‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planches (volume 2)Chapitre 71 sur 121 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Comparaison de la richesse minérale du royaume de Westplialie avec celle des autres états de V Europe, et avec celle de l’ Amérique.

Pour assigner le rang que tient le royaume de Westplialie, ou un état quelconque, sous le rapport de la richesse minérale, il est nécessaire de jeter un coup-d’œil sur les divers pays où fleurit l’exploitation des mines. Cette recherche peut offrir des résultats intéressons à la méditation des hommes d’état (t). Essayons de réunir et de comparer, dans un tableau statistique de la richesse minérale, les principaux faits qui se rapportent aux produits des mines et usines proprement dites (a); nous présenterons après ce tableau quelques détails

(1) Cette troisième partie, qui c'toit ébauchée dans le Mémoire que j ai présenté, en 1807, a M. le conseiller d'elat Daru, intendant général de la Grande-Armée , et au conseil des mines de France , a été revue et terminée en avril 1809, ainsi que la quatrième. (Voyez les notes pages 1 5 et 30 du présent Mémoire).

(a) Voyez pag. 340.

relatifs am carrières, qu’il faut se garder de confondre avec les mines.

Kirliruc minéral* La richesse minérale absolue d’un état (considérée sans

akaoluc d'an rUl. . • « \

Défiumon. les carrières) se compose:

i* De la valeur des produits qui deviennent marchandises par l’exploitation seule des naine»} ce sont, en général, les combustibles fossiles :

i? De la valeur des produits qui, pour devenir marchandises, exigent le concours de l’exploitation des mines, des préparations ultérieures et du feu des usines, ou au moins de deux de ces moyens; ce sont principalement les métaux, les oxides applicables aux besoins de la société, et les sels ou métalliques ou terreux. Ici, nous ne devons considérer les métaux que jusqu’à l’état de pureté auquel les amcue la métallurgie en grand ; par exemple, le cuivre, à l’état de cuivrerosette ; le fer, à l’état de fer en barre; le cobalt, à l’état de safre ou de smalt , parce qu’on ne le répand dans le commerce qu’à cet état. Nous considérerons les oxides métalliques et les sels à l’état auquel ils acquièrent, pour la première fois, une valeur comme marchandises; mais nous n’avons pas pu comprendre dans le tableau quelques-unes des substances qu’on appeloit autrefois demi-métaux, par exemple, l’antimoine, le bismuth, le manganèse et l’arsenic; ces ubstances minérales ne sont exploitées avec quelque suite que dans un petit nombre d’étals, comme le sont l'antimoine et l’oxide de manganèse en France, comme le sont les minerais arsenicaux en Haute- Saxe et en Silésie, pour la préparation des couleurs rouge et jaune, connues sous les noms de sulfure d’arsenic, orpin, réalgar : d’ailleurs, on a peu de renseignemcns exacts sur les produits souvent très - variables des ex-

ploitation* «le ce genre (i). C’est par les mêmes raisons que nous passons sous silence la plombagine qui s’exploite principalement en Angleterre, et le platine qui ne se trouve qu’au Pérou, et ne donne point lieu à un travail en grand.

Des deux sources de richesse minérale absolue qui viennent d’étre indiquées, la seconde seule offre des produits susceptibles d’augmenter de valeur par la main-d’teuvre j mais la première n’est pas moins précieuse pour certaius états : par exemple, pour l’Angleterre qui ne sauroil se passer de houille, et pour la France où le besoin s'en fait sentir de plus en plus. L’une et l’autre de ces sources de richesse minérale absolue fournissent à un état les aliinens de l’ industrie purement manufacturière., qui est le complément de l 'industrie des mines et usines, parce que c’est elle qui, en élevant considérablement la valeur des substances tirées du sein de la terre, fait prospérer le commerce des pays où elle étend ses progrès.

Nous nous bornerons ici à considérer la valeur des matières premières que l 'industrie des mines et usines proprement dite livre annuellement à chacune des principales nations, abstraction faite de l'industrie manufacturière. Il ne sera pas question non plus de la valeur mise en circulation par les salines, parce que la valeur du sel commun (muriale de soude) varie dans plusieurs états, en raison de considérations étrangères à notre objet ; elle ne peut entrer par conséquent dans la comparaison qui nous occupe en ce moment} nous y reviendrons plus tard.

On ne sauroit se dispenser, dans cette comparaison , d’avoir

(1) Voyez, au sujet des produits du règne minéral omis dans le tableau, les Recherches qui le suivent (page 341). •

RîrKrae nii rtUtift.

C ai» )

égard à l’étendue et à la population de chaque état, circonstances qui modifient essentiellement tout calcul sur la richesse publique; de là, une grande différence entre la richesse minérale absolue et la richesse minérale relative d’un même pays. Commençons, pour la rendre sensible, par considérer un petit nombre de contrées sous ce point de vue.

Par exemple, pour les pays de Hanovre et de Brunswick, considérés ensemble, la richesse minérale absolue , c’est-àdire, la valeur annuelle des produits bruts des mines et usines ( 0,922,528 fr. ou 6 millions de francs ) existe entièrement au sein des montagnes du Hartz, qui, sans elle, seroient inhabitées, et là , sur une étendue de treize myriamètres carrés, elle fait vivre cinquante mille habilaus.

Dans le royaume de Saxe, une richesse minérale absolue , estimée 7,420,000 francs (en 1809), est à peu près concentrée dans le cercle des montagnes métallifères ( Erzgebirge ) ; c’est elle principalement qui, sur cette étendue d’environ ciuquante-neuf myriamètres carrés, a réuni une population industrieuse qu’on sait être aujourd’hui de trois cent soixante-deux mille hahitans.

En Prusse, la richesse minérale absolue (10,290,000 francs en 1809), est disséminée dans plusieurs provinces, quoique la Haute-Silésie soit la mieux partagée; or, pour la Silésie entière ( Haute et Basse), la valeur brute des matières premières mises annuellement eu circulation par l'exploitation de toutes les mines et usines (c'est-à-dire la richesse minérale absolue) , s’élève à peu près à g millions de francs; et la Haute-Silésie, considérée. seule, a, sur une étendue totale de cent trente-siif myriamètres carrés, une population de six cent un mille cent vingt-huit habilans. Ainsi, quoique le Hartz, le Erzgebirge

et la Silésie ne different, quant à leur richesse minérale absolut?, que comme les nombres six, sept et neuf, ces trois pays présentent une différence très-considérable de richesse minérale relative ; car, il est évident qu’à un même espace et à un même nombre d’habitans , correspond , au Hartz et dans le Erzgebirge , un produit annuel du règne minéral beaucoup plus considérable qu’en Haute - Silésie , et que toutes les conséquences qui en résultent, pour la prospérité publique, suivent la même proportion; à plus forte raison reconnoîtra-t-on cette différence de richesse minérale relative, si, considérant, comme nous l’avons fait, la valeur du produit minéral annuel de toute la Silésie (g millions de francs), on fait entrer dans le calcul son étendue totale de trois cent quatre-vingt-six myriamètres carrés , et sa population d’un million neuf cent soixante-seize mille neuf cent trente-quatre^ habitans.

En appliquant le même raisonnement à la totalité d’étendue et de population de la Prusse, de la Saxe et du royaume de Westphalie , qui comprend aujourd’hui tout le Hartz des pays de Hanovre et de Brunswick, on verra facilement que la richesse minérale relative de toute la monarchie prussienne est beaucoup moindre que celle de chacun de ces autres états, et que la différence de richesse minérale relative est bien plus grande que celle des nombres sept, dix et treiite^ qui représentent à peu près, en millions de francs, la richesse minérale absolue de la Haute-Saxe, de la Prusse et du royaume de Weslphalie Çyojrr z le tableau statistique, page a/jo).

Le même raisonnement s’applique à tous les états; il me semble qu’on en peut déduire des conséquences qui ne sont pas saus intérêt pour l’économie politique. C’est faute d’avoir

C!oiuiJlraÜoii« poliiiquet *ur U ricltcJie miatrale,

établi les différences indiquées ci-dessus, entre X industrie des mines et usines proprement dite et Vindustrie manufacturière, de même qu’entre la richesse minérale absolue et la richesse minérale relative d’un même pays, que plusieurs statisticiens n’ont présenté que des idées vagues sur cette partie essentielle de la richesse publique.

Nous supposerons que la richesse minérale absolue de chaque état soit uniformément distribuée sur toute son étendue. Cette supposition sera plus ou moins près de la réalité pour chacun d'eux, non-seulement suivant sa structure géologique, mais encore suivant que les communications y seront plus ou moins faciles, l’industrie et le commerce plus ou moins actifs, enfin, d’après des circonstances qu’il dépend, jusqu’à un certain point , d’un gouvernement paternel de rendre favorables à son propre pays ; ainsi , les résultats auxquels mènera la supposition générale seront, à la vérité, sujets, comme elle-même, à des modifications locales qu’il ne sera possible de déterminer que pour chaque état en particulier,’ dans l’application qu’on voudra lui en faire; mais ces résultats n’en fourniront pas moins des rapports généraux dont la comparaison pourra servir de mesure entre les différentes nations, à l’égard des ressources qui leur sont offertes par le’ règne minéral , au sein de leur propre territoire et dans leur état actuel, soit qu’elles les mettent toutes à profit, soit qu’elles renoncent à une partie de leurs avantages par nécessité ou par insouciance, soit enfin que le commerce ajoute à leurs ressources naturelles celles de quelque autre pays, et que leur industrie manufacturière en tire mieux parti que ne le pourroit faire le pays qui s’en prive par l’exportation.

Telle est la nature des conséquences que l’on peut déduire,

sauf les modifications convenables , des résultats de calcul que j’ai réunis dans le tableau suivant, sous le titre de richesse minérale relative. L’administrateur éclairé, en comparant ce qui existe déjà dans son propre pays, tant avec ce qui pourroit y exister qu’avec ce qui a lieu dans les autres, saura en conclure ce qu’il y a de fait et ce qu’il lui reste à faire pour une des sources de la prospérité publique.

Si l’on considère une même quantité des matières premières obtenues par l’exploitation des mines et usines , c’està-dire une quantité, soit de métaux, soit de combustibles fossiles, soit de produits quelconques, qui ait une valeur de 30,000 francs (par exemple, mille quintaux de fer en barres), si l’on considère, dis-je, celte quantité comme nécessaire généralement , soit en Saxe , soit en France , soit dans le royaume de Westphalie, soit en Prusse, pour donner lieu à l’établissement d’une manufacture ou d’une série de fabrications mi~ néralurgiques, sans que celle-ci occasionne aucune importation de la part de ? étranger, il pourra s’établir dans le royaume de Saxe, vu sa richesse minérale absolue (en 1809), près de quatre-vingt-onze manufactures (suivant les conditions énoncées) sur chaque espace de cent myriamèlres carrés; dans le royaume de Westphalie, il pourra s’eu établir cent quatre-viugt-trois sur le même espace; et en France, cent seize , tandis qu’en Prusse il ne pourra s’en établir que trentetrois, à peu près.

Voilà les rapports qui , dans l’état actuel des mines et usines, résultent, pour ces difierens pays, de la comparaison de leur richesse minérale absolue et de leur étendue; voilà, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, l’évaluation du capital souterrain qui est offert par l'industrie génératrice à l'industrie

Comparaison de* ressources minérale*

de U Saxe , de U Prime , de U France et du royaume de \Ye*lph*lic :

Quant à l'étendue de chacun de ce* dut •;

manufacturière et au commerce de chacun d’eux, sans aucune importation ; ce capital est susceptible de produire d’énormes intérêts; chaque état sait ou peut le. mettre plus ou moins en valeur.

Les nombres qui représentent ces rapports -sont propres en même temps à exprimer, ou du moins à indiquer proportionnellement, toutes choses égales d'ailleurs , la circulation thT numéraire qui peut résulter pour chaque pays, tant de l’activité de ses mines et usines, que de celle des manufactures qu’elles sont susceptibles d’alimenter; la mesure de la carrière qui peut être ouverte par-là aux entreprises des capitalistes; la nature et la quantité des échanges que peuvent faire plusieurs étals pour se procurer, par le moyen de leur superflu minéral, les produits des autres règnes qui leur manquent, sans exporter leur numéraire; la consommation d’objets étrangers au règne minéral, qui peut être occasionée par les travaux de ce genre; les fruits que le trésor public a le droit d’en attendre directement , d’après l’exemple des états où cette partie est le mieux administrée; enfin tous les avantages directs et indirects qu’obtient un gouvernement qui met à profit les produits de son propre territoire. Parmi ces avantages, l’un des plus recommandables, sans doute, c’est l’emploi d’une partie de la population laborieuse ; car, en même temps qu’il en conserve la moralité, il en favorise l’augmentation , et par conséquent il exerce une influence heureuse sur tout le système politique, en assurant la subsistance d’une portion précieuse de la société.

Par les nombres que présente le tableau, relativement à l’entretien de la population, je ne me suis point proposé de raconter ce qui existe réellement dans chaque pays ; ces

( ai7 )

nombres sont, je le répète, des rapports qui mesurent la portion davantage que chaque état peut obtenir à cet égard du capital souterrain qui existe réellement chez lui ; ils sont déduits, pour chaque état, de la comparaison de sa richesse minérale absolue et de sa population actuelle ( 1809).

Ainsi , en admettant que chaque entreprise, roulant annuel- O**®* 4

4 1 4 ' de leur population

lemcnt sur un capital de 20,000 fr. placé en matières pre- pour l’indottnt naa-

. , . , , . uufacturitre.

mieres extraites des mines et usines, sans aucune importation, ou bien tout autre arrangement proportionnellement possible, ait réellement lieu partout où le gage minéral eu existe, et que, dans chaque état, une telle entreprise mette en activité dix de ses habitans, depuis la première jusqu’à la dernière manipulation des divers artisans , on trouve que la Saxe pourra faire vivre de cette manière dix -sept dix millièmes de sa population , c’est-à-dire dix-sept sur dix mille de ses habitans; le royaume de Westphalie trente-six sur dix mille; la France vingt dix millièmes de sa population, c’està-dire environ soixante-dix mille personnes de l’un on l’autre sexe, tandis qae la Prusse, snr dix mille de ses babitans, n’en fera vivre que dix par ce moyen. ( V oyez le tableau statistique ci-après.)

Dans ces nombres proportionnels, nous ne faisons entrer, pour aucun état, l’indication du nombre d'hommes qui est employé dans les travaux de ses mines et usines proprement dites. Nous y reviendrons ailleurs. ( Voyez les Recherches 4 après le tableau. )

D’après les rapports énoncés au tableau , connoissant pour un état recommandable par son industrie manufacturière du règne minéral, pour un état qui exporte beaucoup da ses produits manufacturés et qui en importe très-peu do bruts,

Fortioa à* U population réellement

employée eu Sut*

Application 4 U Prune , 4 U Franco et nu roTâwn* 4« Wratf halie-

connoissant, dis-je, quel nombre d’habitans est réellement mis en activité par son industrie manufacturière, on est à même de juger quel parti un autre état peut tirer proportionnellement, toutes choses égales d ailleurs , de ce quil possède dans son propre territoire en produits bruts «les mines et usines ; le royaume de Saxe nous offre ce terme de comparaison.

On peut admettre, par exemple, qu’en Saxe le travail ultérieur des produits énoncés au tablean fait vivre au moins soixante mille personnes dans les divers ateliers, cest-à-dire trois centièmes de la population de cet état ( voyez Statistique de M. Hassel ( »8o5 ) , a.* cahier , pag. a4 et a6) ; ainsi ce ne sont point dix-sept habitans sur dix mille, comme l’indique d’abord le résultat purement proportionnel de notre supposition générale, mais trois sur cent, que l’industrie manufacturière des mines et usines entretient en Saxe. On peut donc, d’après les rapports énoncés au tableau, induire du fait relatif à la Saxe, que si, toutes choses égales d ailleurs, le royaume de Westpbalie, la France et la Prusse mettent aussi bien à profit leur richesse minérale absolue pour le développement de leur industrie manufacturière et pour l’emploi de leur population, le travail ultérieur des produits des mines et usines, dans les divers ateliers d’artisans, mettra en activité, dans , le royaume de Westpbalie, non trentesix, comme l’indique proportionnellement le tableau, mais six cent trente-trois liabilans sur dix mille , et par conséquent cent vingt-deux mille neuf cent vingt-huit; en Prusse, quatre- vingt-huit mille cinq cent vingt-huit; et en France, an million deux cent quarante mille soixante personnes de l’utl ou l’autre sexe. On trouvera proportionnellement ce

qui peut avoir lieu, à cet égard, chez chacune des autres puissances (en multipliant le rapport énoncé au tableau , par le nombre 17,6 pour le fait que nous avons admis comme terme de comparaison , ou par un autre nombre , si l'on veut prendre un autre fait pour base du calcul).

Sans doute, les résultats que l’on pourroit obtenir par les calculs, dont le tableau suivant réunit les élémens, sont sujets à de grandes modifications. L’une des principales consiste en ce que l’augmentation de valeur, par la main-d’œuvre, est en général circonscrite dans de certaines limites que trace la possibilité du débit, resserrée elle-même par la nature des besoins de la société et par la situation géographique et politique des divers états. La nature des matières premières que fournissent les mines et usines de tel ou tel pays, et l’emploi ultérieur dont les divers produits sont susceptibles, doivent aussi apporter dans l’application des résultats quelques modifications trop variables pour entrer dans un calcul générai; enfin les résultats avantageux que présente, pour chaque pays, sa richesse minérale absolue sont modifiés essentiellement par l’espérance plus ou moins fondée d’en maintenir long-temps le produit actuel, et de l’augmenter au moyen de nouvelles exploitations, espérance qui ne peut subsister sansnne bonne législation des mines. Les résultats que présente la richesse minérale relative sont modifiés en général par l’état de civilisation , et par toutes les circonstances qui influent sur l’industrie et le commerce de chaque pays, mais surtout par la circulation plus ou moins facile, dans l'intérieur de chaque état, des matières premières extraites des mines, et des objets qui sont nécessaires A leur activité.

Il n’entre point dans mon pian d’examiner ces modifications

Modifications qui doivent être apportées aux résultat* do calcmL

Exemple* concernant l utage du tableau.

B ojaume de W c*iphalic.

( aao )

que l’homme d’état seul peut apprécier et introduire dans l’application des résultats de calcul; qu’il me suilise d’avoir appelé l’allcntiou sur un fait qu! me semble la mériter; c’est que le royaume de Westphalie, avec une richesse minérale absolue et une richesse minérale relative, qui sont l’une et l’autre considérables, et qui sont le fruit d’une industrie des mines et usines célèbre dans toute l'Europe, ne possède encore, quant au règne minéral, qu’une industrie manufacturière peu étendue, et se trouve environné de pays où cette branche de la prospérité publique a pris un grand essor.

Veut-on continuer, à l’aide du tableau, à chercher jusqu'à quel point le royaume de Westphalie met à prolit sa richesse minérale, par rapport au développement de son industrie manufacturière, et poursuivre la comparaison indiquée cidessus entre ce royaume et la Saxe? On examinera quel nombre d’habilans est entretenu réellement, dans le royaume de Westphalie, par le travail ultérieur des matières premières obtenues dans ses mines et usines; je doute que ce nombre s’élève à soixante mille : mais admettons cette donnée; il en résultera que l’industrie manufacturière ne met en activité, dans le royaume de Westphalie , qu’environ la moitié du nombre de personnes qu’elle y feroit vivre, si cette branche de prospérité s’y éloil déjà développée comme en Saxe, d’après les considérations ci-dessus. Effectivement , on sait que jus- .qu’à présent plusieurs des pays dont se compose le royaume de Westphalie sont dans l’usage d’exporter, sans l’avoir manufacturée, une grande partie des produits de leurs mines, et que le royaume est privé, faute de manufactures, de l’avantage d’employer un très-grand nombre d'habilans.On en déduira toutes les conséquences qui eu résultent proportionnellement.

Rappelons-nous, au contraire, la richesse minérale de la r™., » i*»5. Prusse, telle quelle étoil avant la guerre de 1806; nous verrons que la Prusse enlreleuoit alors, de la manière indiquée, et toujours comparativement à la Saxe prise ici pour module, un nombre d’hommes plus considérable que sa propre richesse miuérale ne lui eu auroit seule fourni les moyens. La richesse minérale absolue de la Prusse s’élevoit alors à treize millions cinq cent soixante mille francs par année, pour les matières premières énoncées au tableau; on peut calculer ce résultat au moyen des détails qui ont été présentés dans le cours de cet ouvragej relativement aux pays que la paix de Tilsit a séparés de la Prusse. L’étendue de ce royaume, avant la guerre de 180G, étoit de 3, 098 myriamètres carrés;

. sa population totale, 9,806,000 habilans : ainsi la Prusse pouvoit avoir alors, sur chaque espace de cent myriamètres carrés, près de vingt-deux fabriques ( de 20,000 francs de capital, etc.) suivant les conditions énoncées au tableau, et d’après la supposition générale (de dix personnes par fabrique, etc.), elle pouvoit, sur dix mille de ses habilans, en faire vivre six du travail ultérieur des produits de ses mines et usines. En la comparant à la Saxe, ainsi qu’il a été indiqué ci-dessus, on voit que, si la Prusse meltoit alors sa richesse minérale aussi bien à proGl que la Saxe , pour le développement de l’industrie manufacturière, la Prusse devoil mettre en activité, par ce moyen, non six, mais cent cinq personnes sur. dix mille, et par conséquent faire vivre, en tout, par ses ateliers ininéralurgiques , environ cent trois mille de ses habitans. Or, nous lisons, dans un ouvrage très-digne de foi (1), que, dès

(1) Abhandlung über die Produkte des minerai licic/ts in

( Vil )

l'année 1780, il y avoit en Prusse quatre-vingt-huit mille vingt-quatre hommes occupés directement dans les mines, usines et ateliers de tout genre relatifs au travail ultérieur des produits des mines. Ce nombre d'hommes travaillant correspond, d’après les données générales sur la population, à l’entretien de plus de trois cent mille habilans, de l’un et l’autre sexe; il s’étoit considérablement accru à l'époque de 1806: l’on sait d’ailleurs que, sur ce nombre, il y avoit au plus vingtcinq mille hommes employés à obtenir les matières premières dans les mines et usines proprement dites, et qu’ainsi I’mdustrie génératrice du règne minéral n’entretenoit directement qu’environ cent mille habitans ; ainsi tout porte à croire que l’ industrie manufacturière des mines et usines faisoit vivre en Prusse, vers 1806, plus de deux cent mille personnes de l’un et l’autre sexe, c’est-à-dire, presque deux fois autant d’individus que la propre richesse minérale de ce royaume nous paroissoit devoir le lui permettre, quaudnous supposions ci-dessus que l’industrie manufacturière de ce genre s’y étoit développée absolument comme en Saxe. Effectivement, la Prusse n'exportoit presque point de ses produits minéraux qu’ils ne fussent complètement manufacturés, et au contraire, elle importoit pour ses manufactures une quantité considérable ■■■■ ■ 111 ■ ■■ ■■ ■— 1 ■ ■ ■ — — Preussen (Berlin , 1786, pag. 4)> Traite' sur les produits du régne minéral en Prusse , ouvrage attribué généralement à feu M. de Ilcinitz, alors directeur-général des mines et usines de ce royaume. M. de Hcinilz eslimoil que tous les genres de travaux relatifs aux substances minérales quelconques faisoient vivre, vers 1786, en Angleterre, un tiers; en Saxe, en Suède et en Autriche, trois huitièmes; en Prusse, un seizième de la population totale. Ce dentier état avoit , en 1 786, environ cinq raillions d’habitans.

«les produits bruts de la Suède, de la Hongrie, et des pays de Hanovre et de Brunswick (1).

Le tableau pourra donner matière à plusieurs autres comparaisons du même genre; si je ne m’abuse, il offrira le moyen d’énoncer avec quelque précision, relativement à tel ou tel pays, des faits dont on se contente le plus souvent d’avoir une idée vague.

Comme il seroit impossible, sans une longue digression, de discuter ici les témoignages sur lesquels sont fondés les renseigneinens réunis dans notre tableau statistique, je dois me contenter d'indiquer, à la suite de ce tableau, les écrits dignes de foi, dont la comparaison m’a donné beu d’admettre les quantités qu’il présente; tel est l’objet des recherches qui l'accompagnent ; elles lui serviront de supplément.

Parmi les pays dont le tableau ne fait pas mention , il en est beaucoup qui sont riches en mines , mais qui ne peuvent y figurer faute de renseignemens précis; tels sont:

i." En Afrique, la Côte-d’Or, le Monouiotapa et le royaume de Bambouc, qui mettent annuellement en circulation une quantité d’or qu’on estime s’élever annuellement à six mille marcs (a) , tandis que le royaume de Maroc et le Congo fournissent abondamment du cuivre et du fer;

a.° En Asie , le Japon , célèbre pour la qualité de son cuivre , comme la Chine l’est pour ses mines de mercure, pour la

(*) y oyez y quant a 1 état de 1 industrie minéralurgique de la Prusse avant la guerre de 1806, les détail» présentés dans le cours de cet ouvrage (pages ag, 41 et 171 ).

(a) V oyez Traité élémentaire de minéralogie par M. Brongniart. (Paris, *807, tom. a, pag. 35i).

Pij» riche» en minet non compris dans U tableau statistique.

En Afrique.

En Asie.

beauté de son laiton blanc et de son fer coulé, enfin ponr l’abondance de ses mines de houille le Thihet qpi passe pour être riche en mines d’or et d’argent; les Indes, où l’on extrait du sein de la terre l’étain le plus renommé , dans le royaume de Siam , dans file de Banca et à Malaca , l’or dans les lies de Bornéo, de Sumatra et dans les Philippines, le diamant dans les royaumes daAiolconde et de Visapour, elles pierres précieuses dans le royaume de Pégn; tels sont encore la Perse, l’Arabie, la Tartarie, où l'on exploite fer, cuivre et plomb, la Natolie qui possède des mines de fer et de cuivre situées près de Tocat, et les pays voisins du Caucase, parmi lesquels le royaume d’Imirette se distingue par ses mines de fer (a). r«r« i.- mro,.. D’autres pays ne sont point compris dans le tablean, parce

non compris dans la * 1 * * * 5 # # '

**m*«». que, ne possédant presque point d’exploitations de substances

minérales, ils tirent de l’étranger à peu près tout ce qui leur est nécessaire en ce genre : tels sont, en Europe, les royaumes de Hollande, de Naples, d’Italie, de Portugal, les états de l’Eglise, la Suisse, les états du Prince-Primat, les duchés de Mecklenbourg, de Holstein et de Varsovie, tous états dont aucun ne possède, à ma connoissance , quatre grandes exploitations de mines (3); tel est aussi l’empire Ottoman, qui, h’ayant que

(i) „ La Chine, pauvre en bois, trouve une ressource très-heureuse dans les abondantes mines do bouille qu’elle possède , surtout aux environs de Pékin, et dans les autres parties septentrionales de ses

vastes domaines ». Nouveau Dictionnaire d Histoire naturelle tom. 11, pag, 375, article Houille , rédigé par M. Patrin. ,

(a) Voyez la Géographie de M. Gaspari , Lehrbuch der Hrdbes -

chreibung. (Weimar, 1801 ), et les diverses relations des voyageurs.

(5) V oyez , à l’égard du Portugal, les recherches qui terminent

très-pen de mines de fer, et seulement dans l’Albanie, la Servie et aux environs de Damas, tire une grande partie da fer dont il a besoin, de l’Angleterre, de la Suède, de la

celle troisième partie. Consultez aussi les lettres de M. Eschwege , au sujet de l’état actuel des mines de ce royaume. ( Voyez Neue Jahrbücher, etc. par M. de Moll, pag. 190, Mi rnberg, 1809).

Quant à l'Italie, ses principaux produits du règne minéral sont l’alun et le soufre. Ses mines d’alun sont situées, 1." dans les Etats de ]’églisek b Latera, non loin de Bolscna, et à la Tolfa, près de Civita-Veccbia; 2.° dans le royaume de Naples, à la Solfatara, au* environs de Pouzzoles. ( V oyez Lettres de M. Fcrber, 1776.)

Les Etats de l’église, le royaume de Naples et la Sicile livrent au commerce une grande quantité do soufre. Vers 1789, les exploitations de l’Italie envoyoicnl annuellement à Marseille cent trente mille quintaux de soufre brut; mais en 1800 les fabriques de Marseille n’cmployoient plus que trente mille quintaux de celte substance. (Mena, de M. Bernadac, Journ. des min. n.° 76, pag. 842).

Les anciennes mines de cuivre, de plomb et de fer, que l’on dit exister aux environs de la Tolfa, et qu’on appelle Cava del Piumbo, n’ont pu être exploitées, malgré les efforts qu’on y a faits en 1776. (Lettres de M. Ferber sur la Minéralogie, pag. 3i5. ) L’Italie n’est pas riebe en fer ; il existe cependant quelques forges entre Milan et Brescia ; la Toscane met à profit les minerais de l'ile d’Elbe; les Etats de l’église possèdent aussi quelques établissemcns de ce genre ; dans le royaume de Naples, il existe une forge auprès d’Avellino; il s’en trouve quelques-unes en Sardaigne , aux environs de Cagliari et de Sassari.

En Suisse, on exploite une mine de fer à quelques lieues de Coirc dans le pays des Grisons. U existe une mine et une forge à RUcinau non loin de Schaffhouse.

La Syrie présente quelques mines en activité. Jusqu’au seizième siècle, les mines de Rocca, aujourd’hui Edesse, éloient en possession de fournir de l’alun à l’Europe; de là, les noms d’alun du Levant et d’alun

Indication nrrn de ricketae minérale dampluaieurt

éut».

( aaG )

Russie et de l’Autriche. La plupart des empires d’Asie sont dans le même cas à l’égard de ce métal, qui mérileroit, mieux que l’or, le titre de roi des métaux. Presque tout le fer qu’emploie l’Asie lui est envoyé par l’Europe, tandis que l’or et l’argent de l’Amérique, après avoir servi de véhicule à l’industrie et de signe représentatif au commerce des Européens, vont s’enterrer de nouveau dans les trésors des cours asiatiques.

Plusieurs états de l’Europe sont omis dans le tableau (pag. a4o)j quoiqu’ils possèdent une richesse minérale assez considérable relativement à leur étendue et à leur population ; c’est parce que la richesse minérale absolue de la plupart d’entre eux est , ou moindre que celle des états dont le tableau fait mention, ou très-variable depuis quelques années, d’après les changemens que plusieurs de ces étals sont dans le cas d’éprouver. Il nous suffira de jeter un coup-d’ceil sur leurs

de Roche. Le* exploitations du même genre, que le pape Jules II fit ouvrir en Italie, nuisirent à celles de la Syrie, de niémc que, par la suite, celles de l’Angleterre et de plusieurs autres pays ont nui aux mines de l’Italie, d’où clics ont tire' leur* premiers ouvriers. Cependant les mines d’alun de Rocca subsistent encore, ainsi quccellesde l’ile de Milo dans l'Archipel. (Mcin. deM. Klaprolh, J. d. ni. n." 177, pag. 161, Paris, 1806.)

On exploite en Syrie, aux environs de Ilasbcia, sur la pente d'une montagne calcaire, une mine d’asphalte (al hommar) qui est ouverte depuis à peu prés deux siècles. La plus grande partie de ses produits passe en Europe. (Moniteur du 22 juin t8og, Paris, n.° 173, pag. G86; extrait des Annales des voyages, par M. Malle-Brun, d'api ès les lettres de M. Sceucn.)

C aa7 )

mines el usines qui sont situées non loin de la rive droite du Rhin. Plusieurs savans regardent cette contrée comme le berceau de l’art des mines dans l’Europe moderne ; cependant les écrits authentiques à l’égard des exploitations voisines du Rhin ne remontent que jusqu’au douzième siècle (i).

Dans le grand-duché de Bade, on obtient annuellement douze mille quintaux d’excellent fer, des mines et usines qui sont situées dans les cantons de Rcelteln et de Badenweiler. Pforzhcim possède, en outre, une fonderie do fer et plusieurs forges; Holzach, une fabrique de jaune d’arsenic et de bleu de cobalt. 11 existe six exploitations distinctes de plomb argentifère, tant aux environs de Badenweiler que dans le canton de Hocbberg. L’usine de llocliberg a fourni, année commune, depuis 1790 jusqu’à 1796, deux cents marcs d'argent et sept cent trente quintaux de plomb. Toutes les mines el usines de ce grand-duché n’occupent directement que deux cents hommes; mais les branches accessoires du règne minéral emploient un beaucoup plus grand nombre de bras , surtout dans les fabriques de ferronnerie à Rastadt el Heidelberg, dans les manufactures de bijouterie de Pforzheim à Manheim , el dans les nombreuses carrières qui sont ouvertes auprès de Heidelberg, de Rcetteln et de Rastadt. La principauté de Fürstenberg présente, à Mœ-kirch, une fonderie de fer et une forge; à Wittichen, une fabrique de bleu de cobalt, dont le produit annuel s’élève à trois mille quintaux. Les mines de cette petite contrée ont fourni (depuis 1760

(1) Voy. Ucberden Bergbau, etc. par M. Engels ( Siegcn , 1808)

Pa6 9-

TV irtemLcrg.

Hcmc DirttiuJt-

jusqu’à 1772) environ seize cenls marcs d’argent par année (1).

Le royaume de Wirlemberg possède plusieurs mines de fer qu’on exploite, i.° dans le cercle de Calw, pour la fonderie de Chrislophslhal; 2.0 dans le cercle de Rothweil, pour les usines de Ludvvigsthal , de Bærenlhal et Harras, et de Zilzenhausen ; 3.° dans le cercle d’EHwangen, pour les usines de Ileidenliem et de Ktenigsbronn. Outre les forges pour fer et acier que renferment ces divers établisscmens , plusieurs marteaux sans fonderie sont en activité à Ilzenberg, à U11terkochen et à Abtsgemünd. Les établisseineus indiqués cidessus occupent six cent cinquante ouvriers (a); ils renferment sept hauts fourneaux et vingt feux d’affinerie. Les minerais de plomb et la houille sout foiblemcnt exploités. Uue fabrique de bleu de cobalt est en activité à Alpirsbacli; des carrières de terre à poterie, de marbre, et surtout de pierre à plâtre, soûl ouvertes en plusieurs endroits.

Dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt, on exploite des mines de cuivre à Thalitlcr, à Silberg et auprès de Butzbach. Le schiste cuivreux de Thaliltcr fournit environ quatre cents quintaux de cuivre par année. O11 rapporte que les autres élablissemens du même genre en ont procuré près de cinq mille quintaux (3). L’exploitation du fer est en grande activité aux environs de Biclenkopf, d'Olpe, d Allentrop et de Brilon. Les usines de ces contrées renferment seize hauts

(1) Stalist. par M. Hasael (Brunswick, i8o5), 2.’ cah. pag. 59 et 107.

(2) Kôn. würtcmb.Staatshandbuch auf 1807 u. 1808 (Stlittgardy

(3) Stalist. par M. Hassel, a.* cah. pag. 87.

fourneaux pour le traitement des minerais de fer, cent soixante feux et ceut un marteaux pour la fabrication du fer en barres, de l’acier, de la tôle et du cuivre. Les mines et usines occupent directement quatorze cents hommes dans ce grand-duché. On y trouve l’exploitatiou la plus profonde qui existe dans les pays voisins des rives du Rhin. C’est la mine de Kohuhard, non loin d'OIpe, raine ancienne de cuivre et de cobalt, qui ëtoit encore productive il y a trente ans, et dont les travaux avoient alors une profondeur de cent quarante toises (i). (Quant au pays de YValdeck, etc. voyez la Carte ci jointe).

Dans le duché de Nassau-Usingen , on exploite le plomb ri«mu-iT*ingtn, et l’argent aux mines et usines de Ilolzapfel près Dietz, de Pliugstwiese près Ecris, de Lcevenburg près Honeff, d’Angsbacli sur la Wicde, d’Ehreulhal sur le Rhin : le cuivre est exploité à Daden, à Angsbacb et à Rheinbrcilenbacb. Le produit total en plomb et argent s’élève annuellement à douze mille quintaux du premier métal et à trois mille cinq cents marcs du second. L’établissement de Holzapfel fournit seul environ la moitié, et celui d’Ems le quart de ce produit (a).

Quant au cuivre, les mines d’Angsbach donnent, année commune, à peu près deux cents quintaux de ce métal; celles de Daden cent quintaux ; celles de Rheiubreitenbach en ont fourni mille quintaux par an depuis i^So jusqn’en 1772 (3).

(c) Mëm. ci-dessus de M. Engels, pag. 59.

(a) Voy. ».• Minéral. Berg-und Hùltenmœnn. Reisebemerkungen, etc. par M, Jordan ( Gôttingen , i8o3), pages 18a et autres; a.° Die Eisen-und Stahl-Erzeugung , etc. par M. Eversmann ( Dortmund, 1804); Beylagen, pag. 94; Suppl, xxvm, et pag. i36.

(3) Taschcnbuch, etc. par M. Wuraer ( Kôln , i8oâ), p 55 et 82.

Berg.

On extrait aussi île ce duché uu peu de cobalt qui s’exporte brut. Les minerais renommés du pays de Sayn-Allcnkirchen alimentent neuf usines à fer et acier dans le canton de Freusburg, deux dans le canton de Friedewald, et deux dans le canton de Bendorf. Le produit des treize hauts fourneaux que renferment ces usines s’élève, année commune, à cinquante-cinq mille deux cents quintaux de fonte de fer brute, et à vingt-cinq mille cinq cent soixante-huit quintaux de fonte pour acier. Il sort à peu près une égale quantité de fonte des autres usines du pays de Nassau ; celles-ci, parmi lesquelles on distingue l’usine dite Clemenshülte au nord d’Andernach, et l’usine de Michelbach dans le canton d’Idsteiu, renferment aussi treize hauts fourneaux. Une grande partie de la fonte que fournit le pays de Nassau est exportée brute. Cependant il y existe des mouleries, des forges pour fer et acier, des tréfileries et d’autres ateliers analogues.

Le grand-duché de Berg est renommé par ses manufactures métallurgiques (i). Celles de Soilingen, qui sont en activité depuis mSi, livrent annuellement au commerce deux à trois mille quintaux de fer et acier fabriqués en armes blanches, et huit à neuf mille quintaux fabriqués en article de coutellerie. Les ateliers de Remsclieid, de Velbert, de Kro-

(1) Voyez et comparez les ouvrages suivans:

1* Journal des mines de France, n* 78, pag. 4^7 (Paris, i8o3); a.° Annales des arts et manufactures, n.“ 3 1 , pag. 1 ( ibidem );

3.° Efemeriden , etc. par M. de Moll, lom. i,p. t56 (Salzb. t8o3)j 4” Stntist. Utnriss, etc. par M. Hasscl ( 180 5 ) a.* cak. pag. 1 1 ;

5.° Tngcbuch, etc. par M. Ncmnick ( Tübing . 1809), pages 4a9 a 440.

-fcenberg, de Luttringhausen et de la Wupper emploient, par année, environ cent mille quintaux, tant de fer que d’acier; il sort, année commune, quatre cent mille faux de ces fabriques; les autres espèces de marchandises y sont tellement variées, que l’on porte à quatre mille le nombre des différens modèles de fabrication. Dix -huit ruisseaux qui arrosent le territoire de Remscheid y mettent en mouvement trente-sept marteaux à élargir, quatre-vingt-dix-sept martinets pour fer et acier, quarante -quatre aiguiseries et seize martinets à faux. On ne trouve plus, sur le cours de ces ruisseaux, une seule chute d’eau qui ne soit mise à profit. Avec une industrie manufacturière si active, l’ancien duché de Berg étoit dans la dépendance de ses voisins pour les matières premières, avant la réunion des pays de Siegen et de Dillenbourg. Il ne possédoit alors, relativement au travail du fer, que quelques mines peu considérables, cinq hauts fourneaux et vingt feux d’affinerie, tant pour fer que pour acier. Il n’offroit que de foibles exploitations de plomb et de cuivre; la houille lui manquoit. Aujourd’hui, par la réunion des pays de Siegen et de Dillenbourg, le nombre des hauts fourneaux pour fer et acier s’est accru de dix -neuf dans le duché de Berg, et le nombre des feux d’affinerie de soixantedix-sept, sans parler des usines qui existent dans les autres pays réunis. Parmi les mines de fer du pays de Siegen , on remarque surtout celle qui est connue sous le nom de Sthalberg, près Müsen. Cet immense dépôt de fer spathique étoit en exploitation dès le commencement du quatorzième siècle, dans la montagne de Martinshardt, où l'on exploite en outre plusieurs filons de plomb argentifère. Les environs de Siegen présentent un grand nombre d’autres mines métalliques.

Considération»

le» saline».

E pagne.

Angleterre.

L’exploitation ilu cuivre est surtout en activité auprès de Dillenbourg. Enlin, on exploite depuis l’année i8o5, dans les montagnes basaltiques du Weslervvald, à Hœhn et à Stockbansen, des mines de bois fossile, où l’extraction annuelle s’élève à soixante-cinq mille quintaux de ce combustible (t). Nous verrons plus tard quels nouveaux accroissemens a reçus la richesse minérale du grand-duclié de Berg jusqu’à la (in de 1809 (voyez page 441 2)-

Avant de considérer les mines et usines dont le tableau statistique doit présenter l’ensemble, arrêtons-nous un moment aux mines de sel et aux salines des dilTérens états (a).

En Espagne, d’abondantes mines de sel gemme sont exploitées à Cardonna, dans la Catalogne; à Alinengranilla, dans la Manche; à Posa, dans la Castille : ce royaume tire aussi beaucoup de sel delà baie de Cadix, de l’ile d’Iviza, et de plusieurs sources salées. Cependant le Portugal importe une grande quantité de sel en Espagne.

En Angleterre, le comté de Chesler est la région la pins riche en salines; les principaux établisseinens de ce genre sont situés à Northwich, Winsford, Middlewich, Lawton et Nauthwieh. Le plus considérable do tous est à Nortbvvich où Ion exploite des couches de sel gemme. Une partie du sel obtenu des mines de cet endroit est expédiée aux radineries de Liverpool. Nortbvvich possède, outre ses mines, des sources salées beaucoup plus abondantes que celles des endroits qui l'environnent. La quantité totale de sel de source et de sel gemme rafüné que produit le comté de Chester, s’élève an-

(1) V. Min. Brcschreibimg . etc. par M. Bcchcr ( Marburg, 1789).

(2) l'oyez ci-dessus pag. 189, cl ci-après pag. 241 cl suiv.

nueîlemcnt à un million cinq cent mille qnintaux (i). Ce comté fournit en outre environ huit cent mille quintaux de sel gemme, qui se vend brut. Il existe en Angleterre plusieurs autres salines; par exemple, à Saint-Yves, en Cornouailles. On peut admettre que la Grande-Bretagne produit annuellement quatre à cinq millions de quintaux de sel. Dans l’année 1 781 , ce royaume a exporté un million neuf cent quarantesix mille trois cent vingt-un Bushels ou boisseaux de sel blanc vers les Etats-Unis d’Amérique (2). A la même époque, iben exportoit une quantité assez considérable vers la Prusse, la Russie, la Suède et la Norwégc. Cependant c’est des salines de Sélubal en Portugal, et d’Alicante «n Espagne, que les Anglois tirent le sel pour la préparation des morues de Terre- Neuve; (3).

La Russie obtient , année commune, cinq à six millions de quintaux de sel tant des mines de la Sibérie situées sur la rive droite du Kaptendei , que des mines d’Iletzki dans le gouvernement d’Astracan, des nombreux lacs salés que présentent ce même gouvernement, celui d’Orenbourg, la Crimée, la Petite- Tartarie, plusieurs autres contrées; enfin des salines situées dans la Permie , dans les environs du lac Baikal , et dans l’Ukraine (4). Il paroit cependant que plusieurs des salines de

(i) Quintaux de cent dix livres, usités dans la plupart des e'tablissemens de raines, usines et salines.

(a) Voyet ci-après, dans les Recherches , l’indication de l’ouvrage de M. Ncmnich. (N, page 35 1 et suiv.)

(3) Tableati de [Espagne moderne , parM. de Bourgoing (Paris, 1807,10m. a, pag. *74)-

(4) On lit dans un journal allemand ( Der Frejrmüthigc , i8o5,

T)aûemirch.

Monarchie autrichienne.

cet empire sont négligées aujourd’hui. On assure que la Russie achète annuellement pour plus de cinq cent mille roubles de sel chez l’étranger (i).^

La Suède n’obtient que peu de sel de son propre territoire; à l’époque de 1774» elle en tiroit deux million^ et demi de quintaux de l’Angleterre, de l’Espagne, de la France et du pays de Lunebourg.

Les salines de Walloë, en Norwége, fournissent aux états danois cent soixante mille quintaux; et celles de Travensalza dans le duché de Holstein, trois cent soixante mille quintaux de sel, par année (a).

Les célèbres minedlde sel gemme qui sont situées en Galicie, à Wieliczka et Bochuia; en Hongrie, à Eperies et dans le comté de Marmarosch; en Transylvanie, à Thorda et à Dees, etc. donnent annuellement au moins cinq millions de quintaux de cette substance. Les sources et les marais salans qui se trouvent dans les diverses parties de la monarchie autrichienne, en Styrie, à Rainish et Anssée; dans la Haute-

n.u 149, page 7a), qu’en i8o3 on a obtenu de tons les lacs salés et de toutes les salines de l’empire russe sept cent quatre-vingt-six millions huit cent trois mille sept cent soixante livres de sel, c’est-àdire, à peu près sept millions de quintaux (voyez les Ephémérides de M. de Moll, indiquées ci-après, e. M. tom. 1, pag. 270). D’après Ife Tableau de la Russie moderne ( Paris , 1807, tom. 1, pag. aig), cet empire ne consomme annuellement que quatre millions de quintaux de sel; ce nombre paraît trop foible.

(1) F oyez les Annales des arts et manufactures , indiquées dans les Recherches qui suivent le tableau (a.d. a, n." ao, pâg. aa, an 10). Comparez les ouvrages ci-après, à l'article de la Russie.

.(a) Voyez ci-après Suède et Danemarcl, dans les Recherche*.

Autriche, à Ischel et Hallstadt ; enüa dans l’Islrie, la Moldavie, etc., fournissent à pen près deux millions de quintaux. Des mines du pays de Salzbourg, à Berchtesgaden et Iialleia , on obtient quatre cent mille quintaux de sel par an (i).

Dans le royaume de Bavière , .on extrait annuellement a»™*™. . quatre cent mille quintaux de sel des montagnes qui environnent Reichenhall et Trauenstein (a). Les mines de Halle, dans le Tyrol, en fournissent à peu près autant (3).

Les salines du royaume de Saxe, situées à Dürrenberg, s««. Artern, Kœsen, Kœtschau et Teudjtz, ont fonrni,en 1800, deux cent soixante-quinze mille boisseaux, on environ trois cent mille quintaux de sel (4).

La France ne présente point de mines de sel gemme; mais f™m. elle en est dédommagée par des sources nombreuses et des marais* salans. En 1804, les salines du département de la Meurthe ( Dieuze , Moyenvic et Château-Salins ) ont produit seules cinq cent douze mille quintaux, et depuis cette époque leur production annuelle s’est fort accrue (5). II existe plu-

#(i ) Statis lis cher Umriss , ou Statistique de M. Ha&seJ ( Brunswick, i8o5), 1." cahier, pag. ao, chap. de l’Autriche ! et a.* cahier, pag. 48.

(a) Voyea Journal des mines de France, n.0 76, pag. 3a8,et la Statistique indiquée ci-dessus, a.* cahier, pag. 10. Ce dernier ouvrage indique un nombre évidemment trop foible ( cent vingt mille quintaux). .

(3) Statist. idem , 1." cahier, pag. ao, chap. de V Autriche.

(4) ( Statit. idem, a.* cahier, pag. a4). Nous avons vu (a* partie) que le royaume de Westphalie fournit par année un million deux cent mille quintadx de sel.

(5) Journal des mines, n.° »3, pag. 34, Mémoire de M. LoyseL

WiiiewWr|.

Bade»

TV urttboarg.

Résumé concernant' les uIîdci de

l'Europe.

sieurs antres ëtablissemens considérables dans les département de l’est, à Salins, Montmor, Arq, Turkheim, etc j et dans les départemens maritimes de l'ouest et du sud, aux ifes d’Oiéron et de Rhé, etc., à Peccais, Sigeon, Mardiac, etc. On voit, par les faits qu’a exposés M. Necker dans son ouvrage sur l’administration des finances, qu’en i^85 la consommation du sel s’ëlevoit annuellement en France à trois millions quatre cent quatre-vingt-cinq mille quintaux (i). Aujourd’hui, l’empire exporte du sel vers la Suisse, et l’on peut estimer sa production totale au moins à quatre millions de quintaux. • ■ • .

Après les établissemens dont il vient d'ëtre question , les salines des autres états de l’Europe ne paroîtront que peu considérables. Dans le royaume de Wirtemberg, les salines de Hall et de Sulz produisent annuellement cent mille quintaux de sel (2). Le grand-duché de Bade ne possède qu’une saline , située à Bruchsal ; elle fournit sept mille quintaux annuellement (3). Il existe en Suisse une belle saline à Bex, dans le canton de Berne. Les salines du grand-duché de Würtzbourg, filuées à Neuhaus, Nèusladt et Kissingen, pqpduisent annuellement un peu plus de vingt mille quintaux de sel (4).

D’après les détails qui viennent d’étre présentés, on peut admettre que, dans les états d’Enrope dont nous avons fait

■ ( 1 ) De t administration des finances de la France , par M. Necker ( 1785), tom. a, pag. 9 et suiv.

(a) Statist. ci-dessus , a.' cahier , pag. 55.

(3) Ibid, pag. 5q.

(4) Ephémérides de M. tleMoll, tom. 1, pag. a44-

mention , il s’extrait annuellement , du sein de la terre on des eaux une quantilé de sel qui peut varier de vingt-cinq à trente millions de quintaux. Il en faut au moins celte quantité , tant pour la consommation des cent quatre-vingt-deux millions six cent habita»* de l’Europe, et des trois millions six

cent mule habilans de la Russie asiatique, comprise dans l’évaluation ci-dessus, que pour l’exportation de sel que font plusieurs états européens vers l’Amérique (i). Si l’on £pgarde cinq francs comme le terme moyen de la valeur du sel dans les divers états de l’Europe, y compris les droits et toutes les circonstances qui rendent presque partout la valeur de celle substance beaucoup plus considérable, on est porté à croire que la somme de numéraire qui est mise annuellement en circulation par lôutes les mines de sel, et les salines dont il vient dV'tre question , s'élève au moins à cent vingt-cinq millions de francs (a).

(i) En calculant la consommation annuelle de chaque habitant à douze livres de sel, y compris la quantité nécessaire pour les grandes salaisons, pour les bestiaux, etc., on trouve que, pour les états d’Europe dont nous venons de faire mention, en y comprenant la Russie asiatique , il en (aut par an près de vingt-trois millions de quintaux de cent dix livres. Mous avons indiqué ci-dcssus l’exportation de sel de l’Angleterre vers l'Amérique.

(a) On peut admettre, d’après le tableau présenté page 19a de ce Mémoire, que le prix de fabrication d’un quintal de sel ne s'élève pas à quatre francs dans un assez grand nombre de salines. Le prix moyen de vente étoit en Prusse dix francs et plus, en 1806; il n’est guère moindre en France, où le quintal de sel se vendoil avant la révolution jusqu a 62 francs (voyez ^Administration des finances , par M. Neckcr, 1780, tout, a, pag. 17). Dans la monarchie auiri-

Asie.

Afrique.

Amérique.

On connoit des amas de sel plus considérables que ceux qui ont été rappelés ci-dessus, dans l’Asie méridionale, eu Turquie, en Arménie, à la Chine, en Tartarie, dans les plaines salines de la Perse, et en Arabie $ il existe d’énormes masses de sel gemme dans l’Afrique, en Barbariejîdans les déserts de Sahara et dans l’intérieur des terres jusque vers le cap de Bonne-Espérance. Enfin, la nature a répandu cette substance avec profusion dans l’Amérique, tant septentrionale que méridionale, à la Louisiane, aux Etats-Unis, au Pérou, au Chili et jusqu’au pays des Palagons; mais il s’en faut de beaucoup qne, dans aucune partie du monde, le sel soit exploité avec autant d’art et d’activité qu’en Europe. Cependant, si l’on considère quç l’Asie , l’Afrique et l’Atné-

chienne, le prix moyen du sel peut être estimé 10 à ta francs le quintal ( Stalist . a.' cahier, page 48). On assure qu’en Angleterre, un boisseau de sel, h peu près d’un quintal (J Sushel ou Schcffd'), ne coûte dans les mines que quatre pence, environ 8 sous de France, et qu’il paie en droits quinze schellings, ou plus de 16 francs, c’està-dire, quarante à cinquante fois sa première valeur ( Ephèméridcs de M. de Moll, tom. 1, pag. a64; extrait du Frcjmüthige, i8ô5, n.° i3o, pag. 4). En Espagne, le prix du sel est uniforme partout, et les droits l’élèvent jusqu’à soixante fois la première valeur de cette denrée {Tabl. de [Espagne mod., Paris, 1807, tom. a, pag. 8; et tom. 3, pag. aia). D’un autre côté, d'après le Tableau de la Russie moderne (Paris, 1807, tom. 1, pag. 319), le sel est, dans cet empire, moins cher que dans tout autre pays. C’est la réunion et la comparaison de ces données très-diverses qui m'a engagé à regarder cinq francs comme le prix moyen du quintal de sel, tout compris, dans les divers états de l’Europe : cette supposition est certainement plutôt au-dessous qu’au-dessus de la vérité.

rique contiennent environ sept cent cinquante millions d’habitans qui consomment du sel, et que l’Europe ne peut exporter, à ce qu’il paroit d’après tout ce qui précède, qu’un cinquième tout au plus du sel qu’elle produit annuellement , ou aura lieu de penser que les trois parties du monde dont les salines nous sont peu connues, produisent annuellement deux fois autant de sel que l’Europe,

INDICATION

Des prix h courans d'après lesquels ont été calculées les valeurs des substances minérales énoncées dans le Tableau statistique des mine? et usines, pour déterminer la licliesse minérale absolue (i).

Prix ordinaire •

• aar

le» éUbliurtnras-

Or,.... le marc. 8 *o franc*.

Argent ii 5a

Mercure le quintal. 5oo

riomb . J 5a

Cuivre.... «... id aoo

Etain.. id 170

Fer en barre* id 30

Cobalt (imalt).... id 64

Zinc f oxide de ) | ou

calamine.... id 5

Zinc métallique. id 45

Houille et boiafoaaile. id o,5o centime*

Soufre id 5o

{blanc id | Prit atayea

bl.m irf 45 \ Jj£“~

^ ,8.1 iBfr.

Alun id 45

INDICATION

Des données sur lesquelles sont fondés les calculs de richesse minérale relative pour chacun des étals portés au tableau ci-après (eu iBot)) (»)•#

Militât . .m . .

*»lm Celaain. .

fr'-

^ Brésil

Etais- Lui. J 'Amérique (s» b.

la UaiiiaM et I* territoire tmêitm). .

Craade-Bretafue'aa Fumpr} ( Uul leAp.r* ) . . .

Daarmarrk . ........

MouirrWir au U 1 < kiea »«. . .

Royaume de Bavière. , . .

Roy, uns. de Raie ( nu le dacbe 4« Varae.se) ....

Pr nase (J) • . .

Fraece ( sans le PiftaoMl et laa étals d’Iulie . . ,

Royaume 4e We« tfkalsa. .

1BMUTIOI

Ma'e

«les

habitas*.

10, 3«y’\o«io

iil)*,taa

J.oJB.iyue

Page 1