CHAPITRE XXXYÏ. De la tempérance en gênerai
Sommaire. — La modération ou tempérance , est le frein des passions. — Elle est nécessaire en tout ; elle doit être notre règle. dans toutes les actions, dans toutes les circonstances de la vie.
IemperaNCE se prend doublement, en terme gênerai pour une modération et douce attrempance *' en toutes choses. Et ainsi ce n'est point une vertu spéciale, mais générale et commune; c'est un assaisonnement de toutes; et est perpétuellement requise, principalement aux affaires où y a de la dispute et contestation aux troubles et division. Pour la garder
' Attrempance signifxe aussi modération.
il n'y a que n'avoir point d'intentions particulières ^ mais simplement se tenir à son debvoir. Toutes intentions légitimes sont tempérées; la cliolere, la liayne sont au-delà du debvoir et de la justice, et servent seulement à ceux qui ne se tiennent à leur debvoir par la raison simple.
Spécialement pour une bride et reigle aux choses plaisantes, voluptueuses, qui chatouillent nos sens et nos appétits naturels. Hahena voluptatîsj inter libîdinem et stuporem naturae posîia, eu jus duae parles : verccundia infuga turpium, honeslas in observations decori \ Nous la prendrons icy un peu plus au largue pour la reigle et le debvoir en toute prospérité, comme la force estoit la reigle en toute adversité, et sera la bride, comme la force , l'esperon. Avec ces deux nous dompterons cette partie brutale, farouche et revesche des passions qui est en nous, et nous, nous porterons bien et sagement en toute fortune et en tous accidens, qui est le plus haut poinct de sagesse.
La tempérance a donc pour son subject et objet gênerai toute prospérité, chose plaisante et plausible,
=* « Dans la volupté , il est un frein qui arrête les désirs et l'intempérance de la nature : c'est ce sentimeut de pudeur qui nous éloigne des choses honteuses , c'est cette honnêteté qui nous porte à observer les lois de la bienséance w. — J'ignore d'où est tiré ce passage , que je ne me flatte pas d'avoir bien traduit.