SECTION IV
DBS TOPIQUES EMPLOYÉS DANS LE TRAITEMENT DE LA PLAIE QUI RÉSULTE DE LA CHUTE DE L'ESCARRE.
Les auteurs , toujours frappés de l'idée que l'inflammation et le gonflement qui accompagnent la pustule maligne devaient à la débilité leur disposition à se convertir en gangrène, ont proposé de les attaquer par des onguens très actifs, que nous allons passer en revue.
Digestif irritant de Çhambon.
Verdet pulvérisé . 1 once .
Aloès . . , 1
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Myrrhe ) " ' »
Eau-de-vie camphrée et ammoniacée . \
Thériaque. ,...,...,.* ,....> aa, . ; \
Miel de Narbonne. .-..,. , ; . . j
Mêlez exactement
ï88 DE LA PUSTULE
Ce médicament peut être fort nuisible par son activité et par l'aloès qu'il contient. Dans tous les cas, on ne peut l'appliquer que sur des plaies à chairs languissantes et n'offrant aucune branche nerveuse dénudée, et, auparavant, il est important de s'assurer si cet état de la plaie n'est pas le produit d'une disposition interne qu'il faudrait d'abord détruire. Chambon ne se conformait pas à ces règles qui lui étaient inconnues; il posait son digestif sur la plaie succédant à l'extirpation : il en résultait souvent une nouvelle couche gangreneuse qu'il attribuait à un reste de venin attiré par son remède ; mais actuellement on sait ce que vaut cette explication.
Digestif de Chaussier.
Miel blanc ou rosat i once.
Un jaune d'œuf.
Verdet en poudre très fine 2. gros.
Myrrhe en poudre 1
On mêle le tout exactement dans un mortier de cuivre.
Cet onguent, facile à préparer, convient quand l'escarre est spongieuse et tend à la dissolution putride. Veut-on le remède plus actif, on augmente la dose du verdet; on y ajoute, suivant les circonstances, tantôt deux gros d'esprit de vin, tantôt deux gros d'huile essentielle de térébenthine.
MALIGNE. igg
L'escarre commence-t-elle à se détacher, les chairs sont-elles rouges et sensibles, il faut en diminuer l'activité par l'addition d'un jaune d'œuf. Enfin on le supprimera entièrement pour panser avec de la charpie sèche , si la plaie est rose et sensible. On voit que la conduite de M. Chaussier confirme nos avis et condamne celle de Chambon.
Digestif simple.
Térébenthine de Venise. . . . c . . . 1
TT -, j,i • j aâ. . . . \ once.
Huile d hypericon J a
Deux jaunes d'œufs.
Dissolvez la résine dans le jaune d'œuf , et ensuite ajoutez l'huile. Les propriétés de cette préparation sont trop connues pour qu'il soit nécessaire d'en parler.
Baume de Geneviève.
Huile d'olive 3 livres.
Cire jaune en petits morceaux. . . i
Eau de rose j ' 2
Bon vin rouge 3
Santal rouge en poudre i onces.
Mêlez le tout dans une terrine vernissée, de la capacité d'environ cinq à six pintes; laissez bouillir pendant une demi-heure , en remuant toujours la matière avec une spatule de bois. Ce temps expiré^ ajoutez :
Térébenthine de Venise i livre.
Incorporez bien le tout avec la spatule pendant
une ou deux minutes ; retirez le vaisseau du feu 7 et quand le baume sera un peu refroidi, jetez-y :
Camphre en poudre 2 gros.
Mêlez bien avec la spatule.
Coulez ensuite, à travers un linge, dans un autre vaisseau; laissez déposer jusqu'au lendemain.
Lorsqu'il sera figé, faites de profondes incisions avec la spatule pour retirer le liquide qui se sera séparé du médicament; mettez-le enfin dans un pot de faïence pour le conserver.
Ce baume, qui n'est pas irritant, convient particulièrement quand il s'agit de stimuler légèrement; nous en avons toujours obtenu de bons effets pour panser les vésicatoires secs et gangrenés, les ulcérations des angelures, et pour envelopper les membres atteints de pustule maligne, gonflés par un empâtement froid, couverts de phlyctènes.