De la restauration et de la monarchie élective, ou Réponse a l'interpellation de quelques journaux sur mon refus de servir le nouveau gouvernement par m. de Chateaubriand
Udc question obligeante m*a été fiiite à diverses reprises dans' les feuilles publiques: ’On a demandé pourquoi je refusois de servir une Révolution qui consacre des principes que j’ai d^endus et propagés.
Je n’avois pas oublié cette question, mais je m'étois déterminé à n’j pas répondre; je votilois sortir en paix du monde politique, pomme je "sors en paix du monde iittérairè dans la Préface du grand ou'vràgé qui ter« mine mes Œuvres complètes, et qui paroitra' dans qudques jours. « A quoi bon , me «sois -je, armer de nouveau les passions « contre moi? Ma vie n’a-t-elle pas été assez «agitée? -Ne pourrob-je trouver qiMlqué# « heures de repos au bord de ma
Une Proposition faite à la Chambre des Député^ vepue chppger ma résçj^tion. Je serai compris des gens de cœur. A peine dé* livré d’utfilAng ‘et rude travail^ il m’en coûte de troubler le dernier moment qui me ' reM^' ''passer daûs' ma’ Patrie ; mais
c’est une affaire d'honneur ; je ne puis l’é- > ^ ■ •
viter.
^ Ips jojprr^ées de juillet, je ^^’akpcfnt
^^yqjr.djgifoesdoléanc^ J’ai par)^ de IVlpparcbie élective a«^ Pairs cjp Pfpnqei f^yapt Qu’eUf fù^ formai iVu. parle maiutén nant aux François, ?près huit moiç ,d’ei(iS' tence de cette Monarchie. Une grave oççaîâon, la chute de trois Souverains, m’avoit obligé 'de m’expliqper; une occasion tout ^ussi grave, la proscription de ces Rois, ne me perpipt pas de rester muet. Dans cet opuscule Réfutation indirecte de la proposition faite aux. Çhatphres législatives, et. développement de paçni.Wées sur ce qui est), les partis so trouve-’ r^jl^t plus, on moins froissés : je p’^u caresse gpennij^e diS| à tops des véritéS' dpre^ Je, ménager (J déiiouillédu présent,
Diuiii
irJb/GoOgU
h'ayant qu’un avenir incertain au delà de ma tombe , il m’importe que ma mémoire ne soit pas grevée de mon silence. Je né dois pas mè taire sur une Restauration à laquelle j’ai pris tant de part, qu’on outrage tous les jbiiri^ él: que l’on ‘ proscrit enfin sous*” mes yeux. Sans coterie, sans appui, jié suis seul chargé’ et seul responsable de mol.* Hommé solitaire, inêlé par hasard aux cho’Jés de la vî’ey ne marchant avec personne', Isôïé' dans îà^ Restauration, isolé après la Restàuràtion , |é' demeure, comme toujours, indépehdk'nt de* tout, adoptant, des diverses opinions*, ce' qui me semble bon ,” rejetant ce qui me'pai-qîl’ mauvais, peu soucieux de plaire ou de déplaire à ceux qui les professent.'Àu Moyen- Age, dans lés temps de calamités , on prenoit un Religieux, on l’enferrhbit dans une’ petite tour où il jeûnoit au pàiu et à’l|èaù^ pour le salut du peuple. Je ne ressémble’pa^ mal à ce moine du douzième siècle f à travers la lucarne de ma geôle expiatoire , |e vais pre^^ cher mon dernier Sermon aux passants qui ne,, l’écouteront pas.
].es raisons qui m’ont empêché de prêter foi et hommage au Gouvernement actuel sont de deux sortes : les unes générales, les autres particulières ou personnelles ; parlons d’abord des premières. •
Si la Restauration avait eu lieu en 1 796 ou en 1 797, nous n’aurions pas eu la Charte, ou du moins elle eût été étouffée au milieu des passions émues. Buonaparte écrasa la Liberté présente , mais il prépara la Liberté future en domptant la Révolution et en achevant de détruire ce qui restoit de l’ancienne Monarchie. Il laboura tout ce champ de mort et de débris : sa puissante charrue , traînée par la Gloire, creusa les sillons où devoit être semée la Liberté constitutionnelle.
Survenue après l’Empire, la Restauration auroit pu se maintenir à l’aide de la Charte , malgré la défiance dont elle était l’objet, malgré les succès étrangers dont elle n’étoit que l’accident, inais dont elle paroissoit être le but.
Légitimité étoit le pouvoir incarné ; en la saturant de libertés, on l’auroit fait vivre
en màne temps qu’elle nous eût appris à re> gler ces libertés. Loin de comprendre cette ' . nécessité, elle voulut ajouter du pouvoir k du pouvoir; elle a péri par l’excès <le ' sou principe. * • •
Je la regrette parce qu’elle était plus propre à achever notre éducation que tout autre forme gouvernementale. Encore vingt années de l’indépendancè de la presse san$ secousses,'^ et les vieilles' générations auraient disparu , et ‘ .
les moeurs de la France se seroient tellement modifiées, et 'la raison .publique aurait fait de si grands progrès, que nous eussions pu supporter toute Révolution sans péril.
Le chemin que l’on a suivi est plus court : ^ est-il meilleur ? est-il plus sûr? ' " ' '
11 existe deux sortes de révolutionnaires,; les uns désirent la Révolution avec la Liberté: c’est le très petit nombre; les autres veulent la Révolution avec le Pouvoir: c’est l’immense, majorité. Nous nous faisons illusion; nous croyons de bonne foi que la Liberté est notre idole; erreur. L’Égalité et la Gloire sont les deux passions vitales de la Patrie. Notre géqie,
génie militaire la Ftsance esi tm $oK Pu a voulu Iqs libertéa tant qü’elles ont çté en opposition tà' un pouvoir qu’on n’aimoit pas, et qui sembloit prendre à tàchp de contrarier les idées nationales : ce/pouvoir abattu, o«s libertés obtenues, qui se soticie d’elles, , al ce n’est -moi et une centaine dé
béats de mon espèce? A la plus petite énseute qui n’eat pas dans le sens de son opinion, à la plus légère égratignure dans un jonroal , le ■ plus fier partisan de. la x liberté de la-' presse invoque tont hant •• ou tout bas la Censure. Croyez --vous- quoi ces docteurs' qui jadis nous démontroient l’excellence des lois d’ewieptioft , puis qui devinrent épris > de la liberté de la presse quand furent tombés, qui ' se vantent' aujourd’hui d’avoir toujours combattu' en faveur des libertés ,<
. croyez »■ voua qu’ils' ne soient p^s enclins à revenir à leur» première tendresse pour une' Sage Liberté, C9 qui dans leur bouche vou-* loit dire la llbérté. à' livrée- ministérielle, chaîne I et plaque au cou , transformée enhuissier de la cbambr« ? Ne les entend- on'
( ÏI )
^répéLer rancien adage <)o rin;>puiS'
K^oçe ^Qur’il csi impossible d^s. gouverner
' comme celai , ■ . . , ^ . , . .
' l’ai prédit dans iDop. dernier discours k
la tribune de la pairie : la Monarçkie iU| '
juillet est dans ' une çoudition absolue de
gloire ou de^lois d’^exception : elle yit par la '
presse et la presse la tue; sans gloire elle sera
dévOTée» par la liberté;- si elle attaque cette
liberté , ellç périra. |1 feroit.beau nous vew,
après avoir cUas^é trois Rois avec des BarrÎT^
çades pour la Liberté, de la presse, élever de,
nouvelles ^Barricades, . contre cette Liberté l,
£t pourtant quq (aire ? L’actiqn rcdorrldée de$^
V tribunaux et ides. lois suffirart.eUe pour çon’-;
tenir les écrivains? ün Gouvernement nou-,
veau^eÿt up enlantqui no^peUt mareber qu’an
vec des lisières. Remettrons-nous la Nation aU;
maillot? Çe terrible nourrisson qui a sucé le?
sftugidafis 4ee bras- déjà Victoire à tant dé: bivouaca,;nebriaera-tdi pas&es langes? li n!ÿ. avoit qu;une vieille, spuche pcofoftdémeMt «*h 1* racinée dans le passé , qui pût être baUuein^M puoéfueutdes vetUs delà Libertédela presse. '
II y eut liberté en France pendant les trois premières années de la Révolution , parce qu’il y eut Légitimité : depuis la mort de .
Ixiuis XVI que devint cette Liberté jusqu’à la Restauration? Elletna tout sous la Répu- > blique, et fut tuée sous l’Empire. Nous verrons ce qu’elle deviendra sous la' Monarchie élective. ' “ ' - .
Les embarras de cette Monarchie se décè- , lent k tous moments : elle est en désaccord avec les Monarchies continentales absolues qui l’environnent. Sa mission est d'avancer, et ceux qui la Conduisent n'osent avancer : elle ne peut être ni stationnaire ni rétrograde; et dans la crainte de se précipiter, ses guides sont stationnaires et rétrogrades. Ses sympathies sont pour les peuples ; si on lui fait renier ces peuples, il ne lui restera aucun allié.
Elle marche entre trois menaces : le spectre révedutionnaire, un enfant qui joue au bout d’une longue file de tombeaux, un jeune homme à qui sa mère a donné le passé et son père l’avenir.
Aujourd'hui , c’est une chose convenue
que la Reatiuration étoit un temps d’oppression, l’Empire, une époque d’indépendance ; deux flagrantes contre-vérités. Il seroit bien étonné de sa couronne civique, s’il revenoit à la vie, le Libéral de la Conscription, qui mitrailloit le' peuple au i3 vendémiaire sur les marches de Saint-Roch, et faisoit sauter à Saint-Cloud la Représentation nationale par les fenêtres. La Liberté de la Presse, la Liberté de la Tribune , et la Royauté dans la rue, lui paroîtroient d’étranges éléments de son Empire, On va jusqu’à immoler notre réputation nationale à celle de Napoléon; il semble que nous n’étions rieu sans lui. En nous vantant de notre Indépendance , ne tombons pas en extase devant le Despotisme sachons mettre l’Honneur de la Patrie au dessus de la Gloire d’un homme, si grande qu’elle soit.
Quant à la Restauration, les quinze années de ‘son eldstence avec leurs inconvénients^ leurs &utes, leur, stupidité, leurs tent;itives‘ de despotisme par les lois, et. par les actes, le^tnal-vouloir de P esprit qui les dominoit;:
cei quinte année» sont^ à tout prendm, le»
plu» . libres dont aient jaïuai» joui les Fn»oçois depuis le conunencement de, leurs Auh i)alea>,,i. u* , ... -i.
^Nous ayons. 60US les yeux depuis sii ngtOia un miraele : tout pouvoir; est bri^ obéit qtû veut ; ; la France se • gouverne , . et < vit , d’elLe> même par le seul progrès. de sa iuitfC>n..Sous, quel régime a-t-elle fait celprOgrès? Est-ce sous W lois de la Convention et du Direc-' toire, ou Sous TAbsolutisme de ÜËmpirè? C’est sous le Eégime légal de la Charte; c’est -pendant le Règne de la liberté de la Tribune et de la Liberté de la Presse. Cei qae j’ùie dire aujourd’hui blessera les passion» du moment:
tout le monde le redira ,* quand l’effervescence réactionnaire 'sera calmée;i'i • ■"
‘ Ce&quinzeannées4e la Restauration n’ont pas même été sans éclat; elles ont laissé pouT' monuments de beaux édifices^ des stéUies, des canaux, de nouveaux quartief^ dansPai^s, de»' halles, des quais, des aqnedaei5,'des étnbetU»^ sements sans nombre, une marine mlllttiiéé^ recréée, le Grèce idélittée, tme vs^llente co-
Ionie dans le repaire des anciens Pirates que l’Europe entière, pendant trois siècles n’avait pu détruire, un crédit .public immense, une propriété industrielle dont l’État florissant ne se peut mieux . attester que par les banqueroutes générales, l’effroyable ruine de nos manufactures et de nos places de commerce, depuis l’établissement de la Monarchie élec*tive.
■J’entends parler do l’abaissement où languissoit la France, en Europe, pendant la Restauration. Ceux qui s’expriment ainsi affrontoient apparemment les balles de la garde Royale à la tête de la jeunesse, dans les trois mémorables journées ; marchant sans doute aujourd’hui dans le sens de la -révolution ■' opérée, ils’ ont nargué les Cosaques et les Pandoures, secouru les peuples qui répondoient à notre cri de liberté, et poussé jusqu’aux rives du Rhin nos générations belliqueuses. Cesfièros insultes Ü la Restauration m’ont fait croire u*i matin que Buonaparte avait secoué sa poussière, .abîmé danè la mer lîto qui jui sertott de tombe, et étolt Wventl
. -J. . ' ilH i.J! • -.ir. .... .. >
en trois pas par les Pyramides, Austerlitz et Marengo. J’ai regardé : qu’ai -je aperçu? De nobles champions sensibles au dernier point à notre déshonneur national, mais au fond les meilleures gens du monde. Ils ont obtenu la paix de l’Europe, en laissant assommer les peuples assez sots pour avoir pris au sérieux les déclarations de Non-Intervention. Cette '' pauvre Légitimité s’avisoit quelquefois d’avoir du sang dans les veines. Elle osa aller de la Bidassoa à Cadix, malgré l’Angleterre; elle arma, combattit et vainquit en faveur de la Grèce; • elle s’empara d’Alger, sous le canon de Malte ; elle déclara qu’elle ne rendroit cette conquête que quand et comment il lui plairoit.
Le Gouvernement actuel brave une autre autorité: il refuse la Belgique malgré la nation; il laisse égorger les Polonais malgré la nation; il laisse ou va 'laisser l'Autriche occuper Parme, Plaisance, Modène, peut-être Bologne et le reste, malgré la nation. Qu il continué à se conduire de la sorte, et les Cabi- • . nets de l’Europe le préféreront à la Monarchie passée; il gagnera sa légitimité auprès des Gouvernements légitimes, comme un cheva-
lier gagnoit jadis ses éperons , non la lanceau poing, mais le chapeau bas.
Si des personnes froissées par la Restauration en parlent avec colère, je les comprends; si d’autres personnes ennemies du sang des Capets, veulent le bannir, et pensent qu’on ne peut achever une Révolution qu’en changeant la Race Royale, je ne m’explique pas leur haine, mais je fais la part à leur système; si les vrais triomphateurs de juillet s’expriment avec amertume sur ce qui leur sembloit comprimer leur énergie, je m’associe à leur généreuse ardeur et à leurs vives espérances. Mais quand des hommes qui marchoient à la queue de la Restauration, qui sollicitoient ses rubans et ses faveurs, qui brûloient d’étre ses ministres, qui conservent même aujourd’hui ses pensions et ses places; quand ces hommes viennent raconter à la face du monde le mépris qu’ils sentent pour la Restauration, c’est trop fort : qu’ils le gardent pour eux ; qu’ils . sachent que les vrais amis de cette Restauration n’en ont jamais accepté que l’honneur et la liberté. J’ai entre les mains les lettres
intimes , à moi adressées, de mon illustre ami M. Canning : elles prouveront à la postérité que la France , sous la Restauration , n’étoit ni si humiliée , ni si endurante , ni si bravée qu’on l’affecte de croire. L’Empereur Alexandre me fourniroit d’autres témoins irrécusables de ce fait. Je possède les marques de la confiance dont il m’honoroit ; il me faisoit écrire qu’il signeroit les yeux fermés tous les traités que je lui présenterois au nom de la France ; et la diplomatie n’ignore pas que je n’ai cessé de réclamer pour ma Patrie un partage plus équitable de l’Europe, que le partage des Traités de Vienne. Dans un plan général que j’avois fait adopter, et où se trouvoient comprises les Colonies espagnoles émancipées, nous aurions obtenu des limites qui n’auroient pas laissé Paris, deux fois occupé, à six marches de la cavalerie ennemie. Mais dans ce pays, de misérables jalousies oiiteUes jamais accordé à un homme en place le temps d’achever quelque chose? Si l’enfant à qui j’ai donné mon vote au mois d’août, eût passé au scrutin royal ; si je fusse entré dans
ses conseils; si les troubles du Nord eussent éclaté , j’aurois appelé la jeune France autour de Henri V; je lui aurois demandé d’effacer, avec le jeune Monarque, la honte de Louis XV. Que les Ministres de la Monarchie élective osent convoquer un pareil ban. Quand le Gouvernement actuel aura fait la guerre sous le drapeau tricolore , comme la Restauration sous le drapeau blanc, en présence de la Liberté de la presse ; quand il aura agrandi notre territoire , illustré nos armes , amélioré nos lois, rétabli l’ordre, relevé le crédit et le commerce, alors il pourra insulter à la Restauration; jusque-là qu’il soit modeste :
ce n’est pas la tête qu’il faut porter haut, c’est le cœur. Vous parlez de l’abaissement de la France, et vous êtes à genoux! cela vous va mal. Les vaincus , qui ne le sont pas de votre main, peuvent encore, malgré leurs blessures, relever votre gant et vous renvoyer vos dédains.
Et pour dire un mot de ce système de Non- Inten>ention, dont on fait tant de bruit, je pense qu’un homme d’État ne doit ja-*
mais énoncei* tks principes rigoureux à la tribune, car levéncTnent t!u lendemain peut le forcer à déroger à ces principes. Aussi avons- nous vu l’étrange embarras des Ministres, lorsque s’écriant toujours qu’ils n’intervenoient pas, ils interveiioient sans cesse dans les transactions de la Belgique. Le département des Relations extérieures avoit , de son propre aveu, déclaré que la France ne consentiroit pas à l’entrée des ’Autricliiens dans les pays in.surgés de ritalie, et les Autrichien.s sont entrés dans ces pays, et la France a laissé faire, et de généreux citoyens qui n’avoienl agi qu’en .se confiant à notre déclaration, gémissent peut être actuellement dans les cacliots. On eût évité ces misérables contradictions, ensc renfermant dans les régies de la politique. Un Gouvernement ne proclame pas de si Ijaut des doctrines qu’il n’est pas sûr de pouvoir maintenir, ou qu’il ne se sent pas décidé à maintenir. Sans doute il professe des sentiments d’équité, de liberté et d’honneur; mais il ne se lie pas par de vaines parolé^ ; il lienieure libre d’intervenir ou de ne pas inter-
venir, selon les circonstances et dans les intérêts essentiels de l’État.
Le mot de cette énigme est facile à deviner : des hommes qiii n’a voient pas bien cotn- ])ris la Révolution de juillet, qui en avoient peur, qui lui prêtoient leur propre foiblcsse, ont cru que la Monarchie nouvelle nè pouvoit exister de droit, si elle h’étoit'vitè sanctionnée de tous les cabinets de l’Europe. Au lieu de contraindre à cette reconnoissance par une attitude de force et de grandeur, on l’a sollicitée par des offices de Chancellerie ; on a mis en avant le principe de Non- Intervention pour se cacher derrière. La reconnoissance obtenue (bien moins par l’effet du principe de laNbn-Intervention , que par la frayeur que nous inspirions malgré l’humble posture du Conseil), on s’est trouvé embarbouillé dans ce principe dont on n’avoit pas senti la portée : on l’avoi^voulu pour vivoter en paix , non pour vivre en gloire.
Certainement nous ne sommes pas obligés de nous constituer les champions de tous les peuples qui s’agiteront sur la terre; mais il faut que nos discours et nos déclarations pu-
bliques ne leur soient pas un piège; il faut que ces déclarations ne servent pas à les jeter dans des entreprises au dessus de leurs forces, car alors leur sang retomberoit sur nous.
J^a France pouvoit rester tranquille; mais si elle s’est offerte pour Témoin de la Liberté, dans tout duel entre cette Liberté et le Pouvoir, elle doit être là pour arranger l’affaire avec ses bons offices ou son épée.
Résulte-t-iljde ceci , que je conseillerois la guerre si j’avois le droit de donner un conseil? Il y a cinq ou six mois que j’aurois dit sans hésiter : « Profilez de la nouvelle posi- B tion de la France, de son énergie, de la «bienveillance des nations, de la frayeur des K cabinets, pour lui faire obtenir par des trai- « tés ou par les armes les limites qui nianquent à sa sûreté et à son indépendance. »
C’étoit une condition de vie pour un Gouvernement qui auroit compris le mouvement de Juillet. Maintenant l’heure n’est*elle point passée? L’Europe a été témoin de nos tergiversations; les Rois sont revenus de leur Stupeur, les Peuples de leurs espérances;
ceux -ci inêiKic trompés, sont devenus iadii férents ou ennemis. Notre Révolution n’a plus les caractères purs et distinctifs de son origine ; elle n’est plus qu’une Révolution vulgaire; des esprits communs l’ont engagée dans des roules communes. Ce qui se seroit opéré par l’élan naturel des masses, ne pourroit peut-être s’accomplir actuellement que par des moyens devant lesquels tout homme de bien reculeroit. Hélas! telle a été l’Administration de la France depuis quelques mois, que je vois des citoyens éclairés, d’un jugement sain, d’une ame élevée, indiuer à croire qu’il y auroit danger pour l’ordre intérienr dans une rupture avec l’Étranger. Summesf nous donc véritablement forcés à nous contenter des assurances des Cabinets qui nous promettent de nous faire grâce de la guerre? Sommes - nous obligés d’avouer contradictoirement aujourd'hui que nous laisserons agir l’Europe comme boq lui semblera chez nos voisins, que nous ne défendrons que notre territoire , après nous être déclarés si cUevalereuseraeat par fa No&«
Intervention, les Paladins de la Liberté des Peuples? L’honneur de la France se réduit-il à la seule résistance que nous opposerions à une invasion ? Faut-il compter pour rien notre renommée et notre parole? En vérité, si les fautes des précédentes Administrations ont mis l’Administration actuelle dans l’impérieuse nécessité d’adopter par raison un système qui fut suivi par faiblesse, il la faut plaindre. Nous armons pour faire désarmer, nous nous ruinons pour empêcher ce qu’on prévoiroit être notre ruine : ce n’étoit pas à donner des preuves de celte courageuse résignation , que la France s’étoit crue appelée après les journées de Juillet. '■>
'A entendre les déclamations de cette heure, il semble que les exilés d’Edimboui^ soient les plus petits compagnons du monde, et qu’ils ne fassent faute nulle part. 11 ne manque aujourd’hui au présent que le passé; c’est peu de chose ! comme si les siècles ne se servoient pas de base les uns aux autres, et que le dernier arrivé se pût tenir en l’air 1 Comment S 0 faitdl que,' par le déplacement d’un seul
homme à Saint-Cloud , il ait fallu prêter trente millions ati commerce , vendre pour 200 millions de bois de l’État, augmenter les perceptions de 55 centimes sur le principal <le la contribution foncière et de 5o centimes sur la contribution des patentes? Jamais Sacre royal a-t-il coûté aussi cher que notre Inauguration républicaine ? Notre vanité aura beau se choquer des souvenirs , gratter les fleurs de lis , proscrire les noms et les personnes, cette famille héritière de mille années, a laissé par sa retraite un vide immense; on le sent partout. Ces individus, si chétifs à nos yeux , ont ébranlé l’Europe dans leur chute. Pour peu que les événements produisent leurs effets naturels, et qu’ils amènent leurs rigoureuses conséquences, Charles X en abdiquant aura fait abdiquer avec lui tous ces Rois gothiques, grands vassaux du passé sous la suzeraineté des CapeLs.
Les hommes de théorie prétendent qu’on a gagné à la chute de la I.égilimité le principe de rÉleclion.
. . si! l
L’Élection est un droit naturel, primitif, incontestable; mais l’Élection est de l’enfance de La société, lorsqu’un peuple opprimé et sans garanties légales n’a d’autre moyen de délivrance que le choix libre d’un autre chef. Sous l’empire d’une civilisation avancée, quand il y a des lois écrites, quand le Prince ne peut transgresser, ces lois sans les armer contre lui, sans s’exposer à voir passer sa , Couronne à son héritier , l’Élection perd son premier avantage ; il ne lui reste que les dam gers de sa mobilité et de son caprice. Dans un État politique incomplet, l’Élection est la Constitution tout entière ; dans un État politique perfectionné, la Constitution est l’Élection dépouillée de ce qu’elle e de pas* siouné, d’ambitieux, d’anarchique et d’insyrfecUonoel. Que si, par l’Élection , on arrive au changement de race, ce qui peut être quelquefois utile, on arrive aussi à la multiplication des Dynasties royales , aux guerres civiles comme en Pologne, à la succession électorale des tyrans militaires comme dana l’Lmpire Romain.
Par l’Élection, le principe de l’ordre n’étant pas perpétuel dans une famille perpétuellement gouvernante, ce principe est transitoire dans la personne royale transitoire; il manque de solidité, et, selon le caractère de l’individu appelé au trône, il se détend jusqu’à l’anarchie, ou se tend jusqu’au despotisme. Si, frappé de ces périls, vous ajoutez l’IIérédité à l’Election , vous créez une forme politique amphibie à tète de Iloi, à queue de peuple, qui a le double inconvénient de l’Election et de la Légitimité, sans avoir les avantages de l’une et de l’autre.
Nous marchons à une révolution générale:
si la transformation qui s’opère suit sa pente et ne rencontre aucun obstacle , si la raison populaire continue son développement progressif, si l’éducation morale des classes intermédiaires ne souffre point d’interruption , les nations se nivelleront dans une égale liberté; si celte transformation est arrêtée, les nations se nivelleront dans un égal despotisme. Ce despotisme durera peu à cause del’àge avancé des lumières, mais Usera rude.
et une longue tlissolution sociale le suivra. Il ne peut résulter des journées de Juillet, à une époque plus ou moins reculée, que des républiques permanentes ou des gouvernements militaires passagers, que remplaceroit le chaos. Les Rois poiirroient encore sauver l’ordre et la Monarchie en faisant les concessions nécessaires : les feront-ils.^ Point ne le pense.
Préoccupé que je suis de cos idées, on voit pourquoi j’ai dû demeurer fidèle, comme individu, à ce qui me semhloit la meilleure sauve-garde des libertés publiques, la voie la moins périlleuse par laquelle on pouvoit arriver au complément de ces libertés.
Ce n’est pas que j’aie la prétention d’ètre un larmoyant prédicant de politique sentimentale, un rabâcheur de panache blanc et des lieux comiuuns à la Henri IV. En parcourant des yeux l’espace qui sépare la tour du Temple du château d’Edimbourg, je trouverois .sans doute autant de calamités entassées qu’il y a de siècles accumulés sur une noble race. Une femme de douleur a sur-
tout été chargée du fardeau le plus lourd, comme la plus forte : il n’y a cœur qui ne se brise à son souvenir; ses souffrances sont montées si haut, qu’elles sont devenues une des grandeurs de la Révolution. Mais enfin on n’est pas obligé d’ètre Roi : la Providence envoie les afflictions particulières à qui elle vent, toujours brèves parce que. la vie est courte; et ces afflictions ne sont point comptées dans les destinées générales des peuples.
Je ne m’appitoie point sur une catastrophe provoquée; il y a eu parjure, et meurtre à l’appui du parjure : je l’ai proclamé le premier eu refusant de prêter serment au vainqueur.
La Charte était octroyée? Cela signifioil-il que tontes les conditions étoient d’un côté, aucune de l’autre? Pour celte Charte octroyée, la France avoit donné plus d’un milliard annuel; elle avoit accordé le milliard des émigrés, les milliards des étrangers; voilà comme le contrat étoit devenu synallagmatique. N’eu vouloit-on plus de ce contrat? Dans ce cas U falloit rendre une vingtaine de milliards, supposer qu’il n’y avoit rien de fait, reprendre
ses premières positions hors du pays; alors on auroit négocié de nouveau, et l’on eût vu si la Nation consentoit à la légitimité sans la Charte.
Mais parce <ju’on rencontroit une opposition constitutionnelle, dans une Chambre qui depuis a prouvé assez qu’elle n’étoit ni factieuse ni républicaine; sous le prétexte de conspirations qui n’existoient pas ou qui n’ont existé que jusqu’à l’année i8a3, priver toute une Nation de ses droits! mettre la France en interdit! c’étoit une odieuse bêtise qui a reçu et mérité son châtiment. Si cette entreprise de l’imbécillité et de la folie eût réussi pendant quelques jours, le sang eût coulé. La foiblesse victorieuse est implacable ; toutes les paroles des courtisans et des espions jubiloient de vengeance. Moi qui parle , j’aurois été le premier sacrifié , car rien ne m’auroit empêché d’écrire. Je me serois cru le droit de repousser la violence parla violence , de tuer quiconque seroit venu m'arrêter, une ordonnance et non une loi à la'^ main. £b bien! toutes ces concessions faites,
notre recours à une vengeance sans prévision et sans limites n’en est pas moins un des plus funestes accidents qui aient pu arriver aux libertés comme à la paix du monde.
Que voulons-nous? que cherchons-nous?
un niveau plus parfait encore que celui qui nous égalise? Mais l’inégalité renaît de la nature même dos hommes et des choses.
Combien de révolutionnaires, choqués de n’arriver à rien dans le cours de la Révolution , tournèrent sur eux les mains désespérées qu’ils avoient portées sur la Société ! Le Bonnet rouge ne parut plus à leur orgueil qu’une autre espèce de Couronne , et le Sansculotisme qu’une sorte de noblesse dont les Marat et les Robespierre étoient les Grands Seigneurs. Furieux de retrouver l’inégalité des rangs jusque dans le monde des douleurs et des larmes , condamnés à n’étre encore que desVilainsdans la Féodalité des niveleurs et des bourreaux, ils s’empoisonnèrent ou se coupèrent la gorge avec rage , pour échapper aux Supériorités du crime.
Nous remettrons -nous entre les mains de
ces vétérans révolutionnaires, de ces invalides coupe-têtes de 1793, qui ne trouvent rien de si beau que les batailles de la guillotine, que les victoires remportées par le bourreau sur les jeunes filles rie Verriun et sur le vieillard Malesherbes? qui croient qu’on se laisseroit trancher le col aujourd’hui aussi bénignement qu'autrefois? qu’il seroit possible de rétablir le meurtre légal et le superbe règne de la Terreur, le tout pour jeter ensuite la France échevelée et saignante sous le sabre d’un Buonaparte au petit pied, avec accompagnement de bâillons, menottes, autres menus fers, et parodie impériale?
D’un autre côté, que voudroit ce vieux parti royaliste, plein d'honneur et de probité, mais dont l’entendement est comme un cachot voûté et muré, sans porte , sans fenêtre, sans soupirail, sans aucune issue à travers laquelle se pût glisser le mointlre rayon de lumière? Ce vieux et respectable parti retomberoit demain dans les fautes qu’il a faites hier ^toujours dupe des hypocrites, des intrigants , des escrocs , et des espions , il passe
sft vie dans de petites riràiligArt^cs prend pour de grândes conspirations.
, Entre les hommes qui livreroient toutes .nos libertés pour une place de garçon de peine au service de la Légîtimité, et ceux qui les vendroient pèur du sang à une usurpation de leur choix’, et ceux qui n’étaut ni de Puu ni de l’autre bord restent immobiles au milieu, on est bien embarrassé.
Les systèmes politiques ne m’ont jamais effrayé ; je les ai tous rêvés ; il n’y a point d’idées de cette nature dont je n’aie cent et . cent fois parcouru le cercle. J’en suis arrivé à • ce point, que je né crois ni aux peuples ni aux Rdis;'jé crois à l’intelligetice ’eraùx liiits
qui composent toutè la société. Personne d^ésÉ plus persuadé que moi ‘de'la pérfectibilîté dë' la natui'ë humaine ; mais' je ne veux pas, quand on me parle de' l’avenir , qu’’on me vienne donner pour dti neuf les guenilles qui pen- ’ (dent depuis deux niilte ans dans les écoles des philosophes grecs et dans les prêches des hérésiarques chrétiens. ïé doià 'avertir la jeùnesse que iûrsqh’^tv rentrctieht'dé ta jedidtiaa-
nauté des biens, des femmes, des enfants, du pêle-mêle des corps et des âmes, du pantf^êisrae, du culte delà pure raison, etc. , je la dois avertir que quand on lui parle do toiles ces chosM^comnae dos découvertes de notre temps, on se moque d’elle : ces nouveautés sont les plus vailles comme les plus déplorables chimèrçs. Que cette admirable portion de la France, n’abuse pas de sa fofcel Qu elle se garde d’ébranler les colonnes du temple! On peut abattre sur soi l’avenir; et plus d’une fois les François se sont ensevelis sous les ruines qu’ils ont faites.
^ Sans préjugés d’aucune sorte, c’t>st donc ppur mon pays que je déplore une subversion trop rapide. J’aurais désiré qu’on se fût arrêté à l’innocence et au malheur. La Barrière était bçlle ; rÉtcndard de la Liberté y aurait flotté avec moins de chances de tempêtes , et tous les intérêt^ s’y seroient ralliés. La Jeunesse auroit été appelée naturellement à prendre possession d’une ère qui lui appartenoit. On frauchissoit de^ degrés; ou se délivroit de ao ou 3o ans
'de caducité; on avoit un enfant qu’ofi eût élevé dans les idées du temps, façonné aux opinions et aux besoins dé la Patrie, On au- . rait fait tous les changements que l’on auroit voulu à la Charte et aux Lois. Ajoutez de la gloire,ce qui étoit facile, à cette entrée de règne, au milieu de la plus abondante liberté , et vous auriez fait de ce règne lûie . des grandes époques de nos Fastes. v
« Lorsque je dis que la Jeunesse auroit été appelée à son naturel héritage, je n’avance rien qui ne soit hors de doute. La Restauration ne méconnoiséoit auciln talent, témoin les hommes sont aujourd’hui au Pouvoir.
M. le maréchal Soult, M. le baron Louis, ont été Ministres de Louis XVIII. M. de Villète, ail. moment de sa chute, vouloit faire don- ‘ 'lier le portefeuille des Finances à M. LafBttê. Quand M. de‘VilIèle fut toml>é, ou me proi-.
posa de rentrer au Ministère; j’y consentis, «nais à condition que MM. Casimir Périér, Sébastian! et Boyer<iCoUard eiitrerofênt avec moi : cela ne se put ‘ arranger ' pour le hu>- . menti U paroîtque Charles X Vc&t souŸenu à
SahitfCldud (lé im ))roposition, puisqu'il avok JiDimué M.' Casîinic Périer, Ministre des Mnauœs d«.- Henri V..Üu offrit à^M. de lli*> gny/ en 1839, le Portefeuille- de la Mariho. ^ MM. d’Argout et 'de Montalivet mit reçu la fatl*ie de la Légitimité c le second a meme kjérité^ non.sèuJenient de la Pairie deison . père^ mais e^ore-côllatéiaJeraent de la Pairie de son frère; faveur bien méritée sans doute, mais lout-à-fait particulièi-e^ En vérité, je crois que la Restaitràtlon n’a jamais cordialement repoussé, que moi. r ' •
Mais poiivoit'On s’arrêter à Henri Y? Oui', avec moins de poltronnerie d’un côté et pins de àang-féoi<l de l’autre. Ou prétend qu<! le Jtfôtiarque mineur n’auroit pu tenir auprès de la' Royauté abdiquéç,' rpie les intrigues, do jla vieille cour auroient tout miné; que detix pouvoirs, l’uu 'de droit,' l’autre dé fiât; se combattant dans l’État j'I’auroient détruit; et qu’enfiii la piétention du poiivoir primitif ' constituant, du droit divin , seroit toujours restéé. '•r,. *
,V^e né «mis pas de cetle opihbil : je crois
Digilizod
qu’en appelant aittour de flenri de Béarn les ^ bomrnes forts qui n’ont pas même trouvé place dans la Monarchie élective , tous les chefs énergiques du passé libéral et mili- *> taire, tous les talents, toute la jeunesse. Qu’saurait facilemeJit dompté lés -veneurs , les" douairières, les inquisiteurs et les publicistes de Sainl-Gernaain et de Fontainebleau. D’ailleurs, l’expérience a prouvé qu’un Roi dé-’ chu a bien peu de puissance. Charles X ét sort' fils , dans le cas ou ils fussent demeurés en France, loin d’étre entourés et recherchés auroient été bientôt plongés ‘'dans une pro-* fonde solitude.
Supj>osei6-vous le contraire ? Alors il étoiti. toujours téinpsde’f^ire ce qii’oft a 'fait hA 6 août ; on auroit eu. l’avantdge de Cémtaiocre la France par l’expérienee, qu’on fre pouvoit‘ ‘ pas s’ikbriter sOus la béàTïtebe aîn'ée'des Bbur*' boBSV que force étoft*' éTélirê ' un noufeaü" Monarque. Ëntiii admettôiis -qti’il fût de déposer, sans l’essayer et sans l’entendre ,' cet ovpti^eliii privé tour k tollr'feuélesol fraûçeis de son père, dé' sa. couronne -.et dé sis' .
que ce règne . pi^wné^ ' ^i^$Ul|)as lieiqi^ux,. êtes-vous nieux au- Îp^(r|;iuij‘êl^TyQpi|.p|^^ de l’avenir • .' jiQn&^ cas,"* lin . ÇougrèsvWUiï^
réuni ^ur exanoiner ce^qu’U y avoit à faire,' t^ij^oit été préférable, selon n3oi,'è.un Goih.
improvisé jde ville en.viUe^ poulf ^^^lÙinsM’bonunes^ avec je pa^g^. d’une ^surmontée -d’un , , drapeau.) {Ceux' ' ipéipp^qui ont cpœipeDcé ]e'ngi^uv;«pn^)ii,le> vonlpieut-Us aussi .complet? Chaqi^ie . peuple ' a son défaut :. celui , du .peuple iVançois.^ti d’aller, trop vite, de.,trafyenaetf. tantiMdft.ee.
^ trouver de l’aulre côté du bien,;AU,Jiei;l^d<e^ se fixer dans ce bien •< lorsqu’il -}e..eenPontre.
Au mpral , comme au pbyjaiquè',,npus,.npus>
portons aau&>cessq au 4lelà,duibut ; nousiqu- ‘ IpUAmui; pinds Je^jdégfB cpn^jrn? nous passons;
. suif,, le ventre lies çpatiuétear
- , ajqLToient, dû, aa»Tfff?Ç,au Rb i n et nous ^
c$)^r,U , et .nqpa.^nuUo^ courir «ut' ;
«^teGouver^m'entaotMel ineprp^ga{ipinn)e> ' étranger paiaible ; je d^s à ^ses jUâs r^con*) ' ^
noissance ét8ouTnîs6ion,*tant que j’habite Siït le 8ol où il rae permet de respîi*er. Je lui souhaite des prospérités, parce qn’avant tout je désire celle» de la France; ses ministi’es sont honorables; quelques Uns sont habilesM<e chef de l’État mérite des respects; il né fait point le mal; il ïi’a pas vei-sé une goutté d^ sang; il s’élève au dessus des attaques; il cétnprend la foî' jurée à un autre atïteî que le Sien : cela e8t digue et royal; rilàis céia' né change pas la nature des' faits*. Jé ne piüs ' servir lé éofivernemeUf "qtrt‘ triste, parce que je crains qu’il né piiiasé KwVér â Tordre qUe par'Foppressfon dé la Tib'éî*té, et. qu’il me Senrtble exposé sTil veut maintenir la liberté, à tomber dans Tanarchie'.
' * Au surplus,- je serai hetiréux d*e me tromper. 'On remarque quelque chose d’ùsé'^dalis ce' pays parnfTÎ les hoTrtTh'es , qui peut mener au repos, li’in certitude de l’avenir est 'si grande; oti ' connoît kl peii le point de’ l’horizon d’oVi partira ‘la lumière; on a depuis quarante ans une telle habitude de changer de Gouvernement, une telle facilité
' à s’accommoder de rien et de tout , une telle épouvante du retour des crimes et des malheurs de la Révolution, qu’on ira peut-être mieux que je ne le pcn^, et aussi bien que, je le désire. Peut-être arrivera-t-il une Chambre qui constituera au dessous de la 'Royauté, trop peu puissante, une République d’occasion sachant faire marcher la liberté avec l’ordre; peut-être surgira-t^il des génies capables de naaîtriser le ternps; peut-être quelque accident imprévu, quelque secret de X)ieu, viendra-t-il twjt arranger. Les faits ne seront peut-être pas logiques; ils iront peutêtre à l’encontre de toutes les prévisions, de tous les calculs; il y a peut-être dans la nation assez de modération et de lumières pour surmonter les obstacles au bien , pour ajpor-
tir ou repousser les assauts de la pi esse périodique : Dieu le veuille! Que la Franeç^soU libre, glorieuse, florissante, n’importe par •qtii et comment, je. bénirai le Ciel.
Les raisons générales qui m’ont empêché de reconnoître la Monarchie êleclive, se dêdiiisept des choses ci'dessus relatées. Quant
aux motifs personnels de ma conduite^ ils sont encore plus faciles à comprendre. Je n*al pas voulu me mettre en contradiction avec moi-même , armer mon long passé contre mon court avenir, rougir à chaque mot qu^ sortiroit de ma bouche, ne poitvoir me relire sans baisser la tète de honte. 1.CS journéés de Juillet m’enlevoient tout , hors l’estime publique : je fai voulu garder.
' Que la proposition qui bannit à jamais la famille déchue du territoire François soit liii corollaire de la déchéance de celte familier; celte nécessité en fait naître une autre pour ' moi dans le sens oppo.sé , celle de me séi parer plus que jamais de ce qui existe, de prendre acte nouveau et public de cette séparation : je chereberois d’ailleuts en vain ma place dans les diverses catégories des per« sonnes qui sé sont rattachées à l’ordre de choses actuel. -r i
Il y a,'des hommes qai, par de sentimént de leuF talenC«t de leur vertu; otit dû servir leur- Patrie quand il ne ienr^'a plus! été poa> sible .de maiuteôir la forme^ de âouvemement ' qu’ils préferoient : je les admire; mais dé si •
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hautes rnisoDS n’appartiennent ni à ‘ ma £oU blesse ni à mon insuffisance. >,
li y a des hommes qui ont prononcé la
dédiéance de Charles X«t deses descendants
par devoir, et dans la ferme ccmviction que c’est ce qu’il y avoit de nneux pour le 'salut de la France. Üls ont eu raison, puisrpi’ils étoient persuadés : je ne l’étois pas; je n’ai pu imiter leur exemple.
- Il y a des hommes qui ne pouvoient, ni interrompre leur carrière, ni compromettre des intérêts de famille-, • ili‘ priver leur pays de leurs lumières, parc© qiTil avoit plu au Gouvernement de faire des folio»’ > ils ont agi très bien, en s’attachant au Pouvoir nouveau. Si, toutes les ibis qu’un MonarqTie tombe, il falloit que tous les indrvidns grands et petits tombassent avec lui, il n’y auroit pas de société possible. La Couronne doit tenir sa parole; quand elle y manque ^ les sujets ou les citoyens sont dégagés de la leur. Mais les antécédents de m'a vie- ne me per« naettcoéntpas deisnivre cettv règle génénde^ etje mn trouVoàs placé dans-L’exds^on. ^ . Il y a den hotùmes qm détestent la Dyna^*
ji. X
tie (Ict Bourbons, et qiii ont juré son exil : ' je crois qu’il est temps' d’en finir avec les proscriptions'et les exils. J’ai rendu , Commet . Miulstre et conmme Ambassadeur, tous les ^ services que j’ai pu à la famille Buonaparte ; elle me peut désavouer, si je ne dis pas ici j la vérité-: il n’a pas ‘tenu k moP qu’elle n'ait été rappelée en France , et que même la' ..
statue de Napoléon n’àit été replacée an haut • tle sa colonne. C’est ainsi que je comprenois largement la Monarchie légitime : il me sembloit que la liberté devoit regarder la Gloire > en face. - .
Il y a des hommes qui , croyant à la souveraineté du penpiei, ont voulu foire triompher * ce principe suranné de fa vieille école politique : moi , je ne ferois^point au droit divin mais je ne crois pa^ davantage k là souve-raineté du peuple.' Je pois très volontiers me passer d’un Roi y mtris je ne me, récénnois • pas le droit, d’imposer à personne''le Rbî que j’aïirois choisi. Moiiàrque pour Monitrquie,' Henri de Béarn me parois.soit préférable pour l’ordre et la J/iberté dé fa France. J’ai donc
. donné ma' voit à Henri V, comme mon voi-
■JC-.
riche.
Il y a des hommes qui ont jeté leur parole sur la place de Grève , en juillet, comme CCS chevriers romains qui jouent à pair ou no/it parmi des ruines. Ces hommes n’ont^ vu danSiJU dernière Révolution qu’un coup de dé; poqrva que Cette Révolutiou dure, assez pour qu’ils puissent tricher la fortune, advienne que pourra. Ils traitent de niais et.de sot, quiconque ne réduit; pas la poliq tique à des intérêts privés : je suis un niais et mi sot. V
Il y a des peureux qui auroieut bien voulu ne pas jurer, mais qui se voyoient égor-
( 44 ) ''..'rv
sjn de droite a pu choisir Louis-Philippé 1% mon voisin de gauche Napoléon II, moa' voisin en face la République. j.
Il y a des hommes qui, après avoir prêté serment à la République une et indivisible y au Directoire cri cinq personnes, au Consulat en trois, il l’Empire en une seule, à la première Restauration , à l’Acte additionnel ,, aux Constitutions de l’Empire , à la seconde Restainatiou , ont encore quelque chose à prêter à Ixiuis-Philippe : je ne suis pas si
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. gësctù, leurs grands parents, leurs petits enfants et tous les propriétaires, s’ils n’avoient tremblotté leur serment : ceci est un effet pliysique qtie je n’ai pas encore éprouvé; j’attendrai rinfirmiié, et si elle m’arrive, j’aviserai,
, Il y a des grands Seigneurs de l’Empire unis à leurs pen.^ions par des liens sacrés et indissolubles, quelle que soit la main dont elles tombent : une pension est à leurs yeux un sacrement; elle imprime caractère comme la pretnse et le mariage; toute tète pensionnée ne peut cesser de l’étre : les pensions étant demeurées à la charge du Trésor, ils sont restes a la charge du même Trésor.
]Moi j ai 1 habitude du divorce avec la fortune; trop vieux pour elle, je l’abandonne, de peur qu’elle ne me quitte.
11 y a de hauts Barons du Trône et de 1 Alltel, qui noiit point trahi les Ordonnances; non! mais l’insuffisance des moyens employés pour mettre à exécution ces Ordonnances a échauffé leur bile : indignés qu’on ait failli au despotisme, ils ont été chercher une
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autre anti-chambre. Il m’est impossible de ' partager leur iudiguafion et leur demeure. ,
, Il y a des gens de conscience qui ne sont parjiures que pour être parjures, qui cédant ' à la force n’en sont pas moins pour le droit.', ' Ils pleurent sui\ce pauvre Charles X, qu’ils ont d’abord entraîné à sa perte par leurs conseils, et ensuite mis à mort par leur sei--' meûtÿ mais si jamais lui ou sa race ressuscite, ' ils seront des foudi'cs de Légitimité. lUo£,. ^ j’ai toujours été dévot à la mort, et je suis le convoi de la vieille Monarchie comme le
chien du pauvre. - ;
Enfin, il y a de loyaux Chevaliers qui ont dans leur poche des dispenses d’honneur et des permissions d’infidélité ; je n’en ai point.
J’étois l’homme de la Restauration possible, de la Restauration avec toutes les sortes de libertés. Cette Restauration m’a pris pour un ennemi ; elle s’est perdue : je dois subir son sort. Irai-j^e attacher quelques années qui me restent à une fortune nouvelle, comme ces bas de robes que les femmes traînent de cours en cours , et sur lesquels tout le monde peut marcher? A la tête des jeunes
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.. '^- » V-;. ( 47 J J} :'t générations , Je serois suspect; derrière elles, ce n’est pas ma place. Je sens très bien qu’au» ' ' \ ’
cime de mes facultés n’a vieilli ; mieux que - ," '
jamais je comprends mon siècle; je pénètre plus hardiment dans l’avenir que personne ; mais la iatalité a prononcé : finir sa vie H propos est une condition necessaire de l’homme public.
Je dois, en terminant, prévenir une méprise qui pourroit naître dans certains esprits, do ce que je viens d’exposer.
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De prétendus Royalistes n’aspirent , dit-on , qu’à voir l’Europe attaquer la France. Eh bien ! le jour où la France seroit envahie seroit celui qui changeroit mes devoirs. Je ne yeuK tromper personne ; je ne trahirai pas plus ma Patrie que mes sermenLs.
Royalistes , s’il en existe de tels , qui appelez de vus vœux les baïonnettes enue-, mies , ne vous abusez pas sur mes sentiments; reprenez contre moi votre haine et vos calomnies ; je reste |.uu Renégat pour vous ; un abîme sans fond nous sépare.
Aujourd'hui je sacrifierois ma vie à l’Enfant du malheur ; demain ^ si mes paroles avoient
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quelque ‘puissance , je les emploiérois ’^à rallier les François contre l’élranger' qut rapporteroit Ileuri V clans ses bras. '
? ■ Si j’avois riionneur de fatre encore partie
r . de la Chambre des Pairs, j'anrois dit à la <
^ Tribune de cette Chailabre ce que je dis g 4 ‘'•'V •'4c dans cette brochure^ sauf ce qui est t^datif.
r . au serment, car sous ce rapport ma'positioa
A n’eùt plus été la même. Ma voix sera peut-
être importune î mais que l’on se console; ou l’entend pour la dernière fois’' dans les r*>-' affaires politiques, toutes choses demeurant
comme elles sont. Prêt à aller mourir sur la
terre étrangère, je vouclrois qu’il n'yeût plus
h d’atitrc François exilé que moi; ie voudrois
1^:4 , que la Proposition de bannissement ne lùtj
pas adoptée ; c’est en‘-'faveur de quelques têtes qu’on veut proscrire, que je publie mon
Opinion. Au mois d’août, je demaudois pour Duc de bordeaux une Couronne; je ne .sollicite aujourd’hui pour lui que l’espérance ^ d’un tombeau dans sa patrie: est-ce trop ? * ‘