CHAPITRE LXYIL
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Tout est dit ! Contre l'orgueil , le despotisme ; et pour échapper au despotisme, le Droit divin. La souveraineté de Droit divin naît de l'heureuse obéissance des hommes ; la souveraineté du peuple, de leur orgueil révolté. Le Droit divin sera l'unique moyen d'éviter un despotisme militaire. . . si la Providence veut être encore tellement miséricordieuse que de sauver ceux qui n'ont pas de repentir
Celui qui en appelle au peuple le renvoie dans la barbarie... Rentrez du premier pas dans tout le principe de la Souveraineté ! Non par biais, mais par un aveu solennel, et dans la force de la franchise ! C'est l'ascendant moral qui a toujours agi, jamais la répression. On ne connaît point la foule : elle courbera d'abord la tête avec étonnement, ensuite avec reconnaissance. — Ramener la liberté pratique par la puissance d'autorité, est le moyen d'étouffer la liberté dogmatique.
Le Roi est le souverain. Si on balance sur le mot, tout est perdu... il faudra arriver au système parlementaire, à la souveraineté de la nation reconnue au moins
dans le pacte, et concourant à la création de la loi. Que (li- vient le principe de la Légitimité si celui delà souveraineté du peuple subsiste?.. Lorsque l'assemblée sera contraire au Roi, infaillible dénouement, laquelle des deux souverainetés cédera? Si la souveraineté du peuple casse la souveraineté du roi, plus de nation ; si la souveraineté du roi, comme en 1850, casse la souveraineté du peuple, une révolution... Voilà l'écueil!.. Sachez-le bien, en abolissant les assemblées parlementaires, vous n'enlevez rien d'utile au pays, et vous ôtez d'un coup sa tête à la Révolution. •
Et vous. Girondins'^, hommes d'illusion, si vous tenez tant au principe de la souveraineté populaire, restez en république ! et voyez jusqu'où tout ira. Mais s'il vous faut celui de la souveraineté royale, prenez-le donc, et n'allez plus, par le système qui crée des trônes à l'orgueil et nourrit la rébellion, placer la lutte dans le sein même de l'État. Si le peuple est souverain, on ne voit plus pourquoi il aurait besoin d'un roi? Mais s'il a besoin d'un roi, qu'il sache donc obéir! tous les pathos ne pourront sortir de là.
D'abord le Roi ne reviendra que par un fait d'une irrésistible puissance, d'un invincible entraînement. On
1 Que de bonne foi pour dire aujourd'hui : «Nous sommes ceux qui « depuis soixante ans en France, CHERCHENT, dans la conciliation du a pouvoir monarcliique et de la volonlc nationale, les conditions de la « royauté moderne! » — Oh! oui, i\s cherchent... et cependant, c'est la raine que nons trouvons !
Le m<ïme écrivain, estimé, ajoute : « Nous ne reconnaissons pas « à la Royauté de droit antérieur à la volonté nationale! » — Et qunnd cette nation et cette volonté n'existaient pas, et que la Royanté venait la fonder?... Pauvre histoire ! il y a des gens plus grands que toi!
aura donc la latitude de rentrer dans toute la Souveraineté... Mais, ouvertement, franchement, hautement! le péril commande. Du premier moment tout est gagné ou tout est perdu!... Ceux qui prendront sur leur conscience d'offrir le conseil opposé au Roi, ne le serviront aujourd'hui que pour le perdre demain. Avec double malheur : celui d'avoir montré sa faiblesse et celui de violer des serments... car au jour de la pratique, il faudra bien, ou servir les principes de 89, ou venir les dominer !
Ah ! je n'ai qu'une voix, que le cri de ma conscience. Avant de terminer je le dirai encore : Ne touchez pas aux événements ; vous ne pouvez rien politiquement sur la Révolution : Laissez agir la Providence; mais quand son jour sera venu, rendez-vous maîtres de la Révolution ! vous aurez, après, tout le loisir et le moyen d'exercer votre bonté sur les hommes. Ne perdez plus de vue l'exemple de Louis XVI!!.. Les Français ne sont méchants que depuis que les Bourbons sont trop bons Vous entrerez avec l'Évangile et l'histoire dans la profondeur de la doctrine contenue en ces simples mots : Tout pour le peuple , ah ! la charité le demande ; mais. Rien par le peuple, la nécessité le dit! Le peuple manque d'intelligence précisément en proportion de sa puissance. Le faire maître, c'est vouloir s'en rendre maître... puis le livrer sur Tabîme à la trombe de l'orgueil : le faire maître, c'est l'envoyer par le chemin de son ivresse au despotisme et à la mort ! La souveraineté du peuple n'est que le suicide d'un peuple!.... Ah! il faut un Roi à ce peuple ; la mer se passerait de ses rivages plutôt que ce
peuple de son Roi !.. Les fléaux sont descendus sur luià mesure qu'on égarait ses Princes; et quand on les remplaça, il tomba, comme un captif, aux mains de ses exploiteurs. Qui, d'une âme souveraine, le garantira désormais des accapareurs de crédit, des propagateurs d'industrie, des créateurs d'emprunts et de monopoles, des destructeurs du sol, de son sang, de sa vie? Le Roi seul, ce vrai Roi l'âme et l'espérance du peuple, peut réussir à ce que la Société, faite par les aristocraties, ne soit pas /ai7e jîowr elles ; que la masse, qui n'est rien dans l'action, soit tout pour le but et la direction. Qu'il sera puissant, ce Roi, qui saura qu'il a charge d'âmes vis-à-vis du peuple, et, comme père, charge des intérêts du corps! Qu'il sera puissant, ce Roi, l'exemple de ses aristocraties, le rêve de son peuple ! Et que la France ne porte
les yeux ni à droite ni à gauche ; c'est à elle que la Providence, dans sa haute bonté, a donné la Dynastie sans pareille... On n'apprend pas à régner, le poète n'apprend pas à écrire : on règne ou l'on écrit comme on porte le cœur !