaware, huit liedes à Theure.

Ces deux stciamers sont armés de 10 canons à la Paixhans, dont ft de 68 et 2 de 19K) livres.

Mais indépendamment de cette disposition, qui mot la marine américaine dès aujourd'hui sur un pied respectable, les prévisions dQ la loi sur l'accroissement de la marine sont telles, que des approvisionne*ments immenses de bois, de fer, de chanvre, de goudron, de tous les matériaux enfin qui entrent dans la construction des vaisseaux, sont réunis dans les principaux arsQnaux de la république, de manière à pouvoir ejx très-peu de temps donner un accroissemi^ considérable aux forces navales.

Et si on ajoute à ce matériel déjà disponible Tavtn tage de pouvoir en tout temps trouver dan^ le pay wAmef des af^rovisioim^ements do toutes sortes, d'habiles ouvriers pour l'exécution des travaux dan les chantiers, on peut juger avec quelle £8iGi|ijté 1 gouvernement de l'Union peunu toujours être à toutes le& éventualités d'une guerre.

Enfin, si on établit une comparaison entre lès ma rines militaires de TAngleterre, de la France et Élals4JAi8, on trouvora cette dernière inf érieuf e gomii à présent, i\ est vrai ; mais si I'mi considère l'iaKOMiiao atànlagte qull» possèdent daàs la pépinière d^flt«el«

Jlents marins qu'entretient lenr commerce, on jugera «ette infériorité plus apparente que réelle.

En effet, l'Angleterre a un commerce maritime qui occupe 27,895 navires, représentant un tonnage total ^e 3,347,400 tonneaux, non compris le cabotage ; le snombre de ses marins est de 121,642 hommes; sa ^marine militaire se compose de 565 bâtiments, dont tl.30 de haut bord : 190 bâtiments sont en service s^ctif.

La France a un commerce qui occupe 5,591 na- "v^ires seulement, jaugeant ensemble 647,000 ton- ^rxeaux, et donnant de l'emploi à 35,000 marins; sa xiaarine militaire se compose de 350 bâtiments, dont * 1 0 de haut bord.

Les États-Unis font un commerce qui occupe X 6^666 bâtiments, jaugeant ensemble 2,000,000 de t-onneaux, et employant ^ 10,000 matelots; leur marine militaire compte en tout 69 bâtiments de guerre, cl ont 11 seulement de haut bord, et 38 en service ^ctif. Le commerce américain assure donc à la marine Xkiarchande des États-Unis une supériorité relative xiaarquée sur les autres.

Cette circonstance est favorable à la marine militaire, puisqu'elle lui donne la faculté de choisir dans toute la marine du commerce les hommes qui conviennent le mieux au service que Ton en attend, attendu que le recrutement est fait .par engagements volontaires ; que le service de l'État est moins laborieux que celui du commerce et aussi largement rétribué ; qu'enfin le sort des invalides, de leurs veuves

24 DE LÀ PUISSANCE AMERICAliNE.

OU de leurs orphelins est assuré : on comprend dès lors que ces avantages permettent au gouvernement de n'admettre que des hommes d'élite.

Du reste^ le personnel de la mariûe militaire se compose de près de i^i'i^O officiers et sous-offîciers, et 9y000 marins, dont 500 soldats de marine, ainsi que je l'ai dit dans mon ouvrage sur la Démocratie en Amérique, publié en 4841, par M. Gosselin, et auquel je renvoie pour les détails relatifs à l'organisation de ce service.

En 1844, le congrès a pris une résolution pour assurer la protection des c6tes dans tous les temps,, qui fait honneur à la sagesse des législateurs qui l'ont votée : cette résolution avait pour but la création d'une escadre de surveillance sur les côtes de l'Union, afin de les garantir de toutes tentatives d'agression a sur l'étendue de son immense littoral.

Cette sage mesure de défense nationale, proposées par un des hommes d'Ëtat du Sud, a été adoptée i l'unanimité par le congrès national, sans distinctio de parti, donnant ainsi un nouvel exemple que le Américains, lorsqu'il s'agit de l'intégralité de leur ter ritoire et du maintien de leurs institutions, savent s réunir comme un seul homme pour le salut de tous ^

Cette escadre est composée de huit bâtiments d^ guerre, dont deux steamers ; elle est confiée à un det ^ officiers supérieurs de la marine américaine les plu — expérimentés. Elle doit ainsi aider considérableme à rendre la défense nationale plus complète.

Aujourd'hui que les Américains consacrent leu

soins et leurs efforts à raccroissement de leur puissstnce maritime, la seule qui ne puisse blesser les siisceptibilités démocratiques du peuple, il était im* jp^ortant de remédier aux vices que présentait l'anadministration. C'est ce qu'a fait la législature e 1842 en supprimant le comité d'officiers de la maine (Boord of.Navy commissioners)^ et répartissant ses "ttributions entre cinq différents bureaux relevant du ministre secrétaire d'État de la marine. On «père arriver par cette nouvelle organisation à in- 'K^oduire plus d'économie dans la gestion des affaires e la marine, et surtout une plus grande efficacité ans l'exécution des ordres du gouvernement. Les cinq bureaux de récente formation sont chargés :

Le premier, des chantiers et formes ; Le second, des constructions, aménagements et ré- X^arations ;

Le troisième, des approvisionnements et de l'ha- ):iillement ;

Le quatrième, de l'armement et de l'hydrographie; Le cinquième, du département médical.

Les chefs des premier et quatrième bureaux sont ^ris parmi les capitaines de vaisseau ; ils reçoivent un t:raitement fixe de 17,500 francs chacun. Un habile ingénieur constructeur dirige le second bureau ; ses émoluments sont de 15,000 francs. Le chef du troisième bureau touche les mêmes appointements. Un chirurgien de la marine est chargé du cinquième bu«reau, et reçoit 12,500 francs par an.

26 DE LA PUfSSÂNGE AMÉRICAINE.

Chaque bureau est pourvu d'un personnel de commis ou expéditionnaires proportionné à rimporfaiicé du travail.

La législature s'est également occupée de Forganisation d'une branche de service réclamée par lé développement donné à la marine à vapeur; elle a suivi en cela l'exemple de la Grande-Bretagne,, qui a récemment adopté des dispositions particnlières à ce genre de navigation.

Des règlements nouveaux déterminent la capacité, le rang, les devoirs, la hiérarchie de tous les employés au service de la marine à vapeur, soumise au contrôle d'un ingénieur en chef avec des émoluments de 15,000 francs.

Chaque frégate à vapeur a un personnel de 8 ingénieurs, dont un chef, aux appointements de 15,000f., assisté de 2 sous-ingénieurs de première classe, au: émoluments de 4,500 francs, 2 sous-ingénieurs de

seconde classe, aux émoluments de 3,100 francs ; enfin de 3 sous-ingénieurs de troisième classe, qui reçoivent chacun 2,500 francs par an.

On a également pourvu par des règlements nouveaux à l'éducation des jeunes gens destinés à c< service.

L'éducation des jeunes candidats au service d'ingénieur sur les bâtiments de l'État est divisé en quatre^^^ classes.

On n'admet dans la quatrième que des jeunes gens -^ de quatorze à dix-sept ans, passant successivement une année dans chacune des divisions ; et lorsqu'ils

DE LA PUISSANCE AMÉRKAlNE. 2t

sont admis, après examen /dans la première classe, îb font dès lors partie du service actif, et sont susceptibles de teceVoir de l'avancement.

C^est par le même esprit de prévoyance «t d^atrssi utiles institutions qtt'un gouvernement véritablement (Jévoné à !a grandètir de son pajs sait assurer la suprématie de son influence et la durée de ses institutions.

La marine militaire des États-Unis^ étant la seule force offensive que puissent admettre les institutions politiques américaines, elle doit être toujours prête à agir arec toute son énergie, afin d^ pouvoir prendre l^înîtiative ou la défensive dans les luttes que suscitera nécessairement le monopole du commerce et <ie l'industrie, qne se disputeront ces deux puissa^ees iDaritimes : l'Angleterre et les États-Unis. Pour satisfaire à ces exigences, il fallait la pourvoir de chantiers cle constructioti et de réparation, de stations, de rades de rendez-vous, défendus par l'armée régulière, jjar la milice, et suscéptiliiJes d'être ravitaillés d'homtaes et de matériel de guerre par des lignes de cortimunicationi intérieure.

Aujotird'hui, grâce à la sage prévoyance du peuple aniéricain, cet objet est entièrement atteint.

L'Union compte 7 arsenatlx maritimes : Portsmotlith, dans le New-Hampshire ; Charlestown, près ^e Boston, dans le Massachusetts; Brooklyn, vis-à-ti» New- York, dans les eaux du canal de tong^-tsldnA; Philadelphie, sur la Delavvrare ; Washington, snr le f^olomac, et Pensacola, sur le golfe àti Mexîqtte. On ne

trouve de formes pour les réparations des vaisseaux de ligne que dans les trois principaux ports, Gharlestown, Brooklyn et Gosport, près de Norfolk.

Ces formes ou bassins sont construits d'excellents matériaux, en granit provenant des carrières de Quincy. C'est M. Baldwin, habile ingénieur américain, qui a été le premier a introduire ces belles constructions qui peuvent soutenir avantageusement la comparaison avec les formes- de Cherbourg en France ou de Plymouth en Angleterre ; elles ont coûté chacune 760,000 francs.

Voici quelles sont leurs dimensions : longueur, 104 mètres; largeur, 24 mètres 50 centimètres; profondeur, 9 mètres 15 centimètres, dans les marées d'équinoxe. Comme à Boston, les marées ordinaires ne sont que de 4 mètres ; on a dû avoir recours à la force d'une machine à vapeur pour puiser 5 mètres 15 centimètres d'eau, complètement nécessaires pour mettre à flots un vaisseau de ligne.

Cette opération longue et dispendieuse était inévitable sur tous les points du littoral américain, où la marée se fait peu sentir comparativement aux points du littoral sur la Manche en Europe. Ce n'est qu'à Halifax ou à Saint-John, dans la province du Nev^- Brunsv^ick, partie des possessions anglaises en Amérique^ que les marées sont suffisamment hautes pour permettre aux vaisseaux de ligne d'être mis à flot naturellement.

La côte américaine offre à la marine militaire un grand nombre de ports de refuge où elle peut s'abriter

DE IK PUISSANCE AMÉRICAIiNE. 21»

contre les tempêtes, et échapper aux poursuites d'un ex^nemi supérieur.

Elle n'est pas moins heureusement pourvue de racles de rendez-vous, pour la défense desquelles le gouvernement général a dépensé déjà des sommes considérables, et continue de faire exécuter des travaux qui doivent compléter le système de défense si hetireusement poursuivi jusqu'à ce jour depuis la dernière guerre •

Les deux plus grandes rades de rendez-vous sur la côte de rUnion sont Narragansett au nord, et Hamp- ^c>n au sud, à l'entrée de la baie de la Ghesapeake.

Boston et New- York sont les deux autres les plus ^Importantes ; Pensacola est la seule sur le golfe du Mexique.

Un des plus grands avantages de la rade de Narragsinsett, indépendamment de l'excellence de son it^ouillage, où on trouve de huit à vingt brasses d'eau, ^vec un très-bon fond ; de sa vaste étendue, puisque l^s flottes les plus nombreuses pourraient y mouiller ^i^ toute sécurité, comme le fît celle du comte de Grasse pendant la guerre de la révolution, c'est qu'elle ^^t la seule, sur tout le littoral américain, qui soit accessible par le vent de nord-ouest, direction presque instante des ouragans en hiver, si violents et si dangereux^sur cette côte hérissée de rochers, et qu'on P^\it toujours y entrer ou en sertir, même dans les ^^uvais temps, en louvoyant, et presque sans pilote.

Les rades de Boston et de New-York sont toujours ^^cessibles par les vents de nord-nord-ouest au sud-

50 D£ U PUISSANCE AMÉRiaiNE.

sud-ouest ffiv re$t, tandis qu'on peut entrer dans la baie de Nafragansett par tous les vents de nord-ouest à Te^t par l'ouest. C'est là un avantage immense pour les flottes américaines et qui donne une si haute importance militaire à cette rade ; c'est aussi ce qui a déterminé la commission de la défense nationale à porter sur ce point un déploiement de forces^ au moyen de fortifications permanentes, qui doit en faire Le Gibraltar des ËtatS'Unis.

La rade de Hampton n'est pas moins importante, à capse de sa proximité du golfe du Mexique, et comme étant, sur la côte du Sud, le premier et unique port où les bâtiments de guerre peuvent entrer.

La rade de Pensacola, sur le golfe, répond parfaitement aux besoins de la marine sur cette partie de la frontière m^itime de l'Union; elle a été, en conséquence^ fortijQée à grands frais.

DE là. PUISSANCE ÀMËRIdilNE. 54

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