CHAP. *. SOCIÉTÉ ÉVA1VGÉLIQUE
de mille individus qui ne lurent jamais une seule page du litre que Dieu destine pourtant à être , par excellence, le Livre du peuple. Les conducteurs aveugles de ces pauvres ignorants leur soustraient le trésor de la vérité, ou parce qu'ils n'en connaissent pas euxmêmes la valeur, ou parce qu'ils en craignent l'influence.
Ainsi, tandis que d'autres sociétés cherchent à répandre la lumière au sein des Etats-Unis ou chez les païens, la Société évangélique dirige ses travaux vers les peuples étrangers qui, sous des formes ou des apparences chrétiennes, cachent uue religion qui n'est pas l'Évangile, ici le roraanisme, ailleurs uue erreur pire encore, le rationalisme. Cependant, la sainte Providence de Dieu leur prépare de meilleurs jours. Une suite de révolutions étonnantes a certainement ébranlé le despotisme clérical qui pesa si longtemps sur une grande partie de la chrétienlé, soil en Europe, soit en Amérique ; et les fruils amers de l'irréligion font sentir à bien des âmes la nécessité de revenir aux simples vérités de l'Évangile, sans les défigurer par des spéculations humaines et par une philosophie faussement ainsi nommée. Les dernières révolutions de France et de Belgique, entre autres, semblaient avoir ouvert une grande porte à l'Évangile, et Ton espérait qu'avant peu l'Espagne et le Portugal seraient également accessibles a la Parole de Dieu.
Après une enquête soigneuse, faite sur les lieux mêmes par un agent spécial, il se forma, l'an 1836, uue association qui, trois ans plus tard, se convertit
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en société régulière. Elle ne songe pas, on le comprend, à pourvoir l'Europe de missionnaires américains ; mais elle se borne à seconder les amis de l'Évangile, en France, en Belgique et ailleurs. C'est ainsi qu'elle a accordé quelques secours aux Sociétés évangéliques de France et de Genève , sans parler d'autres associations moins importantes. Par une lente extension de ses travaux, elle a soutenu la même cause en Allemagne et en Suède, bien que dans une faible mesure et d'une autre mauière. Mais comme le Comité exécutif n'est pas limité dans l'emploi des moyens, il est aisé d'assortir aux circonstances les formes de son activité. Ainsi , en Allemagne, il s'est borné jusqu'ici à la distribution de traités religieux.
Pendant que la Société s'occupait de l'Europe, il se présenta près d'elle une œuvre que le Seigneur semblait lui avoir préparée. Il s'agit de la population catholique romaine du Bas-Cauada, laquelle est presque tout entière d'origine française. Cette mission, qui doit son existence au zèle de quelques Suisses, amis de l'Evangile , est en grande partie soutenue par une association dont le siège esta Lausanne. Elle possède une maison de missions, où plus de vingt Canadiens convertis se préparent à servir comme instituteurs, colporteurs, évangélistes et prédicateurs. La mission compte un nombre considérable de missionnaires, puisqu'il y en a huit ou neuf, presque tous Français ou Suisses. Plusieurs d'entre eux ne parlent que le français. Ou ne saurait trop attendre d'une œuvre si bien commencée, et cela chez un peuple qui,