‹ De la résistance des pièces rivéesChapitre 5 sur 28 · INFLUENCE DE LA TEMPERATURE DE CHAUFFAGE DU RIVET · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA TEMPERATURE DE CHAUFFAGE DU RIVET

La plupart des auteurs ont admis 1 influence de la température au moment de la pose du rivet : M. Considère dit (p. 124) que l’adhérence augmente à mesure que la température d’écrasage diminue jusqu’à 600° ou 700°

M. Bach déduit de ses expériences que la température lors du rivetage a une influence variable avec la longueur de la tige.

M. Dupuy (p. 9) attribue une influence non seulement à la température au moment de la pose, mais encore à la température à la fin de la pose.

Pour évaluer l’influence de la température, j’ai choisi des rivels en fer à nerf, parce que le fer supporte plus facilement la température de 1 200°à 1 300° que les aciers en général; j'ai essayé, avec le dispositif précédemment décrit, la résistance à l’adhérence avec un rivet en fer de 25 millimètres de diamètre, serrant une épaisseur totale de 100 millimètres et chauffé à une température de pose 1 200° à 1 300° ; j’ai fait la même expérience avec un autre rivet pris dans la même barre de fer, mais cette fois chauffé seulement à 900°.

Dans ces deux expériences il a fallu absolument le même effort: 150 kilogrammes à l’extrémité du bras do levier, pour produire le glissement.

La température au moment de la pose du rivet n’a donc pas d’influence sur la résistance à l’adhérence, quoique le retrait du métal soit d’autant plus grand (pie la température de pose est plus élevée ; mais tant que le fût du rivet est assez chaud, le métal cède sous l’effort de contraction, il s’allonge d’une façon

permanente par traction de la môme quantité dont il se raccourcit par le retrait dû au refroidissement et ce n’est que lorsqu’il est suffisamment refroidi pour que sa limite élastique soit assez élevée qu il y a serrage des tôles, serrage croissant au fur et à mesure du refroidissement puisque la limite élastique augmente en général avec le refroidissement.

L’effort maximum possible de serrage dépend donc de la limite d'élasticité du métal du rivet posé, limite d’élasticité généralement plus élevée que celle du même métal à l’état vierge (1), ainsi qu’on le constate h l’inspection des résultats portés au tableau n° 3, cette variation de qualité résultant du traitement thermique par le chauffage et de l’effet mécanique de la tension du métal par retrait pendant le refroidissement.

En résumé, on conçoit donc que le chauffage du rivet ait une grande intluence sur la résistance à l’adhérence des tôles qu’il serrera, non pas par l’importance du retrait, comme on paraît l’avoir cru jusqu’ici, mais par les modifications apportées à la qualité initiale du métal par suite du traitement thermique et de l’effet mécanique de la tension du métal par retrait au refroidissement. La question du chauffage est donc de la plus grande importance à ce point de vue, car si le métal du rivet a été porté à une trop haute température dans le foyer de la forge ou dans le four; la qualité du métal s’en ressentira, même si, au moment de la pose, le rivet est alors à une température inférieure plus convenable ; et comme d’un autre côté il n'y a pas intérêt, au point de vue de la résistance à l’adhérence, de poser à une haute température, puisque le retrait consécutif n’augmente pas cette résistance, mais diminue le remplissage du trou par amaigrissement du fût, il ne faut chauffer qu à une température relativement basse, 900° environ, mais suffisante pour permettre l’écrasement complet de la rivure sans exiger une pression exagérée.

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