LNFILENCE LOCAI,E DE CERTAINS AGENTS SUR LA PARTIE EN VOIE DE
§ I. — Influence de la lumière.
Nous ne chercherons pas à savoir si la lumière plus ou moins iûtense et diversement colorée agit sur la régénération des éléments, des expériences sérieuses n'ont pas encore été faites sur ce sujet.
(i) Bernard, Leçons sur les effets des sv^sianees toxiques et médicamenteuses, Paris, l8o7.
:K)2 LNFLrKMlL: LiiLALi: DR CKUTAl.NS AGENTS.
§ II. — Influence de la température.
Nous savons d'abord qu'uii certain do.arc de chaleur est nécessaire pour metlre en mouvement le travail embryf^iiénique, et M. Dareste(l) a fait, on le sail, qnelcjues expériences qui lui ont démontre qu'une élévation anormale de la température pendant la première période du développement de l'embryon tendait à diminuer la taille finale des individus et à produiie des nains.
Mais, de même que pour l'évolulion, une température modérée est nécessaire, il en est de même pour la réuénéralion.
Si nous faisons, à Texemple de certains naturalistes, l'ablation de la tête d'un limaçon en ayant bien soin de consei'ver le ganglion céplialique, nous ne pourrons voir la régnéralion s'tiïe* tuer qu'à la condition de maintenir cette partie de l'animal à une températurc assez élevée.
Ilnefaudrai pas cependant que la température fût trop élevée, et, pour la conservation de la Nilalilé de certaines parties, il vaut niieux qu'elle soit de li à 6° au-dessus de zéro que si elle s'élevait à 15 ou 20\
M. Ollier prétend que l'abaissement de température est une condition favorable pour la conservation de la vitalité du périoste, lorsqu'il fait ses transplantations plus de deux heures après la uîort de l'animal.
M. J. Guyot a tenté, on le sait, de soumettre les plaies à l'action continue de la chaleur dans l'espoir d'obtenir une cicatrisation plus prompte. La température îi laquelle était maintenu l'appareil dansl'intérieur duquel on introduisait la partie blesséeétait yG*" centigrades. Les premiers essais ont été faits sur des lapins, puis sur l'homme.
Sept plaies accidentelles, et trente-deux plaies consécutives h
des amputations, d'après l'autear, furent guéries par ce moyen de traitement que l'on a appelé rincubation.
La température de 36* à laquelle J. Guyot tenait essentiellement est, d'après nous, beaucoup trop élevée, et des expériences nous ont démontré qu'une chaleur constante de 28 à 30* était bien plus favorable à la cicatrisation des plaies.
Si le procédé de Guyot a, du reste, donné quelques succès, nous n'hésitons pas à l'attribuer à l'acide carbonique qui se trouvait dans le ballon,' par suite des combustions destinées à donner une température constante.
Tous les jours nous nous servons en chirurgie du froid et du chaud dans le traitement des plaies.
Le froid, qui est, comme l'a très-bien dit M. Trousseau, le radical des sédatifs^ sert à modérer considérablement l'inflammation.
La chaleur, au contraire, produit une violente irritation qui peut nous être très-utile pour activer certains travaux de réparation languissants.
Si le froid, si le chaud sont employés sans prudence (chaleur, froid excessiO, l'on observe une sorte de stupeur locale des éléments qni nuit à tout travail de réparation (i).
En résumé, nous pouvons dire qu'une partie que nous voulons voir se régénérer doit être maintenue à une température modérée, constante, et Celse a eu raison de dire : <« Nimium culoreui et « nimium frigus vulnerum curationem infestare. »
§ m. — Action locale de l'air sur la régénération et la cicatrisa^
tion de nos tissus.
11 n'y a certainement pas en pathologie une question qui ail autant préoccupé les chirurgiens que celle de savoir si l'air est utile et nuisible,
(I) Voir la remarquable Thèse de M. le professeur Hichet, In/Iue/ice du chaud et du froid. Thèse de concours pour Tagrégation, 4847.
II y adéjà quelques années, frappé du désaccord qui régnait, nous avons voulu voir si, par quelques expériences pratiquées sur des animaux, nous ne pourrions pas arriver à des conclusions certaines.
Nous avons d'abord constaté que Tair jouait un rôle immense dans îa régénération et la cicatrisation des plaies; mais nous avons voulu aller plus loin, et voir les parties réellement nuisibles ou utiles qu'il contenait.
Nous n'avons pratiqué nos expériences, on le comprend, qu'avec de l'air parfaitement pur, c'est-à-dire ne contenant pas un grand nombre de ces particules que nous énumérerons bientôt, et qui nuisent évidemment ,ù la réparation.
Si, dans un chapitre précédent, nous avons pu dire que l'oxygène ne jouait un rôle important, qu'en tant qu'excitateur de nos fonctions; que l'acide carbonique, au contraire, agissait puissamment sur les phénomènes nutritifs et par conséquent sur l'évolution des tissus, cette action se produisant lorsque ces deux gaz agissent d'une façon générale; nos expériences nous ont aussi démontré que, lorsque l'action est locale, leur effet est le même.
Si nous mettons une plaie dans une atmosphère d'oxygène, nous avons en effet une excitation, une irritation qui est certainement loin d*fitre toujours favorable; si l'on se sert de l'acide carbonique, l'on obtient des régénérations très-rapides et le plus souvent des réunions par première intention.
Dans nos recherches sur la régénération des tendons, nous avons noté que l'acide carbonique agissait dans tous les cas d'une façon très* favorable.
Voici du reste ce que nous disions en 1858 (1). dans un travail présenté à l'Académie des sciences :
r Le gaz acide carbonique injecté sous la peau n'est nullement toxique ;
2^ Il active la réparation des tendons divisés ;
(I) Demarquay, Comptes rendus de l\icadémie dtis Sciences. 18o8«
3^ L'acide carbonique, contrairement à l'action de l'oxygène et de l'hydrogène, favorise au plus haut degré l'organisation des plaies sous-cutanées, et amène la guérison dans un laps de temps beaucoup plus court que dans les ténotomies faites en dehors de l'influence de l'air;
4'' Des ulcérations gangreneuses, des plaies diphthéritiques ou de mauvaise nature, qui ont résisté à des traftements antérieurs guérissent rapidement sous l'influence de ce gaz.
Les résultats de toutes nos expériences ont été très-nels.
Nous avons pu aussi démontrer l'influence favorable de l'acide carbonique sur les ulcères anciens qui aflectent principalement les membres inférieurs et qui se montrent rebelles à toute action cicatrisante. Dans plusieurs cas d'ulcères gangreneux, nous avons pu, au moyen de ce gaz, amener une guérison assez prompte.
Un de nos élèves, le docteur Salva (1), a publié un certain nombre de faits concluants.
Nous avons même cité (2) une observation où il a suffl de vingt jours d'application continuelle d'acide carbonique pour produire la guérison d'une plaie datant de quatre mois et qui avait résisté au traitement par les bandelettes de diachylon, par l'eau froide, le vin aromatique, le fer rouge, le nitrate d'argent, etc.
L'acide carbonique dans tous ces cas ne produisait pas une irritation vive, mais favorisait la génération cellulaire qui se faisait, il est vrai, d'une façon lente et sans tumulte, mais qui conduisait cependant à la guérison.
L'oxygène maintenu au contraire pendant longtemps au contact d'une plaie produit une vive irritation qui peut à la longue amener des accidents.
Voici généralement comment les choses se passent dans la plupart des cas :
(\) Salva, Dm gai acide carbonique, comme anahjésique et cicatrisant des plaies» •Thèse, 18C0.
(2) Demarquay, Essai de pneumatolûgie médicale^ iSGb.
Démarquât. — Régénérations, 120
3i)G ACTION LOCALE DL LAlU SUK LA l;É«.LNÉKATION.
On constate (ral)or(l que les boui'geons charnus sont moins rouges, mais avec tendance à prendiJ) un asj)ect iirisàtr.'. Ils sont comme revenus sur eux-nirmes, et la plaie est recouverte rl'une sérosité purulente généraleuKMil peu abondanle.
Le pus examiné an microscope ne présente rien de particulier.
Si Ton continue l'application de l'oxyiirnc. des j)liéuomènes inllamniatoires très-violents peuvent survenir, et il e.>t prudent d'éloigner le gaz qni devient un vérital)le danger.
Il faut aussi bien remarquer qu'au moment où l'oxygène n'est plus maintenu au contact de nos tissus, il se produit une réaction qui peut être salutaire, quand la plaie est atonique, mais qni le plus souvent dépasse la limite et amène quel([uefois une inllammation très-intense.
L'oxygène, v.n raison d(^ sa propriété excitante, pourra donc amener des cicatrisations tiès-i'ai)ides ; dans ces cas, le plus souvent, les ]jerles de substances ne sont pas reparées, ce n'est pas une régénération.
Il lésrdte i)ar conséquent de mes recherches, que le gaz ox\gène n'est C(îrtainenn'nt pu^ utile à la guéi'ison des plaies ; je suis cependant loin de hii attribuer, avec M. J. (juérin, tousbîs accidents (jui arrivent |)Our entraver la guérison. Il existe des contacts anormaux dont l'action est, d'après moi, beaucoup })lus funeste aux plaies. Quant à l'a/ote, nous avons aussi fait quelques expériences, et nous avoiis ^n que ce gaz, giàce h son action isolante, permettait d'obtenir des adhé>ions et (h:^ réunions par [n'emière intention.
Deux résultats précieux peuvi'ut être oblenus, si l'on se place dans des circonstances favorables, c'est-à-dire si Ton se sert d'appareils convenables et d'azote pur :
r On modérera la réaction inflammatoire d'une plaie;
2 ' On favorisera radhé>ion ou la réuni(ui par première intention.
Dans nos expériences sui' la régénération des tendons nous avons vu que l'hydrogène était certainement le gaz qui olfrait l'action la plus fâcheuse sur l'organisation des plaies sous-culanées.
ACTION LOCALE DE L'aIR SUR LA RÉGÉNÉRATION. 307
Lorsque Ton introduit de Thydrogène au contact de tissus qui doivent se régénérer et que Ton veut étudier comment se fait la réparation, Ton voit s'effectuer une régénération irrégulière, c'està-dire une cicatrisation analogue à celle que Ton obtient lorsque Ton se sert de Toxygène, avec cette différence cependant que Thydrogène mis en trop grande quantité arrête ou supprime même complètement le travail de régénération. On voit toujours, par exemple, dans le Foyer de la section du tendon où Ton a introduit de rhydrogène du sang diffluent, les tissus sont infiltrés de sérosité, les veines sont devenues turgescentes, et, lorsque Ton examine la plaie à une période plus avancée, il n*est pas rare de .voir les mêmes altérations persister.
L'hydrogène agit surtout d'une façon fâcheuse en raison des congestions qu'il détermine.
Mais si certaines parties de l'air peuvent jusqu'à un certain point, comme nous venons de le dire, avoir une action favorable sur la marche des plaies, en sera-t-il de même lorsque l'air, mélange assez complexe, sera en contact avec nos tissus ?
11 y a déjà longtemps que les chirurgiens avaient été frappés de la facilité avec laquelle certaines plaies à l'abri du contact de l'air se cicatrisaient, tandis que les plaies exposées étaient inévitablement soumises à la suppuration et à ses conséquences.
Les premiers chirurgieqs qui ont coupé le sterno-cléido-mastoïdien à travers une ouverture aussi petite que possible avaient bien vu que la suppuration n'arrivait pas et que l'organisation se faisait avec une très-grande rapidité.
Delpech a cité un assez grand nombre de cas oii la guérison fut très-rapide. Dupuytren proposa aussi de faire dans cette opéralion une incision très-petite, et Stromeyer eu 1833 adopta et préconisa, on le sait, ce procédé.
M. Jules Guérin a insisté sur l'influence immense que posséda l'air sur la marche des plaies, et il a proposé de vastes appareils aspirateurs, destinés à faire le vide et à isoler complètement les plaies*
ao,^ ACTION U<\]S. DE L AlU Sl't^ lA RKGENEnA! ION.
Dans nos oxp^^Tioncos sur les tondrons, lorsfjuo nous avions soin de pratiquer (les plaies sous-culanées, nous avions prej^que constamment (les réaénél'ations.
L'air auit donc véritaMement d'une farr>n nuisil)le et John Hunier a (mi raison do ])r()[)o-er sa belle classiricalion des plaies : en plaies i\\posî''es et en plaies non expos('es.
L'air ngil en exagérant les pln'nomi'iies i'iflammatoires, qui nuisent tant aux véiilabies ri-^énéralions ; son absence modère au coiilraii'O b*s mrmes plicnomrm's inflamniatoires.
Mais ici se pose une queslion. Aque'le parlie de l'air, et ponr- Tair quoi nuit-il d'une façon drlaNorabb,' ?
Lsl-ce l'air lui-mr'me qui cause la putiélaclion, ou bien esl-c»^ quebpio c/iose que cet air eul raine mccauiquement ?
Fsl-ce à la prcsiMico de l'oxyi^rue, de l'a-'id'.^ carbouiq'.ie de l'azote, ou de riiydroi^cne, (|ue sont dues les propriétés funestes de l'tu'r? Nous ne le penso'is pas. Pour 1(n disciples de Gay-Lussac ce serai! cependinil Tair sinil (pii pnxhnniif la putr^'laction.
Il faut d'abord, croNons-nous, dans celte éludi» si difficile de l'influence de Tair sur les léi^éïKM allons el les cicalrisalions, faire une distinction fpii nous paraît des plus iniporlanles. 11 s'aLiii en eflel d'examiner si l'air mis en contact avec une plaie est />//r DU h/}jjin\ Nous verrons bientôt en quoi peut consister celle impureté.
Nous savons d'aboid qui^ dans un certiun nombre de cas d'einpbysème, à la suite de fractures de cotés par exemple, où l'air vient largement bai:;ner les cellules, il n'vaaucun accident. Pour- (juoiceth' exc(^plion? Pour(juoi })(iuvons-nous insufllerdes animaux, ce que nous avons fait bien souveid. sans (pie nous ayons !e moindre pbénrunène morbide? C'esl qu(\ dans tons les cas, l'air a\anl d'arriver au contact des C(dlld(^s se puiifie.
Dans le premier cas. l'air, en passant à travers le poumon, comme nous l'ont lait voir Tjndall el Lister, se purilie ; ce que l'on reconnaît à la piésence d'une la( lie noire qu'il produit lorsque
Ton le fait traverser par uu faisceau lumineux, ce qui n'a pus lieu si Tair est impur (I).
Dans les cas d'injection d'air dans le tissu cellulaire sous-culané, Toxygène se transforme en acide carbonique, qui est loin de favoriser les décompositions putrides qui pourraient se former dans ce cas.
Les chirurgiens sont dans ces derniers temps arrivés à quelques résultats en recherchant les parties qui amenaient l'impureté, et Ton a surtout cherché, depuis les belles expériences de Pasteur, k savoir si c'était à cette sorte de semence d'êtres vivants apparte* nant à la grande classe des protozoaires, à « cette voie lactée des organisations inférieures » , suivant l'expression d'Erhenberg , qu'étaient dues l'impureté et l'action irritante de Tair. Et Ton a tour à tour accusé les infusoires ciliés (cercomonades, trichomonades, etc.); les vibrioniens (genre vibrio, genrebaclerium, genre bactéridie) ; les amibes, enfin les granulations moléculaires décrites par Béchamp, sous le nom deMicrozymas.
Ce sont ces germes, qui, suivant l'expression de Trousseau, /^^n/ avec une si grande facilité dans nos salles d'hôpitaux, qui, en produisant la putréfaction, amèneraient, d'après un grand nombre d'auteurs, les accidents d'inflammation.
En outre de ces germes, il existe aussi des déiritus organiques contenus dans Tair, composés, d'après Réveil, de petits flocons de charpie et de cellules épithéliales.
Eiselt (2) nous dit que chargé d'un service assez important pendant une épidémie d'ophthalmie purulente, il fut atteint, ainsi que toutes les personnes de son service, et il en conclut que la transmission devait avoir lieu par voie miasmatique,
Au moyen d'un appareil analogue à l'aéroscope de Pouchet qu'il plaça entre deux lits occupés et sur le trajet d'un courant
(!) VoirTyndall, Revue des Cours scientifiques, 1870, page 4i:>.
(2) Eisell, Vierteljahrschrift fur die Practische EvUkunde. Prag, 1863, vol. H.
3I(» AC'llON I.nCALF. M- L AIR SIH LA [U:r,KM^nATION.
(l'air, les corpuscules contenus dans ralmosphère se (i(>posèreul sur (les p!a(jues de glycérine. L'examen microscopique en futfail. et. Ton y reconnut la présence de globules purulents.
M. Pouchef (I) a fait voir que lair contenait en outre une grande quantité de |)oussières.
Cbalvet (2) a analysé soigneusement dus poussières provenant des salles d'iiùpilaux ; elles donnèrent 3G pour 100 de matières organiques.
La nature des poussières variait du reste suivant les salles où elles étaient recueillies.
Le même auteur nous dît aussi que la vapeur d'eau condensée auprès d'un foyer de suppuration, avant la disséminal ion di's miasmes, est fortement chargée de corpuscules irréguliers, semblables en tous points h du pus desséché. Il n'est pas raie non plus d'y rencontrer quelques fragments de malière colorante du sang. Un grand nombre de médecins, parmi lesquels nous citerons Kircher, Ibniry Ilolland, Helmhoitz, Nyander, H<mle, Budd, Smith, Greenhow, etc., oiit fait des recherches semblables.
('es dernières parlies (poussières, etc.), (|ne l'on retrouve facilement dans l'air, ne seraient pas. d'a])rès corlains chirui'giens, la cause dr's accidents qui seraient dus à la pulréfaclion qui aurait pour agent bîs microzynias.
Comment donc se nK^tlre h l'abri de ces agents redoutables? Comment arriver à i-endre noire air al)Sf)lument pur; car, qu'on le lemarque, il suffit de quidques microblastes, qui vont se reproduire avec une rapidité ellVayaute, ])Our causiM* les accid(Mits tant redoutés?
Si nous pouvions réîdiser toutes les conditions dans lesquelles s'était mis M. Pasleui* dans ses belles cx[)ériences connues de
^) Poucliol, IIi frro'jiuif (m Tmif^' «fc hi ir^i' ii>'rnti>iii spnntiiiin\ l\*iris, |.S;iO; Rr. chfir}if'<i et rjr^>f//r//<7».s- sur lis nnii/iniu- )'r)ia.issa/ifs. Vnv'i^^ \Hl't[),
(iiUilîalvel, ^V'///j>^;s rcn'im <lr r.\rti>fi /nie 'l* s «•imcis, isii.'j c*t (hiz",tti' «fp<; Ju'qnt'nix, isr.4.
tout le inonde, en faisant filtrer lair à travers du coton, nous pourrions espérer avoir des résultais. Or, dans les tentatives qu'on a faites dans ces derniers temps (appareil ouaté), est-on arrivé à cette précision indispensable que nous ne pouvons réaliser malbeureu-sement le plus souvent que dans nos laboratoires 7
Un grand nombre des points recommandés par M. Pasteur pour réaliser son expérience sont omis, et nous comprenons parfaitement, pour notre part, que si c'est véritablement h ces germes que sont dus les accidents (ce qui peut être encore contesté), il suffira de quelques secondes, du temps nécessaire après notre opération à l'application de notre appareil, pour qu'une quantité assez notable de microblastes s'introduisent dans les liquides à la sur^ face de la plaie et amènent tous les accidents de fermentation qui ont lieu sous l'appareil phéniqué, ouaté, ouato-silicaté.
Il faudrait d'ailleurs^ comme dans l'expérience de Pasteur, ce qui est toujours omis, en raison de l'impossibilité de la réalisation des précautions nécessaires, pouvoir faire bouillir aussitôt après notre section dans une amputation par exemple, les liquides déposés à la surface de la plaie.
Ainsi l'on peut dire avec raison que la méthode nouvelle, guidée par une expérience de laboratoire, ne réalise pas toutes les conditions de cette expérience, Téloignement de l'air extérieur et des germes qu'il renferme (1).
Quelques succès ont été publiés des accidents où l'on a vu des inflammations et des phlegmons assez graves; ces derniers faits nous prouvent que l'irritation est loin d'être supprimée par ce genre de pansements.
Pour nous, l'immobilisation, le pansement rare, doivent rendre compte des cas heureux, s'ils sont réels.
En résumé, l'air pur n'est pas nuisible; l'air impur au contraire possède une propriété irritante manifeste. Malgré les quelques recherches faites sur ce sujet, et qui doivent nous encourager, il
(!) Tyndall, Revue des cours seietUifiques^ 1870, p. 233 et 4!o.
:\\1 IMIJ.KNCE \)\i I. IKHIT.VTION Kl hK L INFLAMMATION.
nest pas facile do diie \r^ parties n'ellemenl nuisibles dans l'air.
Quoi qu'il en soil, nrnis d^'vons, aillant qu'il est en nous, nous nietlrc à l'abri de son inipiirete qui nuit à la régéncration et à la cicatrisation.
Mais il n^înous faut pas non plus oubli(îr (juo les accidents in- (laminatoires et de snppuralion n(^ sont pas uniquemiMjt dus à la présiîucti de l'air; une seclion quelconque, une seclion t<'ndineuse pîir exemple, que nous pratiquerons chez un èlre affaibli, atteint de quehiue dialli(.'S(,' (li\::énci*ce en cachexie, ne nous oflVira pas le phénomène de rcf^énvralion ; (,'t des [)hé:ionicnes indainniatoiies existeront, qui amèneront une cicatrice, bien que la plaie ait été mise soigneusement à l'abri du conlacl de l'air.
La présence de l'air ne s<'rail Aime pas la senb.' cause de l'irritation; il n'est pas tout (hms le succès; cet élément joue cependant un rùle princi|ial, et à c<' lilre nous devons tachei* de l'éloigner autant qu'il est en nous.
AKTICLL \
iM'ij KNci: m; LiuurrvTiox i:t di: i;i.m'[.am:\iation srn lv
UL(ii:M:uATio.\ rr i.a cicatiusation.
Qu'une plaie, qu'uniî seclion ail élé produite dans un tissu, immédiatement des coutacls anormaux vont se produire et de Là va résulter une irritation. Tous les corps élrani^ers, en si grand nombre, qui peuvent se trouvci' au contact (b» nos lissus peuvent amener ce résultat , et nous nous dispense ions (b* les ('numérer ainsi que de citer les différentes causes de rinllammalion el de l'irrilalion, ren- Noyant à nos diilerenls traités de pathologie.
Cr' qu'il nous impoile surtout de savoir, c'est si la régénération se trouve entravée par une irrilalion.
Oi', que se passe-t-il dans rinllanunalion à la suite de plaie, dans l'irritation dile haunialiqut'? il y a loujouîs un mouvement e.nKjùrè de nutrilion: uihî grande quaulilt* d'éléuKMils anatomiques sont
INFLUENGB DE L*1RRITAT10N ET DE L'INFLAMMATION. 311
produits ; le plus grand nombre ne sont pas viables et meurent à lu période embryonnaire. Cette exagération dans la prolifération constitue un état morbide, et, tandis que nous pourrions appeler la régénération normale Tétat physiologique, nous appellerions volontiers l'exagération ou larrCt dans la génération cellulaire, l'état pathologique.
L'irritation étant une exagération des propriétés physiologiques des tissus nuira à la régénération.
Ce serait une grave erreur de croire que l'irritation inflammatoire est toujours favorable à la génération des éléments anatomiques.
« L'inflammation est loin d'être favorable à l'adhésion des tis« sus, c'est-à-dire à la génération des éléments anatomiques, dit M. Robin, et c'est au contraire avant que cette inflammation ait eu lieu ou après qu'elle a eu lieu, ou relativement loin des points où elle est confinée que s'accomplissent les phénomènes de génération d'éléments anatomiques. »
L'on peut à volonté arrêter le travail de régénération, favoriser le travail de cicatrisation, et l'arme que nous possédons pour cela, c'est l'irritation.
Souvent utile, pour accélérer des travaux de réparation languissants, elle est cependant plus souvent destructive que réparatrice, et le chirurgien ne doit s'en servir qu'avec une extrême prudence.
Trop vive, elle arrête, avons-nous dit, tout travail de régénération, et l'on sait que chez un animal l'on peut, en irritant très -vivement le périoste et en agissant surtout à sa face profonde en rapport avec la couche dite otéogène, arrêter tout travail de réparation.
La persistance de l'irritation locale, entretenue par un stimulus quelconque, empêche la régénération, et nous ne pouvons admettre entièrement avec M. Ollier que, dans les fractures compliquées, la suppuration ne retarde pas inévitablement l'ossification.
Dans ce dernier cas, si la guérison arrive, l'irritation dépassera le but, des éléments se seront produits en trop grande quantité et nous aurons des cals difformes.
314 INFLUENCE DE L'iRRITATION ET DE L'INFLAMMATION.
Si la chirurgie possède un moyen d'activer la régénération des éléments anatomiques, nous ne saurions trop recommander de se servir de ce moyen d'une façon méthodique, et, dans nos tentatives, si nous voulons être utiles, nous devons être d'une prudence extrême.
Dans les cas où l'irritation est modérée, l'on voit se passer un phénomène très-remarquable que nous avons déjà signalé plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage, et qui, si Ton peut s'exprimer ainsi, est le prélude de la régénération, c'est le retour des éléments à la période embryonnaire. Pour les os, ce phénomène nous est aujourd'hui bien connu; dans le travail de l'ossification en particulier, M. Ranvier nous a fait voir que sous l'influence de l'irritation il y a un rajeunissement de l'os.
Mais si cette irritation jusque-là bienfaisante continue, l'on voit la suppuration se produire, et tout travail de réparation se trouve arrêté.
Pour les os, et pour la moelle surtout, nous savons que toute irritation trop vive nuit à la régénération et à la cicatrisation osseuse. Nous devons ici encore rappeler que cette irritation sera plus ou moins réparatrice ou réorganisatrice suivant le terrain sur lequel elle se développera.
Chez un individu affaibli, atteint de diathèse, de cachexie, l'irritation amènera des foyers purulents.
C'est qu'en effet, les éléments anatomiques produits en trop grand nombre ne pourront pas trouver leur nourriture, ils dégénéreront en pus, et ce pus lui-même sera bientôt la cause d'une nouvelle irritation et de nouveaux accidents.
En résumé, le travail inflammatoire est essentiellement destructeur et par conséquent il nuira à la régénération; il ne sera utile que dans quelques rares exceptions.
Tous les corps, tous les agents qui amèneront cette inflammation, nuiront par conséquent aussi à la régénération et à la cicatrisation. Nous n'énumérerons que les principaux agents qui peuvent amener des contacts anormaux.
INFLUENCE DE L'IRRITATION ET DE L'INFLAMMATION. 3f5
N0U8 avons dit, déjà, que l'air, suivant quMl était pur ou impur, occasionnait des accidents d'inflammation.
Le produit lui«mème de cette inflammation, le pus, est une cause secondaire d'irritation, et, comme on Ta si bien dit : le pus amène le pus.
Mais, comme pour Tair, ce pus peut être plus ou moins malfaisant et s'opposera la cicatrisation.
Le pus que l'on a appelé pur introduit en quantité modérée dans le tissu conjonctif ne produira pas d'accidents.
Il n'en sera pas de même du pus impur ^ qui produira des accidents terribles, compliqués de ce que nous connaissons en chirurgie sous le nom d*infeclion putride.
Billroth et Weber (1) ont parFailement vu que le pus pur, le pus de bonne nature, provoque l'inflammation franche, tandis que le pus corrompu provoque l'inflammation putride et même gangreneuse.
Prieringer a constaté que le pus blennorrhagique dilué dans 100 fois son volume d'eau, agit encore sur les autres membranes muqueuses.
Dans certaines classes de plaies, les plaies contuses, qui ont amené la mort d'un certain nombre d'éléments anatomiques, qui devront être éliminées. Ion observe un relard assez marqué dans la réparation. Les symptômes inflammatoires sont généralement assez développés.
Il en est de même pour les brûlures, dans lesquelles la chaleur a modiflé la vitalité des éléments placés à distance, sans cependant , dans laplupart des cas, les anéanti rcomplétement. Avant donc que la régénération se produise, il faudra que ces éléments se res* taurent, ce qui a lieu généralement d'une façon assez lente.
Un certain nombre de corps étrangers déposés au fond de la plaie empêcheront la régénération. Le sang épanché à la suite de
(i) Billlrolh et Weber, Archivjar chirurgie, t. Vf, p. 372.