CHAPITRE XI
A qnoi tient la Propriété.
Point de responsabilité de l'homme devant Dieu, plus de propriété. ,..,;;
L'homme n'est inviolable que parce qu'il a une responsabilité absolue devant Dieu. La propriété, fruit de l'homme , n'est inviolable que de l'inviolabihté de rhpîTnime.
Dès qu'il n'est plus responsable devant Dieu, il perd spn inviolabilité sur la terre ; sa propriété n'est pas plus sacrée que celle du loup. Qu'il la défende s'il peut, j^ajs la propriété n'est plus légitime.
La propriété, et ils le disent déjà, est une pure occupation. Or, l'occupation n'est qu'un fait; nous ne sommes déjà plus sur le terrain du droit. Il en est d'elle comme de l'hérédité du pouvoir, il s'agit de posséder. Et, comme il faut bien commencer, qu'une nouvelle famille se présente, qu'elle fonde aussi son fait d'occupation, et la voilà légitime !
Savez-vous à quoi l'homme tient ? à Dieu. Arrachez en sa racine, vous verrez s'il reste debout !
L'homme est à l'état d'envie. Quand le peuple entendit pour la première fois ces mots : La propriété c'est le vol, il a senti le raisonnement justificateur de ce qui, depuis vingt ans, sommeillait en lui. Sa conscience faite, il a marché d'un trait dans la révolution.
Aussi ce mot est le plus grand de l'époque ; le publiciste qui l'a écrit, l'homme qui en a formulé toute l'erreur. Le peuple va et dit : Je ne demande que ce qui m'appartient.
Que lui répondrez-vous ? Ne lui avez-vous pas vousmêmes appris qu'il n'y avait pas de choses sacrées? Quand il rira de votre droit, quel visage lui ferez-vous ? N'avez-vous pas, pendant trente ans, ri et rimé vos chansons sur tout ce qui remontait à Dieu?
Ah ! vous avez cru que l'homme se déliait ainsi de tout devoir sans être délié de son droit! Vous avez pensé que vous n'aviez aucune responsabilité devant Dieu, et voilà que vous n'avez plus d'inviolabilité devant l'homme...
En lui refusant votre cœur, vous vous êtes retiré le pain. Vous saurez comment les lois de ce monde sont faites !