‹ De la religion (volume 3)Chapitre 18 sur 152 · PRÉFACE. XXXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXI

dations que les facultés. Elles ont perdu le charme qui atteste leur origine céleste : et en les voyant tellement prudentes , réservées, inquiètes d'en trop faire, on a pu deviner que l'ame n'y était pour rien , et que la véritable source était tarie.

On a été charitable, parce que l'intérêt bien entendu dit au riche que le dénûment sans ressource est formidable. Mais la charité a été mise au rabais. On s'est interdit l'aumône qui vient de l'attendrissement et de la pitié; on a ravi au pauvre sa liberté en échange de sa subsistance; on s'est cru bienfaisant, quand sous des verrous on lui donnait du pain.

Le calcul ne s'est pas même arrêté à ce terme. Importuné d'avance des générations encore en germe , on a reproché à l'indigent ses penchants naturels , et à ses enfants leur existence. On a supputé combien de bras peuvent exécuter les travaux né-

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