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CHAP. XIV. RÉFORMÉS ALLEMANDS

comme sa mère, calviniste dans sa doctrine et presbytérienne dans sa discipline.

Les réformés, arrivés pêle-mêle avec les luthériens, s'établirent aussi en Pensylvanie, d'où ils se portèrent au Sud et à l'Ouest. Ce ne fut d'abord que des congrégations isolées, mais en 1746, le révérend Schlatter réussit à les rapprocher et à les organiser. Il était expressément venu d'Europe à cet effet.

C'est une circonstance curieuse que les réformés allemands d'Amérique aient dû leurs premiers missionnaires à la classe d'Amslerdaui, de qui ils tinrent leurs pasteurs jusqu'en 1792, et à laquelle ils se subordonnèrent comme les églises hollandaises ellesmêmes. Schlatter ne fut que le pionnier qui ouvrit la route, et bientôt il fut suivi par d'aulres serviteurs de Dieu , envoyés également par la classe d'Amsterdam.

Nous avons dit que cela dura jusqu'en 1792. A cetle époque, la Hollande fut envahie par les Français, et les réformés allemands, ne pouvant plus soutenir avec elle leurs anciennes relations, il leur fallut bien se donner une organisation indépendante. Ils n'eurent d'abord que des classes (ou presbytères) composées de pasteurs et de laïques; mais depuis 1819, ils possèdent un synode où se réunissent les députés des classes. Abandonnée à ses seules ressources, l'église réformée allemande dut pourvoir aux études des jeuues gens qui désiraient entrer dans le ministère ; mais pendant fort longtemps elle n'eut pour satisfaire à ce besoin que renseignement privé. Enûn, Tan 1824, le synode résolut de fonder un séminaire théologique,

et l'année d'ensuite cet établissement s'ouvrit à Carlisle, ville fort agréable de la Pensylvanie centrale. Après diverses vicissitudes, Ton transporta le séminaire à Mercersburg , où il paraît solidement établi. Eu 1837, on y adjoignit un collège, connu sous le nom de collège de Marshall. Le professeur actuel de théo^ logie, le docteur Nevin, est un homme aussi distingué par ses connaissances que par sa piété. L'on compte environ vingt -cinq étudiants en théologie, et de quatre-vingts à cent élèves dans les classes de l'académie.

L'église réformée allemande parait avoir subi , en 1841, une heureuse crise à l'occasion de son jubilé centenaire. Un siècle, en effet, s'était écoulé depuis sa première organisation en Amérique. On voulut utiliser les sentiments de reconnaissance que ce souvenir devait exciter, et pour élever un monument durable, on proposa une souscription générale dont le produit servirait à doter le séminaire théologique et le collège de Mersersburg. Il fallait 100,000 dollars. . En peu de temps on en eut 80,000, et maintenant sans doute la somme doit s'être complétée.

Lq champ de travail de celte église est immense; car il comprend tous les Etats de l'Unio», sauf ceux de la Nouvelle-Angleterre. Partout où il y a des Allemands, leurs besoins religieux appellent la sollicitude de leurs frères réformés comme celle des luthériens. Il y a lieu d'espérer qu'avant peu le nombre des ouvriers aura quelque proportion avec oette vaste moisson que le Seigneur leur tient toute prête.

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