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13 cas douleux ne figurant pas dans la statistique.l
2* obs. (Erichsen). Ce n’est qu’une résection du grand trochanter
RÉSUMÉ DES OBSERVATIONS DES RÉSECTIONS DE L’ARTICULATION COXO-FÉMORALE PRATIQUÉES POUR CAUSE DE COXALGIE.
Obs. I. (White.) — John W..., âgé de Imil ans. Guérison complète avec membre utile. (Voy. Historique , page 457.)
Obs. II. (Schmalz, de Pirna.) — Enlèvement de la partie supérieure du fémur, cariée et déjà détachée. Guérison. (Lepold, Thèses de Wurzbourg, 1834. — Voy. Historique, p. 460.)
Obs. 111. (Hewson, de Dublin.) — Résection au-dessus du petit trochanter, mort de fusées purulentes pénétrant dans le bassin à travers la cavité cotyloïde perforée, trois mois après l’opération. (Bonino, Annales de la chirurgie française et étrangère, 1844, t. X, p. 391.)
Obs. IV. (Schlichting, 1829.) — Jeune fille de quatorze ans. Six semaines après la résection de la tête, la malade était guérie et pouvait marcher librement quoiqu’en boitant. (Bonino, loc. cit.)
Obs. V et VI. — Simple mention dans la thèse de Lepold.
Obs. VII. (Vogel.) — Simple mention de M. Velpeau.
Obs. VIII. (Textor, 1834.) — Jean Ruckert, âgé de sept ans et demi. Il y avait fracture du col et du bassin. La coxalgie paraissait due à une chute faite six mois auparavant. Mort le vingt-cinquième jour. Les os fracturés étaient baignés par du pus, qui les séparait des parties molles. (Textor, Mémoires, 1842.)
Obs. IX. (Textor.) — Jean Wiegand, âgé de dix-huit ans. — Délire nocturne, diarrhée, etc. A l’autopsie les ganglions mésentériques étaient hypertrophiés, et présentaient des foyers tuberculeux ramollis ; des foyers semblables existaient clans les intestins. (Textor, loc. cit.)
Obs. X. (Textor.) — Michel Hartung, trente-quatre ans. Espoir de guérison. Eschares au sacrum. Mort le cinquante-quatrième jour. (Textor, loc. cit.)
Obs. XL (Textor, 1845.) — Au mois de janvier, au dire de M. Sédillot, Textor (de Wurzbourg) réséqua la tête et le col du fémur au-dessous du petit trochanter avec un succès complet. Il y avait altération concomitante de la cavité cotyloïde, et un abcès de la fosse iliaque interne.
L’opéré fut vu en 1850 par M. Sédillot lui-même, et marchait assez bien en s’appuyant sur son membre. (Basire, Thèses, obs. III; Sédillot, Médecine opératoire, t. II, p. 511 ; Ch. -J. -N. Dircks, Diss. inaug. de resectione capitis femoris, Wirccb., 1846, 8, p. 27.)
Obs. XII. (Roux.) — Valard, âgé de quinze ans, bijoutier. Entré à l’Hôtel-Dieu le 26 janvier 1847. Bonne santé générale avant le mois de mai 1846. Au commencement de mai, le petit malade éprouva dans la hanche gauche des douleurs se montrant par accès plus ou moins fréquents et s’irradiant en arrière dans tout le membre inférieur. 11 fut placé salle Sainte- Marthe, mais l’absence de gonflement du côté de la hanche, la nature des douleurs firent croire à une névralgie sciatique et l’enfant fut envoyé dans le service de M. Martin-Solon. Bientôt cependant la luxation spontanée, le raccourcissement du membre vinrent rectifier le diagnostic. Le malade rentra salle Sainte-Marthe le 26 janvier 1847, et dans les quinze premiers jours de son séjour on constata les faits suivants :
« Amaigrissement très prononcé, souffrances coniinuelles. Depuis le commencement de la maladie, le petit malade a toussé habituellement; il a expectoré quelquefois des crachats mélangés à un peu de sang. Rien encore à l’auscultation.
» On observe un déplacement considérable de la tête du fémur, que l’on sent près de l’échancrure sciatique. Pas de gonflement ni de changement de couleur des parties molles ; pas d’abcès
ni d’orifices fistuleux ; la seule déformation qu’on trouve est produite par le grand trochanter et la tête du fémur déplacés. Ils tendent à descendre de plus en plus à mesure que la cuisse s’infléchit davantage sur l’abdomen; la face antérieure finit par toucher l’épine iliaque supérieure. La jambe est elle-même fortement fléchie sur la cuisse. Le malade sent très souvent dans le membre des douleurs vives qui suivent le trajet des nerfs et parfois de l’engourdissement; elles sont augmentées par la moindre tentative de redressement. Aucune des parties du reste n’est paralysée ; les mouvements partiels peu étendus de la jambe, ceux des orteils s’exécutent bien. Il y a un peu de rotation de la cuisse en dedans. Le malade est toujours couché sur le côté sain. Plaintes presque continuelles jour et nuit, amaigrissement, diarrhée fréquente, fièvre habituelle.
Le 24 février, l’enfant est soumis deux fois sans succès aux inspirations d’éther ; il les exécute mal ; elles finissent par le faire pleurer et l’agiter.
M. Roux après de longues réflexions se décida à tenter quelque chose pour ce malade, chez lequel la réduction du déplacement eût été, sinon impossible, du moins trop douloureuse. Il conclut à la résection de la tête du fémur, qui faisait espérer de ramener le membre 5 sa rectitude naturelle et de calmer les douleurs causées et par la compression probable du nerf sciatique, et par la position fatigante que le malade était obligé de garder...
Opération. Après avoir déterminé avec soin les rapports de la tête du fémur qui était descendue auprès de l’ischion. M. Roux, fit entre elle et le grand trochanter perpendiculairement au col une incision suivant la direction des fibres du grand fessier et concave du côté de la cuisse fléchie. Ce procédé eut l’avantage de rendre la plaie rectiligne lorsque la cuisse fut étendue.
L’incision était longue de 3 pouces, il s’écoula fort peu de sang ; on n’eut aucune ligature à poser. Il reconnut au fond de la plaie les bords supérieur et postérieur du grand trochanter en avant, la tête du fémur en arrière. Il glissa le doigt au-dessous du col qu’il contourna ; la scie à chaîne ne put être engagée, faute d’une aiguille courbe assez longue. Les deux branches de la scie de Slromeyer furent alors placées l’une au-dessus, l’une au-dessous pour saisir l’os dont lasection s’opéra sans difficulté. Cela fait il fallut dégager la tète du milieu des tissus qui l’entouraient dans sa nouvelle position.
M. Roux voulait éviter une nouvelle incision qui l’eût mené plus directement à sa recherche, il écarta les bords de la première, porta l’indicateur sur la tête du fémur, l’isola autant qu’il put par ce moyen, et à l’aide d’un bistouri conduit sur ce doigt, il glissa ensuite un élévateur de trépan au-dessous de la portion attenante du col, et la tête fut extraite avec facilité. La cavité cotyloïde explorée pur la plaie parut être en partie effacée ou comblée. Le membre fut ramené plus aisément qu’on n’eût pu le croire à la rectitude naturelle, et le petit malade étant couché sur le dos, les deux cuisses prirent la même longueur.
Roux rapprocha les deux lèvres de la plaie avec des bandelettes de diachylon. Pansement à plat. Potion calmante; le malade est placé sur le dos dans son lit.
Examen de la pièce réséquée. — La partie enlevée comprend la tête tout entière et un peu plus du tiers du col. Le cartilage articulaire est détaché dans presque toute son étendue ; il reste de l’espace entre lui et la surface de l’os. Il est comme ratatiné, mince et peu consistant. La portion épiphjsaire encore séparée du reste du col par une interligne cartilagineuse est facilement pénétrable par l’instrument ; elle est jaunâtre, rugueuse, molle, plus raréfiée qu’à l’état normal. Une section suivant l'axe de l’os offrit intérieurement le même aspect jaunâtre, spongieux jusqu’à l’interligne cartilagineuse ; le reste du col était rouge, raréfié, évidemment enflammé, moins dense qu’à l’état normal. Il y avait une limite bien tranchée entre la coloration et les lésions des deux parties.
25 février. — Le malade, très agité pendant les deux ou trois premières heures qui ont suivi l’opération, était plus calme le soir. La nuit a été tranquille. Le pouls est fréquent. Une hémorrhagie facilement arrêtée par la compression et le tamponnement de la plaie a fait perdre 200 grammes de sang.
26 février. — Un peu de sommeil. La nuit plus de tranquillité. Le pouls est assez fort, très fréquent. L’hémorrhagie ne s’est pas reproduite. Le malade est couché sur le dos, les membres inférieurs dans l’extension retenus par un drap plié en cravate placé au-devant d’eux.
A la visite du soir, l’alèze est souillée d’une notable quantité de sanie purulente d’odeur fétide. Le membre est toujours dans l’extension et dans une bonne position. L’état général d’affaiblissement ne laisse guère espérer un résultat favorable.
27 février. — Le malade a été très agité cette nuit ; M. Roux enlève le pansement. La plaie a un aspect assez mauvais, les chairs sont grisâtres, pas de traces d’inflammation, le pus qui s’en écoule est fétide. Le pouls est toujours très fréquent et très petit.
28 février. — Délire dans la soirée et le matin. La nuit a été cependant tranquille; pas de plaintes. Le malade a pris plusieurs fois hier un peu de vin de Bordeaux et de vin d’Espagne, le matin il est endormi au moment de la visite. Figure très pâle, point de dévoiement.
1er mars. — Délire continuel, loquacité pendant toute la nuit; ce matin râle trachéal. Mort pendant la visite.
Autopsie. — Le nerf sciatique se trouvait tout à fait sur la limite de l’incision et longeait la lèvre postérieure près de l’ischion. Il n’avait pas été touché par l’instrument. Il existait un abcès rempli de sanie purulente très fétide entre les deux muscles moyen et petit fessier, remontanten haut jusque près de l’épine iliaque, et descendant vers le petit trochanter. Cet abcès étendu en nappe était assez profond, avait peu d’épaisseur ; ce qui explique pourquoi il n’avait pas déformé les parties et était resté inappréciable pendant la vie. Il s’établit une communication peu large avec la partie supérieure de l’incision faite par M. Roux ; de là l’issue au deuxième jour de l’opération de cette sanie purulente dont il était encore en partie rempli.
Le fémur fut ensuite enlevé ; le périoste décollé dans toute sa longueur était très épaissi ; on y voyait des lignes de vaisseaux bien marquées, et il existait entre lui et l’os une couche de pus verdâtre et fétide. Le canal médullaire contenait de ce même pus dans toute sa longueur; on l’en faisait sortir avec les détritus de la membrane médullaire. La surface externe du fémur présente surtout des signes évidents d’ostéite, petits canaux creusés dans l’os, ouvertures comme celles de la moelle de jonc, rugosités. La portion restante du col offrait des traces d’ostéite, comme celle enlevée avec la tête de l’os ; la lésion y était moins avancée que sur la diaphyse. Différentes coupes n’ont pas encore été faites.
La cavité colyloïde était gravement attaquée, tout le rebord cotyloïdien avait été détruit; les restes en étaient rugueux, cariés. On trouvait en haut, au niveau delà branche horizontale du pubis, une échancrure assez large et profonde, intéressant une grande partie de l’épaisseur de celte branche. Le sourcil cotyloïdien avait disparu surtout en bas et en arrière. On ne voyait pas de traces de cavité accessoire pour recevoir la tête du fémur dans sa nouvelle position ; elle avait du reste varié un peu durant le temps que nous avons observé le malade. Au fond de la cavité colyloïde existait une masse fongueuse, brunâtre, remplaçant le coussinet graisseux, normal. Pas de traces du ligament rond ni de sa capsule. La paroi profonde de la cavité était fort mince ; le cartilage jaunâtre ramolli, qu’on pouvait facilement pénétrer avec le bistouri, ainsi que l’os avait perdu de ses adhérences et disparu en quelques points.
L’autopsie n’est pas aussi complète qu’on aurait pu le désirer; le cadavre ayant été réclamé, ou n’a pu ouvrir ni la poitrine ni l’abdomen. (Guylon, interne 5 l’Hôtel-Dieu, Gaz. des heipit., 18Z|7, p. 118.)
Obs. XIII. (Fergusson.) — Page 48.
Obs. XIV. (Fergusson.) — Page 27.
Obs. XV. (Fergusson.) — Marie Y..., née à Woolwich, âgée de treize ans, fut admise le 26 janvier 1854. Sa santé fut toujours bonne jusqu’à l’année précédente ; mais à partir de celte époque, elle commença à souffrir de la hanche droite. La première atteinte de douleur fut ressentie pendant que la malade jouait ; la jointure fut d’abord un peu roide, comme s’il y avait eu une entorse, mais après une semaine la douleur devint plus vive et d’un caractère térébrant, accompagnée de pesanteur, et augmentait beaucoup pendant la marche. Elle souffrait également au lit, mais elle continua à marcher à l’aide d’un bâton jusqu’à cinq mois avant l’opération. A cette époque, tout mouvement de l’articulation devint impossible par suite de la douleur. Le genou devint aussi à cette époque presque aussi douloureux que la hanche, quoiqu’il ne fût pas du tout enflé. Malgré tous les traitements, la maladie, depuis deux mois, est restée stationnaire.
A l’entrée, la santé générale paraît bonne, la hanche droite est très enflée et douloureuse, surtout quand la malade cherche à la mouvoir ; on lui applique une longue attelle au dehors de la cuisse et de la jambe.
Le quatrième jour, la malade, grâce à l’attelle, n’éprouve plus de douleurs dans la jointure. Elle alla bien pendant les quelques jours suivants, grâce à un bon régime, à des toniques ; mais le dos commença à s’attendrir, et on lui fit appliquer de l’amidon pour le garantir de la pression. La santé cependant sembla dépérir, et le 17 sa langue était rouge, le pouls petit et fréquent, l’appétit mauvais.
Un mois après, un large gonflement se forma sur la hanche affectée, et l’on soupçonna la formation d’un abcès. La tumeur sembla cependant, quelques jours après, avoir diminué d’étendue, et la santé commença à s’améliorer.
Le 28 mars, environ deux mois après l’admission à l’hôpital, M. Fergusson fit une longue incision sur le trochanter et examina la tête de l’os. Elle était luxée en haut sous le muscle tensor vaginœ femoris, et rugueuse par suite de la perte du cartilage et l’érosion de l’os. Une grande quantité de pus grumeleux fut amenée. Un peu de fièvre suivit cette exploration, les symptômes s’amendèrent après quelques jours, mais la hanche droite resta si courte et si déviée que le dos du pied reposait sur le lit.
Le 1er avril, neuf semaines après l’admission, la malade fut portée à l’amphithéâtre, et M. Fergusson pratiqua la résection de la tête et du grand trochanter du fémur droit. Une incision longitudinale de 4 pouces de longueur, commençant sur le grand trochanter, fut faite sur l’articulation. Celte incision fut élargie par une deuxième plus courte et transversale. Avec la scie, M. Fergusson divisa l’os jusqu’au-dessus du grand trochanter et mita nu la cavité cotyloïde. La surface interne fut enlevée avec la gouge, ainsi que tout ce qui élait malade autour d’elle. L’incision fut ensuite un peu agrandie, afin de comprendre une fistule qui s’étendait le long de la partie externe de la cuisse. La maladie avait surtout atteint la cavité cotyloïde, quoique la tête du fémur fût légèrement malade. La malade prit un peu d’ammoniaque et d’opium, et fut reportée dans son lit.
Quatrième jour. — Face rouge, langue sale, pouls petit et fréquent ; la malade ne souffre pasde la plaie, mais elle éprouve un malaise général ; de temps en temps elle sommeille. ( l’hé de bœuf, glace et œufs.) La plaie paraît en bon état, quoique quelques points soient recouverts d’une matière gris verdâtre. Elle prend un mélange de cognac toutes les deux heures. Le pouls s’élève le soir à 150. fl y a quelques tendances à la syncope. Elle prend quelques doses de créosote.
Le sixième jour, on enlève les sutures ; il y a beaucoup moins de fièvre ; la plaie est encore
revêtue de cette même matière verdâtre, mais elle disparaît les jours suivants ; les granulations se montrent, mais on est obligé de faire l’extension du membre pour permettre aux matières de s’échapper hors de la cavité cotyloïde.
Dix-huitième jour. — Elle paraît bien, l’appétit est bon, les bords de la plate sont en partie réunis, une longue attelle de fer avec une semelle a été appliquée à la partie externe du membre et l’extension est faite au moyen d’une bande attachée sur le pied sain. Le gonflement a considérablement diminué. ( The Lancet, 185/i, t. I, p. /iû5.)
Obs. XVI. (Fergusson.) — Sarah-Agnès M..., âgée de onze ans, fut admise à King’s-College hospital pour une coxalgie de côté droit le 8 juillet. C’est une fille délicate. La cuisse était fléchie à angle droit sur le bassin et admettait peu de mouvement. Les muscles de la cuisse et de la jambe étaient très amincis, et un large abcès existait entre les adducteurs.
Le 8 août, M. Fergusson réséqua la tête du fémur. Il fit une incision de L\ ipouces de longueur sur la tête de l’os qu’il trouva luxée incomplètement. Elle fut détachée de l’acélabulum et sciée au-dessous des trochanters. On enleva presque tout l’acétabulum qui était malade dans toute son étendue et détaché comme une lamelle osseuse exfoliée. On ne put à ce moment mettre le membre dans la rectitude. La plaie étant située tout à fait en arrière, la malade ne put être couchée dans le décubitus dorsal. On la suspendit dans le heath swing après l’opération.
17 août. — Le membre est dans une meilleure position, mais son extrémité supérieure a de la tendance à se porter en dehors.
Le 20, le membre fut placé sur une attelle laissant une interruption dans sa continuité au niveau de la plaie, et la malade fut replacée dans le berceau. Le membre prit alors une meilleure position. Quelques jours après on ôta l’attelle et Ja malade reposa dans le berceau seul. La plaie guérit rapidement. Le membre est en ligne (droite avec le bassin. La santé est très améliorée. Une courbure anormale de la colonne vertébrale qui existait avant l’opération est très diminuée, et le cas semble promettre une bonne guérison.
Neuf semaines se sont écoulées depuis l’opération, la plaie est presque guérie, la malade se lève et se promène dans lu salle avec des béquilles. ( The Lancet, 10 octobre 1857, t. II, p. 362.)
Obs. XVII. (Fergusson.) — Page 53.
Obs, XVIII. (Erichsen.) — Page 58.
Obs. XIX. (Eridhsen.) — Page 31.
Obs. XX. (Erichsen.) — Page Al.
Obs. XXL (Erichsen.) — EmmaB..., âgée de dix ans, d’un tempérament scrofuleux, fut admise à University-College hospital le 9 octobre 1857.
Une douleur dans le genou, s’étendant le long de la cuisse jusqu’à la hanche, fut le premier symptôme observé.
Elle prit le lit, il y a dix-huit semaines. La nuit, elle a des soubresauts dans le membre, supporte aisément une légère pression, mais elle ne souffre pas le plus léger mouvement. Le siège exact de la maladie est à 2 pouces au-dessous de l’épine iliaque antérieure et supérieure. Il y a un demi-pouce de raccourcissement. Le bassin est incliné >en avant et du côté malade. Le sirop d’iodure de fer a amené un peu d’amélioration dans l’état général. La jambe a été entourée d’un bandage amidonné, et le 16 on fait des tractions, la malade étant sous l’influence du chloroforme.
2 lx octobre. — Santé bonne, moins de douleurs par les mouvements. Elle se lève en se servant de béquilles. Elle sortit de l’hôpital conservant son bandage et la jambe supportée par une écharpe. Mais elle rentra en février 1858, ayant un large abcès sur le côté externe de la hanche.
,3 mars 185:8. — Une incision en T met à découvert la tête du fémur, que l’on a enlevée avec
la scie de Batelier au niveau du trochanter. La tête est dénudée du cartilage, le col est dénudé et ramolli, surtout à la face interne. Le grand trochanter est coupé avec des cisailles, et l’on enlève avec la gouge un petil fragment de l’os iliaque. Très peu d’hémorrhagie. Aucune ligature ne fut nécessaire. On appliqua tout de suite une attelle coudée et des cataplasmes sur la plaie. Un seul point de suture.
4 mars. — Peu de réaction fébrile. Appétit presque aussi bon qu’avant l’opération.
8 mars. — La plaie suppure beaucoup. Sommeil bon ; appétit médiocre.
15 avril. — Va très bien. Un abcès se forme près de la plaie. Il s’ouvre le 20, laissant une large fistule qui s’étend vers le fémur ; on y injecte du red wash.
3 mai. — La fistule va jusqu’à la tète du péroné. On l’ouvre largement à sa partie inférieure, la sonde ne rencontre pas les os ; la suppuration est sanieuse et fétide. Injections au red toash continuées. La jambe est élevée sur des coussins pour permettre au pus de s’écouler par la plaie.
7 mai. — Suppuration moins abondante et moins fétide. Peu de temps après, la malade est envoyée à Margate. (The Lancet, 1858-, t. II, p. 89.)
Obs. XXII. (Erichsen.) — Page 70.
Obs. XXIII. (Bowmann.)— Le 27 juin 1857, M. Bowmann, à King’s-College hospital, réséqua la hanche d’un garçon âgé de cinq ans, souffrant d’une coxalgie depuis deux ans. La maladie avait suivi sa marche et l’articulation était presque ankylosée par des tissus solides, mais à angle droit avec le tronc. Il y avait également des fistules à la partie postérieure de la jointure versant une grande quantité de suppuration. Le cas parut être favorable à la résection de l’os malade. L’opération fut faite sous l’influence du chloroforme. La tête de l’os était presque entièrement disparue, partie par absorption, partie à l’état de fragments contenus dans l’acétabulum. Les fragments détachés furent enlevés et l’acétabulüm gougé.
La branche horizontale du pubis était dénudée de périoste, et l’on put sentir très distinctement battre sur le doigt, pendant l’opération, l’artère fémorale. ( The Lancet, 1857, t. II, p. 84.)
Obs. XXIV. (Bowmann.) — Page 32.
Obs. XXV. (Bowmann.) — Page 43.
Obs. XXVI. (Stanley.) — La malade est une petite fille de dix ans, qui, depuis quelques années, souffre de la hanche. Quand elle entra à l’hôpital, elle était extrêmement faible. L’articulation était en pleine suppuration et des fistules s’ouvraient sur toute la surface extérieure. Le 24 janvier 1852, M. Stanley crut qu’il était non-seulement utile, mais encore nécessaire, pour sauver la vie de la malade, d’ouvrir l’articulation, soit simplement pour donner issue au pus, soit pour enlever la tête du fémur, si elle était malade. — Après avoir endormi la malade au moyen du chloroforme, il fit sur la hanche gauche une incision semi-circulaire dont la concavité regardait en dedans. — Le lambeau fut relevé, et après une dissection soignée, il mit à nu le col de l’os. On vit alors qu’un des abcès s’étendait très loin en arrière au-dessous du grand fessier, et que la suppuration prenait sa source dans le col. On fit saillir la tête de l’os en faisant exécuter au membre un mouvement de rotation en dedans, et après un examen attentif de cette partie, M. Stanley, avec l’appui et le conseil de ses collègues, MM. Dorde et' d’Eulan, se décida pour la résection. De fortes cisailles incisives furent appliquées sur le col de l’os, la division en fut très aisée, car il était très mou. La tête fut alors facilement enlevée et une section longitudinale faite au moyen de là scie dans son milieu montra qu’elle était complètement cariée. (La cavité coty loi de ne parut pas exempte de maladie.)
L’enfant alla parfaitement bien depuis, l’appétit reparut quelques jours après l’opération, la plaie reprit un bon aspect et la physionomie s’améliora. Dix jours après l’excision de la tête, la
10/i LG FORT. — DE LA RÉSECTION DE LA HANCHE
malade pouvait se coucher sur le côté, un poids assez lourd fut fixé au pied et pendait au pied du lit pour contre-balancer la contraction musculaire.
La guérison fut complète. ( The Lancet, 1852, t. I, p. 172. — Bazire, Thèse inaugurale, obs. VI.)
Obs. XXVII. (Stanley.) — Un jeune garçon de huit ans, souffrant depuis plusieurs années d'une maladie de la hanche, entra en juin 1852 dans le service de M. Stanley (Saint-Bartholomew’s hospital). La suppuration a envahi tous les environs de l’articulation, les abcès se sont ouverts et la région se trouve perforée de toute part d’un grand nombre de fistules. — La douleur et l’épuisement ont eu un effet très préjudiciable sur la santé du malade, il est tout à fait émacié.
On voit en examinant l’articulation que la tète du fémur est sortie de la cavité cotyloïde. Dans ces circonstances il était évident que l’intervention du chirurgien pouvait seule sauver les jours du malade.
Le 22 juin 1852, l’enfant fut conduit à l’amphithéâtre, et M. Stanley, dans l’intention d’enlever la tête du fémur, si elle était cariée, et si elle ne l’était pas, de faire profiter le malade d’une large incision qui pût donner une issue facile au pus et changer la vitalité de l’articulation, fit une incision semi-circulaire au niveau de l’articulation et releva le lambeau. On reconnut alors que l’abcès le plus profond s’avançait jusque derrière le col du fémur, et qu’il renfermait beaucoup de pus stagnant dans sa profondeur. La tête du fémur fut alors séparée du corps au moyen de la scie et de cisailles incisives, ce dernier instrument fut surtout utile par suite du ramollissement des os. La tête fémorale était complètement détruite, cariée et désorganisée ; elle n’était par elle-même susceptible d’aucun effort de séparation. Le pus infil. trait toutes les cellules osseuses. Aucun vaisseau ne nécessita de ligature. La plaie fut réunie, et comme le malade demandait à être couché sur le côté, on lui soutint le membre droit avec une attelle bien rembourrée de coton et de laine.
Avant l’opération, l’enfant prenait de l’huile de foiede morue, des toniques, une bonne nourriture ; on continua après l’opération. — Pendant les premières semaines il alla parfaitement bien, la plaie granula vigoureusement et la santé générale s’améliora visiblement. — Il est intéressant de se rappeler combien une suppuration abondante, mais de bonne nature, provenant d’une blessure en voie de cicatrisation, épuise moins la santé générale qu’une suppuration séreuse, peu abondante, provenant d’une affection osseuse.
Après quelques mois d’un traitement suivi avec soin et d’un bon régime, le malade fut capable de se lever et de se promener dans la salle avec des béquilles. Les anciennes fistules se guérissent et il ne reste d’autre plaie que celle produite par l’opération.
A^rès les premiers six mois, les progrès vers le mieux furent plus lents, quoique quelque mobilité se montrât dans l’articulation. Mais, pendant ce temps, la santé s’améliorait, son embonpoint était revenu.
Après six mois, M. Stanley, pensant que pendant l’été de 1853 l’air de la mer lui serait favorable, l’envoya à Margate juste un an après l’opération.
Il resta à Margate pendant l’été, et puis retourna chez ses parents. A ce moment la plaie était tout à fait cicatrisée; il était fort vigoureux et pouvait déjà se servir de son membre.
( The Lancet, 185Z|, t- I, p. 161.)
Obs. XXVIII. (Stanley.) — Le malade est un petit garçon de treize ans, dont la santé était minée par une coxalgie arrivée à une période très avancée. La tête de l’os était luxée sur le pubis entre l’épine iliaque antérieure et supérieure et les vaisseaux fémoraux ; elle était en celte position lorsque l’opération fut pratiquée le 21 mars 1857. On la mit facilement à découvert et on la réséqua avec la scie. La surface était un peu rugueuse, dépouillée de cartilages. L’acéiabulum était plein d’une substance mollasse.
Il parut aller bien pendant quelque temps après l’opération. Le membre fut maintenu dans une bonne position, mais la suppuration était très abondante et contribuait beaucoup à l’affaiblir. — Bientôt parurent les symptômes de tuberculisation pulmonaire, et il mourut de phthisie quelques semaines après l’opération. ( The Lancet , 1857, t. U, p. 391.)
Obs. XXIX. (Jones.) — Page 50,
Obs. XXX. (Jones.) — Page 38.
Obs. XXXi. (Price.) — Un jeune garçon souffrait d’une coxalgie qui avait détérioré sa santé. Le fémur n’était pas luxé. Après qu’on eut divisé le ligament capsulaire, on vit que le ligament rond était détruit entièrement. La tête fémorale était dénudée de cartilage. La section fut faite au-dessous du grand trochanter. Le malade va bien depuis. (Med. Times and Gazette, 1857, t. Il, p. 592, décembre.)
Obs. XXXII. (Price.) — Page 67.
Obs. XXXIII (Price.) — Page 37.
Obs. XXXIV. (Hancock.) - Page 36.
Obs. XXXV. (Hancock.) — Un jeune garçon âgé de dix ans, mais paraissant beaucoup plus jeune, entra à Gliaring-Cross pour une coxalgie datant de deux ou trois ans. La luxation spontanée s’était produite, et la jambe gauche malade, qui était croisée sur la droite, paraissait être deprès de 5 pouces plus courte que l’autre. Ce raccourcissement paraissait devoir être attribué à la fois à la luxation et à l’obliquité du bassin. Le trochanter était anormalement saillant; une ouverture fisluleuse existant à la partie externe donnait issue à une grande quantité de pus. D’autres fistules existaient encore dans la région de la hanche et de l’aine. L’enfant était réduit à un état cachectique par la suppuration, la fièvre hectique, les sueurs nocturnes et une toux fréquente. Il était très pâle, très affaibli, de j sorte que l’on devait croire à une mort très prochaine, si l’on n’apportait pas à son état une amélioration même temporaire. Il y avait tous les signes physiques de la phthisie. Sa face pâle et amaigrie, ses cheveux trempés de sueur, lui donnaient l’aspect d’un moribond; mais après consultation on crut prudent d'enlever la cause immédiate d’un tel désordre, afin de donner à l’enfant la chance de survivre quelques jours de plus.
Le 13 juin, M. Hancock réséqua l’articulation, le malade étant sous l’influence du chloroforme. La tête de l’os était luxée dans la fosse iliaque, sa surface était complètement érodée et en partie absorbée. L’acélabulum était sain, excepté dans line petite portion de son bord supérieur. L’hémorrhagie fut insignifiante, une seule artériole exigea une ligature.
L’opération faite rapidement ne fut suivie d’aucune espèce de traumatisme, et la santé, au contraire, s’améliora. On lui donna des toniques et une bonne nourriture. La plaie donna peu de suppuration et alla bien pendant six ou sept semaines ; mais on s’aperçut alors d’une augmentation dans la toux et dans les symptômes du côté du poumon. La plaie devint flasque et cessa de marcher vers la cicatrisation; la santé générale déclina, la maladie pulmonaire augmenta, la jambe droite, le scrotum s’œdématièrent, et trois semaines après (dix semaines après l’opération) le malade succomba à la phthisie au troisième degré. ( The Lancet, 1857, t. Il, p. 390.)
Obs. XXXVI. (Hancock.) — A son entrée à l’hôpital de Charing-Cross, la malade présentait à la partie externe de la hanche les ouvertures de deux trajets fistuleux à travers lesquels on pouvait faire pénétrer un stylet dans l’intérieur du bassin. Auprès de l’épine iliaque antérieure et inférieure se voyait la cicatrice d’un abcès guéri. Une suppuration abondante et la fièvre hectique minaient graduellement la malade.
En pratiquant l’opération, M. Hancock trouva qu’une ankylosé s’était formée entre le rebord
LE l'ORT. — DE LA RÉSECTION DE LA HANCHE
cotyloïdien et la tête. du fémur; cette tête était rugueuse, cariée et aplatie. Le fond de l’acétabulum était carié et perforé en plusieurs points.
L’extrémité supérieure du fémur, le fond et la partie supérieure de l’acétabulum, ainsi que l’épine et une grande partie de la tubérosité ischiatique, furent réséqués.
La malade alla bien pendant huit jours, mais au bout de ce temps elle fut affectée d’érysipèle à la banche, et mourut le même soir.
Trois jours après l’opération, ses menstrues, qui depuis six mois n’avaient point paru, étaient revenues et avaient. continué jusqu’au sixième, jour. (Bazire, Thèse inaug., obs. XVIi.)
Obs. XXXVII. (Bigelow.) — Un enfant de neuf ans souffrait depuis trois mois de la hanche. Il y avait un gonflement notable de la région et une luxation iliaque du fémur. M. Bigelow fit la résection. Quand il appliqua la scie à chaîne, une portion de l’os se détacha immédiatement sous la traction de l’instrument. Celte pièce était cariée et infiltrée de dépôt tuberculeux. L’os était dénudé et carié.
La malade mourut le douzième jour. ( American Journal ofmed.se., 18.52, t. II, p. 90).
Obs. XXXV1IL (Ruchanam.) — James Downie,âgé de quarante et un ans, fut admis à l’infirmerie royale de.Glascow le 2 novembre 135.0. Il y, a deux ans,. sans cause, appréciable, il ressentit.de la douleur dans la hanche droite.
Pendant quatre mois la. douleur augmenta, puis s’étendit au genou.. Les soins de plusieurs chirurgiens ne purent le guérir.
Le 2. novembre il se trouvait dans l’état suivant.: la jambe droite est.demiTfléchie, elle ne peut être étendue, le genou cependant paraît sain, mais il y a rétraction musculaire. Gonflement autour de la hanche, douleur à la pression et par le moindre mouvement. Une incision faite à la partie inférieure de la tumeur donne issue à une grande quantité de liquide séropnrulent. Il n?y a pas de luxation.
En décembre, la suppuration continue, il y a. des sueurs nocturnes et une tendance à la diarrhée. On. décide en consultation de faire la résection de la tête du fémur.
Le 20 décembre, une incision oblique est faite depuis l’épine iliaque antérieure et supérieure ; on fait tomber sur elle une incision verticale, qui, par la dissection, permet d’arriver sur la capsule. Celle-ci: présente une petite ouverture à la partie inférieure, on l’ouvre plus largement et l’on constate que la tête. est cariée et dénudée de son cartilage. Une section est faite avec, la scie ordinaire au-dessous du grand trochanter. Les bords de la cavité colyloïde cariés sont enlevés, avec. la gouge et des cisailles coupantes.
Pas de ligatures, la plaie est réunie par des sutures, et des bandelettes.
Rien de remarquable jusqu’au 24 janvier. La j>laie est cicatrisée , on essaye alors des mouvements dont on augmente l’étendue sans, amener de douleurs.
On lui procura un logement à la campagne; il fit le voyage très bien en chemin de fer.
«Je le vis„dit M. Buchanam, chaque semaine ; il allait aussi bien que possible, prenait de nouvelles forces, avait bon appétit, lorsque deux mois après son arrivée à. la campagne il fut pris d’une dysenterie qpi, tombant sur un sujet déjà affaibli, l’enleva en quelques jours.»
La plaie était guérie, le grand trochanter était sain et revêtu d’une incrustation cartilagineuse ; les bords de l’acétabulum qui avaient été enlevés étaient remplacés par une matière osseuse de nouvelle formation. ( Glascow med. Journ., t. 1er, p. 12.)
Obs. XXXIX. (Coote.) — Thomas H..., âgé de seize ans,, fut admis à l’hôpital Saint-Barthélemy pour, une coxalgie datant de deux ou trois ans, accompagnée de suppuration et de luxation dans l’échancrure sciatique.
Le malade garde le lit. depuis près de deux ans, la cuisse malade est croisée sur là cuisse saine, et l’on peut facilement sentir la cavité cotyloïde. Une consultation fut tenue par
MM. Coote et Wormold, el .ils crurent, en présence surtout de l’inutilité future du membre par suite de la luxation, que le meilleur traitement était la résection de la tête.
Le 21 septembre, après avoir administré le chloroforme, M. Coote fit une incision semilunaire, à convexité postérieure, au niveau du trochanter, disséqua les muscles avec soin et mit à nu le fémur. On le scia dans, presque toute son épaisseur,, et l’on acheva la section avec des cisailles. On releva Le fragment détaché et l’on enleva la tète, le col et le grand trochanter. Des adhérences fibreuses rendirent cette partie de l’opération assez difficile. Il fallut, en enlevant la tète, prendre beaucoup de précautions pour ne pas blesser le nerf sciatique qui était placé sur elle. Il fut ménagé complètement, deux petits vaisseaux furent liés; l’hémorrhagie fut insignifiante,; le membre fut simplement placé sur des coussins.
La tête du fémur était rugueuse, érodée, altérée dans sa forme et privée de cartilage. L’acétabulum était non-seulement sain, mais rempli de tissus de.nouvelle formation.
11 n’y eut pas d’accidents. Le dO octobre une bonne partie de la plaie était fermée,
Le membre sur lequel on n’a pas appliqué d’attelle est dans une position convenable.
Le malade mange deux côtelettes et Doit chaque jour 120 .grammes de vin ét deux pintes de porter.
17 octobre. — Le membre (est dans sa position naturelle, la sanLé semble parfaite. Cinq semaines après l’opération, le malade était en pleine convalescence. {The Lancet, 1857, t. II, p. 417. — Bazire, Thèse inaug., obs. VIII, p. 19.)
Obs. XL. (Gotlon.) — Jenny Bullen, âgée de douze ans, entra à Lynn hospital le 10 septembre 1849 pour une coxalgie très grave datant de neuf mois. Elle a tous les attributs du tempérament scrofuleux. Son père, sa mère et un de ses frères sont morts phthisiques. Les deux jambes sont fléchies, et une lange eschare existe sur le sacrum du côté gauche ; il en existe deux autres sur les malléoles.
La hanche droite est le siège d’une profonde ulcération permettant d’arriver sur le grand trochanter dénudé et sur la tête luxée dans la fosse iliaque.
L’état ule la.santé ne laissant. aucun autre espoir de conserver la vie, M. Cotton, après consultation, se décide à pratiquer la .résection.
.Le 12 octobre, une incision de 13 centimètres fut faite depuis la tête fémorale et descendant le long du fémur. Qn enleva 10 centimètres de .l’extrémité supérieure du fémur. La cavité cotyloïde était remplie de matière fibrineuse. Le membre fut mis dans une situation aussi bonne que le permettait la flexion permanente du genou.
Rien de remarquable les premiers jours. Le sixième jour on s’aperçut que l’extrémité supérieure du fémur, par suite de la flexion du genou, tend à faire saillie a travers la plaie. M. Cotton voulut étendre de force .le genou, mais les téguments du jarret se rompirent et s’écartèrent d’un travers de doigt, le membre redressé fut mis sur une attelle allant jusqu’à l’aisselle et dépassant le pied.
Le fémur garda depuis une bonne position ; malgré les complications d’eschares et de rupture de la peau du jarret, tout sembla marcher vers la guérison.
Le 18 décembre, jour où s’arrête l'observation que nous avons très brièvement résumée, c’est-à-dire deux mois après l’opération, on fit encore l’extraction d’un séquestre appartenant à l’extrémité supérieure du fémur. Le doigt ne rencontre nulle part d’os dénudé. L’appétit est bon, le sommeil excellent, les eschares sont ou guéries ou en voie de guérison, et tout fait espérer une terminaison favorable. {London medical Gazette, 1849, t. XLIV, p. 1057.)
Obs. XLI. (Coker N. Da.vies.) — Edward G..., âgé de.douze.ans, fut admis à Rye-Union house, il y a trois ans (1854), pour une maLadie de la hanche,; la tête du fémur était luxée dans la fosse iliaque externe au moment de son .admission.
La santé a beaucoup souffert depuis cette époque par la suppuration s’échappant à travers quelques orifices fisluleux. Il en existe actuellement trois au-dessous et au-dessus du grand trochanter et un à la partie supérieure et interne de la cuisse.
L’émaciation faisant des progrès continuels, je crus qu’il fallait recourir à quelque moyen chirurgical; aussi, après une consultation avec quelques confrères, je me décidai à pratiquer la résection. En conséquence, le 2 juin dernier, je pratiquai l’opération de la manière suivante : L’enfant ayant été soumis à l’influence du chloroforme par le docteur Adanson (de Rye), je fis une incision en H sur la tète et le grand trochanter. Trouvant le col malade, je crus convenable découper l’os juste au-dessous du grand trochanter. La cavité cotyloïde était jusqu’à un certain point cariée. J’appliquai franchement la gouge et j’enlevai la partie de la portion supérieure et postérieure et un peu de son fond. Les chairs furent rapprochées par quelques sutures et quelques bandelettes, en laissant une ouverture pour l’écoulement du pus. Une longue, droite et forte attelle avec une semelle fut appliquée et la plaie pansée avec une compresse mouillée dans l’eau froide; puis l’enfant fut reporté dans son lit. Il n’y cul pas d’hémorrhagie et il ne fut, par conséquent, pas nécessaire d’appliquer de ligatures. L’administration du chloroforme ne fut suivie d’aucun malaise.
A juin. — Nuit bonne, peu de douleur; la plaie a bon aspect. (Thé de bœuf fort et Porto.)
23 juin. — L’attelle est enlevée, la plaie a très bon aspect. (Mouton, thé de bœuf et une pinte de stout chaque jour.)
25 juin. — Quelques douleurs à la partie supérieure et interne de la cuisse, qui paraît rouge et dure. (Cataplasmes de mie de pain; trois fois par jour une potion avec quinine et ammoniaque.)
1er juillet. — On ouvre un abcès renfermant près d’une demi-pinte de plus. (Cataplasmes.)
3 juillet. — Beaucoup mieux ; la plaie ne suppure que très peu ; le malade peut lui-même lever la jambe et la fléchir sur le bassin.
5 juillet. — 11 va bien et n’éprouve aucune douleur. (The Lancet, 1857, t. II, p. 55.)
Obs. XLII. — Le 17 mars 18à8, M. French, chirurgien à l’infirmerie de Saint-James, réséqua la tête du fémur chez une petite fille âgée de dix ans. Le fémur était luxé sur l’os iliaque, et l’on pouvait, à travers un trajet fistuleux, sentir la tête ramollie et cariée. L’acétabulum n’étant pas altéré ne fut pas touché. Guérison rapide. ( Half-yearly abstract, t. XVI. — Bazire, Thèse inaug., obs. V.)
Obs. XL1II. (César Hawkins). — M. Hawkins opéra, le 12 février 1852, une petite fille de dix ans, qui depuis quatre ans souffrait de la hanche. On n’avait pu obtenir l’ankylose. Il y avait luxation iliaque.
M. Hawkins fit une incision longitudinale, découvrit et scia le fémur à 2 centimètres audessous du grand trochanter. On enleva ensuite avec des pinces coupantes quelques parties de l’acétabulum. La plus grande partie de la tête fémorale était détruite par la carie.
Il y eut une légère hémorrhagie, facilement arrêtée lorsque l’enfant fut reportée daus son lit. Tout marcha bien d’abord ; mais la malade avait été tellement affaiblie par la longue durée de sa coxalgie qu’elle n’eut plus assez de forces pour réagir contre l’opération; elle succomba le troisième jour.
La cavité cotyloïde remplie de matières fibrineuses était cariée et même perforée au centre, de sorte que l’on pouvait facilement introduire le doigt dans le bassin. (The Lancet, 1852, t. L, p. 219. )
Obs. XLIV. (Walton.) — William W..., garçon de seize ans, souffrant depuis deux ans d’une affection de ia hanche, pour laquelle il fui soigné par Liston. Le membre était raccourci, la cuisse déformée ; un abcès ouvert au-dessous du grand trochanter permettait de
constater la dénudation de l’os. I! n’y avait aucun signe de maladie grave du bassin ou de la région iliaque. La santé était délabrée.
Une opération servant en quelque sorte à élucider la situation fut faite le 24 mars 1848.
M. Wallon fit une longue incision qui lui permit de constater que la tête était luxée, cariée, et que la carie s’étendait au grand trochanter. La scie fut appliquée sous le grand trochanter et l’on enleva toute la partie supérieure du fémur. La cavité cotyloïde, peu malade, était encore recouverte d’une partie de son cartilage, à l’exception d’une petite portion qui manquait au centre, et au niveau de laquelle l’os était carié, on enleva avec la gouge ce qui parut malade.
Le malade ne souffre plus, a repris de la force; la suppuration est peu abondante, la plus grande partie delà plaie est fermée. {The Lancet, 1849, t. I, p. 415.)
Pendant deux mois l’enfant alla parfaitement; la plaie se guérit, sauf quelques fistules persistant encore et donnant peu de suppuration. Il pouvait faire exécuter au membre des mouvements de flexion et d’extension, s’asseoir sur son lit; mais en juin, la santé générale s’affaiblit; des signes de tubercules pulmonaires se montrèrent, et il mourut le 9 juillet.
A l’autopsie, on trouva des tubercules dans le poumon gauche; le rein droit avait perdu toute trace de structure; il s’était formé une excellente fausse articulation. {The Lancet, 1852, t. II, p. 144.)
Obs. XLV. (Heyfelder.) — En 1848, Heyfelder fit la résection de la hanche à un malade âgé de vingt ans pour une carie de toute l'articulation avec luxation partielle du fémur. On enleva la tête, le col et une partie des trochanters, plus une portion de l’acétabulum ; les surfaces osseuses furent ensuite cautérisées avec le fer rouge. Après quelque temps, le malade pouvait se promener avec une béquille et un bâton ; il s’était fait une ankylosé solide entre le fémur et le bassin.
Un an après, il y eut des signes de récidive dans les os du bassin, et trois ans et demi plus lard, en raison de l’état du malade très émacié, et près de mourir par suite de l’existence d’abcès et de l’abondance de la suppuration, Heyfelder fit la désarticulation de la hanche, divisant l’ankylose récente et enlevant en même temps deux pouces de la branche horizontale du pubis et quelques séquestres mobiles; on dut laisser intacte une grande portion d’os carié. Le malade mourut deux heures après l’opération. (Heyfelder, Uber amputationem und resectionem; Breslau und Bonn, 1855, t. IV, p. 155; British medic. review, 1857, t. XX, p. 306).
Obs. XLVL (Hilton.) — W. W..., âgé de cinquante-quatre ans, fut admis à Guy’s, le 10 novembre 1857, pour une maladie de la hanche droite. Il y a un an et demi il commença à ressentir des douleurs, et les symptômes de la coxalgie se montrèrent graduellement. La cuisse droite est fléchie sur le bassin, et il éprouve une vive douleur lorsque l’on pousse la tête du fémur contre Pacétabulum.
Le 2 janvier. — 11 dit n’avoir pas éprouvé d’amélioration depuis son entrée à l’hôpital.
Le 5. — Des eschares se forment au sacrum ; on le place dans un lit mécanique.
Le 11. — Même état. Une incision faite derrière le grand trochanter laisse échapper de la sérosité contenant quelques grumeaux caséeux.
Le 25. — La suppuration a augmenté ; il rapporte toujours la douleur au genou.
Le 1er février. — La suppuration est toujours aussi abondante, mais il y a un peu moins de douleur.
23 février. — La douleur et l’abondance de la suppuration mettant en danger la vie du malade, M. Hilton se décida à faire une incision sur la tête du fémur et à l’enlever si elle était malade. Une incision en T la met à nu. Elle est luxée dans la fosse iliaque externe et malade. On la scie au-dessous du petit trochanter. La tête avait presque disparu par absorption ;le col était également malade. Le membre est placé sur une longue attelle.
24 février. — Depuis plusieurs mois le malade n’a point passé une aussi bonne nuit.
26 février. — Un peu d’anxiété dans les traits, l 'eschare du sacrum le gêne beaucoup ; la suppuration semble gagner la fesse gauche qui présente un peu de rougeur érysipélateuse.
1er mars. — Pouls, 126. Assoupissement pendant la journée, subdelirium la nuit : l’eschare donne beaucoup de pus, ce qui affaiblit beaucoup le malade, bien qu’il prenne une bonne nourriture. (2 grains de quinine dans la potion sédative de Buttley ; tisane sulfurique. )
3 mars. — Beaucoup de délire la nuit dernière. Il paraît mieux aujourd’hui. Pouls, 100 ; moins de douleur.
Il mars. — Pouls petit et faible; aggravation de l’état général.
6 mars. — Mort à quatre heures du matin.
Autopsie. — Pas de maladie viscérale ; distension des intestins. L’extrémité du fémur repose dans l’acétabulum qui est sain. Un abcès passant sous le ligament de Poupart arrive jusque dans l’abdomen. (The Lancet, 1858, t. II, p. 116.)
Obs. XLVII. (Holt.) — Page 34-
Obs. XLVIl(. (Kinlock.) — Le bord de la cavité cotyloïde est rugueux, le fond est largement perforé ; quelques portions du bord sont enlevées avec le ciseau et la cisaille. Néanmoins on ne put retrancher toute la partie malade. — Mort. (Schmidt Jahrb., t. XCXV, p. 3/i2. — Archives de Langenbeclc. Mém. de Fock, n° 76.)
Simple mention de Half-yearly abstract, t. XX V If T, p. 250. L’observation existe dans Char lestown med. Journ., 1857, numéro de mai. — Je n’ai pu me le procurer à Paris.
Obs. XLIX. (De Morgan.) — Un garçon âgé de dix-sept ans, atteint de coxalgie avec luxation spontanée datant de deux mois, fut reçu à l’hôpital de Middlesex (Londres). On fit la résection de la tête et du col du fémur. La tête était cariée, mais la cavité cotyloïde était à peu près saine. — Il y eut peu de traumatisme. Le malade va aussi bien que possible. (Med. Times and Gaz., 1857, t. 1er, p. 139.)
Obs. L. (Morris.) — Un maladeâgéde dix-huit ans souffrait depuis sept ans d’une coxalgie survenue pendant le cours d’une fièvre typhoïde. L’articulation suppurait constamment, il n’y avait de temps en temps que de courtes rémissions. Il se confia aux soins de M. Morris (de Spalding).
La cuisse droite était devenue de 3 pouces plus courte que l’autre. Le genou s’inclinait sur la gauche, la plante du pied était tournée en dehors, le gros orteil appuyant sur le sol, à moitié chemin des orteils et du talon de l’autre pied, à côté duquel il restait comme fixé. Le grand trochanter faisait une saillie en arrière et appuyait fortement contre les téguments, comme s’il voulait les percer. Au-dessous et en arrière de lui s’ouvraient trois fistules conduisant sur l’os carié.
Le 12 novembre 1849, M. Morris enleva la tête de l’os dans laquelle existaient quatre cavités cariées. Il enleva aussi un séquestre derrière l’acétabulum.
Le malade se rétablit rapidement. Un an après l’opération, la santé était rétablie; la plaie était parfaitement guérie, et, au lieu d’un membre immobile et contracturé, le malade avait une jambe forte, solide et parfaitement mobile dans son articulation. (The Lancet, 1852, t. II, p. 144.)
Obs. LI. (Parkman.) — Un garçon âgé de quatorze ans entra à l’hôpital de Boston, le 9 mai, pour une coxalgie arrivée à une période avancée. La maladie durait depuis six mois. Durant l’été, les symptômes s’aggravèrent de plus en plus, et de larges abcès s’ouvrirent à la fois dans la région et à la partie interne de la cuisse. Le membre était fort raccourci, les symptômes de fièvre hectique existaient déjà, et on crut plusieurs fois que le malade succomberait à la diarrhée.
Dans celle circonstance, on se décida à ouvrir les abcès de la fesse, à disséquer la peau depuis le trochanter jusqu’à la crête iliaque, et à examiner l’état de l’articulation, afin d’enlever la tête du fémur, si l’indication existait.
Le 19 octobre, après avoir éthérisé le malade, on ouvrit largement les abcès, et en disséquant la peau, on trouva une surface granuleuse de 6 pouces carrés. La tète de l’os était dans sa capsule, mais en faisant mouvoir le membre, on sentait une crépitation qui indiquait une carie étendue. Une ouverture fut faite à la partie supérieure de la capsule, et comme le ligament rond était détruit, la tête fut facilement luxée et coupée avec des cisailles au niveau de la partie moyenne du col. L’acétabulum était carié dans le quart de son étendue, mais on n’y toucha pas.
Depuis ce moment la santé du malade s’est beaucoup améliorée, les symptômes constitutionnels ont tout à fait disparu. Le malade n’a plus de diarrhée, il a bon appétit, engraisse, et tout promet une terminaison favorable.
Tout le cartilage articulaire avait disparu et il y avait un sillon de séparation entre les parties saines et la portion nécrosée de la tête.
27 janvier. — Trois mois après l’opération, le malade continue à aller très bien, et il n’y a pas de symptômes généraux fâcheux. ( Records of the Boston Society for medical improve. ments, 1854, p. 262.)
Obs. Lit. (Sayre.) — Page 40.
Obs. LIII. (Shaw.) — Page 49.
Obs. LIV. (Shaw.) — Elisabeth D..., jeune fille pâle, délicate et d’une apparence scrofuleuse, âgée de quatorze ans, fut admise le 20 mai 1856, à Middlesex hospital, service de M. Shaw, pour une affection de la hanche. Elle souffre depuis deux ans de la hanche gauche et resta onze mois à Bridgewater infirmary. Durant son séjour dans cet hôpital, un abcès se forma dans la région et fut ouvert il y a environ un an. Sa position devint plus fâcheuse, et elle ne put marcher qu’à l’aide de béquilles. La tête du fémur était luxée, une grande quantité de suppuration existait autour de la jointure. Elle souffrait beaucoup et présentait tous les symptômes d’une fièvre hectique. En entrant à l’hôpital, elle était très affaiblie et offrait tous les caractères de la diathèse scrofuleuse. La tête du fémur était luxée dans la fosse iliaque, il se formait chaque jour de nouveaux abcès, et il existait un grand nombre de fistules. On chercha à améliorer la santé générale.
Le 17 juillet 1856, M. Shaw, après avoir mis la malade sous l’influence du chloroforme, fit une incision sur Vos ( across tke bone ), le dénuda et sépara avec la scie de Butcher la tête et le col du fémur. Il y eut quelques difficultés dans la séparation des os, ce qui tenait à des débris de la capsule attachés sur les bords de la cavité cotyloïde et qui durent être coupés d’abord. La forme de cette cavité était modifiée, son fond était aminci, mais il n’y avait pas de perforation. Elle était en partie remplie de tissu fibreux, et ses bords étaient unis et recouverts d’une membrane veloutée paraissant saine. Cette partie de l’articulation n’était plus malade au moment de l’opération. Avant la résection, la sensibilité de la région était extrêmement vive et la malade ne pouvait supporter aucun mouvement. Elle put aussitôt après être examinée et pansée sans éprouver la moindre douleur. Une bonne alimentation fut prescrite pour améliorer l’état général. L’appétit devint bon ; elle dormait bien, et la suppuration, qui après l’opération était très abondante, ne tarda pas à diminuer de quantité. La plaie est de bonne nature, granule bien, se cicatrise et diminue chaque jour d’étendue.
A la fin des premières six semaines une eschare se forma au sacrum, qui retarda un peu la guérison. Une petite lamelle osseuse paraissant venir du corps de l’os au-dessous du trochanter fut expulsée. A ce niveau était la cicatrice d’une ancienne fistule antérieure à l’opération, et à
travers laquelle une sonde pénétrait jusqu’au trochanter. On ne put employer d’attelles, et M. Sliaw eut recours à la position en plaçant la jambe dans l’abduction et en élevant la cuisse sur un oreiller, ce qui procurait une forte extension et laissait les os en bonne position.
La jeune fille paraît tout à fait bien portante, se trouve très bien de l’usage du quinquina dans ses différentes formes, du vin et d’une bonne alimentation. Elle peut mouvoir son membre, mais n’ose pas encore sortir de son lit. Un des ganglions inguinaux a suppuré, mais il n’était en aucune façon en rapport avec l’articulation, M. Shaw espère, après quelque temps, tirer la jambe un peu plus en bas, et jusqu’à présent rien ne doit empêcher d’espérer une guérison avec un membre utile et une articulation mobile. ( The Lancet., 1856, t. Il, p. 431. — Med. Times and Gaz., 1856, t. II, p. 442.)
Obs. LV. (Simon.) — Page 71.
Obs. LVI. (Smith.) — Page 61.
Obs. LVIf. (Solly.) — William B... est depuis plusieurs mois dans la salle de M. Solly (Saint- Thomas) pour une tumeur blanche de l’articulation coxo-fémorale, qui paraît être survenue sous l’influence d’une violence extérieure. On essaya pendant longtemps de la guérir sans opération; mais, n’obtenant pas de succès, MM. Solly et Green, son collègue, crurent devoir recourir à la résection. Voici quel était à ce moment l'état du malade :
Il existe autour de l’articulation plusieurs fistules qui donnent issue à de la suppuration séreuse et sanguinolente. La toux est fréquente et s’accompagne de douleurs thoraciques, mais sans expectoration. Le pouls est à 100, mou ; la langue blanche, l’appétit mauvais, les sueurs sont fréquentes, les selles rares. Une sonde ordinaire pénètre de toute sa longueur dans la fistule supérieure, une seconde passée dans l’ouverture inférieure rencontre le premier instrument, mais en bas seulement; dans toute autre direction elle ne s’enfonce que de 3 pouces. Sur le trochanter elle frappe sur une substance solide, mais on ne peut décider si l’os est dénudé.
L’abondance de la suppuration conduisant rapidement le malade à la mort, je me décidai à l’amputer de l’os malade.
L’opération fut faite le 2 avril. Ma première incision commença à 2 pouces au-dessus du grand trochanter, et s’étendit en bas dans l’étendue de 7 pouces à travers l’ouverture de la fistule supérieure et s’arrêta à 2 pouces du petit trochanter. J’avais à couper à travers un tissu cellulaire, œdématié, dur, de près de 3 pouces d’épaisseur avant d’atteindre l’os. Une seconde incision de 3 pouces de longueur fut faite perpendiculairement à la première et tombait sur son milieu (T),
Je disséquai alors ce tissu fibreux épaissi qui entourait l’extrémité supérieure du fémur. Le col de l’os était entouré par la capsule épaissie et comme ossifiée par places. Je vis en même temps qu’une portion de la tête était ramollie et cariée. Je sciai le corps du fémur juste audessous du grand trochanter.
11 fut fort difficile de détacher la tête du fémur par suite de ses adhérences aux parties environnantes et aux tissus de nouvelle formation qui semblaient constituer une nouvelle cavité glénoïde. Enfin nous pûmes l’enlever. Le corps du fémur nous parut sain ainsi que les os du bassin. La cavité cotyloïde était un peu effacée, car ses bords étaient partiellement détruits et son fond était rempli de tissu de nouvelle formation, ossifié par place et présentant la texture molle des os cariés. Il n’y eut que très peu de sang répandu, et il n’y eut besoin d’aucune ligature. Les bords de la plaie furent réunis par cinq points de suture et quelques bandelettes.
Quatre heures du soir. — Le malade paraît faible. Pouls 100, petit et faible. Les membres inférieurs et spécialement le droit sont froids, beaucoup de douleurs. (Eau-de-vie à six heures.)
Neuf heures. — Peau plus chaude, pouls 108, plus fort, avec quelques intermissions. Langue
blanche et moite, un peudesoif, léger suintement de sang depuis l’opération. (Une demi-drachme de solution de Battley, 4 onces de vin et 4 onces de cognac.)
Minuit. — 11 a dormi un peu, la peau est chaude, la respiration franche, le pouls, 114, régulier. (Un peu de cognac toutes les demi-heures.)
4 avril, dix heures du matin. — La nuit a été bonne, il a sommeillé de temps en temps, un peu de toux qui réveille de la douleur dans l’articulation. (Nitrate de potasse, une demidrachme ; teinture d’opium, une demi-drachme; essence de roses, 3 drachmes, à prendre à chaque quinte de toux. Le cognac est porté à 6 onces.) Pouls, 116, mou, un peu irrégulier ; peau chaude et moite, un peu de soif, un peu d’écoulement de sang par la plaie.
Dix heures du soir. — Il a pris un peu de viande pour dîner. A six heures, frisson et vomissement de son dîner. (Cognac.) Il y a un peu de rougeur et de tension autour de la plaie, et de fluctuation à sa. partie inférieure. La sonde introduite fait écouler un peu de pus. Pouls, 124, régulier ; jambe froide.
5 avril. — 11 a dormi quelques heures, moins de toux. Il n’y a plus de rougeur de la plaie, on enlève une suture. Pouls, 120. (Arrow-root et 2 onces de rhum.)
6 avril. — Nuit bonne, peau chaude et moite, langue blanche, peu d’appétit, écoulement régulier du pus, pas de rougeur et de tension autour de la plaie. Pouls, 124.
7 avril. — Nuit mauvaise par la gène d’un autre malade ; langue blanche, appétit meilleur. On enlève les bandelettes et trois sutures. Le pus est un peu sanguinolent.
Les jours suivants, rien de remarquable ; le pouls continue à diminuer de fréquence.
15 avril. — De l’érysipèle se montre en avant de la plaie et occupe toute la cuisse. On enlève toutes les bandelettes et on n’applique que des cataplasmes. Langue brunâtre, céphalalgie, peu d’appélit*senliment de faiblesse, peau chaude, mais non sèche; pas de douleurs. Pouls, 140, plutôt faible, mais variable; quelques intermittences. Dans la journée il vomit deux fois; le soir la face est déprimée, les yeux un peu égarés. Il a cependant mangé comme d’habitude, la peau est chaude. Une selle. L’éiysipèle s’étend depuis le haut de la cuisse jusqu’aux malléoles. Le pus est séreux. Le pouls à 136, faible. (Sinapismes sur la poitrine.)
16 avril. — Nuit assez bonne, mais sueurs fréquentes et abondantes ; face pâle, contenance anxieuse; langue plutôt sèche. Des phlyctènes se montrent à la jambe. Les vomissements continuent. (Acide cyanhydrique, 5 minimes; esprit aromatique d’ammoniaque, 1 drachme, toutes les six heures.)
17 avril. — La face est pâle et anxieuse, l’appétit mauvais, la langue sèche, la peau chaude, les sueurs fréquentes. Le pouls faible, à 134. (Créosote, 1 minime trois fois par jour.)
Les symptômes continuèrent à s’aggraver et il mourut le lendemain.
A Vautopsie, on trouva que la tête du fémur avait été enlevée près du petit trochanter, la surface de section de l’os, les bords qui l’entouraient étaient couverts d’une couche épaisse de granulations. Immédiatement au-dessous, la surface du corps était irrégulière et présentait un grand nombre de petits mamelons osseux. Le reste du fémur était sain. Le cartilage et les tissus libreux de l’acétabulum étaient entièrement disparus. Les bords osseux étaient détruits par l’absorpiion ou la carie; de sorte que la cavité avait entièrement perdu sa forme ; elle avait celle d’un ovale allongé dont le grand axe était dirigé de haut en bas en suivant la direction de la crête iliaque. La tête fémorale était logée dans la pariie supérieure de cette cavité, Malgré ce changement de forme, l’acétabulum n’était pas carié, mais présentait des granulations. L’articulation renfermait un peu de pus, et la fistule ouverte de la partie inférieure de la plaie y aboutissait. Il y avait dans l’articulation quelques petits fragments osseux. Les viscères examinés avec soin ne présentaient rien de remarquable. Quelques graviers dans le rein gauche. ( The Lancet, 1853, t. Ier, p. 3.)
Obs. LVIII. (Ure.) — William S..., âgé de huit ans, d’apparence émaciée, souffrait de la hanche depuis (rois ans. Sur le grand trochanter droit existait un ulcère de la largeur d’un florin, de mauvais aspect, menant dans une cavité sinueuse très large, au fond de laquelle on trouve l’os dénudé laissant écouler du pus sanguinolent à la moindre pression. En examinant le rectum on trouva une ouverture arrondie mollasse communiquant avec cette cavité. Tous les traitements ayant élé sans résultats, M. Ure se détermina à recourir à la résection. Il fit une incision curviligne longue de 3 pouces et demi environ le long du bord supérieur et postérieur du grand trochanter, en ménageant le grand nerf sciatique.
Il divisa alors les parties molles jusque sur la tête du fémur qui n’était plus retenu dans la cavité cotyloïdepar suite delà destruction des ligaments rond et capsulaire. Il isola la tête et le col du fémur etiecoupa à sa base avec des cisailles, et enleva sans difficulté la partie réséquée Quelques parties cariées sur les côtés du grand trochanter furent enlevées avec la gouge, de même que sur la partie supérieure et postérieure du rebord de la cavité cotyloïde. La portion d’os enlevée était d’une couleur rouge sombre molle, poreuse et cariée. Le cartilage d’incrustation était en grande partie détruit. La plaie fut fermée par des points de suture et la cuisse fut maintenue dans une flexion et une abduction légères.
Un peu plus de six semaines après l’opération il put se promener dans la salle avec des béquilles et pouvait fléchir la cuisse sur le bassin (même préalablement fixé avec soin). Il y avait peu de raccourcissement. En marchant il plaçait sur le sol les orteils et le talon; il restait encoie deux petites fistules donnant très peu de pus. Il a considérablement gagné en force et en santé. L’amélioration survenue depuis l’opération est des plus remarquables.
(Lu à Harweian Society, par M. Ure, Med. Times , 1857, t. II, août, p. 153.) m
En octobre de la même année il fut vu hors de l’établissement en assez bonne santé, marchant assez bien, mais le membre n’était pas assez long pour permettre au talon de toucher le sol. (Basire, Thèse, obs. XI (1).)
Obs. LIX. (Walton.) — Un garçon, âgé de douze ans, souffrait depuis environ dix-huit mois de tous les symptômes d’une coxalgie. 11 fut pendant quelque temps soumis aux soins de M. Sym. Quand je le vis il était réduit presque à l’état de squelette, par suite d’un abcès et de la fièvre.
Quelque temps après j’ouvris un autre abcès à la partie interne de la cuisse près du scrotum, il s’en échappa un peu de sang et beaucoup de pus fétide. Il ne lui restait guère de chance de vivre que dans une opération. Je me décidai à la pratiquer. Le tête du fémur n'était pas luxée. Le col de l’os fut scié près des trochanters. L’acéiabulum était dénudé et rugueux au centre, plus spécialement dans les endroits où il était en contact avec la tête du fémur. II ne souffrit que très peu de l’opération.
A huit heures du soir survint une sérieuse hémorrhagie et avant que je pusse arriver, il était mort.
L’autopsie ne fut pas permise, nous ne pûmes qu’examiner la partie externe du membre par où le sang s’était échappé.
L’abcès s’était étendu profondément entre les adducteurs, isolant et disséquant l’artère et la veine.
A l’endroit où la veine fémorale profonde rejoint la fémorale il y avait une petite ulcération par où provenait l’hémorrhagie. ( The Lancet, 1852, t. II, p. 1 hit.)
(1) Cette observation nous a paru être la même que celle rapportée dans The Lancet, 1857, t. Il, p. k t9, l’âge du malade est un peu différent. — Fock a distingué ces deux observations qu’il rapporte à deux malades différents.
Obs. LX. (Skey.) — Simple mention de Half-yearly abstract, t. XXVIII, p. 250.
Obs. LXI. (Sayre.) — Simple mention. — Vers la fin du sixième mois, la plaie étant presque entièrement cicatrisée, le malade commença à marcher avec des béquilles. Raccourcissement d’un quart de pouce ; les mouvements de flexion et de rotation sont possibles; peu à peu les mouvements devinrent plus libres et le malade put marcher avec un bâton.
Etat général excellent. (Langenbeck, Archiv., 1860. — Mém. de Fock, n°68. — New-York Journ., jan. 1855.)
Obs. LU. (Textor.) — Mémoire de Fock.
Obs. LXIII. (Heusser.)— L’os fut scié au-dessous des deux trochanters. Au bout de six mois le malade marchait bien avec un talon élevé et un bâton. Le raccourcissement était de plus d’un pouce. Il n’est pas certain que l’auteur ait revu le malade au moment de la publication, c’est-à-dire deux ans après l’opération. (Sebweiz, Kant. Zeitschr., 1854, et Schmidt, Jahrbb., t. LXXXV, p. 89.)
Obs. LXIV. (Kied.) — Opéré le 12 août 1852. En mai 1853, il pouvait appuyer sur le membre et marchait assez bien à l’aide d’un bâton. Sorti de l’hôpital le 5 septembre. Raccourcissement de deux pouces et demi, néanmoins il peut s’appuyer et faire quelques pas sans bâton. En marchant les mouvements se font à la fois dans le bassin et dans la cuisse, les mouvements sont possibles dans l’articulation, mais peu étendus. (L. Schlllback, Beitr . zu den Resect., 1858, lre partie, p. 12.)
Obs. LXV. (Esinark.) — Simple mention.
Obs. LXVL (Textor.) — Simple mention.
Obs. LXVIl. (Kuhn.) — Col du fémur spontanément détaché. Carie du sacrum et de l’ischion. Mort de maladie de Bright (Fock, n° 71),
Obs. LXVIII. (Roser.) — ConralEbener, âgéde huit ans, atteint depuis dix mois d’une arthrite de l’articulation de la hanche, entre le 8 janvier 1855 à la clinique de Marbourg. La cuisse est dans l’adduction et la rotation en dedans, visiblement luxée.
En arrière et au-dessus du grand trochanter, la peau est soulevée et détruite dans l’étendue d’un demi-pouce. Résection le 5 février 1855. Le grand trochanter est circonscrit par une incision prolongée jusqu’au petit trochanter, l’os est scié suivant une ligne qui passerait entre les deux trochanters, il y eut à peine deux cuillerées de sang de perdu. La cavité cotyloïde parait saine, le col du fémur est presque entièrement nécrosé, mais le séquestre est solidement enchâssé dans de l’os sain. Décubitus sur le côté droit. Réaction presque nulle, guérison lente. Un abcès se forme peu à peu dans le région de l’aine, il fut ouvert sans qu’il fût possible de savoir s’il était dû à la perforation de la cavité cotyloïde, ou s’il s’était formé le long du psoas. Sorti avant la guérison complète de la fistule en juin 1855.
Le 15 mai 1860, Roser dans un voyage rencontra ce malade. Raccourcissement très faible, il marche sans béquilles. Ras de torsion du membre, néanmoins un peu d’adduction; il ne fut pas possible d’examiner le malade plus en détail. {Mém. de Fock, n° 72.)
Obs. LXIX. (Textor.) — Mentionné par Fock.
Obs. LXX. (Dumreicher.) — Depuis deux ans inflammation de l’articulation de la hanche droite. Trajets fistuleux, luxation spontanée. Résection le 16 novembre 1857. Le col est séparé au niveau du grand trochanter à l’aide d’un ciseau rond. Une cavité cariée du grand trochanter est ruginée et cautérisée. Extension lente de la cuisse qui était dans une flexion forcée et dans l’adduction. Peu de réaction. Au bout de deux mois, le malade marche avec des béquilles, le 7 février avec une seule béquille; il se sert d’un talon élevé de deux pouces. Plus tard il se forma une série d’abcès, par lesquels sortaient des séquestres, ils s’éliminèrent
dans l’espace de quelques jours. (Allg. Wiener med. Zeitung, 1858, nov., p. 83. — Mém. de Fock, n° 96.)
Obs. LXXf. (Langenbeck.) — Bertha Hanisch, de Brandebourg, entre le 8 avril 1856, à la clinique de Langenbeck et sort le 20 mai 1857. Douleur de la hanche gauche, de durée indéterminée. Le cuisse fléchie fortement est dans la rotation en dedans. Extension à l’aide du chloroforme. Le raccourcissement n’est plus que cl’un quart de pouce. Bains salés, vésicatoires, appareil plâtré, puis appareil à extension de Boss.
Abcès le long de la cuisse, ponction et formation de trajets fistuleux, sueurs nocturnes, diarrhée.
Le 17 février. — Incision de quatre pouces sur le grand trochanter. Résection. Cavité cotyloïde rugueuse par places, on enlève ce qui est malade. Ecoulement sanguin peu abondant. Réaction peu forte. La presque totalité de la plaie se réunit par première intention.
Le 6 mars, état général satisfaisant, pus abondant, mais de bonne nature. Le 11 mars, léger frisson, fièvre jusqu'au 5 avril, après quoi un mieux sensible se manifeste à la suite de l’évacuation d’un peu de pus retenu sous la cicatrice.
Le 20 mai, la guérison est assez avancée pour que la malade puisse sortir. On ne sait malheureusement rien de bien exact sur l’utilité de ce membre. [Mém. de Fock, n° 97 )
Obs. LXXIL (Langenbeck.) — Mention de Fock.
Obs. LXXIII. (Kukler.) — Mention de Fock.
Obs. LXX1V. (Nussbaum.) — Destruction très avancée, tête et grand trochanter entièrement détruits, cavité cotyloïde perforée, on pénètre facilement avec deux doigts dans la cavité abdominale. Les parties cariées du rebord de la cavité cotyloïde, ainsi que le tiers supérieur du fémur, sont enlevées à l’aide de la scie. Les forces se relevèrent dès que la suppuration eut cessé, et la vie fut sauvée. Le raccourcissement de trois pouces et demi nécessite un appareil pour vendre la marche possible. ( Aerztliches lntell., Munich, avril 1859. Mém. de Fock, 106.)
Obs. LXXVT. (Nusbaum.) — Coxalgie droite depuis quelques années, guérie avec une contracture considérable. Coxalgie à gauche peu de temps après ; suppuration, fièvre hectique. 6 décembre 1858, résection au-dessous du grand trochanter; cavité cotyloïde élargie, cariée et perforée. Le rebord est séparé avec un trait de scie; le fond est ruginé; réaction peu violente. Guérison presque complète au bout de quatre mois. La marche est possible avec des béquilles. [Mém. de Foch, n. 107.)
Obs. LXXV1I. (Esmarck.) — Malade entré le 27 mars 1858 à la clinique de Kiel, pour une luxation spontanée, avec suppuration de l’articulation coxo-fémorale droite, suite d’une chute datant d’un an et demi. La suppuration de plusieurs trajets fistuleux avait tellement épuisé le malade qu’il était réduit à un état désespéré et d’une maigreur squelettique. Résection le 25 novembre 1858. La tête, le col et les trochanters sont enlevés; les trajets fistuleux ouverts dans toute leur étendue. Le malade se remit rapidement et reprit ses forces et son embonpoint dans le courant de l’année suivante. Vers la fin de 1859, il pouvait marcher à l’aide d’un bâton et d’un talon élevé. Néanmoins, il existe encore aujourd’hui quelques trajets fistuleux qui semblent conduire vers la cavité cotyloïde, sans qu’il soit possible toutefois d’atteindre avec la sonde l’os carié. [Lettre d’Esmarck; Mém. de Fock, n. 108.)
Obs. LXXVIII. (Fock.) — Mina Flügel, de Magdebourg, âgée de neuf ans, coxalgie datant de trois ans. Entrée à l’hôpital en mai 1859. Flexion considérable de la jambe sur la cuisse, et de la cuisse sur le bassin. Raccourcissement de trois pouces, dû surtout à l’élévation du bassin; vaste abcès s’étendant de la crête iliaque jusqu’au milieu de la cuisse; crépitation évidente dans les mouvements communiqués. Résection le 13 mai 1859. L’abcès, ouvert par une incision longitudinale , laisse écouler lx litres de pus. Division des muscles par une
incision semi-lunaire contournant le grand trochanter. Abcès volumineux sous les muscles fessiers. La capsule perforée est ouverte complètement, et le fémur luxé est scié avec une scie à chaîne au-dessous du grand trochanter. Le fond de la cavité cotyloïde dépouillé de cartilage est ruginé.
L’hémorrhagie fut insignifiante, la malade fut placée dans l’appareil à suspension de Heath. Pendant huit jours, fièvre traumatique interne , disparue complètement à la fin de la troisième semaine. Au bout de trois mois, la cicatrisation était presque complète. Dans la dix-huitième semaine, la malade commença à se lever et à marcher à l’aide de béquilles; cinq mois après l’opération, la cicatrisation était complète; la malade marchait facilement à l’aide d’une canne.
Avril 1860. — Elle peut se tenir debout et marcher sans le secours de la canne dont elle se sert habituellement. Le raccourcissement est d’un pouce. L’enfant peut se tenir debout sur la jambe opérée seule. Les mouvements actifs et passifs s’exécutent assez bien. ( Archives gén. de méd., 1860, IIe vol., p. 475.)
Obs. LXXIX. (Fock.) — Auguste Ilelm, de Worlmirstedt, âgé de quatorze ans, affecté d'une coxalgie à gauche depuis dix-huit mois. Allongement apparent d’un pouce ; abcès considérable dans la région fessière, crépitation dans les mouvements de l’articulation. Résection le 10 juin 1859; procédé semi-lunaire; section du col; la cavité cotyloïde malade est ruginée; hémorrhagie insignifiante.
Le malade fut d’abord placé dans l’appareil de Heath, puis sur un matelas ordinaire. Réaction fébrile intense dans les premiers jours. Tout alla bien jusqu’à la neuvième semaine; mais, à celte époque, les jambes s’œdématièrent, les urines contenaient de l’albumine; une anasarque générale se montra et le malade succomba à la maladie de Bright onze semaines après l’opélation.
L ’aulopsie fit constater une dégénérescence graisseuse du foie; le rein gauche était hypertrophié, le droit atrophié; tous deux présentaient aussi la dégénérescence graisseuse; le fémur et la plus grande partie de la cavité cotyloïde étaient recouverts de bourgeons charnus. ( Archives gén. de méd., 1860, IIe vol., p. 577.)
Obs. LXXX. (Fock.) — Ernest Hoher, âgé de vingt-deux ans, atteint de coxalgie aiguë du côté droit. Malgré un traitement antiphlogistique énergique, on trouva bientôt un allongement, puis un raccourcissement; la fièvre persista.
Quatre mois après, l’état du malade s’était notablement aggravé : raccourcissement de deux pouces, luxation iliaque, pas de. signe d’abcès périarliculaires. Tentatives infructueuses de réduction ; résection le 27 septembre 1859. Le col est scié immédiatement en dedans du grand trochanter. La cavité cotyloïde était saine, la tête fémorale était gonflée et ramollie, son cartilage, quoique aminci, existait encore ; hémorrhagie insignifiante.
Jusqu’au 10 octobre, l’état local et général resta très satisfaisant. Ce jour on communiqua imprudemment au malade la nouvelle d’un décès qui l’ébranla vivement. A midi on le trouva très agité; dans la soirée, frisson violent, suivi de sueurs, qui se répéta plus intense Je .12 octobre. Le malade succomba à l’infection purulente le 15.
A Yautopsie, on trouva le cartilage de la cavité cotyloïde en partie détaché; la surface de section du fémur était baignée de sanie, ainsi que la substance médullaire, jusqu’à trois quarts de pouce de profondeur. ( Archives gén. de mècl., 1860, IIe vol., p. 579.)
Obs. LXXXI. (Fock.) — Frédéric Sternanler, âgé de quarante-neuf ans, d’une bonne santé, avait reçu, il y a environ vingt-six ans, un coup de pied de cheval dans la hanche gauche; il séjourna pendant trois mois à l'hôpital militaire. Le malade affirma que depuis ce moment son extrémité inférieure est restée un peu raccourcie, et qu’il éprouvait parfois des douleurs dans
la hanche. Il y a six ans, les élancements douloureux se montrèrent de nouveau dans la jointure, et obligèrent le malade à renoncer à son travail. 11 fut admis à l’hôpital le 9 janvier 1859.
Le bassin est dans sa direction normale, le grand trochanter remonte à. trois quarts de pouce au-dessus du niveau du trochanter gauche. L’articulation était immobilisée par la contraction des muscles. On diagnostiqua une arthrite rhumatismale contre laquelle on employa les ventouses, les vésicatoires, le fer rouge et un traitement hydrothérapique.
En dépit de ces moyens, les symptômes s’aggravèrent; le raccourcissement atteignit un pouce et demi ; pas d’abcès périarliculaires, mais crépitation osseuse pendant les mouvements passifs imprimés à l’articulation. Après dix mois de traitement, la maladie continuant, on se décida à pratiquer la résection le 11 octobre 1859. Incision curviligne, section au-dessous du grand trochanter. Le corps et le col du fémur étaient confondus en une masse arrondie, épaisse et aplatie ; cavité cotyloïde très élargie.
Pas d’hémorrhagie ; réaction fébrile légère. Au bout de sept semaines , la cicatrisation était complète ; le malade se leva la dixième semaine et put marcher à l’aide de béquilles. Les mouvements de la nouvelle articulation sont assez satisfaisants, quoique encore douloureux. Le malade marche avec une chaussure à talon élevé d’un pouce et demi, et en s’aidant de béquilles, l’extrémité inférieure gauche ne supportant pas encore le poids du corps. ( Archives gén. de méd.., 1860, IIe vol., p. 580.)
Obs. LXXXII. — Emma Egeling, âgée de treize ans, fut reçue à l’hôpital le 5 janvier 1860, pour une coxalgie gauche datant de trois ans. Raccourcissement apparent de deux pouces trois quarts; fièvre hectique très intense, pouls de 132 à 136. Tête fémorale non luxée, pas d’abcès périarticulaires, crépitation très prononcée par les mouvements communiqués.
Résection le 9 janvier 1860. Hémorrhagie plus abondante que de coutume; le ligament rond était détruit ; l’articulation remplie de pus séreux ; la tête fémorale était en partie détruite, rugueuse partout, ramollie et poreuse. Section au-dessous du grand trochanter; le fond de la cavité cotyloïde, carié dans une grande étendue, est ruginé.
La toux, les sueurs nocturnes ont diminué. Actuellement (commencement d’avril 1860), la plaie est presque complètement cicatrisée; il ne reste qu’une surface suppurante de l’étendue d’une pièce de 5 francs et de bonne apparence. ( Archives gén. de méd,, 1860, IIe vol., p. 582.)
Obs. LXXXUI. — Augusta Horn, de Magdeboug, âgée de treize ans, atteinte depuis huit semaines, peut-être à la suite de refroidissement , de douleurs violentes dans l’articulation coxo-fémorale droite, accompagnées d’une fièvre intense. Malgré des applications de sangsues et des fomentations froides, il se forma, au bout de quinze jours, un abcès à la face externe de la cuisse ; l’abcès fut ouvert.
La malade, grêle, pâle, amaigrie, fut reçue à l’hôpital le 12 mars 1860. Fièvre intense, 136 pulsations par minute ; l’extrémité inférieure droite est dans un raccourcissement réel d’un pouce un quart. Crépitation étendue, manifeste dans les mouvements; la tête fémorale^ incomplètement déplacée, paraissait reposer sur le bord postérieur de la cavité cotyloïde.
Nous nous décidâmes à pratiquer la résection, en considération de la suppuration et de la carie avancée de l’articulation.
Le 16 mars, incision semi-lunaire, tête presque entièrement détachée du col, ligament rond détruit. Le col est scié à sa base; le bord postérieur de la cavité cotyloïde carié est touché avec un fer rouge.
État satisfaisant les premiers jours ; le septième, frisson suivi d’aggravation; agitation insomnie, fréquence du pouls. Mort quatorze jours après l’opération.
A l 'autopsie, on reconnut que la carie s’était étendue à toute la cavité articulaire ; le périoste du fémur était décollé jusqu’aux condyles, soulevé par une couche mince de pus; la cavité médullaire de l’os était infiltrée de sanie ; la veine fémorale contenait un caillot long de trois pouces; l’articulation du cou-de-pied droit renfermait du pus. Pas d’autres lésions. (Archives gén. de méd., 1860, IIL‘ vol., p. 583.)
Obs. LXXXIV. (Langenbeck.) — Coxalgie droite datant de neuf mois, suppuration, fièvre hectique. La résection fut faite le 13 février 1860, l’état désespéré du malade ne laissant plus d’autre espoir. Le fémur est luxé en arrière et en haut.
Incision courbe de quatre pouces au-dessus du grand trochanter ; trait de scie au-dessous. Le cartilage était ramolli et érodé, la cavité cotyloïde remplie de granulations.
L’état fut bon jusqu’au 19 février ; 5 partir de ce moment, il devint plus mauvais. Le malade mourut le 21 février, après une grande agitation et du coma.
Autopsie. Pus dans la veine iliaque interne; abcès métastatique à la base du poumon gauche; la surface de section du fémur est cariée. ( Communication originale ; Mém. de Foch, n. 109.)
Obs. LXXXV. (Esmarck.) — Arthrite chronique de l’articulation coxo-fémorale gauche due à une contusion. Douleurs très vives qui résistent à toute médication ; épuisement du malade. Le 2Zi janvier 1860, résection de la tète et du col. Un vaste abcès, dans le voisinage de l’articulation, est largement ouvert. La tête du fémur était ramollie. Dans le principe, le malade semblait se remettre. Le 5 février, premier frisson. Mort le 9 février, avec les symptômes ordinaires de la pyoémie.
Autopsie. — Thrombus delà veine crurale, infiltration purulente du fémur dans le voisinage du trait de scie. Dans les poumons, absence complète de foyers purulents, mais une grande quantité d’amas de tubercules miliaires et quelques anciennes cavernes au sommet. ( Lettre d’Esmarch; Mém. de Fock, n. 110.)
Obs. LXXXVf. (Kausche). — La coxalgie existait du côté gauche depuis deux ans environ; la cuisse était enkylosée dans la flexion et la rotation en dedans; vaste abcès derrière le grand trochanter ; fièvre hectique.
Le 23 mars 1860, section de l’os au niveau des trochanters ; l’extirpation de la tête est très difficile à cause de l’ankvlose; réaction vive.
Je vis le malade deux mois après l’opération ; l’état général était bon, ainsi que le sommeil et l’appétit. La cuisse était dans la rectitude, et le patient pouvait la mouvoir spontanément dans toutes les directions; la peau, primitivement décollée, avait contracté des adhérences dans presque toute l’étendue du décollement. La plaie est en partie cicatrisée ; tout semble autoriser à attendre un résultat favorable. (Mém. de Fock, n° 111.)