‹ De la religion aux États-Unis dÁmérique (volume 2)Chapitre 35 sur 111 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

CARACTÈRE RELIGIEUX DES PREIHERS COLONS

Fondatêun du Delaware^ ou Kouvelle-Suéde.

Quoique de tous les Etats de l'Union le Delaware soit le plus faible en population el, après Rhode-Island, le plus petit en étendue, son histoire n'est pas sans intérêt.

Il formait, à le bien prendre, une portion intégrante du Maryland; et toutefois il ne se soumit jamais aux lois de la colonie fondée par le lord Baltimore. Assujetti pendant quelque temps aux quakers de Guillaume Penn, il s'émancipajusteau moment voulu pour prendre rang parmi les treize Etats primitifs qui acquirent si noblement leur indépendance.

Les Hollandais réclamant la possession de cette petite province qu'ils avaient découverte les premierSy ce fut en 1631 qu'une colonie venant du Texel^ sous les ordres de Devries, s'établit prés de l'endroit pb est maintenant Le\vestown,surlarive sud de la baie. Ces

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terrains avaient été achetés l'année auparavant par Godyn et ses associés. La colonie ne se composait que de trente personnes ; et, sur la fin de l'année suivante, en l'absence de Devries, les Indiens la détruisirent complètement. Toutefois, leTait que ce pays avait eu déjà ses colons, empêcha qu'on ne 1^ comprit dans la concession faite au lord Baltimore. C'est ainsi que les émigrantsqui arrivèrent dès lors, eurent l'avantage de former une province à part, et ensuite un Etat indépendant. Mais, avant que les Hollandais pussent reprendre ce territoire sur les Indiens, et de nouveau le coloniser, il devait tomber eiUre les mains d'un prince Scandinave.

Gustave-Adolphe, un des monarques les plus accomplis de nos temps modernes^ et l'un des grands bienfaiteurs de l'humanité, sentit de bonne heure les ETantages du commerce étranger et des colonies lointaines. En 1626, il créa une compagnie avec privilège exclusif de trafiquer au-delà du détroit de Gilbraltar et de fonder des établissements en Amérique. Elle reçut des fonds de tous les points de l'Europe ; et le roi lui-même s'engagea pour la somme de 400,000 dollars. Partout on provoqua l'émigration. Il s'agissait de contrées qui étaient un vrai paradis et où l'on ne pouvait manquer de trouver le bonheur. C'était d'ailleurs un refuge où serait en sûreté l'honneur des femmes et des filles de ceux que la guerre et l'intolérance obligeaient de prendre la fuite. Cette colonie devait être un bienfait pour tous, et en particulier pour le monde protestant... Sous ce dernier point I. iO

IM LA RKLI6I0N EN AMÉRIODB. LIT. Il

de vue, Tenlreprise élail digne d'un prince qui fut le vaillant champion de la réforme.

Mais Guslave-Adolpbe ne vécut pas assez pour mener à bien son projet favori. La bataille de Lutzen ( 1632 ) vit tout à la fois tomber et triompher le chef de la ligue protestante , et peu de jours encore avant cette heure funeste, où, comme on l'a dii, c rhumanilé remporta la plus belle de ses vicloireeet perdit le plus habile de ses défenseurs,^ il reoom» mandait aux peuples de l'Allemagne son dessein de colonisation, qu'il appelait le plus beau fleuron de si couronne.

L'exécution des plans conçus par le monarque tomba entre les mains de son ministre Oxenstiera, l'homme d'état le plus habile de son temps. L'an 1638, des émigranls partirent de Suède, munis de provisions pour leur subsistance et de marchandises propres au commerce avec les Indiens. Ils avaient avec eux un ministre de la religion. Â leur arrivée, ils achetèrent loat le territoire sur le Delaware, depuis son embouchure jusqu'à la chute où est maintenant la ville de Trenlon; puis ils bâtirent le fort auquel ils donnèrent le nom do Cbristiana, en l'honneur de leur jeune reine. Les bonnes nouvelles qu'on eut d'eux en Europe inspi-' rèrent naturellement aux paysans de la Suède et de la Finlande le vif désir d'échanger leurs stériles nn chers contre le sol fertile des bords du Delaware. De nouvelles bandes d'émigranls suivirent les traces des premières, et elles eussent élé bien plus nombreuses sans les difficultés du transport. Les planta-

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lions s'étendirent par degrés jusqu'aux lieux où plus tard fut consîllruite la ville de Philadelphie. Quelques milles au-dessous, on érigea un fortin qui devait ser- TÔT à protéger les établissements suédois et où résida la goavemeur. Tout ce territoire fut appelé la NouveUe-Suéde, et le petit nombre de familles de la Nouvell^Angleterre qui se trouvaient dans ses limites se ioamirent au gouvernement suédois^ ou transportèrent autre part leurs établissements.

Gepeodaût les Hollandais n'abandonnaient pas leurs droits. Une expédition de six cents hommes, sous le commandement du fameux Pierre Sluyvesant, soumit entièrement la Nouvelle-Suôde ; en sorte qu'au bout de dix-^ept ans la couronne qu'avait portée Gustave- Adolphe ne posséda plus aucun pouvoir en Amérique. Le ttombre des colons suédois allait au plus à sept oanis. Au bout de quelques générations, leurs descen* dnnta te répandirent ça et là, confondant leur sang avec celui des autres nations. On estime que leur nombre total, relativement à celui de la population aclutlle des Ëtats**Unis, est dans la proportion de 1

àaoo.

Mak, si la eolônie du Delaware offre un intérêt histmqie, elle n'eti offre pas un moins grand sous le rapport essentiel qui nous occupe. Les colons se dis*tinguèrent constamment par des manières aimables et paisibles. Ils se maintinrent dans les meilleurs termes avçc les Indiens.Lenr frugalité et leur active industrie sont bien connues. Malgré le manque d'écoles et la difficulté de se procurer des livres en leur

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langue, ils mirent à l'éducation de leurs enfants le plus grand soin. Leur zèle se déploya surtout de la manière la plus louable dans les choses de Dieu. Attachés au luthéranisme comme leurs frères de Suède le sont encore de nos jours, ils conservèrent loDgtempi leur liturgie et leur discipline nationales, mais sans être empêchés par là d'entretenir avec les autres églises des relations fraternelles. Il existe encore aujourd'hui, dans la banlieue de Philadelphie, une égiiae qui porte le nom d'église suédoise; mais celle-et, avec deux ou trois autres, dans le Delaware et la Pensyl* vanie, appartiennent maintenant à la communion épiicopale protestante.

Depuis 1664, où le Delav^are fut enlevé à la Hol-^ lande, il ne cessa de voir augmenter sa popalatmk Elle se composa de Suédois, de Quakers, de cokH» de la Nouvelle-Angleterre, d'Ecossais^ d'Irlandais et de quelques autres émigrants d'Europe. La religîoii' y joua toujours un rôle important, et son influenoe y eût été bien plus heureuse, à coup sûr, si Ton.n'y eûi jamais connu l'esclavage. Cependant, quoique le Delaware soit encore au nombre des Etats queoetle lèpre déshonore, c'est à peine s'il faut le mentîoBoer sous ce rapport, vu le petit nombre d'esclaves qu'il renferme.

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