CHAPITRE VIII
De la foy, fidélité, perfidie, secret.
Sommaire. — La foi est le lien de la société humaine, le fondement de toute justice. — Il faut que celui qui donne sa foi ait le pouvoir de la donner : s'il est soumis à celui qui la reçoit, il ne peut s'engager. Mais tout homme libre doit garder la foi donnée , les souverains surtout. — Lorsque la foi n'est pas reçue, sans des otages, des cautions , l'engagement n'est pas inviolable : de là il suit que le prisonnier qui parvient à s'échapper n'est point coupable. — Mais il faut garder la foi promise aux ennemis même aux criminels.— Cependant si ce qu'on a promis devient impossible à exécuter par telle ou telle circonstance , on est quitte de sa promesse ; si cela est injuste , il faut reconnaître son imprudence et rompre ses engagemens. — La foi donnée par serment , oblige plus que la simple promesse. — La perfidie et le parjure sont plus exécrables que l'athéisme même , parce qu'ils rompent l'harmonie de la société hu-
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maine. — Recevoir le secret d'autruî, c'est engager sa foi d'en rester toujours fidèle dépositaire.
Exemples : Sabirain , Attilius Régulus. — Camille, Pompée. • Auguste , Josué , les Romains. — Un poète et Lysi-
machus.
1 OU S, voire les perfides, sçavent et confessent que la foy est le lien de la«ocieté humaine, fondement de toute justice ', et que sur-tout elle doibt estre religieusement observée. Nihil augusiiusjide ; (juae justitiae fundamentum est; — nec ulla res veheinentiiis rempublicam continet et vitam. — Sanctissimum humani pectoris bonum ^.
Ante Jovem generata , decus Divumque hotninumque ; Qua sine non tellus pacem non œquora norunt, Justitiae consors , lacitumque in pectore Numen ^.
• Fundamentum justttiœ est fides. Cic. de Offic. ; L. I , c. VII. •
"^ « Rien de plus auguste que la bonne foi ; c'est le fondement de la justice. — Il n'y a point de plus ferme soutien de la république , même de la vie. — C'est du cœur bumain le bien le plus sacré, j) — Cicer. De Offic, L. 1 , c. vil. — Id. ibid. , L. II , c. XXIII. — Senec, Epist. Lxxxviii.
3 « Toi, qui précédas la naissance même de Jupiter; toi la gloire des dieux et des bommes , et sans qui la terre et les mers ne peuvent connaître la paix; compagne inséparable de la justice , et divinité qui se cacbe au fond des cœurs ! ''^^Ét Silius Ital. L. Il , v. 484- ^^