‹ De La Rétention d'Urine dans la Fièvre TyphoïdeChapitre 22 sur 26 · D SE · texte numérisé non relu

D SE

Il a été transporté ici surtout parce qu’il n’urinait pas seul et qu’il yavait de multiples difficultés matérielles pour le sonder chez lui.

Depuis le 15 août, en effet, troisième ou quatrième jour de sa maladie, il n'a jamais uriné seulet on a dû le sonder matn et soir.

À l’arrivée, vessie distendue, très appréciable à la palpation et à la percussion qui donne après cathétérisme 600 à 700 grammes d’urine.

21 août. — On croit percevoir à droite un empâtement dans la fosse rétro-rénale qui n’est presque pas douloureuse cependant. La rate est grosse et perceptible à la palpation. Le séro-diagnostic est, ce jour-là, négatif ; il deviendra positif dans la suite. Quantité d'urine par vingt-quatre heures, faible, 600 à 800 grammes ; urine très foncée. albuminurie légère.

29 août. — On dut appliquer des compresses chaudes fréquemment renouvelées sur la région vésicale.

En effet, il existe un spasme urétral assez diflicile à vaincre

quand on le sonde et tel qu'il a fallu une fois faire une sorte

de cathétérisme appuyé, pendant une dizaine de minutes avant de pouvoir passer.

Réflexes patellaire, olécranien, antibrachial légèrement exagérés.

23 août. — Le lendemain déjà la sonde passait plus facilement et il n y eut plus dès lors de difliculté. Apparition des taches rosées.

24 août. — Bains. Dès le troisième, le malade urine tout seul dans son bain. Depuis, il n'y eut plus besoin de le sonder.

—— nie

La sensation d'empâtement perçue le premier jour n’a plus été retrouvée dans la suite.

On donne 2 grammes de benzoate de soude et le malade boit beaucoup. Depuis ce temps, il urine au moins 1 litre et demi à 2 litres tout en perdant encore des urines à l'occasion du rejet d'un lavement ou dans le bain.

26 août. — Le malade urine maintenant assez facilement qien qu'il doive attendre assez longtemps. Puis, subitement, le besoin arrive très pressant et s’il n’a pas son urinal à demeure, l'urine part en jet assez fort et sans qu'il puisse la retenir.

28 août. — L'exagération des réflexes persiste.

Au moment du premier cathétérisme pratiqué à l'hôpital, lors de la toilette du gland, on aperçut une goutte épaisse et blanche venant sourdre au méat.

A la fin de la miction, l'urine, surtout le soir, était floconneuse, renfermant des filaments. Une ou deux fois quelques traces de sang apparurent.

Depuis qu'on a cessé les cathétérismes et que le malade peut boire davantage, et après l'administration du benzoate de soude, les urines redeviennent beaucoup plus claires et plus abondantes.

Cette goutte urétrale a été examinée au microscope à plusieurs reprises. Quelques globules rouges, nombreux globules blancs ; abondantes cellules épithéliales .

Jamais de gonocoques.

La dothiénentérie devient de plus en plus grave, adyna- -mique. Il se produit des complications broncho-pulmonaires

et la mort survient le 2 septembre.

OBSERVATION II (Personnelle)

(Service du Dr Courtois-Suffit.)

Fièvre ty phoïde assez bénigne. — Apparition brusque de la rétention après un transport un peu long en voiture. — Réflexes exagérés. — Trépidation épileptoïde. Aucun

passé génital ou urinaire.

R..., vingt six ans, domestique, entre à la maison Dubois le 19 août.

Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires. Un de ses frères a eu également une fièvre typhoiïde.

Elle-même a toujours été bien portante, réglée régulièrement. Elle n'a eu aucune affection génitale. Quelques pertes blanches seulement. Elle n’a jamais eu, dit-elle, de rapport génital.

Une huitaine de jours avant son arrivée, courbatures, céphalée ; as d’épistaxis, pas de douleurs abdominales ; elle était plutôt constipée.

Dès le début de sa dothiénentérie, elle urina toujours bien, régulièrement, et n'eut jamais d'incontinence nocturne.

Le soir même de son arrivée, après le transport en voiture d’ambulance de la banlieue où ’elle habitait jusque dans le service, elle est prise brusquement d'une impossibilité absolue d'uriner.

On retire par le cathétérisme 1 litre d’urine.

SAN, D er

Pendant cinq jours de suite, jusqu’au 24 août, on est obligé de la sonder deux à trois fois par jour.

Les urines étaient foncées au début ; leur quantité était de 2 litres environ par vingt-quatre heures ; elles devinrent plus claires dans la suite. Pendant sa période de rétention, la possibilité d’uriner fut totalement supprimée. Elle n’urinait pas dans ses bains ni dans son lit.

21 août. — Séro-diagnostic positif.

22 août. — Application de compresses chaudes dans la région hypogastrique.

23 août. — Apparition des taches rosées,

24 août. — Après deux jours d'application de compresses, elle rend spontanément un peu d'urine en même temps qu’elle évacue un lavement.

Depuis lors, il n’est plus besoin de la sonder. Mais dans la suite, elle urine toujours dans son bain. Elle éprouve nettement le besoin d’uriner, mais ne peut se retenir. Cet acci-

dent ne lui arrive cependant pas à chaque bain. Diarrhée fétide.

26 août. — Réflexes patellaires et antibrachiaux nettement exagérés. Trépidation épileptoïde provoquée par la simple flexion du pied sur la jambe, et qui se continue indéfiniment tant qu'on maintient le pied dans cette position.

28 août. — Il lui arrive encore d’uriner dans quelques bains, mais non dans tous.

Persistance de l'extrême exagération des réflexes. Plus de distension vésicale.

Sans autre complication qu'une légère albuminurie transitoire, la maladie suit son cours normal. Les mictions rede-

Maillard 4

Par viennent peu à peu régulières et le 14 septembre la malade

sort guérie.

OBSERVATION III (Résumée)

(Due à M. Ferrand, interne du service.)

Fièvre typhoïde bénigne chez un enfant de quatorze ans et demi. Rétention complète. — Spasme urétro-vésical.

— Aucun antécédent urinaire ou gén ital.

T..., quatorze ans et demi, apprenti tapissier, entre à la maison Dubois le 31 septembre.

Il était mal à l’aise depuis une huïtaine de jours, alité depuis cinq jours.

Epistaxis, grosse rate ; taches rosées. Séro-diagnostic . positif. Température, 40 degrés. Pouls 85.

Le sixième ou septième jour, il est pris brusquement de rétention complète. |

Malgré le besoin qu'il éprouve, il lui estimpossible d’émettre la moindre goutte d'urine. On décide alors de le sonder. La sonde passe avec difficulté : spasme urétral, Mais à peine introduite, elle est rejetée, le malade urine alors librement et remplit son urinal:

On le sonde ainsi pendant deux jours, deux à trois fois chaque jour. Une fois même, alors qu'on faisait les préparatifs du cathétérisme, la rétention céda au moment précis où on allait mettre la sonde,

Ces faits ne se reproduisirent plus dans la suite et après

une hyperthermie qui dura une vingtaine de jours, la fièvre:

RTS A LA

typhoïde qui d’ailleurs ne s'était nullement compliquée, fut totalement guérie le 9 novembre.

Cet enfant n'avait jamais eu aucune affection génitale ou

urinaire.

OBSERVATION IV (Personnelle, résumée) (Service du D' Courtois-Suffit) Fièvre typhoïde bénigne. — Rétention d'urine survenue

à deux reprises. — Spasme urétral. — Miction spontanée,

après que l'urètre a rejeté Je lui-même la sonde.

H..., trente-cinq ans, entre à la maison Dubois le 4 octobre.

IL est malade depuis une huitaine de jours, céphalée, courbature, diarrhée.

Dès les premiers jours de l’arrivée, température modérément élevée, 3802, très abaïissée le matin. Bon état général. Taches roses. Grosse rate.Séro-diagnostic positifle 9 octobre.

Rapidement la température descend, le bien-être revient, et le 26 octobre le malade sort en pleine convalescence.

Le deuxième jour après son arrivée à la maison de santé, rétention complète, globe vésical très appréciable. On décide le cathétérisme qui se fait assez facilement, mais par lequel on perçoit cependant un certain degré de spasme urétral. A peine la sonde est-elle introduite dans la vessie qu’elle sort brusquement d'elle-même et que le malade urine seul.

Le en au cours d’un nouveau cathétérisme, le

même fait se reproduit.

D Sore Quatre jours se passent pendant lesquels le malade n’a pas de rétention et brusquement sans cause appréciable, le 10 octobre, nouvelles difficultés pour uriner qui exigent un nouveau cathétérisme de même que le lendemain. Ces deux jours, la sonde est encore rejetée aussitôt introduite, et la miction se fait ensuite normalement.

La rétention ne s’est plus renouvelée.

OBSERVATION V (Personnelle, résumée)

(Service du Dr Courtois-Suffit.)

Fièore typhoïde de moyenne intensité ou mictions excessivement fréquentes, non douloureuses. — Rétention. Ré-

flcxes exagérés. — Pas de passé génitalou urinaire.

Miss W..., vingt-neuf ans, institutrice, d'origine américaine, entre à la maison Dubois le 5 août. |

Elle entre en pleine dothiénentérie, confirmée le lendemain par le séro-diagnostic-qui est positif.

Elle est malade depuis quinze jours, alitée depuis peu. Taches rosées, bronchite légère, langue rôtie, Température 4o et41 degrés. Diarrhée, céphalée.

Elle a régulièrement uriné au début, deux litres environ ; quelquefois involontairement dans le bain, moins souvent dans le lit.

Dans le cours de sa dothiénentérie, vers le quinzième jour, elle a uriné pendant trois ou quatre jours environ 15 à 20 fois. Elle rendait, à tout moment, quelques centimètres

cubes de liquide, d’ailleurs sans douleur. Puis, vers le

vingtième jour, brusquement, rétention qui sejprolonge pendant trois ou quatre jours et on doit la sonder deux fois par vingt-quatre heures.

Ces mictions redevinrent ensuite normales. Cette malade n'avait jamais eu aucun antécédent urinaire ou génital.

Les réflexes rotuliens, olécraniens et antibrachiaux furent très exagérés pendant toùte la durée de la maladie jusqu'à la convalescence. Pas de trépidation épileptoïde.

La malade sort guérie, le 25 septembre.

OBSERVATION VI (Personnelle, résumée)

(Service du D: Courtois-Suffit)

Fièvre typhoïide grave; délire, confusion mentale, hémorragies intestinales. — Aucun antécédent urinaire ou génital; vierge. — Rétention complète pendant six jours,

incomplète pendant quinze jours.

Me M... vingt-cinq ans,sans profession, entre à la maison Dubois le 3 octobre.

Elle est au seizième jour environ d’une dothiénentérie confirmée. Elle a un délire violent, agité, et une extrême confusion mentale, Pendant plusieurs jours, elle prononce des paroles sans Jsuite ou au contraire raconte avec sérieux et insistance les histoires les plus invraisemblables et d’un caractère tout intime.

A son arrivée, elle n’avait pas uriné depuis une vingtaine d'heures. On retire 1 litre et demi d'urine par le cathété-

risme. Céphalée, taches rosées, grosse rate.

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