Quelquefois un peu de fer pyriteux commun
Toutes ces substances se trouvent avec beaucoup de spath perlé J braun spath] qui est blanc, et quelquefois avec une assez grande quantité de spath calcaire [kalk spath].
V. ® Les minéraux de la suite ancienne se présentent appliqués contre les salebandes ou parois des fiions; ils y sont mêlés ensemble et se pénètrent réciproquement; mais quelquefois aussi , séparés les uns des autres, ils tendent à former des bandes à-peu-près parallèles à l’inclinaison du filon qu’ils remplissent. Les minéraux de la suite récente occupent presque toujours le milieu des filons, c’est-à-dire, l’espace où l’on peut concevoir» d’apres la théorie de M. Werner , que s’est terminée la précipitation des substances minérales , à-peu-près à égale distancé des deux parois de roche contre lesquelles elle avoit commencé.
Ce n’esl, en général, que dans les cas où les minéraux de la suite ancienne manquent absolument dans un filon, ou lorsqu’il ne s’agit que de petites ramifications particulières, que les minéraux de la suite récente se présentent appliqués contre les salebandes ou parois des filons que nous venons de considérer. On observe encore que les minerais argentifères de la tuile récente sont à l'état d’enduit superficiel, dans le mélange des minéraux de la suite ancienne ; et que, quand les substances des deux suites se trouvent ensemble, c’est principalement dans les parties supérieures des filons, c’est-à-dire, vers la surfacedu terrain. ( Voyej^Ht rner. Théorie von der entstehung der gcenge , page 233.)
VI.® Les coupes du terrain que nous présentons , et particulièrement les fg. 7 et S de la pl. 1 4 , suffisent pour faire voir que tout le dépôt métallifère, auquel la mine de Himmelsfiirst doit depuis long-temps sa prospérité , s’enfonce dans le gneiss, jusqu’à une profondeur considérable , sans éprouver d’importantes vicissitudes.
Voyons quel est l’état actuel des travaux d’exploitation.
Cette mine étoit ouverte dès le commencement du XV.® siècle, et peutêtre plutôt. Après plusieurs alternatives de perte et de gain, elle étoit parvenue à une prospérité constante vers le milieu du XVIII.* siècle , époque à laquelle la galerie d’écoulement qui parcourt les travaux en avoit déjà exploré les ressources et assuré l’assèchement. C’étoit alors sur les filons désignés ci-dessus par les n.°* l.°, 2.°, 6.°, qu’avoit lieu l’exploitation la plus active , en même temps qu’elle se portoit aussi avec succès sur le filon 11.® 3<0
Depuis cette époque, les progrès de l’art des mines, et sur-tout les soins continuels d’une administration éclairée, ont maintenu U mine de Himmelsfiirst dans un état de plus en plus florissant. La découverte du filon dit Felix-fache { n.° J.° ci-dessus), fruit de recherches sagement combinées avec l'activité et le perfectionnement de tous les autres genres de travaux, ouvrit, en 1793, une nouvelle source de richesses, qui, depuis plus de vingt ans, remplace avantageusement celles qui coromençoient à s’épuiser; il en résulte la sécurité d’un long avenir.
On voit, sur notre carte du Erzgebirge.pl. 3 , que c’est la galerie d’écoulement désignée par le nom de Thelersberger stollen , qui procure
FKrtr.ne, Pl. 1 ) « 1 4.
Roches en\ ironn an les.
Exploitation do la mine.
Galeries dciott- Icmcnk.
fut ) B£ltC,
PI. ,, c< 14.
Pu!» principaux.
l'assèchement Je la mine Je Himmelsfiirst. Cette galerie, Jont l’orifice se trouve vers l’ouest Je l’exploitation , près du village de Linde, dans la vallée dite Strigitt^thal , parcourt presque tous les filons de la mine, ainsi qu’on peut le voir sur le plan que nous présentons (pl. 1 3 ,fig. j); son développement total est d’environ aoooo toises. La profondeur à laquelle cette galerie d’écoulement atteint les divers puits d’exploitation, est exprimée sur les diverses coupes (fig. 2 à 4). Ainsi nous remarquerons seulement que cette profondeur est peu considérable. Cet inconvénient majeur provient , en partie, des fautes qui ont été commises autrefois, en plusieurs endroits de ce long percement, dans lesquels on lui a donné une inclinaison trop considérable au-dessus de son orifice.
Une autre galerie d’écoulement, pratiquée à un niveau beaucoup plus bas que la précédente, parcourt déji d’autres districts de mines, situés au nord de Freyberg. C’est la galerie dite Ttefe Jiirsten stollen , indiquée sur notre carte du Erzgebirge. Cette galerie commence à pénétrer dans l’arrondissement de Brand, où se trouve la mine que nous considérons, et elle peut lui donner, pour la suite, d’heureuses espérances. En attendant, les eaux souterraines de Himmelsfiirst sont élevées par des machines hydrauliques jusqu’au niveau de la galerie dite Thelers berger stollen. Au-dessus de celle-ci , se trouvent deux galeries d’écoulement plus anciennes et en partie écroulées : l’une est nommée Brands te lien et l'autre Taubenstellen; jadis elles ont été d’un grand secours pour l’exploitation des niveauxsupérieurs. Il existeencore , dans cette exploitation, une ancienne galerie dite Bærstailen, que l’on met à profit aujourd’hui, pour faire de nouvelles recherches sur le filon n." J.“, dit Baer-facle , et sur toute la partie occcidentale de l’exploitation , en même temps qu’on étudie, sur plusieurs autres points, cet espace qui semble promettre des découvertes avantageuses.
Les puits d'exploitation suivent en général l’inclinaison des filons sur lesquels ils sont foncés. Ün voit par les plans et coupes / à t?,l emplacement et la profondeur de chacun d’eux, savoir :
a, b, C, puits principal d'extraction et d’épuisement , sur lequel (a portion de puits b, dite Frankenschjcht , a été foncée verticalement, pour laciliter le service de 1a machine d’extraction.
L’approfondissement du puits a, b,C, se continue toujours, parce que c’est de son fond C que partent les recherches dirigées sur les liions 6.° et J.°, dans lesquels d’ailleurs il n’existe pas de puits propres à assurer l’extraction et l’épuisement.
d, puits d’extraction dit Vertrau, foncé dans le filon n.° 3." ;
e , puits d’extraction dit Derotheer schacht, aujourd'hui moins employé qu’autrefois.
f, puits d’extraction dit Grnn rosener, par lequel s’opère l’extraction de la partie méridionale des filons 2.° et J. “ci-dessus [ Dorothée et Bar fâche],
g, puits d’extraction, (e seul qui soit aujourd’hui en activité sur le filon J dit Bar fâche.
Outre ces puits principaux , quelques autres sont maintenus en activité, tant pour l’airage que pour la descente des ouvriers, qui s’opère aussi par les puits ci-dessus ; tels sont presque tous les suivans :
h, puits dit Fund schacht [ puits de la découverte], l’un des plus
anciens de cette mine;
î , Neue pfann schacht;
j , Fùrsten schacht;
k , Brandenstein schacht;
1 , Nuliehs schacht ;
m , Bar schacht;
n, Tung Himmelsfùrstener-tage-schacht [puits au jour];
Enfin , plusieurs autres puits sont abandonnés et fermés; tels sont en
général les puits dits :
O , Brett kammer ; >
p , Loeser;
<[, Donat;
r , Neugtùclt spath;
S Allé pfartn en ;
t , Fund schacht ,
Frtrgfft:, PI. 1 j et 14.
Fpeybupg. A partir des puits principaux qui sont indiqués ci-dessus par les Pi ' i « M- [e[tres a jusqu’à g, des galeries d’alongement fgc-çeitg-strecke J, dont le CjIchc» d'-lua- premier objet est toujours d’étudier le gîte de minerais, sont pratiquées les unes au-dessous des autres, suivant la direction des filons correspondans. L’usage saxon est de distinguer ces galeries par la suite naturelle des nombres, en appliquant le n.° i à celle qui se présente la première au-dessous de la galerie d’écoulement. C’est ainsi qu’on les voit indiquées sur le plan et sur les coupes que réunissent les pl. i 3 et 1 4-
La distance réglée , d’une galerie d’alongement à celle qui lui est immédiatement supérieure ou inférieure, est généralement de 20 toises, chacune de 7 pieds de Saxe. Ce nombre correspond à la hauteur dont on a besoin pour établir, d’une galerie d’alongement à la suivante, six échelles , chacune de 2 4 pieds, et quatre répétitions de pompe, chacune d’environ 3 $ pieds; de là , ce mode constant de division; il présente, en outre , l’avantage de faciliter le service des machines d’extraction.
En eftet, vu la profondeur peu considérable d’une galerie au dessous de l’autre, Jes minerais qui proviennent du niveau de l’une d’elles, peuvent ou être élevés, à l’aide d’un treuil , jusqu’à la galerie immédiatement supérieure, ou être jetés, par un petit puits de communication, dans la galerie immédiatement inférieure, suivant que l’un ou l’autre expédient est plus commode pour la machine qui doit aller chercher ces minerais réunis sur une place d’assemblage. Dans le premier cas.il en résulte peu de frais; dans le second, peu de perte des minerais, a cause des précautions qui sont prises à cet égard. Déposition Toutes les galeries d’alongement présentent la hauteur et les dispositions nécessaires pour que le roulage puisse s’y opérer commodément, et, en cas de besoin , pour que les eaux s’y écoulent vers le puits a b C , dans lequel se trouvent deux machines d’épuisement. Afin de satisfaire à cette dernière condition , qui permet d’employer avec avantage un seul et même puits pour l’extraction et pour I épuisement, le sol des galeries d’alongement présente une légère inclinaison vers le puits qui renferme les pompes. Quelquefois, entre une galerie d’alongement et celle qui, suivant la règle, en est éloignée de 20 toises, on pratique une galerie intermédiaire [minci streckr] , lorsqu’on le juge nécessaire pour multiplier
les recherches; on voit, par le plan et par les coupes, jusqua quelle distance des puits sont parvenues les diverses galeries d’alongentent ; à l’extrémité de chacune d’elles, se trouve la taille [ streckenori J que l’on pousse en avant pour reconnoître chaque filon , en même temps qu’au moyen des puits on étudie les gîtes de minerais dans la profondeur.
En ce moment, les filons étant reconnus sur une grande étendue, on ne pousse de recherches dans la profondeur que par le puits abc, et par un foncement qui se pratique sur lefilon n." 6.° [Wieil. gef. gtûckj, au-dessous de la cinquième galerie d’alongement, dans l’endroit où il se traîne avec le filon n." 7.0, dit Félix fâche; mais il suffira de jeter un coup-d’œil sur les coupes (fig. 2 à FJ, pour remarquer qu’entre une galerie d’alongement et celle qui l’avoisine , il existe , de distance en distance, des portions de puits qui suivent l’inclinaison du filon. C’est en pratiquant ces portions de puits, soit de haut en bas, soit de bas en haut, pour étudier l’espace intermédiaire entre deux galeries consécutives, et quelquefois aussi pour établir la libre circulation de l’air, qu’on a divisé en massifs tout l'espace à exploiter, ainsi qu’on le voit sur les coupes. Parmi ces massifs, les uns, dans lesquels l’espace excavé est exprimé par des tailles de gravure, sont déjà exploités ou s’exploitent actuellement (en l’année 1812) par la méthode dont il sera question plus tard; les autres , représentés par le blanc du papier , sont d’importantes réserves pour l’avenir : ainsi tout est disposé, non seulement pour que l’exploitation soit complète, mais encore pour qu’elle ait une durée indéfinie. La mine de Himmelsfurst jouit, à cet égard , d’un précieux avantage; c’est qu’il lui suffit que les nombreuses parties métallifères de ses filons aient quelques pouces d’épaisseur, pour que les frais d’exploitation soient couverts par les minerais qui en proviennent.
Ne laisser inconnue aucune partie des gîtes de minerais, et mettre convenablement à profit toutes les parties connues, tel est le but qu’on se propose, et qu’on atteint de la manière la plus satisfaisante, dans la mine qui nous occupe. Après avoir pris une idée générale des travaux de recherche , sagement coordonnés avec l’ensemble de l’exploitation , considérons les ateliers d’arrachement , qui fournissent à l’extraction habituelle.
FfErtruc. PI. 1 J cl 14*
Division du gîte en massifs.
But des travaux souterrains.
ÏO..
Fkeyberc, Les deux méthodes qu’on emploie, pour cet objet , sont connues sous 13 cl '■*' les noms d'ouvrages à gradins droits et d’ouvrages à gradins renversés.
C radins droits. par la première méthode, une taille poussée dans la partie supérieure du massif à exploiter, et selon la direction du filon, est suivie d’une autre taille située plus bas; celle ci de meme suivie d’une troisième, et ainsi de suite, de sorte que la première taille est toujours plus avancée que la seconde , qui l’est aussi plus que la troisième, &c. : ainsi , l’ensemble d’un tel atelier présente la forme d’un escalier vu en dessus. ( «
compare^ pi. 1 4 , f'g- 3 et 4, et pl. 1 5 ,fg. J et g.)
Gradim rcnrers«. Par la seconde méthode, une taille poussée dans la partie inférieure du massif à exploiter, et selon la direction du filon, est suivie d’une autre taille située au-dessus de la première. La seconde taille est de même suivie d’une troisième, et ainsi de suite, de sorte que la première est toujours plus avancée que la seconde, qui l’est aussi plus que la troisième, &c. ; ainsi , l’ensemble d’un tel atelier préserge la forme d’un escalier vu en dessous. pl. 1 k,fig- J et 6, pl. 1 sous les
lettres y, h, s , et ailleurs.)
Il est clair que, par la première méthode, l’exploitation d’un massif s’opère en descendant , et que , par la seconde, elle s’opère en montant. Celle-ci est la plus ordinaire dans la mine de Himmelsfurst : voyons les motifs qui la font préférer.
^ Motifs de pré- L’exploitation par gradins renversés dispense du boisage et des nombreux planchers qui, dans l’autre méthode, sont nécessaires en face de chaque gradin , pour recevoir les déblais, ainsi que le fait voir la pl. 15, Jig. 6 et 8. On se débarrasse plus facilement des déblais, dans la mine que représentent les pl. 13 et i4,en les entassant sur le sol de l’atelier, de manière qu’il en résulte des massifs de remblaiement disposés en gradins, dont le front est parallèle à celui de l’espace excavé. ( Vcyc-^ Jig, / et 6, pl. 1 4- ) De plus , au lieu de transporter directement les minerais depuis l'atelier jusqu’au puits d’extraction, par des galeries de roulage ménagées sous les planchers de boisage, ainsi que cela se pratique dans l'ouvrage à gradins droits, on fait ici tomber ces matières dans la galerie d’alongement , située au-dessous de l’atelier, en se servant, pour cet effet, de petits puits de communication ménagés de 20 toises
en 20 toises, et murailles convenablement, au sein des déblais qui remplissent l’espace excavé de l'ouvrage à gradins renversés. Cette disposition paroit plus avantageuse dans la mine de Himmelsfiirst, que rétablissement des treuils, qui, dans les cas où l’on appliquerait l’ouvrage à gradins droits à la partie inférieure d’un petit puits voisin du massif à exploiter, y seraient indispensables pour élever les minerais jusqu’au niveau d’une galerie de roulage, vu l’emplacement des puits d’extraction qui existent. A la vérité, l’ouvrage à gradins renversés présente deux inconvcniens dont l’ouvrage à gradins droits est exempt: le premier, c’est que la machine d’extraction doit aller chercher les minerais à un niveau plus bas que celui de l’atelier qui les fournit: mais une différence de quelques toises, dans le trajet considérable des tonnes d’extraction , est de peu d’importance : le second inconvénient mérite plus d’attention; c’est qu’à moins d’un soin tout particulier , on risque, dans l'ouvrage à gradins renversés, de perdre une partie des minerais riches, dans les déblais qui exhaussent le sol de l’atelier, et , de plus , de briser les minerais par leur chute dans les petits puits de communication; mais la surveillance continuelle, qui est pour la mine de Himmelsfiirst un de ses principaux moyens de prospérité, se réunit à l’intelligence des ouvriers, sagement exercés dès le bas âge, pour éviter la perte considérable qui pourrait résulter de cet inconvénient.
C’est ici le lieu de confirmer une remarque déjà placée dans le tom. I." de cet ouvrage, pag. 368 et suiv., concernant les motifs qui rendent tel ou tel procédé préférable, pour telle ou telle contrée. Nous verrons, en considérant les pl. 1 5 et 16, que, dans les filons d’argent d’Andreasberg au Ilartz, c’est la méthode par gradins droits qui obtient la préférence. L’abondance des bois qui existent dans cette contrée, suffirait pour en rendre raison; mais la continuité d’un filon susceptible d’être exploité dans son ensemble , ainsi qu’011 le voit à Andreasberg, par un seul ouvrage à gradins droits , dont le fond correspond au point le plus bas du puits d’extraction , motive aussi cette disposition générale des travaux, qui en assure la régulaiité. Au reste, de meme que l’ouvrage à gradins renversés est quelquefois employé à Andreasberg pour certaines branches de filons, d’après la convenance des localités.
Fnirsatr..
Pl. 1 j ci 14.
Réunion des de. % modes.
r* ET BERG,
IM. ij et 14.
]\uhlissement<!es gradins renversés.
Exemples.
l'ouvrage à gradins droits trouve aussi son application dans la mine de Himmelslürst, malgré l’usage général.
Par exemple, si un petit puits de communication, ouvert d'une galerie d’alongement à une galerie inférieure, 11e soutient pas, en s’approfondissant, l'espérance qui l’avoit fait entreprendre comme recherche, au lieu de l’approfondir davantage, ou de venir à sa rencontre de bas en haut pour établir un atelier par gradins renversés dans la galerie inférieure, on se contente d’obtenir , par le moyen d’un ouvrage à gradins droits, les minerais que ce puits a pu faire reconnoître dans sa partie supérieure; alors , la portion de massif à laquelle il correspond se trouve exploitée de haut en bas, et seulement jusqu’à la profondeur convenable.
Un atelier à gradins renversés s’établit , ou par le moyen d’un percement pratiqué de bas en haut, ou parle moyen d’un fonceinent pratiqué de haut en bas, et mis en communication avec une galerie inférieure. Dans les deux cas, ainsique nous l’avons déjà remarqué, les tailles, desquelles doivent résulter les gradins renversés , s’établissent au-dessus les unes des autres, en commençant par la partie inférieure du massif à exploiter.
Quand on a le choix , il vaut mieux commencer un semblable atelier à partir d'un fonetment déjà mis en communication avec une galerie inférieure, qu’en pratiquant d’abord un percement de bas en haut; car alors l’airage est plus facile, outre qu’il en coûte beaucoup moins pour entailler le filon.
On donne communément ici au front vertical de chacun des gradins, une hauteur de ~ de toise, et à la face supérieure, qui s’incline un peu vers la première, une longueur de 2 à 3 toises. (Voyez Jig. ■/.,/, 6. pl. i 4-) largeur des gradins est celle du filon ou à-peu-près.
Quand on commence l’établissement d’un atelier par gradins renversés, on pratique d’abord, à la partie inférieure du petit puits d’où il part, une excavation horizontale , dirigée dans le sens des tailles à établir, et telle quelle corresponde à la hauteur de deux ou trois gradins; c’est une espèce d’arcade que l’on muraille en voûte presque plate, et que l’on recharge de déblais: ensuite les tailles sont mises en activité; et à mesure qu’elles s’éloignent du point de départ, on continue, vers elles,
le muraillement en voûte. Bientôt il en résulte une galerie inférieure FKsrtsue. de roulage, mnraillée sur toute sa longueur. C’est ainsi qu’il est pourvu ’ ’’ c' à la solidité de la plupart des galeries d’alongement, dans les parties exploitées. Si quelquefois on fait usage du boisage pour cet objet, c’est presque toujours provisoirement, et l’on a soin alors de le disposer de manière que la maçonnerie , en dalles de gneiss , puisse lui être substituée facilement.
Les coupes que nous présentons font voir les divers ateliers à gradins et les percemens de galerie qui étoient en activité , en l’année 1812, sur chacun des filons; les premiers pour l’exploitation complète des massifs, les seconds pour des recherches ultérieures, qui , en s’avançant, procurent elles-mêmes une quantité de minerais assez considérable. Sur les divers ateliers en gradins sont répartis environ 350 mineurs, et sur les recherches, 115.
Les masses minérales qu’il s’agit d’attaquer dans la mine de Himmels- Modo d'enuitfïirst, tant au sein du filon qu’au sein de la roche environnante , pré- k"’'1”sentent un degré moyen de ténacité, dans l’ordre de consistance qui exige le tirage à la poudre. On tire ou en pleine masse, ou après avoir dépouillé le filon. Le dépouillement consiste à entailler la roche, ou le filon, sur une certaine étendue, parallèlement i la direction de celui-ci; on l’exécute à laide du marteau et de la pointerole, afin de pouvoir ensuite abattre une masse considérable, à l’aide du tirage.
La première méthode, le tirage en pleine masse, ne s’emploie en Tîragt k la général que pour traverser les bancs de roche ou pour attaquer le filon, Pou<ire* quand il se trouve réduit à l’épaisseur d’un simple filet, ou bien enfin lorsque le filon offrant la puissance qui convient à la largeur d’une taille , avec une saiebande ou paroi distincte sur l’un de ses côtés , oppose cependant trop de résistance pour être attaqué au marteau et à la pointerole. La seconde méthode, le tirage après dépouillement, s’emploie pour tous les ouvrages à gradins , et pour tcftites les tailles où le filon présente une puissance notable.
Le plus souvent, on pratique le dépouillement dans la roche qui avoisine le filon, soit dans le toit, soit dans le mur : après avoir obtenu le
Freybepg.
PI. I j et I
Tache des ou vriçrs.
minerai par le tirage, on élargit la taille .s’il en est besoin, afin que l’ouvrage conserve par-tout les dimensions com diables.
Le tirage s'opère, en général, à un seul homme, par le moyen de trous pratiqués dans la masse minérale avec le fleuret en ciseau. Nous avons décrit ailleurs cette opération du tirage, qui comprend le percement des trous, la charge , et le tirage proprement dit. Lorsqu’il s’agit d’obtenir du minerai, les moindres trous ont 12 à 1 4 pouces de profondeur, et les plus forts de 20 a 30 pouces. La distance du fond des trous au* faces libres de la niasse attaquée , est, pour les premiers, de 8 à t o pouces, pour les seconds de 1 2 à 1 $. Quelquefois on exécute le tirage à deux hommes , pour pratiquer des trous plus profonds dans les parties où le filon est très-ouvert et présente beaucoup de poches. La charge de poudre , pour les moindres trous , est de 2 onces à 2 onces i, du double pour les plus forts. On bourre la poudre avec un tasseau de bois et de l’argile préparée. Il est défendu d’employer, pour cet objet, du gravier ou des débris de roches, qui pourroient causer des accidens.
La tâche ordinaire d’un mineur, dans sa journée , consiste à pratiquer deux trous pour le tirage , chacun de i4 à 20 pouces de profondeur , ou bien un seul trou de 30 pouces. Quelquefois, dans les tailles de galeries, on exige trois trous de l’ouvrier, ou seulement deux terminés et le troisième commencé : des chefs d’atelier règlent, pour chaque homme , cet objet, qui est beaucoup plus important qu’il ne le paraîtra peut-être au premier coup-d’oeil. Ces préposés surveillent aussi l’emplacement des trous de tirage.
Un ouvrier met au moins quatre fleurets hors de service pendant sa tâche , et quelquefois jusqu’à huit; les outils sont réparés chaque jour.
Pour ne pas interrompre l’ouvrage trop souvent , et pour mieux combiner l’effet des trous de poudre , on ne fait jouer la mine que lorsqu’il y a au moins deux trous de prêts, soit dans la roche, soit dans le filon; alors, ils sont tirés tantôt ensemble, tantôt séparément.
Aussitôt après le tirage , l’atelier est nettoyé ; les déblais sont examinés et disposés pour le remblaiement; les minerais subissent un premier triage ; les plus riches sont déposés de suite dans un coffre de sûreté, et
les autres transportés à la place d’où le roulage doit avoir lieu vers le
puits d’extraction. *
Dans cette mine, on ne conduit le» tailles au marteau et à la pointerole, qu’en quelques endroits de sa partie méridionale , où les filons sont naturellement dépouillés, et renferment une quantité considérable de gneiss décomposé : alors on a quelquefois aussi recours au tirage à la poudre , si la consistance des masses minérales vient à l’exiger.
Il pourra être utile de consigner ici quelques faits concernant le prix Fni» d’eouiiledes travaux que nous venons de considérer; nous essaierons d’en dédtiire des résultats générauxqui pourrontservir de terme de comparaison, dans des circonstances analogues à celles que nous avons décrites :
En 1802, 1 4 tailles furent poussées sur les divers filons , en ^codroits différens de la mine;
iuhicr m toijea
Chacune d’elles avoit de haut t ,i 5 1 j;
dejarge 0,625 * ï*
La longueur varioit de J- de toise à 4 toises ~ ;
Leur longueur totale étoit de 4j toises ou 4 3 toises —•
1. c Le moindre prix fait, pour ces ouvrages, fut de 1 1 rthlr. pour une longueur de 4 toises avec les autres dimensions ci-dessus; la moindre consommation de poudre fut de 53 livres pour ce même marché. C’est, par toise cube, environ 3 rthlr. — et t 6 livres-^ de
2. * Le plus fort prix fait fut de 23 rthlr. pour une longueur de | de toise , avec les autres dimensions ci-dessus ; la plus forte consommation de poudre fut de 24 livres, pour ce même marché; ce seroit, par toise cube , environ 79 rthlr. -L et 83 livres de poudre. Ainsi , les 4 toises de l’article i.® ci-dessus, auroient coûté environ 252 rthlr., avec 263 livres de poudre , si les conditions du premier marché avoient été les mêmes qu’ici, au lieu de porter seulement 1 1 rthlr. et 53 livres de poudre.
Cette remarque indiquera suffisamment combien il est nécessaire de faire varier la fixation des prix faits , à mesure que varient les circonstances locales.
FfiFYBCr.G,
FL I { et < 4.
3 .* La somme totale des prix faits pour les 1 4 tailles indiquées , fut de 3 1 j rtlilr. , seulement pour salaire des mineurs qui les 'pratiquement à la tâche , et sans compter les salaires fixes des surveillans et des journaliers attachés au service des tailles , soit pour les garantir des eaux et de l’encombrement , soit pour exécuter le triage préliminaire des minerais.
4.° La consommation totale de poudre fut de 910 livres, faisant 7 quintaux et valant en somme 1 8a rthlr. 8 gr.
j.“ La somme totale des salaires fixes, mentionnés art. 3.*, pour les 1 4 tailles , fut de 71 1 rthlr. 9 gr. 6 pf.
6° Ainsi le prix total des salaires de tout genre et de la poudre, fut une somme de 1 208 rthlr. 17 gr. 6 pf. == 1 208 rthlr. f—;.
7. * Or, la solidité totale des t4 tailles étoit, d’après leurs dimensions énoncées, de 34 toises [ lac/ttcr] cubes
8. “ Ainsi , le terme moyen de prix total , pour la toise cube , y compris salaires et poudre, fut à-peu-près de-3 5 rthlr. c’est-à dire , de i4o francs y centimes (l’écu saxon de 24 gros, dit reichslhaler , étant évalué 3 francs 9 5 centimes ).
9.0 Le terme moyen de consommation de poudre pour une toise cube fut de 26 livres
1 o. Il résulte de ces faits que , pour pratiquer un percement d’une toise cube, dans les filons de la mine de Himmelsfürst , le terme
moyen de dépense est tel qu’il suit :
(a) En tâche réglée, à prix fait, sur la masse „H, ,,
du filon à entailler 9. 3 6. 4‘J-
(b) En valeur de la poudre nécessaire pour cet
objet 5. 21. 13.
(c) En tâches fixes des surveillans et journaliers 20. *J~. 82. 43-
Total comme ci-dessus 35. ff .ûit i4o. 05.
Comme la toise cube équivaut à-peu-près à 8 mètres cubes , on voit
que le prix moyen du mètre cube d’entailiement est communément estimé ainsi qu'il suit :
• i '■ .. *•. , FncrtetC.
(a) Pour les tâches réglées, à prix fait. ( V<>ye^ ci-dessus). 4. 5 5 • -PL i ; « >4-
(b) Pour valeur de la poudre . » y. • • • 2- 6.4;
(c) Pour les tâches fixes , &c % . r . io. 30.
Total..'/.4. 17. 4 9-
■ i. . i.ii . i - ji > ..•Lui . • j i -j.. — ... -
Voyons maintenant comment s’opèrent le roulage des matières â I’w»t teneur , leur extraction ab jour , i’épuisemeac des eaux et la circulation u. r. . de l’air. Nous terminerons par quelques tâils concernant les résultats de l'exploitation. .1 . p. ... :
En quelques parties de lamine, le roulage s’exécute encore à l.'aide Ri oî^gc intérieur, de brouettes ; elles y offrent l’avantage de ne pas exiger une disposition particulière des galeries, et de pouvoir passer dans les endroits resserrés; c’est ainsi qu’est ronjé tvers le puits principal a b C et vers le puits f (Griin roserterj tout ce qui provient de la partie des filons correspondans qui est située au midi de ces puits.
Ce qu’on obtient du filotj Venrçu , m* 3-° • est roulé de même vers Brooettn. le puits de ce nom (d). Une telle brouette contient, pour les plus foiblcs ouvriers , a à 3 mesures de menus fragmens', dites kubet , chacune de 1 pied cube — L , et pour les plus forts, 4*5 mesures de gros blocs. .
I.e poids moyen don hübel de minerai à trier est d’environ 71 livres et - , et le lübet de déblais pèse 4* livres Le roulage s’exécute par refais de 40 toises. L’entreprise journalière d’un fort ouvrier consiste à rouler 1 20 kübet dans un tel relais.
Sur les filons principaux, excepté dans le cas peu ordinaire du rou- ChaHou din lage à la brouette, le sol des galeries est garni de solives pour le roulage , rhtmdemm. qui s’y exécute dans des chiens île mine , portant un clou de conduite.
( Vi rye^ pl. 1 6 ,fig. u à ig. ) Sur 1 00 toises de longueur, le plancher de roulage a ^ de toise d’inclinaison vers le puits d'extraction auquel il conduit. Il n’exjste pas de tels planchers dans les galeries d'alongement intermédiaires, dites millet strecbe , parce quelles ne sont pas en général destinées au roulage. “
Chacun des chiens de mine contient 3 hiibet de même mesure que ci-dessus. Toute cette partie du roulage est organisée par relais. Tantôt la
Fpeybehc.