‹ De la résection à froid de l'appendice vermiculaire du cœcum: dans les appendicites chroniques à répétitionChapitre 17 sur 17 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L’appendicite chronique à répétition ou à rechutes est, comme son nom l'indique, caractérisée par la réapparition, à des dates plus ou moins éloignées, d'accidents inflammatoires plus ou moins graves, rappelant ceux de la première attaque appendicuaire.

Cette variété d’appendicite, qui expose à des complications mortelles: péritonite par perforation ou par propagation, sans parler d'autres accidents infectieux graves; peut avoir une durée plus ou moins longue et pendant laquelle, en dehors des crises, le malade est toujours en imminence pathologique.

Les symptômes de cette appendicite sont ceux de lappendicite aiguë, et nous pensons qu'il est facile de distinguer l’appendicite chronique à répétition dans le plus grand nombre des cas de la typhloappendicite tuberculeuse.

En ce qui concerne leur pathogénie, les causes des rechutes nous paraissent complexes. En effet, comme nous le faisait remarquer M. Poncet,en dehors des causes occasionnelles mécaniques, telles que calculs ou corps étrangers ; en dehors des rétrécissements du conduit appendiculaire par épaississement des parois, par coudure, un autre facteur plus essentiel doit intervenir, qui est un processus infectieux, favorisé par les causes ci-dessus précitées, mais dont la cause initiale nous échappe (1).

Le phlegmon appendiculaire est donc sous la dépendance des causes diverses dont nous ignorons la plus importante; nous voulons parler de la virulence pathogène du contenu de l’appendice. Pour M. Poncet, le plus souvent, dans les appendicites à rechutes, il s’agit précisément, sous l'influence d’une cause occasionnelle quelconque, du réveil d'un foyer pathologique mal éteint. L’appendite joue en quelque sorte vis-à-vis du péritoine et des tissus voisins le rôle d'un séquestre vis-à-vis de l’os qui le contient. Nous rapportons vingt-huit observations d'appendicite à rechutes empruntées à la littérature chirurgicale. Quatre sont inédites, recueillies à la clinique de M. le professeur Poncet, et alors que l’on a eu recours comme traitement à la résection à froid de l'appendice, c'est-à-dire à la résection de cet organe entre deux crises appendiculaires.

Le seul traitement vraiment curatif dans l'appen-

(1) Voir la communication de M. Poncet à l’Académie de Médecine, Mercredi Médical du 5 décembre 1894.

ro ee dicite à rechutes est l'ablation de l’appendice malade. Dans nos ?8 observations, 26 fois l’appendice a été examiné, on a trouvé 5 fois des lésions d'appendicite chronique pouvant seules expliquer les rechutes ; 7 fois l’appendicite se compliquait de péritonite adhésive ; 9 fois on à noté la présence d’un ou plusieurs calculs ; 5 fois d’une perforation ; ? fois d’un rétrécissement compliquant l’une des lésions précédentes. Tous ces faits viennent donc témoigner en faveur de l'intervention chirurgicale. Il résulte, en effet, du dépouillement et de l'analyse critique de nos ?8 observations que la guérison ne semblait pouvoir être obtenue que par une opération, et que cette opération faite 28 fois a donné comme résultats 28 guérisons.

La résection de l’appendice doit être pratiquée de préférence à froid, nous disons de préférence, car il est bien entendu que nous sommes partisans avec M. Poncet de l'intervention au moment même des accidents aigus, dans l'ignorance où l'on se trouve des accidents graves, parfois mortels, qui peuvent survenir.

L'appendice sera enlevé toute les fois que la chose sera possible, non dangereuse ; en cas de danger, on se contenterait (Poncet, Quénu) de libérer les adhérences et de modifier le foyer pathologique, soit par le drainage, soit par des pansements à ciel ouvert avec la gaze iodoformée, par exemple.

Le procédé de choix dans cette opération est la laparotomie iliaque, telle que l’a conseillée M. Roux, et telle que la pratique aussi M. Poncet dans tous les

oo cas où il croit devoir intervenir pour des accidents d'origine appendiculaire.

Quant aux traitements médicaux ; purgatifs ou opiacés, ils sont les uns dangereux, les autres insuffisants. Ils sont toujours palliatifs, ne suppriment pas la cause et par conséquent compromettent la vie du malade ; ils ne doivent être que le complément du traitement chirurgical.

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