ET DE GRAISSE. S
à la langue comme Targile^ m'a paru provenir, par Yoie de pulvérisation, de Tun de ces savons secs et durs, à base de chaux ou de soude, connus depuis longtemps pour ôter les taches sur le drap.
La pierre dite à détacher est, selon M. Le Normand (Manuel de Vart du dégraisseur ^ p.
97), de la glaise mêlée de soude et de savon dissous dans du jaune d'œuf.
Au besoin, la cendre de bois (bien tamisée et purgée de toute parcelle de charbon) pourrait, je crois, suffire, voire la craie ou carbonate de chaux. Si Ton chauffe, avant de l'appliquer, une poudre absorbante , son action, quelle qu'elle soit, doit être plus vive, et l'opération n'en marche que plus vite.
Ces poudres s'emploient avec succès, surtout pour les livres, dont on ne peut mouiller les feuillets sans nuire à la reliure. On isole le feuillet maculé entre deux feuilles d'étain ; on étale des deux c6tés de la tache quelques pincées de poudre, et l'on ferme le livre. Au bout de quelques heures, une tache d'huile grasse récente est presque entièrement absorbée. Le suif céderait avec plus de lenteur, et sous la
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condition de le maintenir à Tétat fluide sur un poôle chaud ou sur une chaufferette. Bien entendu, on enlève le gros de la tache avant d'étaler la poudre. Jedoute qu'un vernis gras puis* se être sensible à ce remède, comme une huile très fluide. Quand il y a une longue sioite de feuillets souillés, il faut se décider à découdre le livre et appliquer les remèdes liquider dont je vais parler.
Plusieurs substances s'emparent des taches récentes d'huile ou de graisse , en qualité soit de dissolvants, soit de saponifiants. Les hydrates de potasse , de chaux et de soude, foi^ ment avec ces corps des savons solubles dans l'eau ; il en est de même de l'ammoniaque ; mais l'alcool, l'éther, l'essence de térébenthine pure, etc., n'agissent qu'à titre de dissolvants, a Plusieurs acides puissants , dit M. Thénard, s'unissent à chayd k certaines huiles pour former une espèce de cire. » Ce procédé eal dangereux pour le^ estampes» par conséquent impraticable. Le chlore, et les chlorures à base de chaux , de soude ou de potasse , a.ttaq]ient aussi les taches récentes , mais seulement à l'état concentré. . . :,
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On essaiera d'abord de Vun des trois liquides dissolvants mentionnés ci'^essus (1). Ces matières agissant surtout à chaud, on les chauffera an bain-marie, c*est-à-dire dans un ?ase qu'on maintient pendant quelque temps dans nne casserole contenant de Teau bouillante; il faut procéder avec précaution, surtout avec Tessence, qui s'en&mme spontanément à une certaine température. Pour ôter à l'estampe Todeur de térébenthine, on la passera à Talcool, ou on la placera entre deux couches de plâtre très fin, qui finira par l'absorber.
Quand la tache résiste aux dissolvants, on a recours aux alcalis, mais avec réserve^ i
Une dissolution faible de potasse pure ou caustique (deux ou trois grammesi dans un verre d'eau) agit sur la tache assez rapidement. Si le noir de l'estampe, après l'opéi^tion , ps^alt
(I) On peat aujourd'hui ajouter i^bemùnef liquide dont je parlerai ci-après. L*alcQol ^ froid dissout bien peu dliuile , puisqu'il en falit mUle gputt^ pour eu dissoudre six dliuile de lia ou trois d'huit rd^olive. J'ai lu quelque part que Talcool camphré avait une pro« piiéié dissolvante beaucoup plus forte. Si Ton emptofs la térébenthine, elle devra étrO; très pure. . ».
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grisâtre, voilé, on y dépose un pea d^eaa légèroment acidulée , et il reprend son éclat, à moins que Timpression ne soit très fraîche.
On signale encore comme entraînant ou décomposant les taches (de date rf^'cente) plusieurs matières, notamment le fiel de bœuf^ que les teinturiers emploient sur les étoffes ; je n*en ai pas fait Tessai (1). J*ai quelquefois, avant d'attaquer une tache huileuse, imbibé du même corps gras qui Tavait souillée la surface entière de Testampe ; le tout disparaissait en môme temps. On est sûr par ce moyen qu*U ne restera aucune trace au contour de la tache ; mais cette méthode n*est applicable qu'aux petites pièces.
Taches d'huile ou de graisse andennes. — Ces sortes de souillures ont fait de tout temps le désespoir des amateurs. Elles sont très dif-
(1) Loi tointurien, pour enlever leg tAohei de grtiiM •ur la laine, le lervent d'ua liquide ainsi compote : eau, un demi-litre; potaiie du commeroe, une once; un demi*flel de bœuf frali et bouUli , et un peu de jus de eitron. Ili emploient ce liquide à oliaud ou à froid, (Manuel du Teinturier de la Collection Rorat.) Stlos M. Le Normand, on y mêle auMÎ du jaune d*csiif.
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ficiles à détraire sans altérer le noir dimpresdon. En effet, tout ce qui peat agir sar elles agit nécessairement snr ce noir, qn'on doit considérer lui-inéme comme nne tache ancienne for* mée par nn yemis gras. Rappelons qne le noir employé anjonrdlmi est bien pins tenace qne celui des estampes des quatre siècles précédents , comme je Tai dit à propos de Teffet de reaa de Javelle.
Tai fiait quelquefois disparaître des taches huileuses , évidemment anciennes (telles sont oeDes , par exemple, qui souillent des estampes provenant de la vente d*un amateur qui les possédait en cet état depuis environ un demi-siècle) , au moyen des liquides indiqués cinlessus pour les taches récentes. Mais, je Favoue, jlgnorais complètement la nature précise du corps huileux.
L'emploi d'une dissolution de potasse assez concentrée et versée chaude produit toujours , au bout d'une heure ou deux , la disparition des taches les plus opiniâtres ; mais , si l'on agit sur un point gravé, le remède est pire que le mal. L'encre d'impression perd son éclat et devient pulvérulente ; le noir de fumée qu'elle