III. Ministres baptistes
Missionnaires et professeurs . . . 133
à200dollars 848,490
lY. Ministres méthodistes 4^112
Missionnaires et professeurs. . . 118
3,994 àdOOdoUars 1,198,280^
ToUl. 4,480,200
Quant au nombre des églises que l'on construit chaque an* née, je pense qu'on peut l'évaluer à 880, comme suit :
Méthodistes épiscopaux, selon de bonnes autorités,
de250à300;sQit 250 églises,
Baptistes, pour le moins autant 250 »
Presbytériens et congrégationalistes, au moins. . 160 » L'Almanach luthérien indique 76 églises construites en 1841. Un rapport imparfait en donne 47
pour.1810; mettons 60 »
Les réformés allemands, par estimation probable. 30 »
Les méthodistes protestants 20 »
Les épiscopaux * 50 d
Les presbytériens du Gumberland 30 »
Les Hollandais réformés 10 »
Les presbytériens écossais 20 »
Soit, annuellement 880 églises.
542 APPENDICB.
Les deux derniers chiffres sont peut-être trop élevés, mais celui qui les précède est probablement au-dessous du vrai. Il est d'ailleurs impossible de calculer jusqu'à quel point cet accroissement des églises est suffisant ou non. En évaluant h 13,000,000 d'individus la partie de la population qui est soos Tinfluence des églises évangéliqucs , et en prenant pour terme moyen d'une congrégation le chiffre de 300 , il y aurait là de quoi former 4-3,700 congrégations. Mais comme le nombre actuel de nos églises n'est que de 26,200 , on peut dire que les nouvelles églises se construisent en partie pour y recueillir les congrégations évangéliqucs déjà formées, mais dépourvues de temples , en partie pour servir aux congrégations qui se forment dans les 5,000,000 d'individus en dehors jusqu'ici de la communion évangélique , en partie enOn pour se mettre au niveau de l'accroissement naturel qui se fait chaque année par les naissances et Témigralion. Supposons que la portion évangélique de la population augmente annuellement dans la proportion de 13,000,000 a 5,000,000 , soit d'environ 360,000 ftmes, et divisons ces 360,000 par 300, chiffire moyen d'une congrégation , nous aurons annuellement 1,S00 congrégations de plus , et un nombre égal d'églises nouvelles à bâtir. Mais ce résultat n'est en aucune manière probable. Une partie des recrues doivent nécessairement se fondre dans les anciennes églises, et beaucoup d'entre elles sont trop disséminées pour pouvoir former des congrégations ayant besoin d'un temple.
Après cela, il n'est pas facile non plus de calculer le coût des 880 églises qui se construisent chaque année, puisque, dans nos cités , il varie de 10,000 à 50,000 dollars , si ce n'est plus. Toutefois, je ne pense pas m'écarter considérablement de la somme totale en la portant à dollars 4,500,000
qui, ajoutés aux salaires des ministres, soit 4,^80,200
font un grand total de 5,980,200
ou plus de 30,000,000 de francs.
EXEMPLES DE LIBÉRALITÉ CnRÉTIENNB. 51S
EXEMPLES DE LIBÉRALITé CHRÉTIENNE CHEZ DE SIMPLES PARTICULIERS.
Je ne veux parier ici que de chrétiens appartenant aux classes moyennes de la société.
Normand Smith, de Hartford au Connecticut, naquit en 1800 dans une famille pieuse. Il avait douze ans , lorsqu'à l'époque d'un réveil son cœur se tourna décidément vers Dieu. Ayant appris l'état de sellier, dès l'Age de vingt-deux ans il travailla pour son propre compte , moyennant un faible capital que lui prêta son père. Ses premiers pas furent si heureux qu'il put bientôt liquider sa deUe. Cependant, son industrie élait loin d'absorber tout son temps et toutes ses pensées. Il visitait fréquemment les pauvres pour les soulager, faisait les fonctions de répétiteur dans une école du dimanche, et fut pendant longtemps directeur d'une école semblable, destinée à l'instruction religieuse des Nègres. En un mot, on le voyait prendre part à tout ce qui est bon.
« Au commencement d^ 1829, dit l'auteur de sa biographie « il lui vint à l'esprit qu'il ferait bien peut-être de renoncer à^soo état, ou de restreindre du moins sa fabrication, aQn d'avoir plus de temps à donner aux intérêts de son âme et à ceux du prochain , d'autant que sa fortune lui semblait maintenant assez considérable , et pour lui et pour sa famille. Il consulta là-dessus son pasteur, ^ qui lui répondit à peu près en ces termes : Le Seigneur, me semble-t-il, vous montre clairement de quelle manière vous devez le gloriûer. Il a fait prospérer votre industrie ; il vous a ouvert les canaux de la fortune ; elle coule vers vous à grands flots et vous auriez tort de vouloir
* Le révérend docteur Ilawes, minislre congrégationaliste de Hartford, un (les ecclésiasti(iues itis plus distingués d'Amérique.
iH AFPERDICB.
rairèter. Laissez-la seulement rouler des eaux larges et profondes. Continuez votre travail dans le sentiment du devoir, usez pour la gloire de Dieu de tout ce qu'il vous donne, Taites-le servir au bien de vos semblables, et vous trouverez dans l'œuvre de vos mains, comme dans la lecture de la Bible et danslasanctificalion du dimanche, de grandes bénédictions pour votre âme. Loin de mettre obstacle à votre développement spirituel , ce vous sera plutôt une aide et vous aurez chaque jour plus de moyens de vous rendre utile. — Oh ne sut pas tout de suite TeHet qu'avait produit cette conversation ; mais on l'apprit plus tard par ces mots qui se trouvèrent écrits dans le journal de Smith :
a Le Seigneur , y marque-t-il , m'a fait voir clairement la route que je dois suivre. Après une année d'incertitude, ma résolution est prise. Je continue mon travail, maïs j'espère que ce n'est pas dans le désir de devenir riche. Ceux qui veulent g'enrichir tombent dans le piège , et je crois que le Seigneur me veut à mon industrie, non pour y amasser de l'argent, mais pour m'y procurer de quoi donner à ceux qui sont dans le besoin. C'est donc au service de Dieu que je vais poursuivre mes travaux et avec l'espoir de gagner pour donner. »
» Dès ce moment, chacun fut frappé de ses progrès^rapides dans la piété. Il était manireste que ses pensées et ses désirs étaient aux choses qui sont en haut. S'il les ramenait sur la terre, c'était pour y faire du bien et il en fit beaucoup. Sans parler de tout ce qu'il sut donner avant sa mort, il légua près de 30,000 dollars à diverses Sociétés de bienfaisanee. Près de mourir, il disait à l'un de ses frères: Disposez de votre bien pendant que vous êtes en santé , car au fort de la maladie on n'a plus l'esprit assez libre pour savoir si, dans le choix qu'on fait de ses légataires, on place le mieux possible ses offrandes.
)» Depuis qu'il eut pris sa résolution, il se prescrivit pour règle constante de consacrer à des usages de bienfaisance tout l'argent dont il n'avait réellement pas besoin pour faire marcher son industrie. On ne saurait dire toui ce qu'il donna durant sa
EXEMPLES DE LIBÉRALITÉ CHRÉI'IBNIIB. Mi
vie, tant il y mettait de secret ; mais par un mémorandum qu'il tint pendant trois ou quatre ans avant sa mort, « aGn, dit«^il, qu*on ne croie pas que j'aie donné plus que je ne l'ai fait , » on . voit qu'il observa résolument ce qu'il s'était promis devant Dieu. Il résulte aussi d'un chiffon de papier, trouvé dans la poche de son gilet, qu'aux seules réunions mensuelles en faveur des mto^ sions il donnait 30 dollars chaque fois, soit 360 dollars par an.
x> Il se montra généreusement lorsqu'il fut question d'élever une église dans une portion de la ville qui en était dépourvue. Puis il faut remarquer que c'était avec un grand discernement qu'il donnait. Il avait à cœur d'encourager l'activité de ceux qu'il aidait, et non de les dispenser de tout effort; car il estimait que pour les choses de cette vie, comme pour celles de l'Ame, nul ne doit faire à la place des autres ce qu'ils sont appelée à faire eux-mêmes.
» Il était dans son intérieur d'une sévère économie , et il le refusaità lui-même tout ce qui n'était pas delà plus stricte néce^ site. Il possédait une maison de bonne apparence, mais dont la valeur ne dépassait pas ce qui était convenable pour un homme de sa position. Trouvant néanmoins que c'était trop encore, il se résolut à la vendre, et en attendant il la mit à la disposition du Seigneur, en y recevant ses serviteurs ^ et en la consacrant à des assemblées religieuses.
» D'un caractère doux et aimable. Normand Smith n'était point libéral par tempérament. Quand il se mit aux affaires, c'était bien avec le désir, le seul désir de devenir riche. Mais la grâce de Dieu lui ouvrit la cœur ; elle lui apprit la véritable v«^ leur de l'argent , et le jour du jugement pourra seul révéler tout le bien qui s'est tait par le travail et les économies de ce respectable sellier de Hartford. »
A cêté de M. Smith nous pouvons nommer M. Nathaniel
^ Nulle part aux États-Unis une famille chrétienne ne permet à des ministres de TEvangile de loger dans une auberge; partout on se fait un devoir et un plaisir de les accueillir chez soi. — Les réunions d*édification en maison particulière y sont aussi fort communes.
516 ^ IPPBNDICB.
Ripley Cobb, de Boston , qui mourut dans la mftme année. UiCobb, membre d'une église baptiste, fit, à FAge de dîxneafans , une profession publique de sa foi en Christ , se dévouant aif service de Dieu dans la sphère d'activité où l'avait phcé la Providence. Il était marchand, et il pensait que la pratique des affaires est un talent qu'on doit consacrer auSeigneur, aussi bien que les capacités et les connaissances qu'exige la charge de ministre de l'Evangile.
A rage de vingt-trois ans, il écrivit et signa ce papier remarquable :
« Par la grâce de Dieu , je ne veux pas que ma fortune dépasse jamais 50,000 dollars.
» Par la grâce de l)ieu/je consacrerai à des usages charitables et religieux le quart de mes proQts nets.
» Si je suis jamais riche de 20,000 dollars , je donnerai la moitié de mes profits ; si de 30,000 , les trois quarts ; et si je viens à mes 50,000 dollars, je donnerai mes profits tout entiers. Qu'ainsi le Seigneur me soit en aide , ou qu'il donne ses biens à un dispensateur plus fidèle et qu'il me mette de côté. »
Cette résolution est datée de novembre '1821 , et il s'y conforma scrupuleusement. Un jour, sa fortune se trouvant dépasser 50,000 dollars, il consacra de suite le surplus à fonder une nouvelle chaire dans l'Institut théologique de Newton ; la somme qu'il donna pour cela fut de 7,500 dollars. A son Ut de mort , il disait à un ami qui lui parlait de ses nombreux sacrifices: « Par la grâce de Dieu, et uniquemeni par la grâce de Dieu, j'ai pu, sous l'influence de la résolution que j'avais prise, donner plus de {^0,000 dollars. Ahl combien le Seigneur a été bon envers moi I »
M. Cobb (et tous ceux qui l'ont connu, comme moi, lui lui rendront ce témoignage), M. Cobb fut un chrétien actif, humble et dévoué, s'intéi cssant à la prospérité des églises naissantes, secondant selon ses forces les associations charitables et religieuses de son temps, assidu aux assemblées chrétiennes et plein de prévenances auprès des pécheurs dont l'âme se ré-
BXBMPLBS DK UBÉBALITÉ CHBETIBNNB. 517
veillait. Il avait fortement à cœur les intérêts éternels des per^ sonnes qui vivaient sous sa dépendance ; doux et aimable dans ses manières, il fut en toutes choses un modèle de piété vraie et pratique.
Sa dernière maladie et sa mort furent paisibles; disons mieux, elles furent un triomphe, a Que c*est une belle chose que de mourir, » s'écriait cet homme excellent. « J'ai eu dans ce moiide beaucoup d'activité et j'ai fait de bonnes affaires ; j'ai eu des jouissances ici-bas autant que personne ; Dieu m'a fait prospérer ; tout est de nature à m'attachcr en ces lieux ; je suis heureux dans ma famille; je possède une belle fortune; mais comme tout cela est misérable quand on est sur un lit dé maladie. Rien n'égale ma joie de voir le ciel si près de moi. Mon espérance en Chrht est de toutes les richesses la plus grande. Le sang de Christ, le sang de Christ, — personne que Christ! Oh! combien je bénis Dieu de ce qu'il a pourvu à ce qu'un pauvre pécheur tel que moi pût coniempicr avec joie qq autre monde, par l'intermédiaire de son cher fils ! Je puis bien dire, avec le frère Lincoln : Dussé-je vivre autant que MethiH sélah, je ne pense pas qu'il me fût possible de trouver un temps meilleur pour mourir. »
Mais peut-être avons-nous un exemple plus remarquable encore de libéralité chrétienne dnns la personne de M. Salomoo Goodell, de Yermont, qui mourut âgé d'environ 70 ans. On ne lira pas sans intérêt la notice suivante; elle vient d'une source qui mérite une pleine confiance.
« £n 1800 ou à peu près, dit l'auteur de ce récit, je remarquai, dans le rapport de la Société des Missions de Conneclicut, une contribution de 100 dollars sous le npm d'un M. Goodell. A cette époque, de pareils dons étaient fort rares, et je ne sais même si la Société dont il s'agit en avait jamais reçu d'aussi considérable. Je pensai que ce M. Goodell était sans doute un riche gentleman qui avait jugé bon de fixer sa résidence dans l'intérieur du pays, et auquel notre Société inspirait une con«» fiance particulière. Ma supposition me parut d'autant mieux
618 APPBlfDlCS.
fondée, que chaque année on voyait arriver le don de 100 dol-* lars parM.Goodell.
» Quand on fonda le Conseil Américain en faveur des Missions Etrangères , ce brave homme n'attendit pas la visite d'un agent , mais il fit dire à un membre du Conseil qu'il désirait de souscrire pour 500 dollars à employer immédiatement, puis pour 1000 dollars à capitaliser. Il envoyait d'abord 50 dollars qu'il ferait suivre de 450 autres dès qu'il les aurait entre les mains; et quant aux 1000 dollars, il en paierait l'intérêt jusqu'à ce qu'il eût livré la somme entière. Ce fut avec la plus scrupuleuse exactitude qu'il tint son engagement. Après avoir payé régulièrement l'intérêt convenu, il envoya, peu avant sa mort, 1708 dollars et 37 cent., c'est-à-dire, bien au-delà de ce qu'il avait promis.
» Mais il ne s*en était pas tenu là. Une fois entre autres il apporta lui-mêkne au docteur X^yman , le membre du Conseil dont j'ai parlé tout à l'heure, une somme de 465 dollars. < Je pense. Monsieur, lui dit le docteur, que c'est à tant moins de votre engagement de 1000 dollars? » — a Oh ! non , répondit M.Goodell, l'engagementsubsisteetc'estdubon; ceci est une autre affaire, i» Puis il expliqua qu'il destinait cette somme aux missions baptistes de Serampore qui venaient alors d'essuyer de grandes pertes d'argent. Je suis fâché, ajouta-t-il, de n'avoir pu faire la somme ronde, mais j'espère que cela viendra plus tard ; en attendant, s'il y a quelque chose à perdre sur les billets de banque, je vous le bonifierai. «
» De son vivant, M. Goodell avait fait pour chacun de ses enfants ce qui était convenable. Après avoir consulté sa femme et lui avoir laissé de quoi suffire à son entretien, il stipula quelques legs peu considérables et institua pour son héritier le Conseil des Missions.
» M. Goodell n'était pas un richard, car il ne comptait pas que son héritage valût aux Missions plus de 1000 dollars, et il ne parait pas en efiet qu'il ait atteint cette somme. Quoi qu'il
EXEMPLES DE LIfiÊRALITK CHRÉTIENNE. SM
en soit, voici le relevé qn*on a fait de ses dons, seolcment depuis 1812.
Février 6, 1812 dollars. 230
Juillet 20, p 126
Mars 2i, 1813. 123
Juin 19, » 200
Janvier?, 181i 465
Mai 27, D 198
Jnillel25, » 100
Août31, » 1,000
Février 8, 1815 51
Juin 1, » 207
Août 31, 1815 708 37 c.
Novembre 15, » Balance. 79
«ta
Dollars. 3,885 16 &
» Maintenant il faut dire que, si vous étiez allé faire visite à M.Goodell, vousn'eussiez point vu en lui un riche gentleman^ mais un fermier tout simple, jouissant d'une modeste aisance et cultivant de ses mains un des coins les plus rudes des Mon* tagnes Vertes. Tout ce qu'il possédait, il l'avait donc gagné par SCS travaux et épargné par son économie. Sa maison était confortable ; mais avec la ferme qui en dépendait, elle ne valait ' pas plus de 700 à 1000 dollars. La source principale de son revenu était une laiterie.
» Quand il fît 50 milles pour apporter ses k66 dollars, le 7 Janvier 18H, oflTrapde qui eût fait honneur à un généreoi Lord de la Grande-Bretagne, vous l'eussiez vu arriver sous le simple attirail d'un bon fermier des montagnes. Âu moment de sa mort toute sa garde-robe ne valait pas ce que coûte souvent un seul habit à bien des gens qui s'excusent de n'avoir pas le moyen de donner.