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CBAP. IV. BAPTISTES RÉGULIERS

fiance en Dieu. Elle excite d'ailleurs au plus haut point à user des moyens du salut; elle se manifeste, chez ceux qui croient, par les effets les plus heureux ; c'est en elle qu'on doit voir la base de l'assurance chrétienne; en sorte que nous ne saurions trop nous y affermir.

Sur la persévérance des saints, les articles déclarent qu'il n'y a de vrais croyants que ceux qui persistent jusqu'à la fin. Leur attachement inébranlable à Jésus- Christ est ce qui les distingue de ceux qui n'ont qu'une foi apparente. D'autre part, il y a, pour la conservation de leur vie spirituelle, une providence spéciale, et ils sont gardés par la puissance de Dieu, par la foi, pour le salut.

Selon la confession baptiste dont nous reproduisons quelques extraits, une église visible de Jésus-Christ est une congrégation de baptisés croyants, unis dans la foi à l'Évangile et dans la société chrétienne par un engagement formel. Ils observent les cérémonies instituées par le Seigneur, ils se gouvernent par ses lois, et ils exercent les dons, les droits et les privilèges que sa parole leur confère. Cette église a d'ailleurs pour fonctionnaires les évêques ou pasteurs et les diacres dont les épîlres à Timothée et à Tite définissent le caractère, les prérogatives et les devoirs. — Le baptême chrétien doit se faire par immersion, dans le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Emblème solennel et magnifique de la foi au Sauveur crucifié, enseveli et ressuscité, comme du pouvoir qu'il a de purifier les âmes, il suppose chez ceux qui le reçoivent les dispo-

silions des fidèles, et c'est le préliminaire indispensable pour être admis aux privilèges des membres de l'église.

Le sabbat chrétien, consacré à des usages religieux, doit se célébrer le premier jour de la semaine.

Le gouvernement civil est d'inslitution divine, dans l'intérêt même de la société et du bon ordre. M Faut prier pour les magistrats, les honorer et leur obéir consciencieusement en tout ce qui n'est pas contraire à la volonté du Seigneur Jésus-Christ. C'est lui qui a seul le droit de régner sur la conscience, et il est le Prince des rois de la terre.

Enfin, quant au monde a venir, les articles portent que la fin du monde va s'approchant de plus en plus ; qu'au dernier jour Jésus-Christ descendra du ciel et ressuscitera les morts pour qu'ils reçoivent la rétribution finale; qu'alors il se fera un triage solennel ; que les méchants subiront une peine éternelle, tandis que les justes jouiront d'un bonheur sans fin, et que ce jugement définitif se fera selon les règles de la plus parfaite justice.

L'«ngagement qui accompagne cette confession de foi, exprime en peu de mots l'intention où l'on est de marcher dans l'amour fraternel , de mettre tous ses aoins, comme membres les uns des autres, à favoriser les progrès du corps entier dans la connaissance , la sainteté et la paix, de soutenir le culte public, de ne pas négliger la religion domestique, de vivre avec circonspection dans le monde , d'y être comme une lumière et comme le sel de la terre, enfin, de s'exhorter et de s'avertir les uns les autres.

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Tels sont et la déclaration de foi et l'engagement arrêtés, il y a peu, dans la convention baptiste du New- Hampshire. C'est, comme on voit, du calvinisme modéré. Une partie des baptistes, surtout dans les Étals du Sud et du Sud-Ouest, appartiennent a l'école calviniste la plus prononcée. Leurs vues se rapprochent probablement de celles du docteur Gill. Mais la majorité de leurs ministres sonl plutôt disciples d'Andrew Fuller, dont la théologie, à tout prendre, est une des meilleures que fournisse la littérature anglaise.

Leurs églises ont pris un accroissement considérable aux États-Unis, mais depuis cinquante ou soixante années seulement. Car bien qu'ils datent de Roger Williams, qui fonda, comme nous l'avons vu, 1 la première église baptiste d'Amérique e*i 1639, il fallut bien du temps avant que leurs opinions fissent quelque progrès hors de Rhode-Island. Il faut dire aussi que, partout ailleurs, on les persécutait à outrance. Au Massachusels, on leur infligeait l'amende, le fouet, la prison; et bien qu'ils y aient obtenu plus tard le libre exercice de leur culte, ils n'y possédaient pas au-delà de dix-huit églises à l'époque de la révolution. En Virginie, on sait tout ce qu'ils eurent à souffrir. Il n'était pas rare de voir leurs ministres in-

1 Livre H, cbap. IV. On aurait tort toutefois d'envisager Roger Williams comme le fondateur général des églises baptistes d'Amérique. Son influence ne s'étendit pas au-delà de Rhode-Island*. La plus grande partie de nos églises baptistes doivent leur existence aux travaux de ministres de ce nom, venus directement d'Angleterre.

terrompus au milieu de leur prédication et jetés dans une prison ; puis, le peuple se pressant sous leurs fenêtres, ils continuaient à prêcher de derrière les barreaux de leur cachot. Il n'y eut, par le fait, que Rhode-Island, la Pensylvanie et peut-être le Delaware, qui, durant la période coloniale, les firent jouir de la liberté. Aussi, quand la guerre de l'indépendance arriva, les baptistes ne furent pas des derniers à payer de leur personne.

Mais s'ils avaient jusque-là marché lentement, ils gagnèrent bientôt du terrain. C'est ce qu'on verra par le tableau suivant, que nous extrayons d'un travail considérable fait par le docteur Babcock de Poughkeepsie, New-York, travail qui a paru dans la Revue trimestrielle américaine de 1840 à 1841 :

Eglises.

Ministres.

Membres.

En 1784. .

Des 5204 ministres, il faut déduire, selon M. Babcock, ceux qui ont pris leur retraite à raison de leur âge, et quelques autres qui, par diverses causes, n'exercent pas un ministère actif; c'est la septième partie du nombre total. En défalquant encore* un septième pour les simples licenciés, il ne nous reste que 3717 minisires consacrés et en activité de service, dans l'année 1840, c'est-à-dire, moins d'un ministre pour deux églises. Mais comme les licenciés

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