‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planches (volume 2)Chapitre 68 sur 121 · ÉTATS · texte numérisé non relu

ÉTATS

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Les faits relatifs aux salines du royaume de Westphalie^ étoient, susceptibles d’étre réunis, pour chacune d’elles, dans un tableau. général. Tel est l’objet du tableau précédent, qui présente pour chaque établissement l’analyse de scs registres} il ne nous reste donc à y ajouter que les considérations relatives à l'ensemble de cette partie intéressante des revenus de Sa Majesté le Roi de West plia lie.

Comme le sel est une denrée sur le prix de laquelle la possibilité des débouchés, l’existence des concurrens, les habitudes des consommateurs et les mesures administratives influent beaucoup plus que sur la valeur de* plusieurs autres objets de première nécessité , il importe de tixer' l’attention sur ces diverses circonstances, tant à l'égard du royaume de .Westphalie lui-même, qu'à l’égard des états qui l’environnent.

Avant la guerre de 1806, la Prusse , avec une population qui s’élevoit alors à neuf millions huit cent cinquante-six mille habitans, consommoit annuellement cinquante-quatre mille quarante hast ou charges de sel , chacune du poids de trois mille deux cent quarante livres.Onpeul induire proportionnellement, de ce fait, que le royaume de Westphalie, avec une population d’environ un million neuf cent dix mille six cents habitans, consommera lui -même dix mille quatre cent soixantedouze Last de sel , et que la Prusse , dont la population se trouve réduite à cinq millions trois cent cinquante-sept mille babitans , consommera encore annuellement environ vingtneuf mille trois cent soixante-ouze hast. Si l’on convertit en hast semblables les quantités de sel qui sont énoncées dans le tableau, d’après l’espèce d’unité employée par chacune des salines , on voit que le royaume de Westphalie produit trentedeux mille neuf cent soixante quatre hast de sel , sans compter

Considération* po« litiqurs sur l'administration de* taltncv.

Consommation en sel du royaume de Westphalie* Exportation.

ce que fournissent quelques salines particulières qui sont peu considérables, et dont il sera question plus tard. Ajpsi, le royaume peut exporter au moins vingt-deux mille cinq cent soixante-douze Last. La Prusse ne possède plus de saline en activité : celle de Colberg, la seule qui lui reste, est en partie détruite; et d’ailleurs cette saline ne produisoit annuelleimporutîon «t ment que mille Last. Ainsi , la Prusse , dans son état actuel ' ( 1807 ), sera obligée d’importer annuellement environ vingt-

neuf mille trois cent soixante-onze Last de sel ponr sa propre consommation.

Examinons où la Prusse pourra se procurer ce qui lui manque, et où le royaume de Westphalie pourra placer sou superflu.

Dans l’année 1 8o5 , la Prusse , malgré l’activité de ses salines , a importé :

i* De l’Espagne et

du Portugal. 3,6oo last de sel gris.

a.0 De la France. . 4,^00 idem.

5 .* De l’Angleterre 20,000 last de sel blanc. 3,900 last df sel gemme. 4* De WiclicAa.en

Galicic .... o - 8,000

Totaux ... 38,100 10,900

. Total .... 59,000 last.

Sa propre fabrication ck,oit . . 26,700 . .

Total .... 65,700

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L’année t8o5 ne seroit pas un terme moyen parfaitement exact, quant à limportatiou du sel en Prusse, parce que les

itiagâsins royaux, qui n’attendoient jamais le besoin pressant pour s’approvisionner, metloient alors à profit des circonstances favorables , et cherchoienl à s’assurer de celte denrée qui leur arrivoil d’Angleterre par les ports de Steltin et de -, Fahrwasser; ainsi, les données précédentes, dont le principal objet étoit de faire connoitre dans quelle proportion la Prusse tiroit de chaque pays étranger le sel qui lui manquoit, sont encore susceptibles de quelques modifications. Année commune , l'importation du sel en Prusse se montoit, avant la guerre de 1806, à trente-trois mille trois cent quarante Last. Ainsi, la Prusse , pour satisfaire à ses besoins énoncés ci - dessus ( cinquante-quatre mille quarante Last ) , avoit , année commune,

En sel du pays. 26,700 lasu

En sel étranger. 33,34°

Total ...... 60,04°

Il lui restoit à exporter environ six mille Last de sel , dont elle plaçoit trois mille cinq cents en Russie, par les ports de la mer Baltique, et deux mille cinq cents dans le pays d’Anhalt. Quelquefois , en augmentant son importation de sel étranger et sa propre fabrication, la Prusse. four nissoit de sel la partie septentrionale de la Franconie, par le moyen d’un magasin établi à Hof, tandis que la Bavière fournissoit la partie méridionale du même pays, par le moyen de ses abondantes salines. Les faits qui précèdent 6ont extraits des registres de l’administration centrale des salines de la Prusse.

On sait celle administration étoit composée d’hommes habiles dans la fabrication et le commerce des sels.

Lien* où ce royaume peut «’aj'provicioaarr.

Aujourd'hui , quand même il seroit possible à la Prusse <fe recevoir de l’Angleterre la. même quantité de sel qu’en i8o5, il lui seroit plus avantageux de la tirer du royaume de Westphalie, tant à cause de la proximité et des moyens de communication déjà établis , qu’à cause des habitudes des pays • situés sur la rive droite de l'Elbe, do prix pour lequel les salin* de Sa Majesté le Roi de Westphalie peuvent répandre le sel dans le commerce, et dn prix auquel il est élevé en Prusse par la gabelle et le droit exclusif de vente réservé au souverain.

Le même raisonnement a lieu , à plus forte raison , à l’égard de la France, de l’Espagne et du Portugal , d’où la Prusse ne tiroit les sels que lorsqu’elle ne pouvoit se procurer autrement tout ce qui lui éloit nécessaire. *

Le meilleur sel que la Prusse importât étoit le sel blanc de Liverpool , en Angleterre ; il ne lui coùtoit pas plus cher que le sel gris terreux qu’elle tiroit de Saint-Martin, dans l’fle de Rhé; et celui-ci étoit meilleur marché que les sels de même qualité qui lui étoient fournis par l’Espagne et le Portugal. Ainsi, le royaume de Westphalie, qui produit généralement nn sel blanc de très-bonne qualité, peut remplacer les fournitures qui étoient faites à la Prusse par l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal, et approvisionner ce royaume avec un avantage » réciproque.

Quant au sel gemme fourni par laGalicie,le royaume de Westphalie n’est pas à même de le remplacer, non-seulement parce que cette denrée se consomme dans les provinces les plus orientales de la Prusse, et parce que le gouvernement prussien a passé un contrat à cet égard avecje gouvernement autrichien, mais encore parce que les consommateurs de ael

gemme, qui sont principalement les Polonois, sont habitués à celte espèce de sel que ne produit point le royaume de Westphalie ; mais on a lieu de croire qu’il seroit diilicile aux salines de la Galicie de substituer généralement leurs produits au sel que le royaume de Westphalie est dans le cas de fournir à la Prusse, d’un côté à cause des distances, de l’autre parce que l’àcreté connue et l’impureté du «el gemme le rendent désagréable au plus graud nombre des consommateurs, et impropre à plusieurs des emplois du sel blanc.

D’après ce qui précède, il paroit que le royaume de Westphalie est assuré de trouver , seulement en Prusse cl dans le pays d’Anhalt, un débouché suflisant pour la quantité de sel qu’il peut exporter annuellement, si toutefois le prix de cette denrée en facilite l’importation en Prusse, et si des arrangerions convenables mettent ce débouché important à l’abri des chances du commerce (i).

Examinons maintenant quelle sera la concurrence que les salines du royaume de Westphalie auront à soutenir; pour cela , il est nécessaire de jeter un coup-d’œil sur les salines qui l’environnent. ( V oyez la carte ci-jointe ).

(i) Par un marché conclu avec le gouvernement weslphalien, la Prusse s’est déjà engagée à prendre pendant plusieurs années, dans les salines du royaume de Westphalie, une quantité de sel assez considérable, pour un prix qui, quoique numériquement inférieur à celui que suppose le tableau ci-joint, s’en rapproche cependant par d’autres conditions avantageuses du conLrat; d’ailleurs le sel sera trèsvraisemblablement vendu plus cher, dans tout le royaume de Westp balte , que ne le suppose le tableau.

Facilité cl cran- Je ce déboucha p«mr Ir* aalinco du r»> jaunie 4e lTc«tpbilir.

Saline de Kœoig*bon.

S » line de ScHmil* kalde.

Salines voisines du royaume de JV eslphalie.

i.° La saline de Kcenigsborn, située près d ’Unna, dans le comté de la Marck, fabrique annuellement deux mille trois cent cinquante Last de sel ( chacun de trois mille huit cent quarante livres). Celte quantité, lixée d’avance par les budjels annuels de l’ancienne, administration prussienne, vendue au même prix que celui que nous avons supposé dans le tableau pour les salines de l’Elbe, produiroit une somme de 153,1^5 rlhlrs. La totalité des dépenses de cet établissement s’élève annuellement à 67,028 rlhlrs. Le produit net qu'il donneroit seroit donc de 86,147 rlhlrs. Les sels fabriqués par cet établissement sont débités dans le comté de la Marck, les pays de Clèves, de Berg, et de Siegen. 11 en est de même de ceux de la saline particulière de Sassendorf, située à une demilieue de Sœst. Celle-ci fabrique annuellement deux cents Last de sel , et les débite , pour la plus grande partie , dans la ville de Sœst , qui étoit exempte des droits établis sur la vente du sel dans les autres états prussiens*

2.0 La saline de Schmalkalde, située près de la ville de ce nom, produit annuellement, d’après un terme moyen pris entre trois des dernières années, huit mille trois cent trentesept Achtels de sel, chacun de ceut cinquante -cinq livres, qui sont vendus environ 27,716 rlhlrs. La moyenne des dépenses annuelles s’élève à 23,190 rlhlrs, et par conséquent le produit net de la saline à 4,^26 rlhlrs. Il faut observer, à cet égard, que, depuis quelques années, les dépenses de la saline ont été plus fortes qu’à l’ordinaire, à cause des constructions

qu’on y a faites.'En i8o4, son produit net a été 9,196 rthlrs , et l’année suivante 7,791 rthlrs.

3.° La saline de Nauheim , située près de Friedberg, dans le comté de Hanau , fabrique annuellement quarante-huit mille Malier de sel , chacun de deux cent dix livres. Cette quantité, vendue au prix moyen de 4 rthlrs le Malter , donne un produit brut de 1 91,000 rthlrs. Ou estime le produit net de celte saline à 20,000 rthlrs (1).

Parmi les salines domaniales, dont il vient d’étre question, celle de Kœnigsborn appartenoit à la Prusse; celles de Schmalkakle et de Nauheim, à la Hesse. Il existe encore deux salines auprès du royaume de Weslphalie; l’une, à SalzufYeln, dans le comté de la Lippe ; l’autre , à Pyrmont , dans la principauté deWaldeck; mais ce sont des établissemens très-peu considérables.

La concurrence la plus forte que les salines du royaume de Wcstphalie puissent avoir à redouter vis-à-vis de la Prusse , c'est celle de la saline de Lunebourg. Cet établissement est exploité en partie pour le compte du gouverneifrent hanovrieo, et en partie pour le compte de diverses compagnies d’actionnaires. Il possède une des sources les plus riches que l’on connoisse. Pendant le peu de temps que le gouvernement ■ prussien a été maitre du Hanovre, il avoit monté les ateliers pour une fabrication annuelle de dix mille huit cent onze Last de sel, poijls de Lunebourg, et il se proposoit d’importer en

Prusse six mille cinq cent onze de ces Last , qui équivalent

» (1) On assure que le produit net annuel de cette saline s’est

élevé quelquefois jusqu’à une somme de cent cinquante mille florins.

Saline Je NauHçie*.

Saline* Je Saint ffcln et Je Pjrraont.

Saline Je Luoc-

bourg.

à huit mille hast , poids de Berlin. Le projet n’a pas été exécuté ; mais l’administration prussienne , chargée de la vente du sel, n’a peut-être pas renoncé à l’espérance de s’approvisionner dans la saline de Lunebourg. Ordinairement b saline ne fabrique par année que les quatre mille trois cents hast (poids de Lunebourg), dont elle trouve le débit dans le pays de Hanovre Faute de débouché, on est réduit à faire écouler dans la rivière une grande partie de ces eaux naturellement, saturées de sel.

Si le gouvernement prussien fait , à cet égard , un arrangement avec le gouvernement de Hanovre, il peut en résulter un dommage considérable pour les salines du royaume de Westphalie.

On voit, par ce qui précède, que ces dernières salines ont peu d’espérance de débouché dans le Hanovre, dans le comté de b Marck, dans le pays de Schmalkalde , dans 1a W éléravie - Quant aux états de Hesse -Darmstadt, il s’y trouve à IVerl, dans le duché de Westphalie, une saline qui produit neuf ceuts hast de sel. Celte quantité est en partie consommée dans le pays, en partie exportée, mais point en Prusse où l'importation de ce sel éloit prohibée. Une autre saline, située à Westrinkotlen , fabrique deux cents hast de sel, qui sont vèndus dans le pays. Ce que le grand-duché de Darmstadt importe de sel peut lui être fourni plus avantageusement par les salines de la France et par celle deNauheim, que par lessalines du royaume de Westphalie. Les faits qui seront réunis à b (in de 1a troisième partie , en indiquant les quantités de sel que possèdent les principaux états, achèveront de faire voir, d’un côté, que la Prusse seroit le débouché le plus sur pour les salines du royaume de Westphalie $ de l’autre, qu’il

importe de prévenir, à cet égard, la concurrence des états voisins, et peut-être même les efforts de la Prusse, où Fou connoît encore plusieurs sources salées , jusqu’à présent non exploitées.

Les résultats généraux que nous venons de présenter, relativement aux salines de Sa Majesté le Roi de Westphaüe, ne pourront être que légèrement modifiés par les produits peu considérables de quelques salines particulières qui sont situées * dans ses états ; il suffira d’en faire mention.

Dans le pays de Paderborn, il existe à Salzkotten une saline qui est propriété particulière. La source tient cinq pour cent. Il s’y fabrique annuellement six à huit cents Last de sel. Cette quantité éloit vendue , dans le pays de Paderborn , par la chambre du débit des sels, à laquelle la saline livroit ses produits pour un prix déterminé.

Dans le pays de Hildesheim , il existe trois salines. Les deux premières, situées à Ruden et Heyersen , appartiennent à un seul particulier. La troisième, située à Dethfurth, appartient à une compagnie. La saline de Heyersen fournit annuellement deux cent vingt Last de sel ; celle de Ruden , deux cent quarantesept. Ces deux sources ne tiennent que deux à trois pour cent. La source de Dethfurth tient neuf pour cent , et fournit annuellement cent quatre-vingt-cinq Last de sel de très-bonne qualité. Les six cent cinqnante-deux Last de sel, produits dans le pays de Hildesheim, y étoient débités par les salines, avant que le gouvernement prnssien eût pris possession de ce pays} et comme cette quantité ne suffisoit point à la consommation, la saline de Salzliebenhall, au pays de Brunswick, éloit tenue d’envoyer annuellement deux à trois cents Last

Saliee» particulière* da ru jaune d« YVcxl-

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de sel, vers Hildesheim, parce qu’elle recevoit des combustlbles de ce pays; mais en 1802, époque à laquelle le pays de Iiildeslieim a passé momentanément sous la domination prussienne, cet arrangement a cessé j depuis lors, les salines du pays de Hildesheim ont été tenues de livrer leurs produits au gouvernement pour 1 rllhr g gros le quintal, et l’administration prussienne les débitoit dans le pays pour a rtklrs et quelques gros.

s.!-.» pttücdUf* La saline particulière, située à Halle ( voyez le tableau), produit annuellement dix-sept cents Last de sel ; ainsi les salines particulières du royaume de Westphalic fournissent environ trois mille cinquante-deux Last de sel, et l’on peut admettre par conséquent que le royaume de Weslpbalie produit annuellement trente-six mille qualre-cent quatorze Last de cette denrée. La différence entre ce nombre et celui qui a été indiqué ci-dessus ( 3336a. Last ) pour les salines royales , est trop peu considérable pour modifier sensiblement les résultats énoncés (1). Il paroîtroit cependant convenable que la vente du sel fût exclusivement réservée au souverain , conformément aux arrangemens qui existent déjà au sujet des particuliers qui exploitent les salines de Hildesheim et de Paderborn.

t)n a vu. par les tableaux précédens, que, parmi les salines du royaume de Weslpbalie, les plus importantes sont celles qui ont appartenu à la Prusse. Comme on sait d’ailleurs que cette partie éloil organisée, dans les états prussiens, d’une

(■) On trouve ce nombre 3356a, en ajoutant, au total de 1a pag. 19a, le produit de la saline de Sckmalkalde énoncé page 198.

manière très-avantagense pour le souverain, il pourra être utile de connoitre exactement tout ce qui concerne cette administration. Le tableau suivant présentera les détails relatifs à la vente des sels en Prusse, d’après l’état des choses qui exisloit avant la guerre; on en conclura facilement, d’une part, à quel prix peut se vendre le sel dans les parties de la Prusse réunies au royauqie de Westphalie, de l’autre, à quel prix le gouvernement prussien peut acheter le sel du royaume de Westphalie pour le débiter en Prusse; mais il sera essentiel, dans ce calcul, de ne pas perdre de vue les données réunies ci-dessus.

TABLEAU

Des directions provinciales des accises de Prusse, à I’cpoque de 1 806, considérées relativement à la vente du sel { exir. des registr.)

PRIX DE VENTE EN RF.ICHSTHAl.ERS ,

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