‹ De la Révocation de l'Edit de NantesChapitre 4 sur 43 · AVANT-PROPOS. VU · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VU

suffit pas d'avoir combattu dans les journaux qui sont éphémères; il faut armer des livres contre les livres qui prétendent subsister et veulent toujours répandre Terreur. La conscience est en quelque sorte intéressée à ne pas laisser s'implanter dans les esprits les légendes sur la révocation de Tédit de Nau* tes, qui se répètent et se propagent de toutes parts. Nous avons longtemps différé avant de nous décider à reproduire notre rapide travail de 1853, parce que nous gardions la pensée de reprendre cette ébauche et de tracer l'histoire complète de la révocation, de ses causes et de ses suites. Nous savons bien que notre polémique de Vl/niters n'a pas touché tous les points d'un problème trèsclair sans doute, mais extrêmement complexe.

Louis XIV obéissait à sa conscience et aux sentiments les plus impérieux et les plus élevés de son devoir royal en s'efforçant' de ramener atr gîron de l'Eglise ses sujets dissidents ; mais la si« tuatîon du roi, fort nette et fort simple en r^ard des protestants, se complique, d'un autre côté, des attentats tour à tour sournois et audacieux de ce

nil AVANT-PaOPOS.

prince contre le pape^ et de toutes les tentatives royales d'arracher les évêques de France à la soumission due au vicaire de Jésus-Christ. Les révélations, qu'apporte tous les jours le dépouillement des dépêches diplomatiques si longtemps soustraites aux recherches des historiens, ne font qu'afiSrmer l'orgfueil, la perversité, Tastuce et la ténacité des mauvais desseins du Roi envers l'Eglise romaine. Les résistances et les violences de Louis XrV contre Innocent XI sembleraient ainsi justifier ceux des écrivains qui ne veulent voir dans la révocation de Tédit de Nantes qu'un acte de superbe et de témérité, purement < un crime > du despotisme, comme dit M. de Sacy. L'historien sincère ne doit pas cependant méconnaître la prodigieuse diversité du cœur humain, ni les contradictions où les différentes passions peuvent l'entraîner. La raison peut comprendre, et l'histoire vraie doit démontrer que Louis XIV, tout en se rendant criminel envers Innocent XI, restait, à l'égard des protestants de son royaume, fidèle à sa mission chrétienne de roi. Il y a là un point ^é-

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