TACH£S
traînant la matière jaune. Si le papier est h$se et de pâte bien encollée, tout glisse et dispaintt sous Téponge dans un bain d'eau ehaude.
n reste» en certains cas» une trace jannftire dont le principe est peu connu des chimistes; bien qu'il y ait du soufre dans le jaune d œuf, elle est d*une nature non sulfureuse. On Faffaiblit beaucoup en Timbibant au pinceau « à plusieurs reprises , de chlorure de chaux , et rimprégnant ensuite d'acide chlorhydrique très faible, qui Fentrafne en partie avec la cfaanx du chlorure, dont le chlore se dégage avec effervescence. La légère teinte qui peut survivre se confond , du reste, avec la teinte générale d'une estampe un peu enfumée.
Taches de boue. — Une tache de boue provenant d'une simple éclaboussure s'enlève , le plus souvent, à l'aide d'une éponge humide qu'on promène sur l'estampe soit sèche* soit maintenue dans l'eau, au fond d'une bassine; quand le papier est bien encollé, il n'en eonser* ve aucun vestige. Mais il en est autrement si la tache a été appliquée par une forte pression, par exemple si Ton avait marché sur l'estampe.
Sur un papier absorbant et peu lias», 1»
DE DIYBESBS NATURES. 73
boue ne glisse pas aisément, et Téponge en écorcbe la surface* £û ce cas, on étalera sur la place maculée du savon en gelée, de la colle d*aniidon, ou toute autre matière gluante et mudlagineuse susceptible d'entraîner la boue et de se délayer elle-même ensuite dans Teau à chaud ou à froid.
Si après cette opération quelques traces opinitoes persistaient, il faudrait essayer successivement le chlorure de chaux, les alcalis et les acides étendus d'eau. Une tache de boue se complique de tant de matières hétérogènes qu'on ne peut agir que par t&tonnement* Celle de Paris contient un peu d'oxyde de fer (ou rouille) qui provient de Tusure continuelle des roues de mille voitures. La rouille disparait dans Tacide oxalique chaud. (Voyez ci-après.) M. Le Normand indique la crème de tartre (bitartrate de potasse) en poudre très fine pour enlever la partie ferrugineuse de la boue.
Taches d'encre. — L'encre à écrire ordinaire (gdlate de fer) se décompose avec assez de far dlité, car son principe constituant est une matière végétale, la noix de galle , unie à un peu d'oxyde de fer. Ce noir cède assez promp-
temeiit à une npplicalioti de eel d'oseitte (ssr^ oxalate de potasse)^ qu'on arrose d'eau b€uU^ tante ; cette dernière condition est essentielle, si Vkm veut opérer avec promptitude*
Les chimistes signalent la propiiétéque possède Tétain d'accélérer la décomposition, et conseillent de faire bouillir la dissolution du sel d'oseiUe dans nue cuiller d'étain^ onde mettre au revers de FendnHt taché une £eoille de ce métal au moment où Ton verse Teau lionillante. On réussit encore mieux avec une solution chaude et assez concentrée d'adde oxalique pur. C'est un sel extrait de celui de Toseille, dont il est le principe (1).
(f) L^adde oxal^iu^ dénature végétale, parait (aîb^ apjdiqaésur la iangae; néaimioins, il faut s^en méfier : il est véûéoeujL et peut altérer le tissu du papier (de oeloÀ surtout fabriqué avec du coton). Une estampe que j^avais laissée séjourner pendant quelques heures daos une solution assez concentrée diacide oxaiique est de* Tenue par la suite si eassaule qu'elle s^écaiUait sous la iuression du ûfiigX. ûuaad ou sera ohiigé d*efflplo|er cet acide, ou devn, ropération lennmée, plonger Festampe dans un bain légèrement aicaiin» puis ensuite la laisser tremper pendant douze heures au moins dans Feaii pure \ encore n'oserais-je répondre des suites.
m DIVBBSBS NATURES. 7S
Un liquide en vente chez quelques papetiers 80118 leilom ronflaat à'mariwra est tOttt«iinh plemenl de TeauXenaatea dUsoiulion quelques centimes d'acide oxalique ou de sel d'oseille. On a bkm plus d'annlage à se prociuw ces Hiatières sèches.
Le chlore, ainsi que les chlorures alcalins, les acides cblorhydrique , nitrique (étendus d'ea»), IWde citri^pie pur, ate^ décomposait reacre, mais sans enlever la tadie de rouille, qui survit à la teinte noire. Pour éviter une double opération , il irant mieux recourir tout de suite à Tadde oxalique chaud. (Voir phis loin : Taches de rouille^
Avis aux bibliophiles. — Les tacnes d encre sont asscB dDmioaiunes sur les andens Quand un grand nombre de teuilLets en est pé« nétré, le livre doit être décousu, pour être ensuite relié de nouveau. Si pourtant on ne voit* lait pas se résoudre à ce parti extrême, Toid le procédé assez long à mettre en usage.
On attaque isolément chaque feuillet; on dispose au dessous unefëuiUe d'étain:; ou hu^ mecte la tache d'eau imprégnée de sel d'oseil»' le ou d'acide oxalique ; puis on imcéde de
k même manière à Tégard des femlleis soi- Tmte. Quand Tenere a disparo ^ on remplaee Télaitt fNir du papier bnmid. Comme on ap«
plique la dissolution sur la tache d'encre seulement, il se forme presque toujours au delà de ses limites noe zone jannàlie, qui eiige, pour s'enlever, un mouillage général de la page à Teau pure. En tout cas , ce mouillage estaéeessairepoiir prévenir Teffet nltérienrde Fadde. (Voyez à ce sojel rarticle Mouillures à la fin du présent chapitre. )
Si Ton opérait sans précaution, une partie dn liquide addirié, sinfillrani à travers le dos des cahiers , irait former des traces de couleur fauve sur d'autres feuillets voisins qu'il envahirait par refifet de la capillarité. Le livre déconsn se neCtmerait assortoent beanconp mieux; mais par malheur le plus habile relieur ne saurait le recoudre sans qu'une nouvelle rognure fftt nécessaire*
S'il s'agissait non de plusieurs cahiers, mais de quelques pages isolées, on pourrait les séparer dn livre, et , Tencpe effiieée , les recol^ 1er à leur place. U existe^ ponr extraire nettement les feuillets d'un livre, un expédient fort
])£ DIVERSES MATURES. 77
simple, employé quand on veut remédier à une transposition de pages peu compliquée. Le livre tenu ouvert, on passe, entre la base du feuillet & isoler et celle du feuillet oontigu , un long fil bien sec, qu'on maintient serré le plus près possible du dos du volume ; on mouiOe la partie du fil qui dépasse, et, le tirant douce» ment, on substitue peu à peu cette portion hu«mide à celle qui ne Test pas, puis on ferme le livre.
Deux ou trois minutes après, plus ou moins, selon Tépaisseur et le degré d'encollage du feiullet , le papier est humecté sur toute la li-» gne, et cède à une légère traction. La tache d'encre enlevée , on laisse tremper le feuillet , puis pn le met en presse, ou on le repasse au fer (voir page 18), et on le recolle à la gomme Cvaye;^ fin du cbap. VII) au moyen d'un onglet ou bande étroite de papier mince , qui a pour appui la naissance du feuillet voisin. Cet onglet est même souvent inutile* Ce procédé peut être également suivi dans tous les cas oïli quelques pages isolées d'un livre sont tachées d'une matière quelconque.
J'ai parlé de Tencre dont on fait communé-
7S làcus
meut iiaagÉ.. Mais il en esl qui ont ponr base
ttod miM suJ^lanca que le gaiiaie de fer, oa saut luelaogées de matières de diverses oalures* Ces encres, ponr 8*effacer, peuvent exiger d*an* très remèdes que eeu indiqués ei«dessus. Si racide os^aUque ne réussit pas « il faut avoir recours successivemeat au chlore, à Teau de Javelle, ou à divers acides étendus d'ean, etc. Au reste , les détails que je douuerai au da^ pitre Uccoloriage pourront mettre iamateur
snr ht voie*
Encre de Ckim. — Cette encre a ponr base non pas le liquide uoir&tre que secrète le mollusque nommé 6cchc^ comme on Ta supposé longtemps^ mais bien le noir de fumée délayé et agglutiné par une colle quelconque. £lle a été jugée par tous les chimistes compl^ement indécomposable. (Voir Tarticie solvant.) Fraîchement appliquée sur un papier très lisse et bien encoUéi elle peut s'eiïacer avec une éponge humide ; dans ce cas, elle glisse , elle est entraînée mécaniquement ; mais aucun agent ne peut la décomposer ni la dissoudre.
On doit même la regarder comme plus tenace que Tancienne encre dlmprimerie, qui^ en cer-
DE DIYEHSËS KAIUHES. 79
taiajs « ^sa eu partie ejitral^^ avec la ma7 tière huileuse qui lui donne de la Çxité*
J'ai fait au sujet de Teucre de Çbiiie biep des tentatives sans résultats ; on peut tout au plus, . à force de lavages, atténuer un peu la vivacité de Botà noir (1). Il n'y a plus, si Ton veut ab-* solument s'en délivrer, qu'à gratter le papier. G'estau reste le meilleur parti,4 pirendre quand elle macule uue partie blanche ; mais, si la tache s'étend sur les tailles d& la gravure , il;faut ou la laisser, ou découper et remplacer le monceau. (Voy., chap. VII, Farticlç l^acunes^^i
Cette impossibilité de détruire et même d'af-* faiblir des taches si apparente^ impose aux bibliophiles Tobligation de suivre ce double conseil : n'avoir jamais d encre de Chine délayée à proximité de leurs livres, et ne s'en jamais
(1) ie signalerai l'essai suivant : imbibez uae taiohe d^encre de Chine d*uiie biiile grasse purifiée; douze heures après , saponifiez cette huile avec de Tamino- Iliaque ou une solution alcaUne. Le noir s^est comme ramolli; appliquez-y à plusieurs reprises du papier bu* ▼ardy TOUS finissez par déloger une quantité notable des pareelles earboneuses niebéee dans les pmw de cette sorte de feutre qu!on nomme papier.
«enrir pour y tracer des notes. U devront se garder ausM d eu mêler la moindre parcelle à rencre commune, pnisqu'eUe laisserait nna trace inelfoçable.
D'autre part, cette vertu indélébile peut être utilisée toutes les fois qnW vent obtenir des caractères inaltérables : aussi en indiquend-je rusage au sujet de la réparation des traits de burin. Si Ton veut tracer uo écrit dont le plus rasé faussaire ne puisse retrancher une lettre, on n'a qu*à employer Tencre de Gbine liquide sur un papier peu encollé qui se laisse pénétrer à demi.
Jacftes(fe tiùirde fimée. — Ge noir est du carbone très divisé retenant de Tbydrogène, qui lui donne saus doute cette nature onctueuse qui le fait adhérer ft la surface du papier. Bien que considéré comme une sorte de résine^ il ne se dissout ni dans Talcool ni dans la beuîune, où il reste simplement en suspension. L'eau oxygénée ne peut Toxyder, autrement dit le réduire k Tétat gazeux d'acide carbonique ; il est inaccessible à Taction de toutes les substances chimiques, et n'est gazéifiable qu'au fond d'un creuset I à une température élevée.
D£ DIVERSES NATURES. 8i
Quand te noir de fumée n'a pas été frotté sur le papier de manière à s'y incruster, la mie de pain rassis ou le savon en gelée Tenlève assez facilement; mais la trace noire qu'il laisserait est, je le répète, chimiquement inr attaquable.
Taches de crayons* {Plombagine^ san^ guine^ crayon no»r, etc*) Les traces ré.-^ coûtes que laissent sur le papier ces divers crayons s'effacent au contact du caoutchouc on de la mie de pain ; mais , quand elles sont trop anciennes, elles résistent à ces moyens; on a recours alors à l'application du savon en gelée ou de la colle de pâte. On frotte ensuite
avec une éponge douce ou un blairean, et Ton trempe dans l'eau chaude. S'il restait « après
cette opération, des traces opiniâtres sur le
papier, il faudrait désespérer de les enlever,^
La plombagine ou mine de pUmb (deux
dénominations inexactes) est un composé in*
altérable de fer mêlé de charbon (carbure de
fer) dont une excessive température peut seule
opérer )a décomposition. Les autres crayons
de dJLYerjms jcouleurs .(espèces d'argile siliceusi)
retenant du charbon ou des oxydes métalliques)
smit également irréductibles (1), et ne peuvent &'ef£acer, dans certains cas, que par voie d'entraînemem.
Les traces produites sur le papier par un ntétal simple, tel que le plomb, le cuivre, etc , se dissolvent dans la plupart des acides éten* dus. Quant à celles du fusin, elles cèdent presque toujours , si elles n'ont pas été fixées, à la mie de pain ou & Taction du savon.
Comme il est des cas où les crayons peuvent laisser des traces indélébiles, on doit éviter d'appuyer trop fortement quand on charge de notes les marges d'un livre rare à l'aide de ceux signalés comme indécomposables.
On a indiqué le saindoux pour effacer les
(1) Je ne parie pas ici des pastels» à base caicairei qui 86 décomposent dans les acides faibles. Les orayons argileux qui adhèrent simplement au papier finissent avec le temps par se eombiner en quelque sorte avec sa surface; aussi les traces de la sanguine, au boul û\m certflun nombre d^années, sont-eUes inmtratnahles. La triple combiDaison de Tair, de lliumîdité et de la lumièrê) est un véritable agent chimique, lent, mais pldit de puissance. C est peut-être à cet agent qu est due la UtamM du cimeat romain*
Dfi DIVERSES RATURES. 88
traces anciennes' de crayons ; après un séjour de quelques heures, on enlèverait cette graisse en la saponifiant par la potasse. La grais^e^ en ce cas, se môle ii la plombagine, mais ne la dissout pas. Essayer dans les cas désespérés.
Encre à marquer* — Ce liquide noir&tre » ' qui est un azotate (uilrate) d'argent dissout dans Teau, est très solide en. ce sens que la potasse ou la chaux des lessives ne fait que ki donner de la vigueur. Cependant^ sur le papier* il cède à raction de Teau de Javelle ou du chlorui e de chaux appliqué au pinceau (1). Du mte, il est rare que Tazotate d'argent souille une estampe, sinon dans Tatelier d'un photographe.
Une tache de cette nature s'effacerait moins
facilement sui^ du parchemini qui eM une matière animale. i
fiyelon M. Thénard, la tache produite siir la main par le nitrate d'argent ne disparaîtrait que par le renouvellement de l*épiderme« D'autre part, j'ai lu ^ dans je ne sais plus quel
(1) 11 faut éviter de se servir d*uQe éponge avec le
chlore et les chlorures : elle serait bientôt réduite ea ifne sorte de bouillie*
tmté de chimie « qu'elle céderait au cyanure de potassium. Ce réacUi produirait probablement sur le parchemiii le uiùme effet que sur la peau humaine ; reste à savoir si son emploi est sans danger.
Taches de Ihc^ labac, réglisse^ etc . — Parmi ces taches de nature végétale, les unes disparaisent dans Teau chaude t les autres exigent Tappiication du chlorure de chaux. 11 en est qui sont plus rebelles : telle est celle provenant du
chocolat y qui contient une huile particulière. M. L.Séb.LeNormand remarque queTinfusion
de café torréfié laisse sur le linge une tache
composée ; il conseille pour Tenlever la Vapeur
sulfureuse.
Taches de fruits. — M. Thénard avance, dans son Cours de chimie, àTarticle Acide sulfureux (ne pas confondre avec celui dit sulfuriqur), que cet acide enlève, spécialement sur le linge, toutes les taches de fruits. Sou action est sans doute la même sur le papier. Je crois , au reste, qu*on doit obtenir du chlore le même effet , et qu'en certains cas Teau chaude est même suffi* sanle. On signale aussi rcfficacilc de la crcme
de tartre.
D£ DiV£AS£S NATUlifiS. 8S
H. Le Normand, dans son Manuel de l'ari du dégrainseur^ assure que les taches de vin , de mûres, de cassis et de liqueurs, cèdent à une fumigation de gaz acide sulfureux. Le même (ou un autre chimiste) avance que les manu-»
scrîts k l eucre ordinaire, encre que le chlore dcuuirait, peuvent se blanchir par le soufrage, avec la précaution d'éloigner le papier de la flamme sulfureuse.
Tacher de sang. — Le sang, ce composé de tant d'éléments divers, disparaît assez vite, par entraînement, sur le linge ; mais le papier, ne pouvant se tordre, offre plus de difficultés. La tache est décolorée par le chlorure de chaux; mais il faut que ce chlorure agisse au moins pendant vingt minutes. Le plus simple est de rappliquer en pâte sur la tache. Il reste ensuite uue trace d'un jaune pâle, qui cède à un faible acide.
La couleur rouge dujjsang passe pour contenir de l'oxyde de fer ; néanmoins je n'ai pu rien obtenir de remploi direct de l'acide oxaliq[ue, qui décompose cet oxyde.
Fientes de mouches, d'oiseaux^ etc. — Les taches occasionnées par les mouches sont très
8i TACHES
conuimiies « priacipaiemeut sur les estampes qui ont été longtemps étalées à nu sur une m a raille. Les unes glissent sous Tongle on s'effacent dans Teau^ au simple frottemenld'inie éponge ; mais d'autres pénètrent le papier dans toute son épaisseur, et boni très difficiles à en* lever. Cette différence provient de Tespèce de mouches, et sans doute aussi de la nature de leurs aliments. Elles disparaissent en général daus un baiii de clilorure de chaux, assez concentré; il vaudrait mieux peut-être les laisser, quand elles nuisent peu à Teffet delà gravure* L'eau a(;idulée n'a sur eles aucune influence; peut-être la solution de potasse en détminil* elle le principe gras , qui s'oppose à leur dis» parition ; mais le remède serait trop dangereux pour le uoir de Festampe,
Les taches que les punaises déposent sur le papier doivent différer de celles produites par les mouches, puisque ces insectes s'alimentent surtout de sang. Je n'ai fait aucune expérience à ce sujet; on essayera des remèdes indiqués ci-dessus.
Quant à la fiente des oiseaux, qui souille
qadquefois les estampes exposées en plein
air, elle u pour buse Tacidc uriquc; oal'éciudia
d'^rd et on enlève la trace Jann&tre par le eUorure de chaux faible.
MaUèm [écalea et urines. — Les souiUuiôs pi ovcnaat do cette source pcuvcut ne vcucoulrcr enr ane eetampe, ne ftli*ce que dans une tadie de boue. Je n'ai fait aucun essai sur les matières fécalesifort compliquées dans leur composition; ou essayeiu d'abord Tcau de savon. Si ce système par entraînement ne réuBsit pas, on em« ploiera successivement le chlorurCf les alcalis^ puis les acides oxuUque ou cblorliydriquCi ayant soin de faire retremper l'estampe pen« dant au moins une heure entre chaque opéra»
tion. Les taches anciannes d'urine se décom-* posent, selon M. Le Normand, par l'acide oxa* lique.
Taches de colle de pâle. — Ces taches , quand elles sont très récentes, disparaissent sous une
éponge liumide. Quand elles sont sèches, on a recours à Teau bouillante, qui dissout de mémo et suMe-ehamp toutes les colles gélatineuses* Taches de rou^aeur isolées. Ces tacbes se rencontrent surtout ^ur les estampes qui out été longtemps sous cadre ; elles sont dues h la
%% TAOBS
saleté ou à rhumiditéda carton, souvent aussi à la nature du papier (1). Le chlore les enlève aubouidun certain temps; mais quolqueiois elles laUscul une trace qui provient « je crois , d^une décomposition partielle du papier, ou bien elles sWacent momentanément et reparaissent plus tard*
Tachc6 de rouille* — Voy. ci-dessus (pa^je
18) ce que j'en dis au sujet des taches d'encre. J'ajouterai ici ce passage extrait du Manuel du blanclûmetU^ par M. de Fontenelle, tome II« p. 139:
« La rouille qu^on remarque sur le linge ou u sur le papier est due k un tritoxyde de fer (c sous-curbonuté qui, pour se dissoudre dans «c la plupart des acides , doit passer à un de- « gré d'oxydation moindre ; on y parvient en « mouillant les taches avec un hydrosullure « alcalin ; on éponge ensuite la partie, ei 1 on y « met, au moyen d'une pipette ou d'une pincée « de coton , quelques gouttes d'acide oxalique
(1) Qu6lqu0S-uD6fl doivent avoir pour origine de Is
rouille provenant do parcelles de fer oxydé que contient leur pspier ou le otrton du oadre.
tr oa de sel d'oseiUe eu poudre* On peut em<ir ployer aussi à cét usage Facide bj^rodilo* « rique ou Facide nitrique affaiblis ; le premier «c est cependant préférable. »
Taches de moisissure* — On voit quelquefois le noir des estampes encadrées se couîrir de petits points blancb&tres formés par Thumi** dite (1); ils cèdent au frottement de la mie de pain. Mais ces larges taches qu'a produites une longue action de Tair humide, et dont la couleur est d'un jaune fauve ou violacé, pai^ semé de points noirs, étant une véritable pour~ ritare, ne peuvent guère que pâlir dans le chlore; et, comme le papier très altéré n'a plus de consistance en cet endroit, il est nécessaire de le renforcer au verso.
M* de Fontenelle, dans son ouvrage cité ci-dessus (tome II, p. 137), désigne Tacide tartrique comme remède aux avaries du papier. Or, il comprend parmi ces avaries les taches de moisissure. A mon avis, Tacide tai^
(1) Un marchand d^estampes ni*a assuré que la nature de certaines vitres neUût pas étrangère à la for* ttalion des taches blanchâtres en question*
nique au tout auUrei appliqué à uue moisis^
&ur6 avancée qui a désorgauisô le tissu du papier, doit produire , pour employer une expression populaire « « ToCfet d'un cautère sur une jambe de bois ».
Taches jaunâtres de diwrm natures^ U existe quelquefois sur le papier, certaines ta-» ebes jaunfttrest dont la principe est inconnu et qu'on ne sait comment attaquer. Gomme il est impossible d'en saisir la nature , il faut tàton** ner ; on commencera ses essais par les liquides les plus innocents, et l'on remouillera Tes* tampe pour en annuler Faction, avant de pro« céder à de nouvelles tentatives. (Voyez, au chapitre Dioolwiage, rarticle Coukunjm^ nesO
Taohes fauves et noirâtres provenant de brûlures. — Ou couçoit que celles-ci sont irréparables , puisque le papier est décomposé et presque cbarbonné ; il faut les conserver telles quelles, les soutenir par une piùce appliquée au verso , ou remplacer toute la partie brûlée. (Voir chapitre VII, article Lacunes.)
Je vais citer à tout hasard ce paragraphe de M. de Fontenelle (t. 11, p« 1S2): « Composi-
DE DIVBRSBS KATCRfiS. fH
m tioa pour réparer le linge musai par m « Gommenfiemoat de brûlure. — (hifiiit boaîP-
«t lir àm& une plnta de ymaigre, avec quatre « onces de terre à foulon, deux onces de « fieaie de poolot tme onee de aavoaenpaia « et le jus de quatre oignons , jusqu'à, ce que « le tout ait acquis quelque cousistauce. On « verse de cette composition sur toutes In « liarties endonunagâes ; et, si elles ne sont '« pas tout à fait brûlées, après ravoir laissée « sécher dessus et Tavoir bien lavée uae ou « deux fois, elles paraissent aussi blanches « et en aussi boa état que le reste du linge. » Voilà un remède bien compliqué dont je ne voudrais pas répondre sur ma téte.
Encrassement des estampes. — Un tivre ou un recueil de gravures souvent feuilleté finit par se couvrir d une crasse plus ou moins épaisse. Qaelqaes in-folios de notre cabinet des ealaoïpes offirent en ee genre de eniienx . échantillons « surtout sur les marges. Si la gomme élastique ou la mie de pain n agissent pas, on mouille diaque estmnpe ( on chaque feuillet); on la recouvre, anxendro^ encrassés ^ d une couche de savon blanc en gelée» et
on lalaiiie en cet état pendant qndqnes tienarea. li.eat rare qu'en la Iroiiant ensuite avec un blaireau. très doux ou une éponge trempée dans Teau chaude , toute la crasse ne soit pas antrataiée, snrtont qnand le papier est lisse et sans écorehures.
Si le savon en gelée est impuissant ^ ou le mmplacera par du savon noir; mais on le lais- MM séjonmer peu de temps sur le noir dlmpression* On peut enfin recourir au chlorure de chaux ^.appliqué en bouillie) ou aux solutions alcalines affaiblies. Ea tout cas, après ces tentatives, on trempera Testampe (on le feuillet) dans Teau acidulée, puis oa la laissera quelques heures dans un i)aia d'eau pure.
Tadiês noim carboneuies (provenant de Tencre d'impression ). — Souvent les caractères d'un livre, relié avant le séchage complet du noir d'impression, se déchargent, pendant Topteation du battage on de la mise en presse^ sur les pages opposées ou sur les estampes mtercalées dans le volume. Ces contre épreuves bavochées, qu'on nomme, je crois, maculage, ofbBùt une légère concbe de noir de fomée ,
quelquefois adhérenle à peine à la suiAce dit feuillet. £n ce cas, eiie cède à la mie de pain ou au savon en gelée. Si elle n esl pas cntral- Bée par Tun de ces deux moyeM , il ii*y a au** cun espoir de remède, puisque, ainsi que nous lavoiis vu plus haut, le noir de fumée ne peut se décomposer qu'à Taide d'un feu 1res ardent.
JtfotttUum. -~ On appelle ainsi des tache»
d'une teinte jaunâtre plus foncée vers les ixords, formées sur du papier par le séjour de Teau ordinaire. Les livres des bouquinistes en plein lir offiEBnt de superbes échantillons de monil-^ lures dues à rintUlration de la pluie à travers les Hanches du Uvrc.
Quand une goutte d'mu tc»nbe à plat sur me estampe, elle conserve une forme plos ou moins sphérique. Or, cette eau dissout une certaine quantité du jaune qui enfume Festampe , et la nuttière colorante, entraînée par la pente qoi lésiilte de cette forme bombée, s'accumole sur ks bords de manière k produire des taches annulaires. Au lieu d une goutte, supposons une flaque d'eau de forme inégale ; la tache ressema* blera à une portion de carte géographique.
Tontes ces taches , iiuand il u y a point de
94 TÂcaes.
QiOisissiires , sont fort innocentes ; nn bain de qttolqaés heures dans Teau pure suffit pour les effacer, âi la disparition tarde trop à s'effectuer, on ajoute un peu de chlorure de chaux.
On peut enlever les mouillures sur les livres en posant à plusieurs reprises un linge humide de chaque côté du feuillet taché , et isolant cet appareil au moyen de feuilles d^étain* L*effet produit, on retire le tout et on ferme le livre après avoir placé le feuillet , pour le sécher, entre deux papiers buvards. Quand le livre est à demi envahi par les mouillures, il fout se dé* ctder è le .découdre et à le laisser tremper une nuit dans Teau ; puis on fait sécher chaque feuil-* let à califourchon sur une corde tendue, et on donne mi relieur.
. i'oi sans doute oublié de décrire plus d'une tache .qui s'offrira à Tamateur en certaines ciroonstanees. En raisonnant par analogie, il trou* vera tout aussi bien que moi des remèdes ou des palliatifs* S'il croit la tache de nature végétale ou animale, il appliquera le chlore et l'acide anlfureux; métallique, racide cblorfay-» drique (ou autre ) étendu d'eau ; huileuse ou
graisseuse , Tessence de iérébenUuiie , Telher, les solutions alcalines, la benzine, etc. àosop» plnSf le chapitre solvant n'est, poor atnâ dire, que la continuation de celui-ci : ne sontrce pu en effet de véritables taches que ce hideux coloris dont une main malavisée a barbooiUéne estampe quelquefois de grand pris?
DÉCOLO&UfiE DES £SIAHP£S.
CùMîdérations prélifninaires. S'il est des estampes que le coloriage, le coloriage grossier surtout 9 déprécie I il eu est d*autres auxquelles
il communique au contraire un surcroit d'inté*
rét : je citerai les cartes à jouer, les planches d'histoire naturelle, les anciennes gravures de mode, etc. En ce cas, la couleur doit être conservée à litre de coniplcment nécessaire.
Dans les livres d'heures imprimés au com^ mencement du XV i"" siècle, on voit des sujets sur bois miniaturés , qu'on prendrait au pre*
DËCOLORIAGE DES ESTAMPES. &7
luier coup d'œil pour des gouaches. Ce genre de coloris est un t^pe , et ce serait maladresse de le supprimer à grand^peine*
Choisissons un autre exemple. Les costi)* mes gravés par Bonnard sont quelquefois couverts de couleurs couiemporaines, assez criardes , il est vrai , mais néanmoins dignes d*étre respectées, puisqu'elles ajoutent aux di" verses parties de rbabillement des détails que le Lurlu serait impuissant à rendre. Ce serait folie de passer son temps à décolorier ces estampes, d'autant plus que certains noirs résisteraient à tous les efforts, et que, d'ailleurs, ces costumes ne peuvent être considérés comme estampes d*art.
Mais il est d'autres pièces auxquelles le coloriage ûterait toute leur valeur : telles se^ raient des nudités, dues au burin de Marc^ Antoine, qu^un enfant aurait barbouillées dc| carmin» Quel prix aurait un paysage à l'eau forte de Claude le Lorrain si le ciel était souille d'une couche de bleu de Prusse, si les arbres chargés d'un vert uniforme offraient une tartine d'épinards ? En ce cas, tenter le décoloriage , c'est courir la chance de rendre à cette estampe»
os DÉCULOiUAGE
surloui ai 1 épreuve est de premier état , ona valeur, pour ainsi dire, iuuppréciabie*
Je vais traiter de mon mieux cette matière diffidle. D'abord, je dirai qu'il serait inutile de s'adresser à certaines estampiss coatampo-' raines de Louis XYI % et coloriées pai* impres-- 5(oh; leurs couleurSi étaul délayées à Thuile de lin cuite, à la manière du noir des graveurs, ne pourraient disparaître. Avec un peu d'at^ tentiou, ou en reconnaît facilement la nature.
Il peut se rencouLier par hasard une vieille estampe qu'on se serait avisé de colorier à raide d'un procédé qui avait la prétenlion « il y a vingt-cinq ans environ, de faire des tableaux à rimile avec des lithographies couver-^ tes de couleurs grasses et d'un vernis. Je ne m'occupe qu'en passant de cette espèce de vandalisme, dans le cas où U aurait pris pour vic^ time une pièce rare (1).
(1 ) Tai vu, en I6S5, chez un brio-à-brao de Batignol» les, une curieuse estampe accommodée à cette sauça peu artistique. C'était une remarquable épreuye de te
procession de la Ligue» en deux feuilles et demie, gmr
▼ée par Léonard Gaultier. Le fond du coloris paralsaaii r
Oomme il a'est question en ce chapitre que du coloris à la gomme, je me bornerai à dire qu'en cette droonstanfce on pooifait essayer d'entevet d'abord le vernis avec Talcool chadd ^ ensuite de détacher ces couleurs , broyées k l'huile de lin , par une faible dissolution alcaline. La matière grasse, en se saponifiant, eii«fllnoraii*elle les couleurs? Je llgnore. Peutêtre les couleurs mises à nu et isolées de l%uile céderaient-elles aux agents chimiques que je vais appliquer à Taquarelle.
Cette observation» du reste, concerne en gé-néral toute matière grasse unie à une substance colorante : iél est le cambouis^ vieux
ràig noirâtre, qui contient de l'oxyde de fer.
Noël Ghomel, dans son Dictionnaire économie . çtie, t. Il , prétend ôter les taches de cambouis
« avec du beurre , qui s'enlève ensuite att
<c moyeu d'une cuiller contenant du feu ».
Je doute que les iconophiles aient la velléitâ
d'essayer du remède.
contemporain. Uestampe àvait été tendoe sur un châssis, puis recouverte d un vernis qui en avait rendu le pa-* fmt sac et esmot sous la pression du doigt*
100 PÉGOLORIAGK
Parlons maintenant dn coloriage à Iteu, et prenons pour exemple une vue d'optique chargée de toutes sortes de couleurs. Si le papier était lisse comme du vélin et d'une pâte bien encollée , l'opération serait facile « heê point que j'ai vu sur un tel papier toutes les couleurs glisser sous Téponge après une heure d'immersion dans Tenu, sans laisser auenne trace (1). Mais souvent le colorist appliqué sur un papier plus ou moins absorbant, s'esl comme incorporé à sa surface; alors le système par entraînement ne réussit plus ; il faut recourir & la décomposition chimique. Du reste, comme je tenais à étudier les cas les plus complexes, toutes mes expériences au sa-* jet du décoloriage ont été pratiquées sur des gravures dont le papier absorbait Teau au der^ nier degré; de sorte que le succès était, en raison de la circonstance, le plus difficile possible.
Il n'est pas toujours aisé de reconnaître du premier coup la nature de la matière colo-
(1 ) C6 fait a lieu, je crois, surtout quand les couieurs appliquées coDtienDeni beaucoup de gomme.
D£S fiSTAMPfiS. iOl
ranle; un ardste peintre a sur ce poiut beaucoup plus d'babiieié qu'un amateur. Quant à la date du coloris, elle ne peut se eonstater k la Âmple vue. J'ai rencoiilr6 des couleurs an*àennes ineffaçables, du violet notamment.
£taient-ce des couleurs d'une composition inconnue, ou le temps les avaitrii fixées, incor«* porées au papier? Pour moi, je pense que les couleurs décomposables , qu'elles soient appliquées récemment ou depuis deux siècles, cèdent avec une égale facilité aux mêmes agents ; néanmoins il peut y avoir à cet égard des exceptions.
Je dois avertir d'abord que la moitié au moins des couleurs usuelles ne s'enlèvent pas sans risque d'altérer légèrement soit le noir d'impression, soit la surface du papier; du reste j'aurai soin, quand il existera plusieurs moyens d'effacer une couleur, d'indiquer le moins nuisible, le moins dispendieux et le plus rapide.
1** Des Couleurs blaî^ches. — Ces couleurs se rencontrent rarement à l'état simple sur ies estampes coloriées. Appliquées sur les tailles du burin, elles y produisent presque
Didfl^ by GcKjgle
tottUMi vu leur opacité (qui û&t un avantage dans la peinture à Thuile), uu effet détestable. . Les blancs è base calcaire, comme la et^aiBr^ se décomposent laoilement dans Teau acidulée.
JUlargik . IjJiaache et non cuite se délaye dans l'eau simple.
Btane de pkmh ou Ciruiê. C'est un cai^ ;bonate de ce métal; sa teinte est un peu gris&tre; il disparaît au contact de Tacide cliior-- .hydrique affaibli et de quelques autres; mais il en reste quelcpiefois une trace optaii&tre qui ternit un peu le noir brillant des hachures.
Le blanc dit d'argent est identiquement la même matière , mais plus pure ; de là le nom qu'il porte. U ne retient pas^ comme le blanc de céruse^ des traces d'hydrogène sulfuré, mttis il est plus tenace, parce que peut-être on y môle du sulfate de baryte, sel insoluble. Le hUmù dit léger aurait^il également la môme base î Un chimiste m'a dit que c'était un o&yde d'antimoine, ou qu'il en contenait.
Oes blancs doivent aux divers procédés de -préparation la variété légère dateurs nuances. iLe chlorure de chaux fait passer le carbonate de plomb (en deux ou trois heures) au rouge*-
brique foncé; Tacide chlorhydri^i^e ét^^dii d'eau enlève le tout. C est peut-être le mo;^eii Je plus efficace à employer pour 3'eu délivre^r complètement
Il arrive, que le blanc de plomb, quand {1 rencontre dans Tair quelques parties de hydrogène sulfuré, ou quand il est mêlé Â.cer* taines couleurs, se change eu une matière, nçirp qui est un sulfure. M« Thénard , à propos de |*eau oxygénée , dont il a fait la découverj^e, signale Taction soudaine de ce liquide sur Ip sulfure de plomb. î
Slanc de zinc. — Cette couleur moderne Q^t un protoxyde de ce métal; elle n'a .pas, comme le blanc à base de plomb , Fincopvé-* nient de noircir au contact des émanatlood hydrosulfureuses, ni celui d'altérer la s^nté cle oeux qui la préparent. £lle doit céder & la plupart des acides affaiblis par Feau,
Argent en coquille. Cette couleur, sans cohésion, s écoule d ordinaire dans leau au jnoindre frottement. Si eU§ résistait, on y ap^ pliquerait un pe.u de mercure, ûu.elquefois cet cet argent contractef une teinte noir&tre,i dur^ Je croiSf au contact du ifi% hydrogène sul6i8â4
i04 OÉGOLOIIUCB
Celte teinte est détruite par rammoniaque.
Des Goulburs noires. — La plupart des noirs, de nature végétale ou animale, se décomposent aisément. U n'en est pas de même de ceux, malheureusement très usités, qui ont pour base le charbon. J'ai déjà parlé pfais haut (pages 73 et 78) de Tencre ordinaire et de Tencre de Chine.
Noir d'ivoire. — Formé d'ivoire calciné et carbonisé, ce noir offre-t-il fdos de chances d'être un jour décomposé que Tencre de Chine, dont le principal élément, le noir de fumée, résiste à toute action chimique? Je n'oserais Taffirmér : je n'ai jamais pu parvenir qu'à loi ôter, à l'aide du chlore, une partie de san brillant.
Cette inaltérabilité est d'autant plus affligeante que cette couleur se rencontre assez fré-* quemment sur les estampes coloriées , à l'état simple ou mélangée de blanc.
Noir de sèche, — Il est tiré du liquide noir que sécrète le mollusque nommé «ée^, sub* stance qu'on a regardée longtemps à tort comme la base de Tencre de Chine , et dont on ne connaît encore qu'imparfaitement la com-
positioii. Cette matière, de nature animale, doit se décomposer dans le chlore ou le chlorure de chaux (1).
Teinte neutre. — Ce noir, assez employé dans Taquarelie, est composé de gallate de fer ou de la liquear fournie par la sèche unie au bleu de Prusse. L'eau de Javelle ou le chlorure de cbanx enlève le noir ; mais il reste une leiate hleufttre qui cède & une dissolution brès faible de potasse.
Teintes grisps. — Elles laissent une trace noirfttre ou s'effacent complètement, suivant le noir qui entre dans la composition. Quant « aux couleurs blanches qu'elles contiennent, elles cèdent aux moyens indiqués plus haut, comme si elles étaient isolées.
3"^ Des couleurs rouges. — Ces couleurs s'effacent toutes plus ou moins complètement par divers procédés que je vais signaler.
FarmîUon (deuto-sulfure de mercure). — M. Thénarddit, à Vaxiicle Sulfure demercure^ que le vermillon résiste à presque tous les
(1) Voy. plus loia le paragraphe Sepia et la note qui
iff itliporte.
fug^ntaf Cet fidveriie pre^qm est fort-eûiilar riaul ; j'aurais vaulu ooimaUre le» agents qfd
fout excepUou.
J'ai vu le vemilloii disparaître en ane demir heure duiB Teaii de JeveDe^ m<ybfe à deux luxaea d'eaUf maii ie remède eat vialeiU^ûu^ ques puissante acides^ tels qucTeaLi r^;ale^ie décomposeraient , mais en désorganisant le papier* En attendant un procédé plus couve** nable, je couvre cette couleur de chlorure de çbîiUJL à l'état de bouillie , tel qu'on le trouve au fond du vase où ron a préparé le chlorure liquide (page iS). Quelqnes heures après cette p&te est sèche ; j'en enlève le gros aa grattoir, et j*en dissous le résidu en Tarr osant de quelques goutter d'eau acidulée. Comme le mrmiUon est une des teintes les pins usitées dans le coloriage , j'ai fait mille efforts pour trouver un autre remède, mais sans succès (1).
(1 ) Réussirait-os à isoler le soufre do mereare avec une pile agissant d*uiie certaioa manière? L électricité ne déeompose, je crois, que des oxydes et dee seb faaé^ taUiqueSt à 1 état libre , et mu méïé& à la goiiuiie arabique ou autres substaoces qui serveot à flser les ^ss?
^ 010 -BSTiJIMS. 107
Carmin. —Cette coalenr végé taie est et^traite de la co&heniUe* Pure, die se décotoe suar^lechamp , sans laisser aucune ti^ee^ au contact d'un pinceau imbibé d'eau de Javelle faible ou de chlore, La laque carmmie sa comporte de aième , mm avec plus de lenteur^ sans doute à cause de raiunûne qu'on y a mêlée, et qui lui ^doAue de la fixité (1). Le carmin fixe de garance cède immédiatement, en d'épit de son ni^iii, au cblorare de chaux appliqué au phbceau ^ puis humecté avec de Tacide chlorhy** drique très affaibli. L'acide sulfureux liquide fait également disparaître, à froid, le carmin de gamee.
Il iMiste ua roêe de cobalt qui résisterait «ans doute k tous les agents chimiques, comme l'oxyde du même métal (voy. plus loin larticle
Ccuteurs bleues); heureusement cette couleur .
leoit dastinées i TaquaraUe. H. Dumas signale lo pro-* tochlorurô d'étaiu conune ramenant à Tétai mé^Uiqua presqùe tous les composés de mercure. Sans doute cette réduction ne s opère qu'à la chaleur rouge.
(1) Je n'A pas étudié les autres laques, diversement colorées» qui sont des couleurs du même genre.
108 DAcoLoauaB
est pao employée , vu rélévation de son prix. £Ue a pour élémeut Toxyde de cobalt calciué avec de la magoésie.
Un sel de cobalt, soit dit en passant (le chlorhydrate, je crois), est la base d'une encre sympathique curieuse. £lle est, sur le papier, d'un rose clair ; chauffée, elle tourne au bleu ; éloignée do feu , elle pâlit et r^rend bientét, surtout si Tair est humide, sa teinte rose et son iuYisibililé. On doit naturellement écrire sur un papier de même nuance.
ilou^e pourpre de Cassiue, — Mélange de protoxyde d'or et de deutoxyde d'étain ; cou** leur fort éclatante qu'emploient les peintres en miniature et sur porcelaine. Comme elle est fort chère^ on doit la rencontrer rarement sur des estampes. Je ne l'ai ni essayée ni même vue ; mais je la crois facile à décomposer par plusieurs acides. Il existe aussi un autre rouge pourpre à base de mercure.
Cartliamine*-- C'est un rouge végétal provenant de la fleur du carthame, et qui disparaît probablement tout de suite dans les chlorures.
Minium (^deiUoxyde de plomb). Cette couleur rouge^rangé s'emploie dans le eolorift
BBS ESTAMPES. i09
à la gomme ^ sous le nom de rouge de Sa>^ tume Elle cède sur-le-champ à l'acide chlore hydrique faible et à quelques, autres.
Bouge-brique^ dit Colcathar ou Rouge d'An^ gletepr€* ^ C'est un sesquioxyde de ht d'une teinte très solide, qui forme la base de la sépia de Home cl de plusieurs autres couleurs d'ombre. Il ne disparaît qu après un séjour d'au moins vingNsinq minutes dans une solution d'acide oiialique assez concentrée, et maintenue bouillante (voy. la note de la page 98).
Les chimistes prétendent, comme je Fai déj& dit à Tarticle Jocftes d'encre (ibid.), que le contact de Tétain favorise la décomposition des oxydes de fer par 1 acide oxalique ; ou jettera, à tout hasard , dans le liquide, quelques morceaux d'étain en feuilles. On pourra essayer aussi des procédés signalés pages 73 et 88.
Un rouge-brique analogue, dit Fleur d'Or^ léans^ disparait de la même manière.
Il existe encore d'autres rouges de nuances tirés vives, tels que le réalgar ou bi-sulfure rouge d'arsenic , le bi-iodure de mercure^ esptee de vermillon. J'ignore.8i on emploie ces Hiatières pour l'aquacelle* £n tout cas, on les-
110 DÉCOLORIAGË
décomposerail, je pense, par le cUorure de diaax, Tadde nilriqae, oa antres addes pin ou moins tendus.
L'éearUUe dit anglais^ d'un ton fort éclatant, s'e£face au boui d uae heure envirou dans le chôme de diaox.
J'ai quelquefois enlevé , à Taide dn même cUarure« les tracas de certaines teinles ronge* brique que Taeide oxalique n avait pu dissoudre. C'était peut-être une ttmie mëtaagfe de venmllon, ca? les conleufs ne sont fiss ton* jours à Tétat de pureté. Cette remarque^ u reste, s'applique à toutes celles que je signale.
4* Des Couleubs jaitiibs* ~ Je ae si»
déjà occupé, an dmfdtre Jodhes, de cette teinte considérée comme tache très commone^ et due à bien des causes différentes ; je n'en parlerai plus ici qu'à titre de matière coIi>ranle. Lesconieurs jaunes s^effiiceM aisémott hors celles à base d'osyde de £Br.
Jaune de chroim. — C'est un chromale de plomb , d'une nuance plus ou moins orangée selon le degré de calcination. Cette conteur se décompose rapidement au contact d'un grand nombre d acides. Je ciierai , comme toujours,
DES ESTAMPES. lit
le moins cher de tous, l'acide clilorhydrique, ' mêlé à dix ou Aouzé fois toti^ volume d!oau.
L*eaU' de Javelle et la dissolution de potasse très affaiblies la font également disparaître.
Jaune de Naples. — - C est un protoxyde de plomb u&i à Toxyde d'antimoine et mêlé d'ar-» ' giie. lise décompose par Tacidechlorhydrique.
Gamme-gutte. — L'eau chaude ou même froide enlève, sur un papier encollé "et bien lissé, cette couleur végétale. Le chlorure de ciianx faible ou Valcool effaceront les traces , sH en reste.
Jaune dit Indien. Disparaît presque dans l'eau simple ; ajouter au besoin à l'eau quelques gouttes d'acide chlorhydrique. G^est une matière animale provenant de l'urine du buffle ou du chameau.
Jaune de Sienne. — Cette couleur, à base d^oxyde de fer, cède t une dissolution d'acide oxalique maintenue chaude pendant un quart d^heure. JeFai vue, je crois, s'effacer aussi à froid dans plusieurs autres acides étendus d^eau. La solution chaude d'acide phosphorique la réduit k une trace noirfttre que le cblorure de chaux enlève.
m D&COLOaUGK
Ocre jaune. — Cette coaieor, à base dVnqrde de fer hydraté mêlé ou combiné avec Targile, est plus ou moins rougc&tre suivant sou degré de calciDation. C'est* de tons les jauiies le pins tenace. On pent TaffaibUr en rarrosanl de chlorure de chaux « puis ensuite d'eau acida* lée, laquelle emporte une portion de la cou,leur, en même temps qu'elle décompowle chlorure. S'il s'agissait d'une petite estam^pet on pourrait garder cette trace jaunâtre et raocorder avec sa teinte les autres portions du papier.
Pour décomposer complètement Foere jaune, il faut avoir recours encore à cet acâde oxalîr* que dont je redoute les conséquences ; l tampe doit rester environ une demi-heure dans nne dissolution de cet acide maintenue iMMiillaute. Peut-être la décomposition seraii-eUe beaucoup plus rapide si Ton pouvait laire intervenir dans cette opération Tinfluence élec« trique sous nne forme quelconque (1).
* (1) Le protochlonire d'élaîn, sorte de sel crisfallifé en aiguilles y a la propriété d'enlever Toxygène à beau* eonp de corps; nais e*est pRtebkme&t dans n eren^
DIS BSTAHFBS. HA
Jfomoi on Utharge (protoxyde de filomb).
— C'est UQ jaune peu uaité, je crois « daos raquareUe» et que dissolvent probablemeui la Impart des acides affaiblis.
Safiran. — Couleur de nature végétale qui eède au diiore. L'acide sulfurique lui communique une ternie bleue , et Tacide azotique une taule verte.
OrfnmmU. — Cette conlenr d'un jaune citron très vif est, comme le réalgar, un sulfiire d*arsenic, ou naturel, ou préparé aitifieiellement L'orpiment naturel, selon M. Lefort {Ckùme des orafaurs), se décompose par Taeide nitrique. Celui quej'ai essayé était détruit pai le cblorure de chaux. Je crois qu'il se dissolvait également dans Fammoniaque.
Annie de Cadmium. — Cette couleur, dite aussi jame briUant , est un proto-suUure de ce métal. L acide clilorbydrique affaibli la décompose avec dégagement d'hydrogène sulfinré. Si on la mélangeait à la céruse, elle la
set, i une haute température. A Tétai de solution chaude, ee sd ne peat décomposer les taches de rouille» au.
tremeni dit , dà^oxyder ie fer.
114 WÊCÙiMUAE
ferait peu à peu tourner au noir, \ u qu ii se farmendt un mUme de plomb.
il existe plusieurs autres couleurs janes mi orangées que je n'ai pas essayées, telles que riodure de plomb, Tiodure de mercure, le jauue dit de Hall, etc. Au nste, quand je citurus tous ces produits chimiques, le koe w n'en serait goères plus avancé que inoi même» Comment distinguer sur le papier qu il recou* vre tel jaune de tel autre ? Il me suffit d avoir etté les plos usuels*
Or m coqmUe. — C'est de l'or pur à rêtal de division extrême, tenu en suspension dans de la gomme arabique. Ce métal ne peut être dissout que par Veau régale (dite dmniqnft^ ment adde chlorazotique), mais cet ageitt liés énergique détruirait le papier. Par bonhatc, cette poussière d or disparaît dans un baâi d'eau pure; on en opère rentiainement eounplet à Taide d'une éponge douce ou d^uii làûr reau. Au besoin on y appliquerait du mercucs chauffé k oO degrés.
Jaunes orangés. — J*ai peu de choses | dire sur les teintes orangées, couleurs nuxiaib intermédiaires entre le jaune et le rouge* Bap
DU BfifAiim. lis
pelons ici que plusieurs jaunes francs (couleur eitfon) contractent par la calcination prolon^ gêe la teinte orange au point de se rappro»
cher beaucoup du rouge. Les nuances oran* gées les plus vives, sinon les plus solides, ré« soltent, }a crois* du mélange des rouges et des. jaunes les plas éclatants. Pour les effacer* on awa recours aux agents qui attaquent isolement les couleurs qui les constituent ; le point difficile est de les bien reconnaître.
Tonte couleur qui acquiert par la calcination ^u par Toxygénation un ton plus prononcé, I^us grave * doit se décomposer moins aisément que la nuance plus claire d où elle dérive.
La imanco orangée des jaunes de mars, de tliTOBiet etc*^ se trouve dans cette condition» COULEURS BRUNES. — La plupart des teintes brunes ont pour base le fer plus ou lÊoiM «oiydé mélangé ft dVtutves substances Boirâtres de nature végétale , aaimaie ou carkoiieuse« Dans le coloriage des estantes en<trent souvent des teintes brunes composées de 4bmn éléments ; si une partie de ces éléments m peut se dissoudre ^ ou ne saurait les effacer tout entières. Ainsi celle qui contiendrait un
lis JIËGOLOElÀGfi
noir carboneax laisserait nécessairemeal sar le papier une tache noirâtre indélébile, sup* pose que les autres couleurs qui s')* mêlent (lissent détruites. Si an contraire rencre oidi-> naire entre dans sa composition « elle pounra s eHacer. Cette observation , du reste ^ s'appUque à toutes les couleurs factices résultant du mélange de plusieurs autres (voir, plus laiUt Couleurs mixtes).
Je vais maintenant parler en détail de quel* ques teintes bruues, simples ou composées.
Sèpia (en italien seppia), — Dates ma première édition je n'ai, au sujet de cette sub* atance, exposé que des idées assez vagues. JUa question était pour moi fort obscure, parce qu on a donné à la même matière des noms divers, selon sa teinte plus ou moins foncée^ provenant de mélanges, ou du degré de calcir nation. Il y a la sépia anglaise et française, et la sépia de Rome. M. J. Lefort, dans sa CAJmie des cùfdeurs^ p. SIO, n'en mentioime qu'une sorte : la sépia naturelle. Je vais citer quelques passages de son livre : « La sèche, « mollusque céphalopode très commun dans «la Méditerranée, Tocéan Atlantique, etc..
possède près du cœur une vessie remplie «t d'une liqueur brune ou noire qui, desséchée, « fonniit la couleur brune connue sous le nom « de sépta. n
Il nous apprend ensuite que les pécheurs ion,i sécher ces vessies au soleil et les livrent à lladnstrie, qui réduit la matière en poudre im-* palpable, la broie et en forme des pains à Tu-* sage de Taquarelle. « La sépia, ajoute*t-il« <c contient de la gélatine, du phosphate de « chaux et quelques autres terres. De Blâin- 4c ville croit qu'elle doit sa couleur à une ma-* « tière animale qui a quelque analogie avec la «matière urinaire. Il dit plus loin : m II est « rare que les tons bruns s'oblleanent sans « mélange* >» Puis il cite les substances qui y sont mêlées, telles que Focre jaune calcinée, le noir de fumée ou le noir d ivoire, et le bioxyde. de manganèse.
Voilà des mixtures qui doivent rendre certaines sépias indécomposables. Il faut nécessairement t&tonner, quand on veut enlever cette couleur sur une estampe : car personne, je pense, n'en saurait, à la simple vue, deviner an ji^ la composition. Tout œ que je sm^
118 DfiCOLOaiAGB
c'est que j'ai réduit, par le chlorure de chaox^ Qoe sépia dite de Borne, à une légère tache roQgeâtre et ferruginenae qii^a mdeYée à ebaad Tacide oxalique en dissoluliou.
Autres couleurs brunes. — M. Lefort signale les suivantes : — Brun de manganèse (bioxyde de ce métal)t teinte fort riche, encom peu employée. — Brun Van J}yck, mélange d oc»
jaune, de colcothar et de sulfate de ier« toutes substances fortement calcinées, réduc* tibles seulement par des dissolations acUes maintenues bouillantes. — Brun doréétfkmh (bioxyde de ce métal), encore très peu connftt et qui, je le suppose, serait décomposé par les acides affaiblis. — Terre d'Ombre (aiasi nommée parce qu'elle provient de TOmlicie, province desÊtats^Romains) ; elle a pour base de Foxyde de fer et de Toxyde de manganèse unis à Talumine. — Terre de Sienne , compoàûon chimique incoanue, à base d'oxyde de fer, d'une teinte brune-rougeàtre. — Terre de Cologne (ou de Cassel)^ lignite ferrugineux et pulvérulent, de teinte foncée, où domine Id charbon. — Brun de Prueee{hiw de Vtnsm calciné). Le ier que contient ce bleu a peaaé
DES ESTAMPfiS. 119
à Tétat d'oiiyde; cette conleur est légère et traospareate^ comme celle d'où elle provieat. — - Bistre^ couleur extraite de la suie de certains bois, spécialement du faétre, et employée seulement dants Faquarelle. Sa composition a*est pas indiquée. J'ai détruit par Tacide oxalique une couleur aiusi nommée sur 1 étiquette. — Ulmine^ couleur diversement composée et encore peu usitée. — Brun de chicorée^ employé très rarement.
6" Des Couleurs bleues. — Ces couleurs se détruisent avec plus ou moins de rapidité, nne seule exceptée : celle dont je vais parler immédiatement.
Bleu de cobalt. — Ce bleu éclatant est, selon M. Thénard , qui en a fait la découverte, un composé d'alumine et d'oxyde de cobalt.
M, Dumas le nomme aluminate de cobalt^ parce qu'il suppose que l'alun forme ici non un mélange, mais un sel inaltérable (1). Plus
(1) Quand ralumine constitue un mélange , et non UM combinaison, comme U arrive dons les laques bleue, verte, carminée , etc., eUe ne s oppose nnne** iMnl & ia déoomposîtion de roxjde métallique.
130 BÉGOLORIAGB
d'un acide peul^e dissoudrait cet oxyde métallique, si Talumine ne lui donnait de la fixité. Je n'ai pu réussir à le décomposer chimiquement; il a résisté à tous les réactifs, k toutes les combinaisons. Je ne sais si quelque chimiste possède le secret de le réduire mxr le papier; pour moi, je ne puis qu'en affaiblir la teinte éclatante par le procédé suivant. L'estampe étant placée dans une bassine, on verse goutte à goutte sur la partie coloriée une dissolution, concentrée et chaude, de savon blanc. Au bout de deux heures le savon a pénétré toute l'épaisseur du bleu et s est pris en gelée. On passe alors avec légèreté une éponge sur la tache bleue. Le savon, en se dissolvant, entraine une portion notable de la couleur, même sur un papier très absorbant (1) ; mais une faible teinte azurée survit toujours. Je n'oserais conseiller aux amateurs, pour dissimuler cette tache indélébile, de donner & toute la surface de Festampe une teinte pareille , car
(I) D autres substances mucUagineuses, teUes que la gomme arabique , la colle d'amidon, etc., prodttiraiMit sans doute ui^ effet analogue.
DES ESTAMPBS. 131
je doute que cette nuance soit propice à l*eflét du burin. Par bonheur les estampes ancienne* meut coloriées ne peuvent offrir aucune trace de bleu de cobalt, puisque celte couleur ne fut signalée qu*en 1804 , par M. Tbénard.
« Bleu de Prusse. — Composé d'oxyde de fer et d acide cyanbydrique (cyanure de fer), ce bleu se décolore dans Teau contenant en dissolution une très petite quantité de soude ou de potasse. 11 y disparait sur-le^^hamp, lais^ sant une trace jaunâtre qui, n'étant, je crois, qu'un peu d oxyde de fer , doit céder à l'acide oxalique ; du reste cette trace est très faible et s'efface même quelquefois dans l'eau chaude.
Après remploi de la potasse, ou de tout autre alcali , on passera Festampe à Teau légèrement acidulée , et on la laissera retremper longtemps dans de Teau pure.
Indigo. — Couleur végétale peu employée en aquarelle ; elle cède au chlore et aux chlorures, et peut-être aussi à Tacide sulfureux.
Cendres bleues. — C'est une couleur due k un sel de cuivre. L'acide chlorbydrique très étendu d'eau la dissout, malgré l'argile qu'elle contient .En général, les bleus à base de
çnvfve cèdent tous les sttdes affiiiblis^ Outremer. Bleu d*ane teinte édatanle^ qu'on extrayait jadis du lapis lazuli^ et qu'on tire aujourd'hui d autres substances. L outremer que j*ai essayé s*est efftcé saMeHohamp dans la plupart des addes mêlés d'eau, notamment dans i'aaide cblorhydrique» .
Violets. — La plupart des violets sont des teintes obtenues par le mélange d*ttn ronge et d'^n Men. Leur décomposition .est plas ou moins lacxle^ selon la nature des deux iélé^ ments colorés qui les constituent (voy., plus lùin^ Couleurs miaies).
ht jaune dit de Mars » qui a pour base le peroxyde de fer, donne, étant calciné (par .des procédés tenus secrets), un violet naturel^ probablement très difficile à, détraire. Quant au violet végétal qu'on obtient de la déeoc^ tion du bois de Gampéche, mêlée à un sel de plomb, il doit disparaître sur-le-champ dans les chlorures, puisque, selon M« Lefort, les rayon» du soleil suffisent à. l'altérer .
, T Dnft Cûui.£(iAi» Y£aT£S. — Beaucoup de teintes vertes i^ésult^nt du mélange d'un bleu et d'un jaune quelconques « on attaque mié^
< BIS ESTAMPES. iSS
mmt chacune des couleurs qui entrant dans Ja cûioposiûon. li est un cas qui serait dif$€ile k résoudre : celui dluu .vert formé de bleu de cobalt, matière indécomposable; heureusement cette composition doit se rèncontrer. tâ* rement , car le l>leu de. oobalt produit des nuances vertes peu agréables.
Verts à base de cuivre. ~ La plupart des verts éclatants ont pour base un^ sel de cuivre ; tels sont ; la cendre et la laque verte; le i^srdsl (acétate de. cuivre, vert-de-gris); le vert an^ glais ou Scheele^ qui se compose d'oxyde de cuivre et d'oxyde d'arsenic ; le vert de Vienm w de Miliie (nom de ilnventeur), qui est très vif et d'une composition à peu près analoguOiir
Ces couleurs s'effacent en général sur-le*champ dans une dissolution très faible d'acide chlorhydrique. Ceux qui suivent ont une. autre hase que le cuivre.
Vert de Mimmann. — On le nomme aussi vert de cobalt^ parce qu'il est un zincate de ce métal. Le vert dit de $ino est^ selon M. Lefort^ la même matière , mais préparée par- d'autcea procédés* Cette couleur est fort chère. l'ignore si eUe cède on non è l'action des. eâàtâ.
Vert dé vessie. — Go vert, léger (peu opaijpie) et d'une teinte assez foncée ^ est extrait ^u nerprun, arbrisseau qui fournit aussi un si* rop purgatif. Son nom provient de Fusage où Ton est de le faire sécher dans des ve^sies^ Cette matière, de nature végétale, doit être décomposée par les chlorures.
'J ai constaté dans la première édition de ce
hvre des essais faits sur un vert de vmie , ainsi étiqueté sur la tablette ; il avait une odeur semblable à celle du fiel de bœuf. Plusieurs acides, ainsi que les chlorures, Font fait tourner au bleu, et ce bleu, analogue à celui dit de Prusse, a disparu dans une faible dissolution de potasse. Avais-je affaire à un vert de nerprun mélangé ? Je Fignore.
Vert d'Iris. C'est encore une couleur végétale, extraite de la tleur que porte la plante de ce nom ; elle doit céder aux chlorures, et sans doute aussi à Facidc sulfureux, liquide.
Vert imeraude. ~ Cette couleur, qui doit sa désignation à sa nuance et se vend fort cher , est précieuse par sa solidité : elle résiste à tous les agents chimiques. Quand elle est récemment appliquée sur un papier bien encollé « on*
peut reutralner avec le savon; mais, quand eUe s'est incorporée & sa sarface, elle est tout à' iait indécomposable.
M. Lefort (^Chimie des couleurs^ p. 300) nous apprend que ce vert, inventé par M. Pannetier, dont il porte quelquefois le nom , s'obtient par des procédés tenus secrets ; il lui donne pour base loxyde de chrome , et assure qu'il ne se réduit que calciné avec le chlorate de potasse. Il distingue cè vert de celui dit Tolgairement Dert de chrome (sesquioxyde de ce métal )t qui vaut 1 fr. 50 c» le kiiogr., tan-> dis que le vert d'émeiaude se vend 140 fr. J'ai essayé un vert de chrome qui cédait à Teau acidulée. 11 est vrai que le nom inscrit sur la tablette pouvait être une fausse étiquette.
Cette source d erreur, soit dit en passant, m'a peut-être plus d'une fois, dans le cours du
i présent chafiitre , entraîné dans des méprises. M. Lefort signale encore d'autres verts dont il est inutile de nous occuper.
8^ Des Couleurs mixtes. --^ J'ai parlé; en I passant, du gris, de 1 orange, etc. Les couleurs^ : peuvent, en se mêlant, former mille combinaisons de nuances et de teintes. Un amateur un
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peu exercé dans Taquarelle discernera promptement les diverses matières primitives qui ont concouru à former telle ou telle nuance» lifau* dra souvent, pour les dissoudre, autant d'opérations qu'il y a de couleurs mélangées. Sup«> posons, par exemple , une teinte d'ombre for^ mée de carmin, de bleu de Prusse etde sépia:
on devra successivement employer le chlorure de chaux pour effacer le carmin et la teiate noire de la sépia ; la dissolution de potasse pour le bleu de Prusse ; puis Tacide oxalique pour le peroxyde de fer, résidu de la sépia.
Je Tavoue, je ne saurais trop décider par quel liquide on devrait comiBencer k attaquer une teinte si compliquée. Je crois que Tordre des substances indiqué ici est le plus etmw* nable. Ën tout cas, il sera bon, entre chaque opération, de faire tremper leslampe assez longtemps, afin que les traces du' premier liquide employé ne nuisent pas k l'effet du se* cond.
Quand plusieurs couleurs ont été superpo^ sées seulement, la décomposition de celle q%n adhère au papier entraine les autres. AppH-quez du carmin sur du papier; couvrez-ie«
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quand il est bien sec , et avec légèreté, d'une couche de bleu de cobalt : le cblonire de chaux enlèvera le carmin , et entraînera en même temps ce bleu indécompoisâble , parce qull est comme isolé et se trouve tout à coup privé
de son aoutien.
Dernières réflexions sua lë oEcoloriage.
— le n'ai pu parvenir, dans cette aeconde édi* tioD, à résoudre plus complètement que dana la première la question du décoloriage^ 11 j a au moins trois couleurs positivement indé-* composables : — les noirs à base carboneuse , le bleu de cobalt et le vert émeraiideé Plusieurs autres ne s'enlèvent que difficilement et non saos quelque danger futur pour le papier ou le noir d'impression ; tels sont : le vermillon, les peroxydes de fer à base d*alumine, et antres qui exigent remploi de substances assea^ cosor centrées et chaudes. J'espère néanmoins qu^ott évitera toute mauvaise conséquence en agissaut prudemment et ayant soin « après chaque opération dangereuse t de laisser loi^^tmips lestampo dans un bain d'eau pure« ou légères
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inent mélangée d'une matière capable dè pré-* venir les ravages de celle employée.
Les estampes que j'ai, depuis plus de treize ans, décoloriées 9 n'ont pas souffert sensiblement. Cependant le noir de quelques vues d*ôp«' tiques soumises à mes procédés est loin d'of* frir le brillant et la netteté d'une épreuve qui n'aurait jamais été coloriée. Il est vrai qu'à titre de pièces à peu près sans valeur, je les avais traitées assez cavalièrement, taudis que j'aurais eu mille égards pour les estampes rares ou précieuses.
Je ne saurais trop le répéter : le point difficile pour l'amateur qui a sous les yeux une estampe à décolorier, c'est de savoir au juste : 1** à quelles sortes de couleurs il va avoir affaire, difficulté qui oblige à des t&tonnements ;
si ces couleurs ont une teinte franche et ne sont pas falsifiées ou mélangées ; 3"* si la substance indiquée qu'il leur applique est d'une pureté convenable.
On ne saurait satisfaire à cette dernière condition en certaines localités ; de là des déceptions. Ainsi, tel liquide impur ou mal prépa^r^ déposera' de nouvelles taches sur le papier ou
'Consolidera au lieu d'enlever celles qui s*y trouvent.
Quand le dccoionage compliqué d'une gravure a exigé remploi d'un grand nombre de dissolvants , on fera bien, pour plus de sûrelé, de la doubler d'an papier assez mince qui lui servira de soutien ; on pourrait môme avertir ; (par une note au bas de la marge ou au verso) les amateurs de l'avenir de se garder de la dédoubler, de crainte de la perdre. Au reste ce n'est là qu'un avis de précaution, et je déclare ne raisonner que par hypothèse.
Chaque branche de l'arbre de science croît en ce siècle avec une rapidité merveilleuse.
Il est à espérer qu'un jour un habile chimiste , qui daignera refaire mon livre, perfectionnera mes procédés de décoloriagc , sans perdre de vue les deux conditions essentielles du pro* blême à résoudre : conserver intacts le papier et i encre d impression, et les garantir de tout dommage présent ou futur.
Un amateur ne doit jamais , dans un moment de dépit , détruire une précieuse estampe ou un livre rare flétris de taches réputées aujourd'hui indestructibles. Pourquoi ne décou-
vrirait-on pas an jour une nouvelle substance
capable d'isoler, de dissoudre, deuirainer €ei amas de parcelles carboneuses aggluuiiêeSt qu'on nomme encre de Chine, noirdlvoire^eic?
J'ai fort superfideUement étudié Tart d'enlew les couleurs par voie d eniraiaemeut luocani* que; cet art est susceptible de notables progrès. Qui sait si bieulôl on ne trouvera j^dS an agent inespéré de décomposition dans la puissance, appliquée d'une certaine manière, du fluide électrique ? L'étude de la photographie nous réserve aussi sans doute la révélation de plus d'un secret. L'action de la lumière sur la formation ou la destruction des couleurs n'a pas encore été bien approluudic. 11 est avéré que le soleil, sous riailuence de plu* sieurs circonstances mystérieuses , décolore ou métamorphose quelques nuances. Pourquoi un savant ne deviuerait-il pas le moyen de (lecumpu^er, ti laide des rayons suiaii'es, par Tintermédiaire d'un agent encore inconnu , les couleurs réputées les plus solides? Les ouvrages de chimie signalent dans le charbon une propriété décolorianle (Voir le Journal dé Pharmacie, t. YIII, et les linnalesd^ Chimie,
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t. XXIX) ; pourquoi ne parviendrait-on pas à tirer parti de cette propriété, pour résoudre en partie les difficultés de la question qui nous occupe ?
Je conseille une fois encore au lecteur de bien méditer tout ce que j'ai dit çà et là relativement à Taction des divers liquides appliqués au décoloriage. Il pourra lui-même en tirer de nouvelles conséquences pour le perfectionnement de mes procédés. Je termine en la renvoyant à l'article (imprimé à U fii^ du livre) intitulé : Note sur l emploi des substances chimiques indiquées.
VH
RÉPilUTIOH m DÉCmUBES, LACDIES, SU.
Revenons à la manipulaiion. Ici les rè^es sont certaines : c^est pour ainsi dire la partie chirurgicale de ce livre , c'estrànlire la plus claire ^ la plus palpable; il n'y a plus ni science ni tâtonnements; il s'agit (l'apporter un peu d'industrie et du coup d'oeii.
Supposons donc une estampe dédoublée, éclaircie , détachée et décoloriée. Si le papier est intact sur toute sa surface , il ne reste plus qu à procéder à la mise en presse, telle