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CHAP. XIII. LUTHÉRIENS

Je ne counais, pour ma part, rien de plus réjouissant, quand on regarde à l'avenir, que ces progrès de la vraie foi parmi l'immense population allemande qui se presse sur le territoire américain. Le changement qui s'est opéré, sous ce rapport, dans les vingt dernières années, est vraiment merveilleux!

Au nombre des moyens dont Dieu s'est servi, nous devons faire une mention spéciale du collège de Pensylvanie, près de Gettysburg. Soutenu par la législature de l'Etat, dont il reçoit 10,000 dollars par an, cet établissement «a 5 professeurs habiles, t>utre le directeur ou président, et environ 150 étudiants. Il est d'ailleurs sous le patronage du synode général. À côté du collège, un séminaire théologique a 3 professeurs, et de 20 à 30 élèves. Il n'eut d'abord qu'un professeur, le révérend Samuel Schmucker, docteur, en théologie. Fondé par lui en 1826, ce séminaire a facilité les études à plus de 150 jeunes gens. L'établissement est extrêmement bien situé; il possède une très-bonne bibliothèque, dont les livres, pour la plupart, ont été recueillis en Allemagne par le révérend docteur Benjamin Kurlz. Outre l'école théologique de Gettysburg, les luthériens en ont trois autres, 1 où 61 élèves faisaient leurs études en 1841. A cette même époque, les collèges et académies appartenant aux luthériens comptaient 1 15 jeunes gens qui se préparaient à entrer dans les séminaires.

Parmi les hommes distingués que cette église a

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fournis, je noirimetai les révérends Bolzius, Gronau, deux* Muhtenburg, Kunze, Sehmidt, Kurtz, Helmuth, Melsbeiraer, Lochm&n, Sohœffer, Shober, Geissenhainer, Schmucker (le père du professeur). Un grand nonibre de ces ministres du temps passé durent à Fins, titut de Franke, à Halle , leur développement scientifique et religieux. Cette école célèbre est en quelque sotte la inère des églises luthériennes dans une bonne partie des Etats-Unis ; et il faut dire que ses filles ne l'oublient pas. En 181*, elles s'empressèrent de venir à sonseèoursenlui faisant passer un subside de 2,334 dollars.

Les luthériens d'Amérique professent au fond les mêmes doctrines que leurs frères évangéliques qui sont en Europe : « La trinité en Dieu, la divinité éternelle du Seigneur Jésus-Christ, la totale dépravation du genre humain, l'expiation par le sang de Christ et ses mérites infinis, la justification gratuite pour l'amour de Christ par la foi, la Parole et les sacrements moyens de grâce, le jugement à venir, une vie éternelle fet bienheureuse pour les justes , et une misère éternelle pour les méchants. » Quant à l'élection , à la prédestination, etc., chacun sait qu'ils sont plutôt arminiens que calvinistes.

L'église luthérienne d'Amérique se sert d'une liturgie courte, mais excellente. Cependant les ministres sont libres d'en faire usage ou non. Elle observe quelques jours de fêtes, savoir Noël , le Vendredi- Saint, Pâques, l'Ascension et la Pentecôte. Comme les épiscopaux et les réformés allemands, ellé admi-

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nistrela confirmation aux jeunes gens qui, après aToir été baptisés, ont reçu une instruction catécbétique et biblique régulière.

Voici quelques points cependant sur lesquels les luthériens d'Amérique se sont éoartés du luthéranisme primitif. Ils rejettent complètement l'autorité des pères comme juges en matière ecclésiastique : les réformateurs y avaient attaché trop d'importance. Ils n'exigent plus l'adhésion à la doctrine de la pré*» sence réelle et corporelle du Seigneur dans l'eucharistie. En d'autres termes, ils rejettent la doetrine de laconsubstantiation, et comme les autres protestants évangéliques, ils ne croient qu'à la présence spirituelle du Seigneur. Après quoi, cette église a cessé d'exiger la confession individuelle, ce reste de papisme; elle a de même supprimé, dans le baptême, la cérémonie de l'exorcisme. Ensuite, sa discipline est devenue plus régulière et plus stricte. Chaque église prise à part est décidément presbytérienne. Ses synodes ressemblent aux presbytères par leur organisation, comme parles pouvoirs dont ils sont revêtus; ils s'entourent seulement de moindres formalités, et leurs décisions revêtent plutôt l'apparence de simples recommandations. Quaut au synode général, ce n'est à proprement parler qu'une assemblée consultative, toute semblable aux associations générales des églises congrégationnelles de la Nouvelle- Angle terre. Enfin, les ministres de cette église ne sont plus astreints à suivre de point en point un formulaire de doctrines qui détermine tout avec minutie. Ce qu'on exige

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d'eux, c'est de recevoir la Bible pour règle de foi, et la confession d'Augsbourg comme renfermant l'expression des doctrines de la Bible. En général, ils peusent qu'un formulaire de doctrines doit être court, et ne rappeler que les dogmes vraiment indispensables au salut. 1

Plus qu'un mot. Les luthériens d'Amérique prennent chaque jour un intérêt plus vif aux sociétés religieuses et de bienfaisance. Ils ont partout des écoles du dimanche et des classes bibliques. Plus tard, je dirai ce qu'ils font en faveur des missions étrangères. Ils publient deux journaux religieux très-solides, l'un en anglais et l'autre en allemand. C'est ainsi qu'ils contribuent pour leur part à faire counaître au peuple les progrès du règne de Christ sur la terre.

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