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la cause, quoique Ton ne puisse pas la définir, puisqu'elle est une modification de l'âme dont on n'a point d'idée claire, on peu! en définir la cause, puisqu'on a une idée distincte du mouvement. Riais il faut prendre gardte (jue la chaleur prise pour un tel mouvement ne Gau&e pas toujours le sentiment de chaleur en nous. Car l'eau par exemple, est chaude, puisque ses parties sont fluides et on mouvement, qu'apparemment les poissons la trouvent chaude, et qu'elle est au moins plus chaude que la glace dont les parties sont plus en repos ; mais elle est froide par rapport à nous, parce qu'elle a moins de mouvement que les parties de notre corps, ce qui a moins de mouvement qu'un autre, étant en quelque manière en repos à son égard. Ainsi ce n'est point par rapport au mouvement des fibres de notre corps, qu'il faut définir la cause de la chaleur, ou le mouvement qui l'excite ; il faut, si on le peut, définir ce mouvement absolument en lui-même. Et alors les définitions qu'on en donnera pourront servir à faire connaître la nature et les propriétés de la chaleur.
Je ne me crois pas obligé d'examiner davantage la philosophie d'Aristote, ni de démêler les erreurs extrêmement confuses et embarrassées de cet auteur. J'ai, ce me semble, fait voir qu'il ne prouve point ces quatre éléments, et qu'il les définit mal, que ces qualités élémentaires ne sonjt pas telles qu'il le prétend, qu'il n'en connaît point la nature, et que toutes les qualités secondes n'en sont point composées ; et enfin, qu'encore qu'on lui accordai que tous les corps fussent composés de quatre éléments, comme les qualités secondes des premiers, tout son système serait inutile à la recherche de la vérité, puisque ses idées ne sont pas assez claires pour conserver toujours l'évidence dans nos raisonnements.
Si on ne croit pas que j'aie exposé les véritables opinions d Aristote, on peut s'en éclaircir dans les livres qu'il a faits du Ciel et de la Génération et corruption ; car c'est de là d'où j'ai pris presque ce que j'en ai dit. Je n'ai rien voulu rapporter de ses huit livres de physique, parce que ce n'est proprement qu'une espèce de logique, et l'on n'y trouve que des mots vagues et indéterminés, par lesquels il apprend comment on peut parler de la physique sans y rien comprendre.
Comme Aristote se contredit souvent, et qu'on peut appuyer
DE LA MÉTHODE, 2e Partie. 111
presque toutes sortes de sentiments par quelques passages tirés de lui, je ne doute point que Ton ne puisse prouver par Aristote même quelques sentiments contraires à ceux que je lui ai attribués. Mais je n'en suis pas garant. Il suffit que j'aie les livres que je viens de citer, pour preuve de ce que j'ai dit. Et même je ne me mets guère en peine de discuter si ces livres sont ou ne sont pas d' Aristote, s'ils sont ou ne sont pas corrompus. Je prends Aristote tel qu'il est, et que l'on le reçoit ordinairement ; car on ne doit pas se mettre fort en peine de savoir la généalogie véritable des choses dont on n'a pas grande estime, outre que c'est un fait qu'il est impossible de bien éclair cir, comme on le peut voir par les Discussions péripatétiques de Patritius K