‹ De la Restauration françaiseChapitre 82 sur 189 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Les l'éTolatious mettent uu arrêt aa couraut de l'histoire.

Une fiiut pas confondre les révolutions avec les évolutions de la Société. Par celles-ci, la Société s'avance; par celles-là, elle revient sur ses pas. Les évolutions sont les progrès de l'humanité; les révolutions sortent de l'homme. Les premières ont lieu dans sa conscience ; les secondes éclatent lorsqu'il se dresse, dans son orgueil , contre le courant de l'histoire.

» ParoljSde M. Guizot, en 1838, dans un article au reste fort reniar> quable sur le Catholicisme.

Quand un homme du rôle politique de M. Guizot se pose dans une époque comme le défenseur de TAutorilé, il devrait monter jusqu'au sommet du principe, et non point Tabolir en religion, où il fatigue l'orgueil, pour le ramener en politique, où il favorise les alïaircs. Ce ne sont pas les criards du jour qui sont impardonnables, mais ces grands discoureurs, hommes de sciences courtes, qui nous ont séparés de la science universelle. L'époiiuc était bien défendue!

Une révolution n'est qu'un retour vers le passé. Ainsi le mouvement par lequel Luther ramena sur les esprits l'antiquité, en remplaçant laFoi parla raison individuelle, fut très-bien nommé une révolution. Dès ce moment le christianisme fut retardé de deux siècles : il fallut une seconde fois combattre le paganisme, dans le cœur de l'homme, comme on l'avait combattu la première fois sur la surface du monde.

De même, le mouvement par lequel la bourgeoisie du xviii^ siècle ramena chez nous l'époque qui avait précédé dans les Gaules la conquête des Francs, en remplaçant la noblesse par la bourgeoisie et les classes gauloises, fut aussi nommé la révolution française ! Dès ce moment on vit partout éclater au dehors, dans les actes, dans l'État, dans les arts, dans l'opinion du public, l'esprit mesquin et la décadence morale qui s'y cachaient depuis cent ans. A cette époque, les mœurs et les instincts grossiers du peuple montaient dans l'aristocratie : il s'agissait de promptement ranimer l'esprit de noblesse pour le faire redescendre sur la foule. Au contraire, on démocratisa la nation. Ce fut une révolution, c'est-à-dire un retour en arrière. Ce retour s'est achevé dernièrement.

Il ne se fit même aucun progrès, comme on ledit, dans les Droits de l'homme. La bourgeoisie ne prit que pour elle les avantages qu'elle enviait à la noblesse. Elle se réserva si exclusivement ces droits, que le peuple ne vient d'entamer cette dernière révolution que pour les lui reprendre à force ouverte. La bourgeoisie reconnaît, mais trop tard, qu'avec tant de droits de l'homme, l'homme et la Société périssent. Où, à qui ces droits doivent-ils s'arrêter?... C'est bien ce qu'elle se demande avec anxiété

snijourd'hui. L'orgueil commence assez une révolution; mais, en nulle chose, il ne sait considérer la fin...

Tous ces droits seraient très-bons si l'homme as^issait noblement. Ils ne valent plus rien dès l'instant qu'on en parle : c'est comme la vertu et la noblesse. Au lieu de les appeler droits, on les nommerait devoirs, et c'est à quoi l'on verrait que cette révolution n'est pas complètement fausse.

On parlait des devoirs de l'homme depuis qu'il était sur la terre ; il fallait notre siècle pour entendre parler de ses droits.

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