‹ De la responsabilité criminelleChapitre 16 sur 46 · DES CRIMINELS PAU RAISON ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

DES CRIMINELS PAU RAISON ANATOMIQUE

pliées, nous serons en possession de données précises permettant d'affirmer hardiment ce que maintenant nous devons nous contenter de tenir pour très probable.

Il serait injuste de parler de l'anthropologie criminelle sans rendre hommage au professeur Lombroso, l'un des fondateurs de cette science, dont il poursuit le développement avec une haute compétence, une rare sagacité, et il faut le dire avec la plus entière bonne foi. Grâces aux nombreuses constatations faites par le maître italien, lumineusement exposées par lui dans son livre de VUomo délinquante (1), nous avons actuellement un corps de doctrine, qui certainement demande encore de nombreuses, d'innombrables constatations, mais qui certainement est déjà très suffisant pour nous montrer quelles seront les conclusions que l'on pourra tirer, dans l'avenir, de nos présentes recherches. Sans doute, pour procéder scientifiquement, il faut se garder des affirmations trop précipitées, mais il n'en est pas moins vrai que la doctrine vue de haut dans son ensemble, et sans s'attacher trop pour le

(I) Lombroso, V homme criminel^ trad. française, par Régnier et Bournet. Paris, Félix Alcan, 1887.

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moment à des constatations secondaires, est une conception parfaitement juste, destinée à rendre de grands services, et surtout à adoucir la position de bien des malheureux et de leur famille. Nous allons le plus brièvement possible exposer quels sont les résultats actuels où est parvenue Tanthropologie criminelle, en nous expliquant seulement sur les recherches ayant abouti à des données précises, et négligeant tout à fait celles dont les résultats n'ont pas répondu aux désirs de ceux qui ont fait porter leurs recherches sur ce point.

§ I. — Anomalies portant sur les os du crâne.

A. Capacité crânienne. — D'une manière générale on peut dire que les criminels ont l'intérieur de la boite crânienne plus restreint que les hommes normaux. Cependant dans quelques cas isolés on les voit présenter une capacité de beaucoup supérieure à la moyenne ordinaire. Ainsi donc le criminel présente un crâne notablement plus petit, ou bien un crâne beaucoup plus grand, mais presque jamais ne se maintenant dans les limites moyennes. Les in-

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dividus normaux présentent une capacité crânienne dont la moyenne est de 1,470 à 1,530 centimètres cubes, la moyenne des criminels est de 1,350 à 1,400 centimètres cubes. Quant à assigner une capacité crânienne à chaque genre de criminels (voleurs, assassins, faussaires, incendiaires, violateurs, etc.), c'est, je crois, une recherche qui ne saurait jamais donner de résultats certains. Il parait bien difficile d'admettre qu'une capacité crânienne, se maintenant dans telle ou telle limite, puisse fatalement porter à commettre tel ou tel genre de crime, de préférence à tout autre. Sans doute il suffit d'un changement même léger en apparence pour modifier la normalité du fonctionnement cérébral, soit par un changement dans la nature intime des cellules de la substance grise, soit par un vice nutritif aboutissant à un état moléculaire, ou une composition chimique anormale de ces mêmes cellules. Il en résulte à coup sûr une modification intellectuelle qui peut avoir pour conséquence, soit des altérations plus ou moins marquées dans nos jugements et nos idées, soit une impulsion plus forte vers certains actes. Dans ces conditions-là, si l'idée d'un crime se

présente ou si l'individu en le commettant croit arriver à une jouissance, ou bien à la satisfaction d'un de ses appétits, il le commettra certainement, son cerveau défectueux n^ayant plus un jugement suffisant ou un sens moral assez droit pour lui inspirer l'horreur d'un tel acte. De plus il arrive le plus souvent que la nature du crime est décidée par des circonstances fortuites, un voleur surpris devient fatalement assassin età coup sûr il sera incendiaire, s'il croit ou s'il espère que le feu détruira la preuve de son crime.

Quoi qu'il en soit de cette digression qui pourra s'appliquer à tous les cas où une spécialisation trop étroite ne saurait être de mise, il est certain que la donnée fournie par la mensuration de la capacité crânienne doit être retenue et que l'on peut affirmer qu'il existe chez le criminel une tendance à la microcéphalie.

Les résultats obtenus par Lombroso ont été corroborés par les recherches et les mensurations faites en Allemagne et en France. Dans ces deux pays, avec des différences tout à fait négligeables et certainement sans influence sur les constatations que l'on peut tirer de ce grand

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