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CHAPITRE VIII

De la division en castes.

La division en castes n'a pu avoir pour cause première qu'une notion religieuse. Les autres causes qu'on a alléguées , la beauté supérieure des races privilégiées, la volonté des législateurs , l'empire de la conquête , ou la soumission raisonnée des peuples , sont des explications superficielles et insuffisantes.

La beauté des races qu'on a voulu doter de cette espèce de suprématie exigerait ellemême une explication. La difficulté serait ajournée , sans être résolue.

Quand nous admettrions , avec des savants modernes (i), que les deux ou même les trois castes supérieures qui dominaient

(i ) Klaproth, As. Polygl. p. 4 2 et suiv.

dans l'Inde , ne formaient originairement qu'une seule nation , que cette nation descendue des montagnes et victorieuse des indigènes se distinguait d'eux par la blancheur du teint et la régularité des traits (i), et qu'elle consacra par des institutions fixes, revêtues de l'autorité de la religion , sa domination propre et la servitude des vaincus , nous serions pourtant ramenés à reconnaître que ces institutions fixes avaient existé sur les hauteurs de l'Himalaya et du Caucase, avant d'envahir les plaines de l'Indostan. Car il est impossible de penser que la seconde caste , celle des guerriers, au moment même où la conquête enflait son courage et doublait son orgueil, eût accepté pour résultat de ses périls

(1) « La différence de couleur et de profil, entre les « Créoles espagnols et les Péruviens, n'est pas aussi « grande, » dit Heeren, « que celle qu'on observe entre « les bramines et les parias, et je choisis d'autant plus « volontiers cette comparaison, » ajoute-t-il, « que l'éta- « blissement des Espagnols dans le Nouveau-Monde, le a glaive et la croix en main, offrirait peut-être la fidèle « image de l'établissement armé des bramines, au milieu « des autochtones de l'Inde, si nous avions l'histoire de « ces derniers. » (Heeren, Idées, I, 610.)

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